CHAPITRE ILVII
Bonneors prodigués A l'infante, et fèleB A son arrivée A Paris. •— J'obtiens ane expédilion en forme de la célébralion du mariage du prince et de Js princesse des Asturies , dont il n'y avoit rien par écrit. — Baptême de riuranl don Philippe. — L'inrant don Philippe reçoit le sacrement de confirmation et l'ordre de Saint-Jacques. — Voyage très-solitaire de quatre Jours , A Balzafm, de Leurs Majestés Catholiques. — Je reçois un courrier
' snr l'entrée des cardinaux de Rohan et Dubois au conseil de régence, et sur la sortie des ducs , du chancelier et des maréchaux de France du conspii de régence. — lianége du cardinal Dubois. — Il présente au. régent un périlleux Tantôme de cabale. — Lettre curieuse du cardinal Dubois A moi sur TaSaire du conseil de régence.' — Néant évident de la prétendue cabale. -— Dubois, par une lettre A part, veut que sur-le-champ j'en fasse part A Leurs Majestés Catholiques , en quelque lieu qu'elles fussent. — Second usage du fantôme de cabale pour isoler totalement M. le duc d'Orléans. '— Artifices de la lettre du cardinal Dubois A moi. — Sa crainte de mon retour. — Moyens qu'il tente de me retenir en Espagne. — Autres pareils artifices du cardinal Dubois, qui me fait écrire avec plus d'étendue et de force par Belle-Ile. — Remarques ^sur la lettre de Belle-Ile A moi. — Je prends le parti de faire la prétendue cabale , de ne dire que le fait existant , et d*aller A Bttlzaïm. — Conversation avec Grimaldo.
Je ne m'étendrai point sur les honneurs prodigués à l'infante pendant son Yoyage et à son arrivée à Paris , encore moins aux fêtes dont elle fut suivie. J'étois trop loin pour les voir et pour m*en occuper. Je dis prodigués, parce qu'elle fut en tout et partout traitée comme reine, qu'elle fut même nommée et appelée l'infante reine, et qu'il ne lui manqua que le traitement de Majesté. Je ne compris rien à l'engouement auquel on s'abandonna là-dessus. M. le duc d'Orléans , glorieux sans la moindre dignité, refusoit tout en ce genre, ou en faisoit litière : les mesures et les bornes n'étoient jamais des choses auxquelles il voulût donner le plus court moment de penser et de régler. D'ailleurs , tout étoit abandonné au cardinal Dubois , de naissance ei d'expérience fort éloigné d'avoir les plus légères notions du cérémonial, si ce n'étoit pour ce qui regardoit les cardinaux. Il eut donc plutôt fait de se laisser aller à ces profusions d'honneur que d'y donner la moindre réflexion. Il crut faire sa cour en Espagne , et s'y porta avec d'autant plus d'impétuosité que ce fut en chose où l'Angleterre ne pou voit 4)rendre aucun intérêt.
Le roi et la reine d'Espagne furent en eflet très-satisfails , ainsi que toute leur cour, de tout ce qui se passa en France en cette occasion, c'est-à-dire de toutes les fêtes dont je leur rendis compte, qui marquoit la joie et l'empressement, car, pour les honneurs, ils furent regardés comme dus et comme des choses qui ne pou voient ne se pas faire. L'in* fonte étoit fille de France comme fiUe du roi d'Espagne, et cousine gsr*