ARRIVIÎB DE LA FARE
jours après , duquel il a été amplement parlé à l'oceasion des disgrâees qu'il s'étoit attirées dans le brillant d'un chemin de fortune très-mal mérité.
Torcy, dontc'étoit le nom, et point parent des Golbert, mourut en même temps à soixante-treize ans. Il avoit été sous-lieutenant des ehe- ▼au-légers de la garde avec réputation de probité et de valeur , du resta un fort pauvre homme. Il étoit riche et avoit épousé en premières noces la fille du duc de Vitry , et en secondes la fille de Oamaches. Il ne laissa point d'enfants. 11 étoit maréchal de camp.
La Fare arriva à Madrid le lendemain du départ de la cour et vint descendre chez moi. Dès ce premier entretien Û m'exposa des -prétentions sauvages : c'étoit d'être reçu comme le sont les envoyés des souverains; d'être conduit à l'audience dans la même ferme, et d'être reçu et traité comme eux. J'essayai de lui faire entendre que ceux que feu Monsieur avoit envoyés faire ses compliments dans les cours étran» gères, à Londres, même à Heidelberg, à l'occasion de ses mariages, à Madrid , à l'occasion du mariage de la reine sa fille , et en d*autres occasions en ces mêmes cours et en d'autres, n'avoient jamais prétendu ces traitements, quoique venant de la part d\in fils de France, et que lai pouvoit encore moins prétendre venant de la part d'un petit-fils de' France. La Fare me répondit que ce petit-fils de France étoit régent; que cette qualité changeoit tout ; que de plus la conjoncture étoit heureuse et qu'il falloit en profiter.
le répliquai que la qualité de régent ne changeoit rien au rang et à rétat personnel du petit'fils de France à l'égard de M. le duc d'Orléans, qu'il le voyoit tous les jours en France et en étoit témoin qu'il en étoit de même dans les pays étrangers, de pas un desquels il n'a voit prétendu quoi que ce pût être de nouveau à titre de régent; qu'à la vérité la conjoncture étoit heureuse, mais qu'il ne la fiilloit pas forcer et s'attirer un refus qui changeroit en dégoût et ensuite en éloignement la réunion qui faisoit la joie publique des deux nations et la gloire personnelle de M. le duc d'Orléans, et sûrement la jalousie des autres princes qui sauroient bien nourrir , se réjouir et profiter d'un mécontentement de cérémonial ; qu'il ne pouvoit pas douter qu'étant depuis toute ma vie ce que j'étois à M. le duc d'Orléans, et lui devant l'ambassade où j'étois, je ne fasse ravi d'en profiter pour lui procurer toute sorte de grandeur ; mais que dans ce même emploi , où je me trouvoifl par son choix, les désirs dévoient, quant aux démarches, être bornés par laa règles , et que ce seroit fort préjudicier à cette même grandeur que de la commettre par des prétentions qui n'avoient pas été conçues jusqu'à ce moment en aucun lieu, et s'exposer à un refus qui, outre son extrême désagrément, changeroit aisément en dégoût, en froideurs, en éloignement le fruit d'une réunion qui se pouvoit dire le chef-d'œuvre de Ta* dresse et de la capacité de la politique après les choses passées, et le sceau le plus solide de la grandeur réelle de M. le duc d'Orléans en tout genre , par le mariage de sa fille aveo le prince des Asturies. J^ajoutai que M. le duo d'Orléans ni le cardinal Dubois ne m'avoient jamais dit un mot de cette prétention , ni mis sur son envoi quoi que ce fût daiif