CHAPITRE H
itiràral, gouverneur âu^ conseil de Gastilte ; son caractère. 77- Caractère
dû grand inquisiteur. — Conseils. — beui tiiàrquis dé CalfïpqlldHaB
-éxtrèmenlent difTérehtâ à ne piit les confroiidrfe. —^ ÀrbheTèqiiè de tolëdèr
— Gonstitntion; ^ Ihqbiiilion. — Le nohbë ni Ut évequeé li'bnt ^bint l'ExceJlence. — Premier <»t unique exëmtiië bn f&vètar et i*ftrchéyêi)ae de Tolède, de mon temps. — Conseillers et conseil d'État^ nuls; — . Ce qu'ils étoient. ^ Don llichel et don Dominguo, Guerre; leur fortune et leur caractère. — jportune et caractère du marquis de Grimaldo et de sa femme.
— Riperda. — Fortuné et caractère du marquis de C^slellar et de sa hemme.
— Jalousie du P. Dabbenton [A l'égard] du P. d'Àdbrusselle ; càr&clëfe de ce derhier. ^ ïésuités tous finissants , faiais tous ignorants en Espagne ; él pourquoi. — Fdirtune et fcaractère dd cheyalifcr Boutclt. — Caraclèi*ë et fortune du nonce Aldobrandin etL Espagne. ^ Garsictèrd et h)rtuae du eôlonel Stanlippe» ambassadeuir d'Angleterre en Espagne. — Bn^adino^ funbassadeui; dç Venise en Espagne. — Ambassadeur de Hollande. — Ambassadeurs de Malte traités en sujets en Espagne. — Guzman, envoyé de Portugal . •— Caractère de Maulevriei*. — Duc d'Ûrmonà ; son caractère, sa situation en Espagne. -=■ M&i*4uià déftli^aà, jadis Ubilla; sa trlslé sitiiâiioii en Espagne ; je le vidiië.
Tendns inàititênànt atii cbhsëilâ que Je trouvai , ei qtie je laissai dàni un grand délabrement, pour ce (|tli rëgardoît les con&eiU baiiicilliëH.
Le marquis de Miravàl étoit gouverneur du coiiâèîi dé CâsuUë, G'êtbit lin homme de médiociti naissance , qui avoit été ambassadeur d^Ëspaghë éU Hcliahdë , et qui en fUt rappelé pour occupée cètie gi*ândë blacé doili il ti'étoit pas incapable, tl étoit doux, poli, accessible, équitable. Sdii esprit touteibis n'étoit pas transceiidant, et son inclinatiën étoit autrichienne. Là cabale italienne, â laquelle il étoii ëtroitemëni Uè, Ta voit porté pàif la i^einé à cette gknde placé. C'étolt Un grand homihé , fott bieh fait ; qui avoit Tàttention pblië de h'aller presttue jamais en càifrodise que ses rideàtii à dëtni tii*ès pouf ne faire airréter pèràonne.
t)on François Gamargo , ancien évêque dé Pàtnpëluhe , étdit iht[di^iiëur géhéiral où grand inquisiteur. Je li'ài Jamais vu hoihme $1 ïhài^Fë fil de visage si afôlé; tl ne manquoit pàlht d^eàprit ; il êioit dbiix et ïnx^ desië. Oii eût beaucoup gagné que l'inquisition eût été coinhië lui.
Lé comte de Càili^dflbHdb étdit président dû Conseil des financés, bû il ne faisoit rien depuis lbngtëbit)S ; une longue maladie le conduisit ati totnbeàu , depuis mon âri^iVéé éU Espàghë : l'ahcien dé ce conseil lé gouVerdà pendant tbtit nlon séjour ^ avec lé trésorier géhéiral, desquels je n'entehdis point parler;
La présidence du conseil déë Indes et de celui de la faiarine vàqilbit pendant que j^étois en Bipagne ; les doyetiè obscurs de bës cdtiseils les conduisoiént. Là présideUCe de celui des Indes fut donnée , après mon départ , aU marquis de Valero , à sod arrivée de lA vicë-royauté dii Pérou f avec la grandesse et le titre de dUc d'Aribn.
