CHAPITRE XIV
Le duc de Bournonville, nommé à l'ainbassftde de France , en est exclus^ — Je tenle en vain d'obtenir la reBliluUon de* l'honneur des bonnes grâces de Leurs Majestés Catholiques au due de Berwick. — Je tente en vatn d'obtenir la grandesse pour le duc de Sainl-Aignan. — Conduite étrange de la prince&se des Asturies à Tégard de Leurs Majestés Catholiques. — Bal de l'intérieur du palais. — La Pérègrine , perle incomparable. — Illuminations ; reux d'artifice adinirables. — Leurs Majestés Catholiques en cérémonie à l'Aluche. — Raison qui me fait abstenir d'y aller. — Fête de la course des fiambeaux. — Fêle d'un combat naval.
Une autre affaire m'occupoit en même temps . On avoit su avant mon départ de Paris que le duc de Bournonville briguoit fort à Madrid Tarn-
S98 LE me DK ËOttkJ^bNVtLLË IVt^ii]
basnde de France; dont Lanllez avoit fini son temps ; et le cârdlM Bubois qni ne yonloit point absolument du duc de Boumoiiville, m'avoit fort recommandé de n'oublier Hen pOUr Ty traverser. J'eus si peu • de temps entre mon Afritée à MàdHd et le départ pour Lermà; et ce temps si occupé d'af&ireB, de AteS, dé célrémonial, de fonctions et de Tisites infidies que je n'eus pas celui d'entâtiier rien sur cette ambassade , dont je comptai avoir tout loisir à Lermâ. Hdis en arrivant au quartier que je detois occuper , je tombai malade lé jdtlr inèmé , et la petite vérole ; qui se déclara ; me mit poiifc (Quarante jours hors de moyen de sortir de mon villagç. Pendant be temps-là le diib de Bdur- Aonvillé bietl Averti de Paria , et qui me erdi^oit fort (ibdr son ambassade, intrigua si bien, qu'il se la fit donner et déblài*er. Je reçus à Villahalmanzo une lettre du cardinal Dubois , des i|U'il eut àpprid cette nouvelle , pleine de regrets sur la lacune de niA petite vérole et de ma eéparatioD de la cour ; qui eût , à ce qu'il nie disoit , paré ce choit. Delà, B'étendant àut le caractère du duc de Boilrnontillë , sur ses liaisons intimes avec le duc de NoAilles , et c'étoit là le principal point dti cardinal , car la maréchale de Noailles et lui étoient enfants des deux frères, le cardinal se lamehtoit des inconvénients qui résUlterOient sûrement de cette ambassade ^ et pour les cabales de la cohr, et contré l'union ai nécessaire des deux couronnes; qbe le dUc de BôUt-nontille et le duc de Noailles sacriûoient à leurs tUës et à lëdrs intérêts pattibuliers. Enfin il m'avançoit que l'usage constant entre les grandes couronnes étoit de faire pressentir celle où il falloit Un ambassadeur sUr la personne qu'on pensoit à y envoyer , afin de ne lui pas donner bn ministre désagréable; à plus forte raison l'Espagne devoit ce ménagement à la France , dans la positipn actuelle où les deut courbniieS se tt'ouvoient si heureusement ensemble. Il m'ethortoit à faire valbiir cette ràiison et de tâcher à faire l'évoquer une disposition si peu propre à ej^trëtenir l'amitié et l'union si désirable entre les deux branches royales et entre les deux cours. Il étoit vrai que la maréchale dé Noailles ; ^^i aimoit fort sa maison ^ et en général à obliger . avoit pris soin ; tant qu'elle avoit pu, de Ce cousin germain qui étoit un arrière-cadet sans bien ; et que le duc de Noailles l'ayant trouvé fort homogène à lui , ils s'étoient intimement liés depuis fort Ibngteihps. Depuis qiië le duc de Noailles avoit perdu l'administration des finances, quoiq^ue comblé en même temps des plus grandes grâces pour lui ëii ànôiicit* l'amertume , il n'avoit pu digérer la perte de ce grand emploi. Il s'étoit éloigné de ceux à qni il s'en prenoit et de ceux qui lui avoient succédé; dubois et d'Ar^ënson étoient danS la plUà grande liàiSbU et ne s'élbignètent paà inoins du duc de Noàilleis. Ils ne songèrent qil*à le rendre yuspect et. à réckrter de M. le diic d'bHéâhs ,. dpnt la confiance poiir lui , tant qu'il avoit eu les financf is . leur étçit fâcheuse , dai^s la crainte des retours , tellement que cette liaison si étroite, formée à l'entrée de la régence, entre l'abbé Dubois , le duc de Koailles , Caniliac et Stairs , forniée avec tant d'art et de soin par Dubois pour s'ouvrir un chemin à la fortune , de délaissé qu'il étoit alors de M. le duc d'Orléans ^ et la liaison particulière du duc de Noailles avec loi pour s^en Servir oontre tnoi ^ et pour Ini-liiôitie lort-
[172t] BoMtÉ A L'ambassade de fbance. 299
que Dubois , a leur aidé , sépit réveDÙ sur l'eau ; cette uoioii se rerroidît - A meaiire que Dubois sentît fortifier ses ailes et se changea en éJoignenieul quoique taché , depuis la perte de l'admiaislration des finances. Outrecesraisonsetçelles.au caractère du duc de BournonvillG, que je croîs avoir suIfisaiDnieiit eipliquèès ici en plus d'iia entrait, lé cttrdihal en
