‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 142 sur 200 · DE PHILIPPE V · texte numérisé non relu

DE PHILIPPE V

Le prince des Asturies. M. d'Asfeld, depuis maréchal de

M. le duc d'Orléans. * Le prince Pio. [France.]

Le duc de NoaiUeSr* Le prince de Robecque.

Le comte de Toulouse. Le marquis de Beauffremont.

Le maréchal duc de Berwick. * Le marquis d'Arpajon.

Le comte Toring. Le^ prince Fr. de Nassau.

* Le duc d'Albuquerque. Le maréchal de Villars. *

* Le duc de Popoli. Le duc de Bournonville. * Le marquis de Lede. * * La comte de Hontijo.

Le prince Ragotzi. M. de Caylns.

Le marquis, depuis maréchal de * Le duc de Liria.

Brancas.* D. Lelio Carafifa.

Le prince de Masseran. * Le marquis Mari.

Le marquis de Béthune, depuis duc Le duc de Ruffec, lors yidame d«

de Sully. Chartres.

* Le duc d'Atri. 28

Nommés et non reçtu,

MH. de Mauleyrier et de La Fare , tous deux depuis maréchaux de France.

Trente-six chevaliers, et les deux nommés trente-huit, et [douze] colliers vacants.

Sur lesquels quatre espagnols, outre le prince des Asturies ;

Quatre Flamands et un Franc-Comtois , et six Italiens des pays autrefois possédés par TEspagne ;

Treize François ou comptés pour tels, dont deux au service d'Espagne; et six Allemands ou réputés tels, dont deux souverains'.

Il y a lieu de s^étonner que, Tordre de la Toison étant de cinquante chevaliers, le grand maître non compris, ni les grands officiers de

4 . Le signe * mis avant le nom marque ceux qui éloient grands d'Espagne avant d'avoir la Toison ; après le nom, les chevaliers de la Toison qui, depuis, ont été faits grands d'Espagne. [l^ote de Saint" Simon.)

2. On ne retrouve pas ici exactement le nombre de chevaliers indiqués plot haut par Saint-Simon.

884 CAOSB DU SI PETIT NOMBRE [ïl^V]

Tordre, et n'y pouvant y avoir aucun prélat, il y eût tant de colliers vacants. Mais ce qui Test bien plus , est le si petit nombre d'Espagnols naturels, et le si grand nombre d'étrangers, surtout de François.

Revenons à la raison de ces choses. Les ordres anciens d'Espagne , Saint- Jacques, etc. , sont fort riches. Les plus grands seigneurs d'Espagne les ont toujours pris pour en obtenir les meilleures commanderies. ^ja moindre noblesse et les domestiques principaux des grands seigneurs y sont admis comme eux, la plupart pour s'honorer, et dans l'espérance aussi des petites commanderies. Ces ordres étoient incompatibles avec la Toison et avec tous les autres ordres. Les grands seigneurs espa« gnols préféroient presque tous l'utilité des commanderies à l'honneur de porter la Toison , et les rois d'Espagne en étoient bien aises et les entretenoient dans cet esprit pour avoir presque toutes les Toisons à répandre dans leurs Ëtats d'Italie et des Pays-Bas , et en donner aux enn pereurs de leur maison, tant qu'ils en vouloient, pour leur cour et pour les princes d'Allemagne. Ces deux raisons cessèrent avec la vie de Charles II, et par la guerre qui la suivit, qui fit perdre à Philippe Y* l'Italie et les Pays-Bas , qui étoient demeurés à TEspagne.

Le premier engouement de l'avènement de Philippe V à la couronne d'Espagne donna aux plus grands seigneurs de l'émulation pour l'ordre du Saint-Esprit , pour signaler leur attachement à la maison nouvellement régnante, et porter une distinction qui montroit la considération et la faveur qu'ils en avoient acquises. Bientôt la difficulté de parvenir à l'ordre du Saint-Esprit, par la rareté des colliers accordés à l'Espagne, donna du goût aux grands seigneurs ^ qui, de toute nation, étoient attachés à la cour ou au service de Philippe Y , pour la Toison , dont ce prince disposoit par lui-môme, et dont le retranchement des Ëtats de Flandre et d'Italie le rendoit moins avare pour sa cour. Mais i'intérdt des commanderies des ordres anciens d'Espagne les génoit par la nécessité d'opter entre le profit et l'honneur. Ce iftcheux détroit les engagea à chercher des moyens de réunir l'un à l'autre ; et comme les papes se sont peu à peu emparés en Espagne de ce qui est le moins de leur dépendance , entre autres de l'ordre de la Toison , par la confirmation qu'ils se sont arrogés d'en faire, et que les rois d'Espagne ont bien voulu souffrir, cette union de l'honneur et du profit d'ordres incompatibles parut enfin possible à ceux qui la désiroient, en s'adressant à une cour qui avoit su jeter le grappin sur les uns et sur les autres ^ et où rien n'étoit impossible pour de l'argent. La négociation en fut donc entreprise à Rome , qui , par ses politiques lenteurs , en fit acheter le succès au prix qu'il lui plut d'y mettre. Il y fut donc réglé qu'elle ne refuseroit aucune dispense , à ceux qui avoient les anciens ordres d'Espagne et qui en possédûient des commanderies, d'accepter tous les autres grands ordres auxquels ils pourroient être nommés, en payant une annate ^ à Rome lorsqu'ils recevroient ces autres ordres «t tous les cinq ans une autre annate; moyennant quoi les anciens ordres d'Espagne ni

«. B y a duB le niDuMrit Philippe II • mais e'eii me erreur érideote. a. Impôt qui consistait dans le revenu d'une année.

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