A FORTUNE
lippe II j qu'il i!t aussitôt le marquis de Santa-Gru£ gsand d'Bspagne. Bëyènôhs inainteoant au Benavidëz qui jouit [de cette grandesse]; après avoir passé par une autre maison.
Le marquis de Santa-Cruz que j'ai vu en Espagne étoit pauvre et retiré chez lui dans Ifi Manciiej soUs Charles II, et à l'avènement de Philippe y 4 |a couronne, n avoit essuyé un étrange contraste. Sa femme i*aVoit accusé d'impuissance, il y eut sur cela un grand procès; il le perdît, et peut-être qu'il n'en tat pas fâché. Son humeur peu accorte ne convenoit ^uère \\i mariage. 11 fût même permis à sa femme de se remarie]:. Assez peu après , il fut attaqué par une fille bourgeoise pour qu'il eut 4 se charger d^un ehifant qu-elle prétendit qu'il lui avoit fait, ^ouveaû procès, et il le perdit encore. On voit qu'il n'étoit pas heureux pn procès.
II vivoit donc solitairement chez lui pendant les premières années du règne de Philippe V, saqs aucun accès à la cour ni à Madrid, malgré sa naissance et sa dignité, lorsque le duc de Berwick vint la première lois en ïlspagne où le feu de la guerre étoit de tous côtés. Il sut que le mar* ' quis dé Santa-Gruz, avec ce qu'il avoit pu rassembler de ses vassaux, avoit SI fermement combattu une partie de fermée ennemie, à un passage important de ce pays si montueux, qu'il l'a voit arrêtée, et qu'après une défense opiniâtre, il l'avoit obligée à se retirer et à chercher où passer ailleurs, ce qi^l, dans les circonstances où on se trou voit alors, fut un service irès-ùtlle. Le duc de Berwick en parla au roi d'Espagne, )ui fit donner du commandement , le fit venir i la cour , et lui procura tous les a^éments qu'il put. Santa-Gruz , d'abord sauvage , s'y apprivoisa pei| ^ pet|, continua'^ servir avec distinction, mais sans g[rade, il étoit trop vieux pour en vouloir , et s'attacha enfin à la cour où il dévint avec le temps, je n'ai poipt su par quelle intrigue, majordome-major de la reine secondp femme de Philippe V , ei parfaitement bien avec le roi et avec elle. Il fut gentilhomme de la chambre seul toute Tannée en exercice avec le duc delArco, et tous deux amis intimes, qui, parleurs charges, passoient leur vie ensemble ou dans l'intérieur du roi et de la reine ou à leur suite, à leurs chasses et à leurs voyages. Il étoit fort dés amis de Grimaldo , et témoigna toujours au duc dé Liria qu'il n'oublioit ]>bint ce qu'il devoit à sou père, avec tendresse, intérêt et grande familiarité.
C'étoit un fort grand homme et bien fourni , u^ visage brun et rouge , de gros sourcils noirs et 4es yeux qui regardoient volontiers de côté , Vair et le jeu sournois et paoqueur , beaucoup de fierté ; tout montroit en lui de la hauteur et de la Noblesse jusque dans ses fonctions auprès de la reine. Il n^étoit pas ignorant , avoit beaucoup d'esprit et de finesse dans l'esprit et dans les manières, et quoique mesuré, se contraignoit peu par grandeur sur les gens et sur les choses. 11 se communiquoit fort peu , se ret^^ncboit sur l'assiduité de ses fonctions ; mais au fond p'étoit ^on goAt et le fruit de la longue solitude où il avoit passé tant d'années. On le craignbit pour ses dits, pour sa morgue dédaigneuse, pour la difficulté de son accès même aux lieux publics , au palais , encore plus son silence et ses yeux qui parloient de compagnie. Il ne