3 voit une autre plus sCcrËté et plus persbunelle qu'il b'êst pas temps d« évelopper et qiii jm'étoit ehcoiê inconuue. Ce n'éloit pà^ une petite affaire qiie d'einplcuef <|ui l'amiDàssàLle^de Ëournonville.eût lieu. Sa déclaralioii éioitpojir tè ;roI d'Espagne ùfi engagement public : la rétracter iétcit lin aifroiil à uu liommé qiiî , £ la vérité , ne fut jamais & ces cho- ■es-'là près, mais qui par sa dignité, si naissance, si charité, et 1a Toison qu'il portoii , mèritoit plus d'égards. Je (le^la)ssai pas de l'entreprenilrë, tant po^ né pas déplaire au canlinal piibois ëa choses qui m'éldienl aussi iiiflilTé renies, qiié parce qii'en ênel je nB pouvois que ïpul craindre pi)ur runion ues deux coijrs d'iin homme du cariciére ds BourhonrÎJle, asserri àPopolî, iùiravàl, ^ toute la càhale italienne sî ennemie de Is Ffànce et de l'union , conduit par lé duc dé Hoailles de inême cài i, ei A «j^iîtout serait bon pour rentrer en danie;
^iifin d'ui et craint par lé cardinal Dubois qui ne pourroil
traiter qi repi^eniai donc ce dernier inconTénient à Gri-
màldo. Je i qilel ctôli oa iœuyoil faire eiitr^ sé^sarvir d'un
canal qii plus i^ue silspect qn Espagne à tout de qui eu
àiflioit lei s, là grâiidéur et l'iinion aïeo là frapte, odîenï
 celui ai Jil.uniquémeiilA trailer, èiqui éloit le maître de
toutes le; fïiîre ùiie péiué à iinseigiieuri qui.oiv pçuvoii
]les de le dédommager dé celui où îl était l'il pût réussir. Je lui parlois plus librece .^uis'étoit établie entre lui ef moi, et lance qiié j'ayoisdes cabatËs dé cette couT) s combien Bourn()niîlle étoit engagé avec.
. là situation où le caifdinal DuEois éloit iniuiies et aiiciénûés liaisons de parante, étôiçnt ehirê les ducs de Naailles et de écliale de tfoailles était ei dans sa famille ot, queyjl vquloil humeur», caprice», ueà entre \ei deiii cpiirs, leur désunion in lèl ambassadeur, avec lequel loul cela as déiji Qoiirs ne jecevroient qiie satisfaction récipi'oqiie , intelligence, vnion de j ' désir qu'elles en avoienl l'uiia et l'aillre ê1 qiie ce fût, pourvu que ce IHt uii horomt cabale , uniqueinehi attaché aiii intérêts < dans soii emploi. Giimaldo gbûtiliiésfaîst pérsiiader assez teurs Uajêslés Catholique méprisoit Boùmonviilê comtnè fàisoient t( niais qiii avoii lés taliisfprtés t>ratections au cet âCfrijnl. Je réponilis qiie Si BblirlioiiT serolllé premier S-dèidàaderd'atré <ié<:iia
300 JE TENTE EN VAIN d'OBTENIR POUR BERWICK [1722]
pourroit jamais réussir, à voir que le cardinal Dubois mettroit toute son industrie à faire retomber sur lui par l'Espagne même tous les fâcheux succès de ses négociations , à sentir que ce qui réussiroit en toutes autres mains romproit entre les siennes, et qu'en prétextant santé, dépense, affaires, il pouvoit remettre l'ambassade sans affront. Je donnai courage à Grimaldo ; je lui dis qu'il n'y avoit qu'à continuer Laullez qui servoitT Espagne à son gré, et qui étoit extrêmement agréable à notre cour, prétexter qu'il avoit entamé des affaires qu'il n'étoit pas à propos de changer de mains , et se donner ainsi tout le temps nécessaire de lui choisir un successeur qui lui ressemblât , et qui marchât sur ses mêmes errements. Enfin Grimaldo, convaincu de mes raisons, peut-être des siennes personnelles qui se trouvoient couvertes^ par les miennes , me promit merveilles et me les tint. Bournonville , qui m'accabloit de souplesses et de bassesses , ne fut pas assez sage pour refuser. Il insista toujours , comptant sur la publicité de sa déclaration et sur le crédit de sa cabale. Il en fut la dupe « et ses Italiens avec lui , qui en furent outrés de dépit. Pour lui , il sentit le coup , et parut comme un condamné, mais il ne m'en fit que mieux, et me conjura sans cesse de détruire à mon retour les préventions qu'on avoit prises contre lui , et d'obtenir la permission du régent et du cardinal Dubois d'aller en France se justifier auprès d'eux. Il me faisoit parler par tous ses amis, me raccrochoit partout et me désoloit en plaidoyers qui ne finissoient point. Cela dura jusqu'à la veille de mon départ, que je le trouvai tout tard qui m'attendoit à mon carrosse, daas la cour du Reiiro, où il me demanda une dernière audience, et quoi que je pusse faire m'y promena près de deux heures.
Si j'eus le bonheur de réussir en ces deux affaires , j'eus le malheur d'échouer en deux autres, dont la seconde surtout ne me tenoit pas moins au cœur qu'avoit fait la grandesse de mon second fils , seule cause de mon voyage en Espagne , et d'en avoir désiré et obtenu l'ambassade.
