‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 130 sur 200 · LA PÉRÉGRINE · texte numérisé non relu

LA PÉRÉGRINE

qu'aucune autre perle que ce soit. Aussi est-elle unique. On la dit la pareille et Tautre pendant d'oreilles de celle qu'on prétend que la folie de magnificence et d'amour fit dissoudre par Marc-Antoine, dans du vinaigre , qu'il fit avaler à Gléopatre. Quoique l'appartement de la princesse des Asturies fût à l'un des bouts de cette galerie intérieure , elle ne parut paa un instant. Je ne prédis que trop vrai à Leurs Majestés Catholiques. La princesse en fît de toutes les façons les plus étranges, excepté la galanterie ; et à son retour ici on eut le temps de voir quelle elle étoit, dans le peu d'années qu'elle a vécu veuve et sans enfants. J'ai rapporté ce bal tout de suite de ce qui regarde la princesse ; il faut parler maintenant des autres fêtes qui furent données à l'occasion de^ doubles mariages.

Elles commencèrent le 15 février par une illumination et un feu d'ar» tifice dans la place qui est devant le palais. J'ai déjà parlé ici de la surprenante beauté des illuminations d'Espagne. Les feux d'artifice ne leur y cèdent point. Ils durent plus *d'une heure et ordinairement davantage dans toute leur plénitude, et dans une variation perpétuelle de paysages, de chasses, de morceaux d'architecture admirables ^ de places et de châteaux. Les fusées merveilleuses, innombrables à la fois, continuelles, les fleuves et les cascades de feu , en un mot , tout ce qui peut remplir et orner le spectacle et lé rendre toujours surprenant ne cesse, ne diminue, ne s'afibiblit pas un moment, en sorte qu'on n'a pas assez d'yeux pour voir le tout ensemble. Nos plus beaux feux d'artifice ne sont rien en comparaison.

Le lendemain , Leurs Majestés Catholiques allèrent en cérémonie à / Notre-Dame d'Atocha , telle qu' [elle] a été ici décrite ailleurs. Mais en celle-ci elles étoient dans un carrosse tout de bronze doré et de glaces, avec le prince et la princesse des Asturies sur le devant, et suivies de trente carrpsses remplis de grands et de toute la cour. Je n'y fus point ni Maulevrier, comme nous n'y avions point été la première fois, sur l'avis du marquis de Montalègre , sommelier du corps , à qui je le demandai, mais qui ne m'en dit point la raison. J'appris, à l'occasiop de celle-ci , que c'étoit parce que les grands ètoient avertis de se trouver à ces cérémonies, et y avoient leurs places et non les ambassadeurs. Taurois pu m'y trouver comme grand , ainsi que je fàisois en d'autres fonctions où les ambassadeurs ne se trouvent pas; mais celle-ci étoit si solennelle et si marquée sur le double mariage que , n'y pouvant assister comme ambassadeur, je crus m'en devoir abstenir quoique grand. Au retour de l'Atoche, le roi passa par la place Major, tout illuminée, et s'y arrêta quelque temps. J'y étois à une fenêtre. Il trouva, en arrivant au palais , la place qui est devant , illuminée. J*avois eu l'honneur d'être admis sur le balcon de Leurs Majestés Catholiques et près d'elles au feu d'artifice dont j'ai parlé ; mais je me retirai peu à peu à une autre fenêtre gardée pour mes enfants et ma compagnie, et je ne retournai au balcon du roi que pour en voir sortir Leurs Majestés et les accompagner à leur . appartement.

On eut un autre jour, dan» U place Major illuminée, un divertissement fort galant. La maison où j'étois étolt vis-à-yis de cdle du roi , et

^10 f£tE PE la ÇÛUBSfi pES I^LABIBEAUX. [U^]

de Vnnf( à V^nUe une lice entre ^e\i^ l^amèrefi. Rien ne pouyoit être plus brillait , plus rempli n^ ayeQ un p)u9 8ran4 Qr<!ré. Le ^luc <le He- 4ipa-Pflpli , }ç dup 4el Arçp et le corrégidor de Madrid aïoj^nt cWçmi leur quadqlle 4e dei^x Q^pi cinq\ui'nte ^virgeojs q^^ arti^ps de Madrid > tqu^es %içois içliyer^ei^ent marquées , Q'^si-à-dir^ piagn^fiqueiueai parées en piasparades diverses , mais à visage 4écouyert , |q^s WPt^t^s pur les plus beaux çiieyaHX d'Ëspagpe avec de superbes barnois. Lef deu« dUQS, OQuterts des pl^s belles pierreries , ainsi que 1^ bar4oi§ M \f^î^ a(i99inables fibf^vau^, itpiept, aiQsi que le porrégi4Qr, en habits ordinaires, mais e^trêçi^en^^pt p^ag^ipque^- Lef trois qpadr|lles, leur cbef àla tête, auivîes d^ fercq geptij^boipp^es , ps^ges et laquais, entrèreut l'une après Tautre dans la place, dont elles firent le tour , etto^ifes leurs comparses f di^ps un très-bel ordre et sans la moindre çonÇusion , au bruit de leurs fanfares f celle de Ifedina-Cœli la première, celle 4el ArOO après, pi|is celle de la ville, (.os chefs, Vun après raïutrç, se rendirent apr^ (e^s pompars^s sous le balcop de Lenrs Majestés patboliques, oh étoieni 1^ prinpe f;f la pripcesse , les i^fant^ et leurs plus grands offçi^rs, tan4is quç la briga4e arrivoit yis-4-yis, squ&i le balQon où j'étoi». De cet ei^droit ils partirep^ 4euf 4 ]^ fois, prenant cbacpn à l'entrée de. lal^ce i|n grapd et Iq^g £|ambeau 4e pire blanche, biep alliinoè, qui l^^r étplt présenté de phaquç pO!(é §n paêçfie temp^ , ^'ojj^ pren^pt d'-abord 1§ petit galop quelques pas , \U ppiipoient l^^rs cbeyaux à tput^ bride tçmt du Ippg d§ la iic9 ) et l^s arritpient tput i coqp sur PUl sou^ le b^con du roi. L'adresse de cet exercice , où pas un ne pp^qua , est de courir 4ç) f^ont sap^ ^ dépasser d'vine ligne ni rester d'u^^ autre plus en arrière, tMe Qontre tète et croupe contre croupe, tenant d-une majn le flambeau droit et ferme , sans penobér d'aucun côté et p^tjpaitpmeni

