‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 48 sur 200 · DUCS DE MEDINA-CQELI · texte numérisé non relu

DUCS DE MEDINA-CQELI

souvent promis de passer en Allemagne, les princes de TEmpire, ra-' butés de tant de remises, se tournèrent du côté du roi d'Angleterre, qui eut plus de volonté, mais non plus de succès, ce qui engagea les Allemands à renoncer à l'un et à l'autre , et à élire Rodolphe , comte d'Hapsbourg, chef fameux de la maison d'Autriche.

Sanche , ravi du mépris , où rattachement à l'étude et la privation de TEmpire qui en fut TeiTet avmt précipité son père , profita de cette pas» sion d'étude pour lui persuader de se décharger sur lui de tous les soins du gouvernement, qui le détoumoient de ses occupations les plus chères. Parvenu à régner sous son nom et [à] s'être acquis toute la Gastille par sa valeur et sa manière de gouverner , il songea à faire déshériter ses neveux, et à se faire associer par son père, et couronner roi de son vivant , car jusqu'à la réunion des divers royaumes qui composent l'Espagne , c'est'à-dire jusqu'aux rois catholiques inclusivement , tous ces différents rois se faisoient couronner. Le père y consentit , et presque tout le royaume; au moins on n'osa y branler. Ce ne fut pas tout^ Sanche trouva que son père demeuroit trop longtemps avec lui sur le trône ; il résolut de l'en précipiter , il en vint à bout. Le malheureux père, réduit à ses livres, ne put s'en consoler avec eux. Il implora l'as* sistance de toute l'Europe contre un fils si dénaturé , qui ne lui en pro* eura aucune. Alors réduit au désespoir, il donna sa malédiction à son fils, le déshérita et sa race autant qu'il fut en lut, rappela ses petits-fils atnés à leurs droits, et à défaut de leur race, appela à sa couronne celle de saint Louis. Il mourut dans ce désespoir , et Sanche sut bien empêcher l'effet des dernières volontés de son père. Ce prince et Jacques I** , roi d'Angleterre , montrent ce que sont des cuistres couronnés. Des deux malheureux neveux , Alphonse de La Gerda fit la branche dite de Lunel, et Ferdinand fit celle dite de Lara, de la femme que chafcun des deux épousa. Cette branche s'éteignit dans le petit-fils de Ferdinand, qui n'eut qu'Un fils mort au berceau , et des filles mariées , qui furent emprisonnées et empoisonnées par l'ordre de Pierre le Cruel , roi de Castille, en 1361. Ainsi je ne parlerai point de cette branche.

Alphonse de La Cerda n'oublia rien pour recouvrer le royaume qui lui appartenoit , et dont il prit le nom de roi de Castille , que Sanche , son onde , avoit usurpé. Ses efforts furent inutiles ; il fut réduit à se retirer en France, où Charles le Bel le fit son lieutenant général en Languedoc. II épousa Mahaud, dame de Lunel, dont il eut un seul fils connu sous le nom de prince des îles Fortunées, d'où sont sortis les Medina-Cœli. Il se remaria à Isabeau, dame d'Antoing et d'Espinoy, veuve d'Henri de Louvain , seigneur de Gaësbeck , qui épousa en troisièmes noces J. I" de Melun, vicomte de Gand. Dé son second mariage Alphonse de La Gerda eut Charles, dit de Castille eu d'Espagne, connétable de France , qui figura dignement et grandement , et qui fut empoisonné à Laigle en Normandie, où il mourut, par ordre de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Ce connétable ne laissa point d'enfants de Marguerite de Châtillon-Blois. Il eut deux frères sans établissements ni alliances, dont un fut archidiacre de Paris, et une sœur mariée en Es* pagne, à Buys de Yillalobos. Ainsi finit promptement cette branche du

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