Sur la première il faut se souvenir que lorsque le cardinal Dubois embarqua M. le duc d'Orléans à faire si follement la guerre à l'Espagne pour faire sa cour aux Anglois , et obtenir son chapeau , le duc de Berwick accepta sans balancer le commandement de l'armée de Guipuscoa , prit des places et brûla la marine d'Espagne au Ferrol , qui étoit le grand objet des Anglois, ce que' le roi d'Espagne, qui l'avoit comblé lui et son fils aîné de bienfaits , ne put jamais lui pardonner. C'étoit ce pardon que le cardinal Dubois avoit extraordinairement à cœur pour la même raison , qui m'étoit lors cachée , dont j'ai parlé de même sur autre chose , il n'y a pas longtemps. Par conséquent M. le duc d'Orléans , qui n'y entendoit pas finesse , désiroit aussi ce pardon , et l'un et l'autre me l'avoient très>particulièrement recommandé , et m'en avoient écrit en Espagne depuis le plus fortement du monde. Le duc de Liria, qui le souhaitoit ardemment avec grande raison , me pressoit aussi làdessus , tellement que j'en parlai à Grimaldo. Ce ministre me dit que je ne pouvois parler de celte affaire à personne qui l'eût plus à cœur que lui, par son ancien et véritable attachement pour le duc de Berwick, et pour la fidèle amitié qui étoit entre le duc de Liria et lui, mais que je
[1722] LES BONNES GRÂCES DE LEURS MAJESTÉS. 3ai
ne devois poin^ me tromper sur cet article ; que le roi et la reine n'a- Toient encore rien rabattu de leur première indignation; qu'il leur en échappoit xle temps en temps des marques fort vives et telles que lui, qui les connoissoit , se garderoit bien de toucher cette corde auprès d'eux; qu'à mon égard, après cet avis, il n'avoit rien à me dire, mais que je pouvois me régler là-dessus. Ce début me parut fâcheux. J'avois espéré de Tamitié de Grimaldo pour le père et le fils qu'il me frayeroit un chemin que je n'aurois qu'à suivre. Son refus me le fit voir bien plus difficile que je ne m'y étois attendu. Je me tournai vers le P. Daubenton sans lui parler de ma tentative. Mais j'eus beau lui parler conscience et son caractère de confesseur , il me fit toutes les protestations possibles pour le duc de Berwick et même pour le duc de Liria , me dit que cetoit une aflaire en quelque sorte d'Ëtat dans laquelle il ne devoit point entrer de lui-même; m'en laissa entendre toute la difficulté, et me renvoya à Grimaldo, à qui aussi je me gardai bien de dire que j'en eusse parlé au confesseur, et^'que j'en avois été éconduit. Je lui dis seulement que réflexion faite je ne pouvois manquer à des ordres si précis ; que je ne pouvois m'imaginer que Leurs Majestés Catholiques me pussent savoir mauvais gré de les exécuter ; que je m'en acquitterois avec tout le respect, les mesures et l'attention à ne les point blesser que j'y pourrois mettre , qu'au pis aller , si je ne réussissois pas , j'aurois fait ce que je devois, et évité de me faire une affaire de l'inexécution d'ordres si précis et réitérés. Dans cet esprit, je demandai une audience. Je dis à Leurs Majestés Catholiques qtie j'avois à m'acquitter auprès d'elles d'un ordre de bouche avant mon départ, e^ réitéré très*fortement depuis; que ce dont il s'agîssoit étoit une grâce que le roi et M. le duc d'Orléans avoient extrêmement à cœur d'obtenir de Leurs Majestés ; qu'ils la leur demandoient avec toute la confiance qu'ils dévoient prendre nonseulement en leur générosité , mais encore en leur piété'; que néanmoins Sa Majesté et Son Altesse Royale en prenoient encore une nouvelle de ce moment de réunion aussi parfaite et aussi intime de Leurs Majestés avec elles ; et que Leurs Majestés se pouvoient assurer d'une reconnoissance parfaite si elles en obtenoient ce dont Sa Majesté et Son Altesse Royale étoient si véritablement touchées et qu'elles désiroient avec tant de passion. Ils me laissèrent tout dire, puis le roi me demanda ce que c'étoit donc que le roi et M. le duc d'Orléans lui demandoient. Je répondis : le retour de l'honneur de leurs bonnes grâces pour le duc de Berwick , qui ne se consoloit point d'avoir eu le malheur de les perdre. A ce nom le roi rougit, m'interrompit, et me dit d'un air allumé et d'un ton ferme : «c Monsieur, Dieu veut qu'on pardonne, mais il ne faut pas m'en demander davantage, s Je baissai la tète , puis regardant la reine comme pour lui demander assistance, je dis en rebaissant la tète : « Votre Majesté me ferme la bouche ; et le respect m'empêchera de la rouvrir là-dessus , sans néanmoins éteindre les espérances que je mettrai toujours en la générosité et la piété de Votre Majesté. » Je me tus ensuite, comprenant bien à leur contenance qu'insister davantage seroit sans autre fruit que les opiniâtrer et les aigrir. Après quelque silence, la reine parla d'autre chose, mais de simple conversation qui
^Oî Ji TBiiit EN vÀm b'oBTÈsiR la éSdtirofcBE {iHi}
dura quelque péii, ^I l'audience flbil de la BorlB. tiriibaldb, I 3ilî ]b Mndis M qui i'éto\\ passé, n'en fut pas surpris ; tlm^ l'arott it|en pTfr- ^t. Leduc de tiria eu fut lrë«-àlili|zé, quoique toujoûl-s t^erÈoDÔelleinent bien trahi. L'iiii et l'autre, iju) furent led debi tëdls qùUtireilt cet ofâce , ne jugËréat pas à propos line J'ed tepïrjilSsï davànuge. TeH penBols coihitie eui, et les choies en démeilrèrent îà.
