PREMIER PRESIDENT PROPOSE UN ÉQUIVALENT
de plus il ne restoit rien aux pàii^s dont ils se pussent dépoiiiller, après ravoir été en tant de manières.
Le premier président, toujours doux et honnête, n'oublia rien de poli ni de respectueux, mais insistant toujours sur un équivalent dans un esprit , à ce qu'il protesta souvent , d'accord et de paix , il leur fit deux propositions : pour la première , il leur dit qu'il n'étoit pas convenable à des personnes qui , comme eux , se plaignoient de l'indécence et de la nouveauté de certains usages , d'en soutenir eux-mêmes de pareils ; que tel étoit celui dès pairs de rester en séance quand la cour levoit celle des bas sièges, ce qui étoit indécent pour tout le parlement. L'autre proposition fut de suivre les présidents tant en entrant qu'en sortant de iéance. H ajouta qu'avec cela tout seroit bientôt agréablement fini. MM. de Noailles et d*Antin avoient une réponse péremptoire à la première proposition , s'ils avoient bien voulu se souvenir de Tusage qu'ils avoient yu tant de fois. Ils n'avoient qu'à répondre que cette nouveauté cesseroit s^ussitôt que la petite porte , par où l'avocat qui a le barreau de la cheminée entre deux pas dans le parquet pour conclure , ne seroit plus fermée, pour forcer les pairs à demeurer séants comme ils faisoient depuis cette nouveauté, puisque, avant qu'elle fût pratiquée, la séance se levoit en bas comme en haut , les pairs et les magistrats se levant en même temps , le premier des pairs marchant le long du banc et tous les autres à sa suite vers cette petite porte , en même temps que le premier président , suivi des magistrats , marchoit vers l'ouverture qui est entre la chaire de l'interprète et celle du greffier. Mais ces deux ducs , sans alléguer cette raison , à laquelle le premier président n'avoit poini de réponse , se contentèrent d^âvouer la nouveauté et l'indécence de demeurer en place quand la cour levoit et se contentèrent de donner un change, en mettant sur le tapis d'ôter l'indécence du refus réciproque du salut entre les pairs et les présidents lorsiju'lls entrent en séance , condamnée par Tusage des princes du sang qui se lèvent également , et entièrement pour chaque pair et pour chaque président qui arrive à la séance. Le premier président se tira de l'embarras dé substituer l'honnêteté réciproque à la malhonnêteté réciproque, pat dire que cela ne regardoit que les préjsidents , au lieu que demeurer eil séance quand la cour levoit étoit une indécence pour tout le pairie; ment.
MM, de Noailles et d'Antin n*étoient point allés chez le premier président pour, rien discuter avec lui. Ils n'avoient ni mission ni encore moins pouvoir de rien ; et ce n'étoit pas aussi le dessein du premier présidetit de convenir de quelque chose , mais d'entasser des difficultés auxquelles on n'avoit pas lieu de s'attendre après ce qui s' étoit passé avec M. du Maine , et de lui-même à ces deux ducs. Ce point de levée de séance en demeura donc là , pour venir au second qui étoit le grand point d'ambition des présidents , pour en tirer après toutes les suites et les conséquëncesque leur orgueil et leur art leur auroit suggérées. Aussi ces deux ducs , qui ne rignoroient pas , par ce qui en avoit été jeté en d'autres occasions , ne mollirent pas sur cet article. Le premier président allégua l'exemple du grand Condé , dont j'ai parlé en son lieu. A cela les deux ducs répondi-