vis-4-yi? l'un de l'antre , et le corps fenne et droit. La qua^dçiHe cjel 4rcq

suivi^ dans le même ordre ; puis pelle de la yiùe. chaque couple de cavaliers n'entroil e^ lipe qu'après que l'a^itre étoit (irrkée , naajs paçtoit au même instant, ^t è mesure qu'il? arriyo.iept ils prepoient leur rang en commçnç^nt sous le balcon du 1*01 « et quapd phacune ^ypit acbevé de courir, fow lanfare^ en attendftn^ que l'ft\Ur§ commençât. Le^ courses de toutes troi§ Qnie§, leurs çbefs en reprirent cbacuu la tète de la sienne, et dans le înè^e ordre, inai? alors ^e suivapt toutes trois, firent leurs coniparfos et le tour de la place au bruit de leurs ffinfâres , sortirent apT^s de la pjacçi et se re^irérenf çonin^e elles étoiçpt vannes. L'e^éputiou en fut également maniaque, g^lapto et parî^Ue, et dans un ordre et un silence qpi en releva beaucoup la gclpe, r^4r^$se etl'épla$.

On eut une autre -fête d^us la mHwe plape » ftveç i^ p^m. iHumin^tipu, que la cour vit de la m^ïn§ maison dans la ptece, et ïdoî yis-à-yls d^pe celle d-où j'^vois vu la course des flambef ui ^vec te npnce , Itfauleyrieç et tout ce qui étoit de phez moi. J'ai expliqué £^ilieur§ les places 4^9 grands, et jio^pmeut les bâlcops des cinq étages de la place tput ftu tout

sont remplis et les toits chargés de peuple , ainsi que le fond 4^ 1^ Placq en foule mais sans faire 4U ^I^fiOtaple le plus petit embarras- Pfi fut un

cQï^bat sut mr 4îuu yaiweau turo pon'tfe une gilère 4$ u^y^, qui put l»

[}3S^} FÊTE d'bI^ CCaj^J|X NAVAL.

■des itsuf

l'-OU-

)na-

CBfApiTRl XV.

Bnm-BctiTO. — Horde ft piatlqna coDimode du Jfiniiei ■qr le IsOne eq

Sspatpe. — JB tiinj ïofr |« priefln de Braijçoit 1*?.— DflicaM 'P9Ul«>i>« d»

don GB»p»fd Giron. — Eipéill^nf i^ pliiliBM )1| ffaln l'qrgiiefl ]JeB cardioau^. — Pnson de François ];;. — Je vu; voir Tnlède. — Çaiifet par,tlcuIrerM de tni earioiui. ~ CoDlei él sorti de roj-nili d«t êài^S:1ierï 4^ Tolède. — Différence de notre prononfimtioa laline d'arec' ceîlè'de' lotilèii les lâiras mitforii. - Lé earttnè'frftt'ïâèliènVdsriïloïCÉkiilteV. "^ Tesi^ii, éicellént palliûDde me)-.'-— 'E^llHe'nMri'b^AllUitttë-dé TdlMé. — Bumble ' tépullure du cardinsil Porlôcarrero. — ' ^tuté 'idiùirible dei stallea du çli<Çi4I. — Chapelle el njew^ iîiq?ar»billlie. — É»«iIP«» wêlél Sïec leB Cha-

Si^ibe; fan; si^cupe ijiilinçlloç. ■— Brape^j» bliinc ai{ çloçtief !}e l'égliiB dt^ olède pour chaque ircheyèque ou chanoine devenu carninal , qui n'en eal OU qn'à ta mon, — Dépniaiioa da chapitre de Tolède pour me cÀmptiiiiediét. ^ -Vteie'ef palais dS TWSé.'ii- ÀraffiSeiV -il'AliiuBomeffi dfe'iinïliÈrs. i^HarùmmÉiséiatfc&aUèaaï. — tfil'deBDflie'fcia*'''-' "" "' ' ' '

Î4 csEtme mit Su aui Htes , et Leuce ibjeslés Catboliqueg qni itèrent ta psUia el allèrent habitée ce^ui de Buen-Heiito. Ce 6» ^ssi le temps da l'-SDiiîiei9s|re <tç la feue reine dite U Savoyana, dans i:igli»e de l'inofttnatioû, qui éal BCMde el belle, fluoique ce soit un couvent de religieuae;. Lqs grandï ; funeol incités i l'oFdin^ire, par conséquent taaa sepondSls St moi, et non les ambassadeurs. Le banc des grapda elle ■iige plcyaQt du maJQcdone-niajar du loî y itojent disposés cûpime en ctiapËÛ^i çoais sans prie-Djeu du roi, sana siège de cardicam et sans batif; di'aii)bss34dQui:a. Uaia les majordomes du roi fy treuTËretit debout & léim plsoss conune tu cbspeUSi et 1; (dprgé, cautn^ en cbapelle, as:

Page 1