La seconde ïlTaire, là cour tl'y àvott nulle ^rl et n'iéta âfbit Bb StWiA âé connoissabci!. Là ducKeSsë de feëlliïilUéra qiil pir le &àM^ ée si fllle ail duc de Morleuarl, dôn[ elle étoll dans le tepeatir dËtiUis lod^temps , âvolt fait pisset presque ioille là fortune dtl aiic de Bfealiyillibfi iilc ce gendre , ètoit touchée après codp ie Voir sa gratidessé i3rtie 31 n inaison. Ëlte m'en Umoigna sa t)biQk àtaai thoil défiart, tt ùe pi^'a de voir si Je be pourroîs [Joint obtenir uûe grâniJesse pour le i^c de Saint-Àigaan qui àvoit peu dé biens et liéàiicou^ d'eaKùla. râimbis èi je respectois éxtrimenléilt la diichyse de Bêàu^illierS , éi tf. dé BëàutUliers èloit vivant et àglssàut danâ mon cceùr Hand \i dërbl^re vif iciti Su seatimeot le plus tendre et le plds rértipll de tériéfatibn. tjubiquë i^ illic dé Salnt-Âlgnah né in'éfli Jamais cultivé quË suivant Ift HiéÉUrë de son besoin , et que sa Tulilllé ihe fdt désagréable , il id'étdit cher , pâl^cè ijii'il étoit Mré du diic de Beailvilllers, et par célU raison , liii et loùl M qili porU son cotn , tùt l'a été toute tOa Vie , sans biil ^ii'i i AtÀ dé tôiit re qui auroit dû émoussét lés pointés de ce \i( attic^^ntént. Je barils d,olic bleU risold dé né rien oublier pour le ïdCcéï i'i^i Ë&ôsi E|tle je désirob isiet passionnéibétit pour ne savoir dé bdtiné M ce ^ii4 J'aurols cbbisi, «I oà m'eflt dodue en Espagne l'apilotl de c^ttggrftnd^ bii de la mienne. Lés services et Id reconnoJS^Hcé [lour de kIs (Hbfii et desqiiéls Ui des leiirg dn né peut rien alteniîré, iiont d'iidë îiidvitî » douce, el Jétledi dàn^rlMé qdelqiie chdse dé si Vit, de si dllIËleÙi, flâ si ei^Uls que àutlé korté dé [ilàlsir n'y eii comparàulé et duré lôilJqUrl , M je l'éprouve ebcbre sût la charge de premier gétitilbdidillé dé Ix bhambre ^ùe tb duË ie bortemari avait elle du duc de ËeaiiviVterï sdr làqilélle j'ai raconté ed ion temjii ce qni se passa. Plélb |ie tH dktf , j'en fis ItE bbrifidenise ï Grimàldb , i qui , étl ^d dé ibotâ , J'éil ^ipltiinât
la causé jibilf qii'il be crflt pàk m mi ' " ' ' ""
fibmUre dé beilt dliilt bfa ie tôiicie peu, poi » qu'il sebltt BU contraire ï qiiél p«lat lé Sa re^oiide in'afni^éa: Apré9 la prËfact! àé vériit qiie je ifdUveroia daba Leht-s MdJesK
(Ihétiifeilt; parce trde biltfe nue lé ilub de i
leu lui-lfaénie par fbi'cë thtilitèS , et petites
tàde i Kàd^d , où le Hoin Ul-dif de ria par I
Leurs Majeatis cdibcllques énaitendant fOt arrivé pour iei aildiéHces . lé càrdihàl A avolt jeté danï leilf' ésbrit déi impressions jbtlrs restées, qUI parbiisdiéiit toutéâ les Ib loll lé nom de duc de saint-Aignan , él qiil J'aurais bien de Ik péiflè à sunnohler, ce qu'U n'espiHlli ttti: M Ib tJréssal tàlnetaflii
iHii] POUR Lfe rittb DE SAîNT-AIGNAN. 303
â LeuKs î^âjéstés Catholiques. Il in 'assura que, bien loin de mè préparer la vole; bêla tilliroit et les ârrêteroit au refus; au lieu que, s'il y avoit Un moyen de réussit , c*ét'oit là surprise et l'etiibarras de ine refuser en face ; oiié à'îls lié nie rèftisoieht ni n'accoirdoient , alors il ifa'oJ0rroit de tenir de sdh côté à l'appÛi ; et de m'y rendre toui le service «Ju'il lui seroit possible. C'étoit pàt-lèr raison ; il fallut bien is'en contenter. Je Cherchai â prendre un tenips de satisfactioil et de bonne huineur de tieurà Majestés Catholiques ; un temps ÔÛ là condiiîte de là prihcesse des Asturies, dofat Je parlerai bientôt, ni'attiroit Iteiit' bbnfldehcé et de fréquents particuliers; ùii temps lenfln bù j'airois lieu de me flatter que Je leur étbis personnellement fort égrésllllè. L'extrême déslt* me fàisoit espérer sur ce que là duchéssé de Beàiivilliers atblt été l'ilriique personne, en febdihfes et éii hohiiiies, doht le roi d'EspagUe, la maison rbyalb à j^àh, m'eût demandé des nouvelles. Je {iris donc des moiiieîits de plire conversation bn tiers aveb eux pour la jeter sUr Ik jeunesse du roi d'Espagne, et par là siir le diie et la duchesse de Beàiivilliers; J'ercitai , tant que je pus , les souvenirs d'estime et d'amitié ; puis iilb mettant stii* la inorale dd rehveràément. dès fbrtudes lés |)liis éàgèmeht et lé^ mieux établies , Je parlai de là perte deis deux fils dii dtib de Beàiivilliera , qui àvoit jeté toute sa fortuiie sur sbd gendre , doiii lés enfants brivoient le duc de Saint-Aigrian de la décoratiorl ^tie Sa liiajésté avoit donnée à sa maisod. Je me tus quelques moments ^our Voir si le roi jpretidroit à Ce discours ; mais , son silehce bbrittiiuaht , j'àjbiitâi qde îéè seroit une grâce de sa générosité, et digne de son ancienne amitié pottr le diic et là duchesse de Beàiivilliers , dé remettre là gràtidessè à sa destina tibh pi-emièire, et de l'àccdrder au duc de iSaint-Aighah ; et je dirbis , éi je l'osois , au'uti tel sotlvenir si dignement placé teroît Uh honneur infini à la gloire de Sa Majesté; itiué comblé comiiie je l'étbis de ses bienfaits , j'oserois ëfacbre moitis hasarder ma trèà-hùthble et trés-tnstante interbession , mais que l'eitrême dééir due l'en àVoiâ mêforçoft d'avouer que ce seroit pour mbi la plus ^i*ànaé satifefactibn dé ifaà vie, égale, pbtir le moiris, a celle que je rësséiitoîà deS ^râCeS qu'elle àvbit daigné de répandre sur inoî: Pendant cette reprisé J^àbfer^tië le roi pié-
