‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegence (volume 2)Chapitre 52 sur 200 · DUC D*OSSONE · texte numérisé non relu

DUC D*OSSONE

trava , est le chef de la seconde branche d'Acuna-Tellèz^Giron , ducs il'Ossone.

Son arrière>petU-fils de mftle en mftle fut Pierre d'Acuna-Giron , cinquième comte d'Urenna, yice-roi de Naples, créé, 1562, duc d'Ossone en Andalousie, entre SéYÎlle et Blalaga, par Philippe II. C'est de mâles en mâles aînés la cinquième génération que nous avons vue ; savoir : le sixième duc d'Ossone qu'on a tu en son lieu être venu à Paris lors de ravènement de Philippe Y â la couronne d'Espagne pour y saluer son nouveau roi , voir la cour de France et joindre le roi d'Espagne avant son arrivée â Madrid; le même duc d'Ossone, premier plénipotentiaire d'Espagne â Utrecht, et mort en Flandre peu après la signature de cette paix ; et son frère le comte de Pinto , duc d'Ossone , après la mort de son frère, ambassadeur d'Espagne en France pour le mariage du prince des Asturies avec la fiUe de M. le duc d'Orléans. On a suffisamment parlé de l'atné en son temps , et le cadet n'a rien eu qui mérite d'en rien dire.

Saint-Pib«rs , Spinola, Génois, de l'une des quatre grandes maisons de Gênes, trop connue et trop nombreuse pour m'y étendre. Quoique accoutumée aux honneurs , aux grandeurs , aux plus grands emplois et fertile en grands hommes , il est pourtant constant en Espagne que Prançois-Marie Spinola , duc de Saint-Pierre et gendre de Philippe- Antoinê Spinola, quatrième marquis de Los Balbazès, grand d'Espagne et général des armes du MUanois, acheta la grandesse de Charles II en 1675; il acheta aussi la principauté de Piombino que ^empereur s'appropria sans le rembourser. Il chercha protection dans ce malheur pour y intéresser les cours de France et d'Espagne , et comme il étoit veuf il épousa, 1704, â Paris, la seconde sœur du marquis de Torcy, ministre d'Ëtat et secrétaire d'£tat des affaires étrangères, qui étoit veuve avec des enfants du marquis de Resnel, Glermont-d'Amboise. Lui aussi en avoit de sa première femme qui ont figuré en Espagne avec beaucoup de réputation à la guerre où l'atné a commandé des armées et est devenu capitaine général et grand d'Espagne après son père. Le duc de Saint-Pierre , lassé â Paris de ne voir point avancer ses hU faires sur Piombino, emmena sa femme errer en Italie,, quelque peu en Allemagne, la ramena à Paris, puis en Espagne. Il fut peu de temps à Bayonne majordome-major de la reine douairière d'Espagne , sœur de la mère de l'empereur et de l'électeur palatin ; mais voyant que son crédit à Vienne ne lui.servoit de rien, il la quitta et s'en alla  ICadrid où sa femme fut dame du palais de la reine et fort bien avec elle. Je les trouvai ainsi à Madrid où je les vis fort et en reçus toutes sortes de prévenances et de civilités. Elle avoit enfin apprivoisé ht jalousie et l'avarioe de son mari , qui d'ailleurs étoit un homme d'esprit, fort instruit et de bonne compagnie , avec des manières naturellement fort nobles et fort polies. Les étrangers s'assembloient chez eux, et des Espagnols quelquefois aussi; on y jouoit quand on rouloit , et ils ne laissoient pas de donner assez souvent à manger. Depuis mon départ, le duc de Saint*- Pierre fut gouverneur de don Carlos, et enfin chevalier du Saint-Esprit. Il avoit de la valeur , avoit peu de temps commandé une armée , et étoi^

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