Le marquiâ de Bedinar étoit président dti éoilseil des ordres et dti conseil de guerre. La première charge étoit sérieuse , donndii quëlé[UlS
BtAUQUIS DE BÈDMAR. ÏÔ?
tfàyàil, dtl crédit et de k cbiiîiidératioh; L'autre étbit tombée à ii'itre |)lus qu^un hom.
À l'égard du bbnseil dltalië et de celui des Pays-Bas, ils étoient tombés par le démembrement de t*.es pays de la domination d'Espagne, et passés sous celle de Pempéreùr.
. J'ai oublié d'avertir qu'il ne faut pas confondre le Cahiponorido , dont je viens de^ parler , avec le marquis de Cainpoflorido , bapitaine général dû royàUrae dé Valence, lorsque j'étois en Espagne. Geldi-bl étoît un fin et adroit Sicilien qui s'étoit acquis la protection de la reine pai* le mariage dé son fils avec la fille atnée de dona Laura Piscatori, tiodrrice et àssafeta de la Ireine qui , contre tous leë usages d*Ëspagne , le maintint quinze bu seize ans dahs la place de capitaine général dû toyaudle de Vàlbnbë qùMl gotlVerha, fen effet, fort sageniént. Il eh solrtit par être fkit grand d'Espagne, ki vint après ici ambassadeur^ d'Espagne, où Chacun a pti juger de son esprit, et qu'il a été péut-ôtre le seul boii àinbassadeuf qu'on Ait tu ici envoyé par l'Espagne , depuis don Patirieio LauUez.
li y avoit déjà plus d'iih règne que- les archevêques de Tolède, chaniseliërs de Castille pkt leur siège , en atoient perdu toute fonction et toute mémoire, et qu'ils ëtoient réduits àii pur ecclésiastique, sanà plus avoir aucune autre prétention. Diego d'Âstbrga y OespedeS l'étoit (rendant que j'étois en Espagne. Né en 1666^ il fut itiquisiteur de Murêle, évèque db Barcelone en décembre 1715, grand inquisiteur d'ESpagtie éû litO^ et en mars suivant àrcheVéqtlë de Tblëde, eti quittant la place de grand inquisiteur , enfin cardinal par la nbminAtioii du roi d'Espagne en uovembrë 1727.
On a vu ici ce que j'ai dit de ee prélat et la cdhfiànce avec laquelle il mé parla contre là eonstitiitidn UnigénituÈ , le despotisme des papes et de l'ioquisilion en Espagne et dans tous les pays d'inquisition , qui ne likissbietit aucune autorité ni liberté aui ëvéqiies ^ qu'il faisait trembler , qui étoient réduits aux simples fbntibns manuelles, et qui, bien loin d'oser juger de la fbi^ n'auroient pas même hasardé de recevoir la constitution Uni^enUtu sans risquer d'être envoyés par l'inquisition pieds et poings liés , à Rome \ potir avoir osé se croire en droit de poutoir donner une approbation à ce qtii émanoit de Rome^ qu'ils soilt obligés de recevoir à genoux , les yeux fermés , 'sans s'informer de ee que c'est , si dans cette conjoncture le pape ne leur avoit |ias permis et ordonné de la recevoir; combien il déplora avec moi l'anéantissement de l'épiscopat en Espagne et autres pays d'inquisition , où ce tribunal d'une part , celui du nonce de l'autre , avoient entièrement dépouillé les évêques , qui n'étoient plus les ordinaires de leurs diocèses , mais de simples grands vicaires , sacrés pour le cai'actère épiscopal et donner la confirmation et l'ordination et rieh de plus , destitués même despbuvoirft que les évêques des autres pays donnent à leurs grands vicaires ; enfin combien il me remontra l'importance extrême que nos évêques ne tombassent pas dans cet anéantissement j soùs lequel ceux d'Espagne et de tous les pays d*inquisition gémissoient ^ et combien les nôtres se dévoient tottvenir de ce que c'est que d'être évèque, soutenir les droits divins dt