^iièlqiiès ihomeîits apès; Je sbi-tis péhéti-ê dé dotileiii* d'uh silence et d'une fih d'aiidiehbe de si mauvais àURùre. Je .desbëiidis todt de àiiitê
quUl iti'atdit dites du peil de disposition qtt'il atoit prévu qi troUvërbis. Ad lieu de iné jJlàiiidre du lieîi de dlgiife souvenir que j'avoîà trouvé daris le i-oi d'Espagne de son goUvernetir et de sk famille ; ad liëtt de prier GHmâldb dé faire queliquë eflbrt , je brus J)lus efficace et mclitià fembari-àsâaiit pour lui de tne contëhter de lui exposer amèt-èthetit les ttiotifs de mbn désir; et de l'dfflictidn où ihe jétoit lé màiitais siiccès qu'il avoit eu. parce que jfe lié pdtivoiS interpréter uii siiéûcë et dplniâ- «re, suitri incbntitietlt dé Fimpâtieiicë de finit ratidl0JDlbë5 qité tioiUtte
3Q.4 CONDUITE É'mANGE [1722]
un refus tacite. Je me répandis là-dessus si pathétiquement a^ec Gri> maldo, sans lui faire même aucune sorte d'insinuation, quUI me dit enfin de la meilleure grâce du monde qu'il ne manqueroit pas de pren4re son temps de parler à Leurs Majestés de la douleur où il m'avoit vu au sortir de cette audience, et de faire tout ce qui lui seroit possible pour le duc de Saint-Aignan. Je lui répondis que je n'aurois osé lui demander rien là-dessus ; mais que cette offre si obligeante me combloit , et je l'embrassai de tout mon cœur. Mais ce ministre ne réussit pas plus que moi. U en parla deux fois, il fut refusé, et à la dernière, ie roi d'Espagne lui dit qu'après tout ce qu'il avoit fait pour moi je devois être coûtent. De sorte que Grimaldo me conseilla et me pria même par l'amitié qu'il avoit pour moi de ne pas tenter l'impossible, et de ne me pas rendre désagréable à Leurs Majestés Catholiques en les pressant de nouveau de ce que très-certainement elles ne feroient pas. Je le sentis bien moi-même , et je n'osai plus rien dire ni rien faire sur une chose que j 'a vois si ardemment désirée. Revenons maintenant à la princesse des Asturies. " ,
Sa convalescence avançolt, et son h^^eur se manifestoit en même temps. Je sus par l'intérieur qu'elle résistoit avec opiniâtreté à aller chez la reine , après tous les soins et les marques extraordinaires de bonté, les visites continuelles qu'elle en avoit reçues pendant sa maladie et qu'elle en recevoit encore tous les jours. Elle ne vouloit point sertir de sa chambre ; elle s'amusoit à sa fenêtre où elle se montroit en bonne santé.
Son appartement de plain-pied à celui de la reine n'en étoit séparé que par cette petite galerie intérieure dont j'ai souvent parlé, car elle étoit dans l'appartement qu'avoit l'infante. Elle ne vouloit plus écouter sur rien les médecins sur sa santé, ni ses dames sur sa conduite, et répondoit même à la reine fort sèchement lorsqu'elle essayoit à la ramener par les insinuations les plus douces. La reine même m'en parla et m'ordonna de la voir et de lui aider à la rendre plus traitable. Je répondis que je n'étois que trop informé de ce que j'étois très-peiné qui fût; que je ne devois pas me flatter de pouvoir plus que Sa Majesté sur l'esprit de la princesse ; et après un peu de conversation sur ce qu'elle croyoit m'en apprendre , et que j'y eus ajouté ce que je savois de plus , qu'elle ne me nia pas, je pris la liberté de lui dire qu'il y avoit aussi trop de bonté et de ménagement ; que Sa Majesté gâtoit la princesse ; qu'il falloit la ployer sans retardement à ses devoirs , et que si dans l'excès de la patience de la reine , la considération de M. le duc d'Orléans y entroit pour quelque chose , non-seulement je me chargeois de tout auprès de lui , mais que je répondois à Sa Majesté que non-seulement il trouveroit bon tout ce qu'il plairoit à Sa Majesté de dire à la princesse, et de faire, mais que lui en seroit aussi extrêmement obligé, parce que personne ne connoissoit mieux que moi ses sentiments pour Leurs Majestés , combien il se sentoit aise du retour de leurs bonnes grâces et désireux de les conserver, combien aussi il se sentoit honoré du mariage de sa fille, combien, par conséquent, il désiroit qu'elle sent!t son bonheur et sa grandeur, et qu'elle s'en rendît digne par sa
[1722] DE LA PRINq^SE DES ASTURIES. -305
reconnoissance , son obéissance , ses respects pour Leurs Majestés et par une application continuelle non-seulement à leur plaire et à répondre k leurs bontés , mais à deviner même tout ce qui pourroit la leur rendre plus agréable et à s'y porter continuellement ; qu'outre que M. le duc d'Orléans regard oit cet^e conduite comme le devoir de Mme sa fille le plus juste et le plus pressant, il le considéroit aussi comme le seul fondement solide du bonbeur de la princesse et comme ce qui pouvoit le plus contribuer au sien, par savoir que sa fille ne fît rien qu'à leur gré, et par se pouvoir flatter de leur avoir fait un présent dont l'agrément pouvoit contribuer à la continuation de leurs bontés pour lui-même et au resserrement de plus en plus de cette beureuse union qu'il avoit toujours si passionnément désirée.
