MORT DU MARQUIS DE CASTRIBS
mère du i&trqais de Gastries d'aujourd'hui. GAstries eut ^ en iàvear de son marilige , cent cinquante mille litres de brcTot de retenue sur son gouvernement de Mon^ellier.
Puysieux épousa une fille de Souyré, fils de M. de Louyois et maître de la garde-robe du rdl. il étoit fils de SiUery , écuyér de H. le prince de €onti , gendre de H. le Prince y et neveu de Puysieiiz , ambassadeur en Suisse ; qui se fit chevalier de Tordre par l'adresse qu'on a vue ici en son teinps.
Le duc d'Ëpernon; par la démission du duc d'Antin son père^ épousa la seconde fille du duc de Luxembourg;
Et Mlle d'Estrées, vieille fille, sœur du dernier duo d'Ëstrées, déclara son mariage avec d'Ampus, gentilhomme provençal peu connu, dont le nom est Laurent. Voilà les morts et les mariages que je trouvai à mon arrivée ^ et voici les autres chaçgements : -
Le P. de Liniëres , jésuite , confesseiir de Madame, bon homme, vieux et rien de plus , fait confesseur du roi. On négocia fort avec le cardinal * de Noailles pour en obtenir des pouvoirs pour le roi ^ comme il en avoit donné à ce jésuite pour continuer d'entendre Madame; mais il fut inflexible. Aussi étoit-il bien d'une autre importance de rendre le confessionnal du roi aux jésuites que de laisser continuer Madame avec son ancien confesseur , lorsque le cardinal de Noailles interdit les jésuites. Le cardinal Dubois, qui n'en voulut pas avoir le démenti, fit la plaie si éclatante à l'épiscopat de s'adresser à Rome , et le pape envoya au roi un pouvoir de l'entendre en confession et de l'absoudre , à quiconque il voudrait choisir, sans aucune exception.
Le chancelier , exilé à Fresnes, et d'Armenonville , gardé des sceaux ^ et son fils Morville j secrétaire d'État en sa place; Noce, si bien et jû libre avec M. le duc d'Orléans , et qui avoit été si longtemps l'intime de Dubois ) et celui par qui, étant à Hanovre et à Londres, ses lettres pasA SDieht au régent, exilé à Blois; et Broglio, ce r-oué de M. le duc d'Orléans , si impudent et si impie , chassé plus loin« Il y avoit bien longtemps qu'il le inéritoit, et pis. Le cardinal* Duboiiï commença par ces deux hommes, dont il craignoit l'esprit hardi du premier, entreprenant et audacieux du second, et la liberté et la fafniliarité de tous les deux avec M. le duc d'Orléans , qui avoit du goût et de l'amitié de tout temps t»our Noce, fils du vieux Fontenay , qu'il avoit fort estimé^ et qui avoit été son sous- gouverneur. Tous d'eux avoient beaucoup d'esprit.
Le chancelier venoit de marier sa fille au marquis de Ghastelux, homme de qualité de Bourgogne, du nom de Beauvoir, fort honnête homme, et estimé à la guerre. L'arrêt du chancelier étoit intérieurement prononcé , et M. le duc d'OHéans voulut ne rien déclarer que le mariage qui s'alloit flaire ne fût achevé. 11 6n rioit tout bas, et disoit à ceux du secret que ce pauvre Ghastelux donnoit dans le pot au noir , et s'alloit faire poissonnier la veille de Pâques. Il soutint ce subit exil de son beau-père d'une façon respectable, et n'en vécut qu'avec plus de soins, d'attentions et d'amitié pour sa femme, pour son beau-père et pour toute sa fàinille.
I4ïiie de Soubise, en fonotioa de gouyernante des enlanta de France,
380 liABAHE DE SOUBISE GOUVERNANTE. [1722}
an sunrtTance de la duchesse de Ventadoor, grand 'mère de son mari , el Dodun, contrôleur général des finances, à la place de La Houssaye, que son incapacité n'avoit pu soutenir plus longtemps dans cette place. Dodun , de président aux enquêtes , étoit pas»é dans les conseils des finances , où il avoit eu plusieurs commissions. Il avoit de la morgue et de la fatuité à Texcès , mais de la capacité , et autant de probité qu'une telle place en peut permettre.
Pelletier de Souzy , qui étoit à la fin entré , comme il a été dit ici , au conseil de régence, le quitta et se retira à Saint-Victor. Il étoit doyen du conseil des parties., Il logeoit avec des Forts , son fils, dans une beUe et agréable maison , qu'il avoit bâtie , et toute sa vie avoit eu des emplois distingués, et vécu avec la meilleure compagnie, à qui il faisoitune chère fort recherchée. On crut que quelque mécontentement qu'il eut de son fils lui fit prendre un parti dont il sentit le poids et le vide, et qu'il ne soutînt que- par la, honte de- la variation.
Le duc d'Ossone étoit parti de Paris, qu'il avoit rempli de sa magnificence et des plus belles fêtes , lorsque j'y arrivai. Je ne le recontrai point en chemin.
Jo trouvai Tarchevêque de Tours, que j'avois voulu faire archevêque de Reims, déjà transféré à Alby, et l'abbé d'Auvergne, nommé à Tours, passé à Vienne. Tours fut donné àl'évêquede Toul, cet abbé de Gamiily qui avoit eu cet évêché en récompense^ comme je l'ai dit ailleurs, de tous les toups de souplesse dont il avoit si heureusement servi le cardinal de Rohan, longtemps avant sa pourpre, pour le faire recevoir dans le chapitre de Strasbourg, où lui-même étoit alors depuis longtemps chanoine du bas-chœur, et Toul fut donné à l'abbé Bégon, qui fut un excellent évêque. Reims ne tarda pas à être donné à l'abbé de Guéméné qui, pour le dire tout de suite, tenta bientôt , après avoir eu l'honneur de sacrer le roi, d'être fait commandeur du Saint-Esprit, n'ayant pas l'âge, car il étoit de 1695. Mais le propre des usurpateurs est de faire semblant de se méconnoître pour que les autres les méconnoissent, et des buts et des combles les plus désirés et les plus grands, de s'en ùdre des degrés pour arriver à davantage. C'est par où les princes étrangers vrais ou faux , sont parvenus où on les voit. Ainsi la Ligue ayant conduit les Guise à tout ce qu'ils voulurent, à la couronne près qui leur manqua, par des merveilles multipliées, les autres usurpations sont demeurées à leur postérité, entre autres cette distinction qu'ils imaginèrent après coup de fixer l'âge d'être capable d'être admis dans l'ordre du Saint-Esprit, pour le mettre à trente-cinq ans, excepté pour les princes du sang et pour les maisons souveraines, qu'ils firent régler à tingt-cinq ans, pour s'égaler par là aux princes du sang, et à côté d'eux se distinguer de tous les seigneurs. MM. de Rohan alors n'étoient que seigneurs ; il s'en falloit bien que Louis XIY fût né^ ni Mme de Soubise , dont la beauté eut le don de lui plaire , et elle d'en savoir si bien profiter. De gentilshommes , et reçus comme tels dans l'ordre , comme on Ta vu du marquis de Marigny tout à la queue des gentilshommes de la nombreuse promotion de 1619, où il n'y en eut que cinq ou six après lut, quoique frère du duc de Montbazon, devenus princes, et en ayant