Ce discours fut fort bien reçu. La conversation s'étendit sur de pareils détails à ceux qui l'avoient commencée, et finit par des ordres fort exprès du roi et de la reine devoir souvent la princesse et de lui parler. La duchesse de Monteillauo et les autres dames m'en pressoient continueUement. J'avois déjà vu la princesse bien des fois , même au lit ; il n'y avoit donc rien de nouveau à m'y voir retourner. D'ailleurs cette opiniâtreté à demeurer dans sa chambre perçoit au dehors , parce qu'elle suspendoit les fêtes qui étoient préparées , et que chacun attendoit avec impatience. J'allai donc chez la princesse deux ou trois fuis sans en avoir eu aucune parole que oui et non sur ce que je lui demandois de sa santé, et encore pas toujours. Je pris le tour de dire à ses dames devant elle ce que je lui aurois dit à elle-même ; ses dames y applaudis-' soient, et y ajoutoient leur mot. La conversation se faisoit ainsi devant la princesse, en sorte qu'elle lui étoit une véritable leçon, mais elle n'y entroit en aucune façon. Néanmoins elle alla pourtant une fois ou deux chez la reine, mais en déshabillé et d'assez mauvaise grâce. ' Le grand bal demeuroit toujours préparé et tout rangé dans le salon des grands et n'attendoit que la princesse qui n'y vouloit point aller. Le roi et la^eine aimoient le bal, comme je l'ai dit ailleurs, ils se faisoient un plaisir de celui-là, le prince des Asturies aussi, et la cour l'attendoit avec impatience. La conduite de la princesse transpiroit au dehors, et faisoit le plus fâcheux effet du monde. Je fus averti du dedans que le roi et la reine en étoient très- impatientés , et pressé par les dames de la princesse de lui en parler , j'allai chez elle et fis avec ses dames la conyersation sur la santé de la princesse , qui a5)paremment ne retarderoit plus les plaisirs qui l'attendoient. Je mis le bal sur le tapis; j'en vantai l'ordre, le spectacle, la magnificence, je dis que ce plaisir étoit particulièrement celui de l'âge de la princesse ; que le roi et la reine l'aimoient fort, et qu'ils attendoient avec impatience qu'elle pût y aller. Tout à coup eUe prit la parole que je ne lui adressois point , et s'écria comme ces enfants qui se chêment' : « Moi, y aller I je n'irai point. — Bon, madame, répondis- je, vous n'irez point, vous en seriez bien fâchée,
4 . Ilot ancien et familier ; il se disait des enfants qui éprouvaient on dégoût oU un mal dont la cause étoit inconnue.
ë06 cbNtJtitri «ttiÂïteE ti%8]
Tou^ yôiii^ pHVeriez ii'titi plaisii* bù toute la boiit s*iï\eM i ^tiê ^tr , bt vôuà aVeî Iro)) de raisons et de dl^ir de pliàli*è àd roi et i-là relÀe })otir en hiailque^ aûcane bbbasion. ^ ,
Elle ét'oit assise ki né nié regardbit bas. Mais àfasMtôt aIsrSâ BSk fiàrbieâ, elle toahiâ là tUte sÛr hbi, et d'iin ton të pld^ dëèidë ([bë je 'A%ri buts ianiafs : « Kbii, itiotisiéur, hié dit-ellb; je lé t-'étilté; Il hiral (ibiiit ku bal , le roi et là i'eine y irbht âllS Véuléht; ils àiineiit le bdl; je ne Taime
Point; lis aidiétit à ée lév'ét' et t se bbticliër ïàkd: ihot à ine coucher de
qu'à son â^e on ne se privoit |)as si volontiers d'iîti bal : 'et qu'elle àtbit trop d'eàt)Hl pour pHvét tofate là <Jblir et lé jiiiiilic ni feëtté attente, 'encore moins à liibhtrer iin godt hï péii bbnfôntie k çéltii 'dii rot et de k reine, et qiii parôtli-oit è{ étrange â sbii &^b et à sdti atrlV^; liiliS ijuiiprès cette plaisantéi>ie lé miéui étbit de ne pfblongèi- pks Muâ iBilj|tëhipB une attenté; dont le délai d'uil bal; todt iingé bt totit brét dë^tiis si ]ongteiti|)s; déveiibit itidébent. Lés dàtnéâ tti'àppdVèféiit . et là éBliyefBâ- ^ tion éiiti-ë elles et ihbi contidiiâ d'é la sbrtë Uni iiuè ïk tJrinbëiise itt feulement contekiàtibé dé nous ëtitfettdfë.
Eh sdrtàtit, la duchesse dé MohtéiUaho thé stiiVit avêt ik dtibhéiâe de tirià et Mme de Riscâldalgre. ËlleS inlîntBiirSbéht hoi^ de là (ibrtë 'àk 11 ^bbambre ; et ihe tëmbignèreiit leur effroi d'iihé Tolbntë gi ^i-rêtéé daUè 'tlne [ibrsbnne de cet 3lgé contre devoir et |Jlai^ir, bt d^iis iin pays oïl elle ne faisoit qiié d'arrivef , et toute seule parmi tbiiS ^ds iHcobnus: J'en étois plhs ét)bùvànté qu'elles ; J'en voyois des bbilséquencbâ ^pablei d'appbner de ^hitides suites. Midis j'essaf ai de les ràsàilter ^\it Un teste de maladie et d'hUmeurà en nldbvëihent qui pbiiVoiëht causée éë tdécbànt effet , ibàiit qui cesseroit avec lé retour de là blbihé isaiitê. tbntefbis j'étoisbien élbigné de m'en flatteh Je îbe gàrddi bibd tiéânmbitiâ dé Mté ce récit au roi et à là teine ; diais coiiiiiië ils rûi pàHëiiBbi du bàl , et le h)i surtout avec atiiertumë sur là fântàikië ttb k princesse, Jb pHs ii liberté de lui dire que je n'imaginois pâà (}U'il ^e vdulAi géhér ^odi^ le Cât)ricë d'ùhb eiimht c^ui vënoit sûrement de sa bisilàdib ; ùi |iriiré1r éi codi' et tbdt le public d'une féie aussi agréable et àttesi supbrbe qu'ëtoit le pretbiélr bal (}tie j'àvois vil iA palais; et cjue j'àvbubis qu'éji ïhod particulier 'ëh àerdis àl&igé, parbe qdë je m'éii étois fait tiîi foH frttnd plaisir, é ëh 1 cela ile se pëiit pas ; rëpHt le i^oi , sahs là |)Hhcbésë. ^ Bi pouritiioi doîic , siretlui rétilîqiiai-jë: C'est UHe tetëîjbe Ybti* Mjëâté dbnne à sa Jdië bt à là jbie publique: Ce n'est pàà â là ptinbekàë , iitimqtié à son occasion , à î*é|^ér les plaisirs de Tbirë tfàje^té , et ceux ^u'blië tëut bien ddhher à sa bbur ^Ui s'y attend et les désire. Si Ik priticësâé croit que sa santé lui pbndëttë , elle f tiendra; sinod la Atd se pàilser^l sans elle: 1>
Tandis que je parlois , la reine me faisoit signe des yeux et de la tête de presser le roi , tellement que j'ajoutai que tout ce qui se faisoit et se passbit li'étbit et rie jJbttvbit éti-é lîue t>Bùr tédrà ttJijeàtêsj dun-tles en étoient le seul objet et la déclaratlbil uili^'é ; qU^ ^tiSl^ë yîàiM
[ITSfi] DS LA PAÎNCBSSB DEâ ÂSTUBIËS: d07
princes que fa&seilt les iiifatits , ils n'y étbient que comme les preniiers counisans et pour illustrer Tasseinblëe ; maiâ jamais Tobjet; que là confiance dont ÈA Majesté daignoit m'hdnorer sur be qui regardait là prinfcesse m'fengageoit par devoir à supplier Leurs Majestés de considérer qu'il ne fàilbit pas àccoUtuther la prinbësse & broiré que tdiit se fit pou^ elle; et que rien ne se poutoit faire sans elle; que plud la fête étoit ttigiie de la présence de Leurs Majestés, plus cette leçon de lafaibe sans feiie lui ftrbit impression * que je ne pouvbis irt'einpêcher de regarder Cfela comme appartenant très-ësseUtiellenient à une édùcàtidh si iiilpbrtante , et donj le Kônheiir de la priticesse dépendoit; eh lui faisant sentir dès là première [occasion] qu'elle n'étoit rien , et qu'on se pàssoit très-aisément d'elle. Là reine appuya fort ce discbUrS ; mais lé roi nb répondant rien , elle tourna doucement la cotlversàtibii àilleiirs. En biilâsant l'audience, elle prit l'instant que le roi se retbiirnbit aprfesmia irivérbnôe pour me faire sigilfe de la tSte et deS yétix qiié j'avois bien parlé , et me mohtratlt le rôi dû doigt et bbtmiie lé t)oiissaht sur lui, elle me fit entendre de ne me pas rebuter. Cela &t que je me hâtai de dtner pout kne trouver à leur sortie pou^ la bhasse , et je demandai tout haut ft la irëine polir quel jbUr enfin seroit le bal; dbtlt j'arbliois que je moùrois d'envie. Bile me Répondit aVéc àctioh qii'il tAllôH le demander au roi; et lui demanda s'il m'avoit entendu. Il lUi répondit : Mais tioui tjfetton*. Gb bburtdi^bgae les conduisit au h^ut dû petit de^t-é 'qui étoit tout proche par où lis desceûdoleht et rémbtitbi'etit toiijpurS, et je detiifeurài au haut , pârcb qii'à peine y pbûvbit-on passer deûi de front.
Le leildbmâirt je trouvai jnoyeh de leur paHër en particiiliér sût quelque bkgatëlle , puis je remis le bâl sur le tàpis: La reine hië dit en tiant qu'il étoit vrai que j'en avois bien etlvië , et elle aussi , et Se iûit douceinent â presser le rbi. Gomme il sourlblt sans répondre, je pris là liberté ûè leur dire qu'é je lés supplfbis de se souvenir que j'avbis pria belle de leur représenter qtle Leurs Majestés gâtoient la pirincessé; qu'&ûjourd'hui j'osblS Sijoutèr qu'elles à'bn repentlroieht; qu'elles f voiidroient remédier qûahd il n'en seroit plus temps ; que M. le duc d'Orïèans ett seroit au désespoir; et qUës'll pbûvoit avoir le inômë hOiihëùr qûé j'SiVoiS d'être en leur présence , il leur parierott là-dessûs en méihë sens que moi . ûiais bieh plûà fortement ; comme il lui cbrïvënoit. Gë prbpbs tourna par eux-mêmes là cotlversàtioii SUr de nouvelles bagatelles fbrt maussades d'opiniâtreté; de fantaisie, dMhconsidëràtioii pour ses dames; qui échàppoient & là princesse , dé la breveté* de ses Visites chez leurs Majestés; d'é la sécheresse dé iés manières àVeC elles, sUir()ubi je les suppliai db më pardonner si^e leur disois que c'étoit la faute de Leurs Majestés plus que d'une enfàht qui rie savoit ce qu'elle fâisoit^ et qû'âû lieu de l'abcoutumër par lëhir trop de bonté à ne se refuser aucun càpHc(i;~ tien n'étoit plus pressé hi plus important que de les répHmer; dé M imposer^, de Itil faire sentir tout ce qu'elle hiontroil Igtiorei» à leur - égaird ; et ihême à l'égard de ^eS dames ; enfin l'accoutumer àû respect et
i; Oil à déjà TU que Ôaint-Simoh ècrlnit brèi^eié^ôni bHèçfèt'è,
308 BAL DE l'intérieur DU. PALAIS. [1722]
à la craints qu^elle leur deyoit , à lire dans leurs yeux et jusque daus leur maintien leurs volontés , pour s'y conformer à l'instant et avec un air comme si c'étoit la sienne par l'empressement à leur obéir et à leur plaire. Tout cela fut encore poussé de ma part et raisonné de la leur assez longtemps , après quoi je me retirai. Je n'allois plus chez la prin« cesse , et je le dis à Leurs Majestés , parce que j'en voyois l'inutilité. Je ne reparlai plus de bal à leur retour de la chasse, au passage de leur appartement dans la crainte de rebuter le roi. Le surlendemain je me trouvai à leur passage pour la chasse. Au sortir de l'appartement , la reine me dit qu'il n'y auroit point de bal ; que l'ordre étoit donné d'ôter le préparatif qui étoit rangé depuis si longtemps , en me faisant des signes d'en parler encore au roi. Je lui dis donc que j'en serois désolé par le plaisir que je m'en étois fait, et que si j'osois je lui demanderois ce bal comme une grâce.
Ce dialogue conduisit à ce petit degr^ qui étoit tout contre. A l'entrée, la reine me fit signe de suivre. Je me fourrai donc à côté de celui qui lui portoit la queue, lui parlant haut de ce bal pour que le roi, qui marchoit devant elle , pût entendre. Un monient après elle se tourna à moi avec un air que je dirois penaud si on pouvoit hasarder ce terme , et me fit signe de ne plus rien dire. Apparemment que le roi lui en avoit fait quelqu'un là-dessus, car cette rampe étoit obscure, et je ne pus l'apercevoir. Au repos du degré, qui étoit assez long, la reine s'approcha du roi. Je demeurai où j'étois sans m'avancer. Ils se parlèrent bas , puis la reine m'appela, et quand je fus près d'elle : a Voilà qui est fait, me dit-elle , il n'y aura point de bal ; mais pour s'en dépiquer , ce fut son terme , le roi en aura un petit ce soir , après souper , dans notre particulier, où il n'y aura que du palais, et le roi veut que vous y yeniez. » Je leur fis une profonde révérence et mon remerciment , tout cela, arrêtés sur ce repos du degré. La reine me répéta : « Mais vous y viendrez donc ?» Je répondis à cet honneur comme je devois. Le roi me dit : » Au moins , il n'y aura que nous. » Et la «reine continua : oc Et nous danserons tout à notre aise et en liberté ; » et tout de suite [ils] achevèrent de descendre , et je les vis monter en carrosse.
Le bal fut dans la petite galerie intérieure. Il n'y eut que les seigneurs en charge., le premier écuyer, les majordomes de semaine, lacamareramayor, les dames du palais, les jeunes senoras de hoiior et caméristes. Le roi, la reine, le prince des Asturies s'y divertirent fort; tout le monde y dansa force menuets, encore plus de contredanses, jusque sur les trois heures après minuit que Leurs Majestés se retirèrent et le prince des Asturies. Ce fut là où je vis et touchai à mon aise la fameuse Pérégrine, que le roi avoit ce soir-là au retroussis de son chapeau , pendant d'une belle agrafe de diamants. Cette perle , de la plus belle eau qu'on ait jamais vue , est précisément faite et évasée comme ces petites poires qui sont musquées , et qu'on ap|9ëlle de sepU-en-gueule et qui paroissent dans leur maturité vers la fin des fraises. Leur nom marque leur grosseur, quoiqu'il n'y ait point de bouche qui en pût contenir quatre à la fois sans péril de s'étouffer. La perle est grosse et longue comme les moins grosses de cette espèce, et sans comparaison plus