PREMIER PRÉSIDENT PROPOSE UN ÉQUIVALENT
rent que , inséparables des princes du sang, ils les suivroient en quelque rang qu'ils voulussent bien s'abaisser; qu'ainsi c'étoit non à eux, mais à ces princes , qu'il devoit s'adresser là-dessus. Le premier président , se sentant si adroitement rétorquer la force qu'il comptoit tirer de son argument, répondit, un peu ému, qu'il ne croyoit pas que ces princes se souciassent d'en faire difficulté, à moins que les pairs ne la leur in* sinuassent; mais qu'indépendamment de cela, l'exemple de M. Le Tellier , archevêque-duc de Reims , et de M. de Gordes , évêque-duc de Langres , leur témoignoit que cette suite des présidents n'étoit pas nouvelle. MM. de Noailles et d'Antin rappelèrent au premier président ce qui se trouve ici plus haut sur cette bévue de ces deux prélats ; et lui déclarèrent nettement que jamais les pairs ne renouvelleroientun abus, unique en ces prélats , si court encore et fini sans plaintes , après avoir eu sa source dans l'usage aboli aussitôt qu^introduit par les princes du sang.
Ce fut par où finit cette longue visite. Elle se termina par les civilités et les protestations qui l'avoient commencée. Le premier président leur dit qu'il verroit incessamment MM. du parlement sur cette affaire , et le roi ensuite dès que sa santé le lui permettroit , qu'il trouvoit se rétablissant tous les jours. En effet, il ne tarda guère après à sortir et à rendre à la marquise de Créqui , à Mme de Beringhen et à Mme de Yassé ses assiduités accoutumées. Les deux premières étoient sœurs du duc d'Aumont, et la dernière, fille de Mme de Beringhen et logeant avec elle.
Les présidents étoient cependant fort en peine , parce qu'ils n'étoient pas dans la confidence du duc du Maine , ni dans celle du premier président. J'ai assez parlé ailleurs de Novion et de Maisons pour les faire connoître. Ce dernier avoit profité des dégoûts que le premier président et le parlement se donnoient sans cesse. Quoique Novion fût de même nom que les Gesvres, et que le premier président n'oubliât rien pour faire l'homme de qualité , Maisons les effaçoit là-dessus l'un et l'autre. Ces Longueil sortoient récemment d'un huissier fiefi'é du village de Longueil, en Normandie, où tout est plein de titres qui en font foi. Le surintendant des finances , qui étoit aussi président à mortier et grandpère de celui-ci , s'enta , par l'autorité de sa place , sur la maison des anciens seigneurs de Longueil , de la terre desquels ce village est le chef-lieu, qui étoit éteinte , qui avoient eu 4les gouverneurs de Normandie, et qui étoit très-bonne et très-ancienne. Elle s'appeloit Longueil, du nom de son fief, qui étoit une belle terre et qui a été depuis dans la maison de Longuevilie , comme l'aïeul du surintendant s'appeloit aussi Longueil , mais du nom du village dont il étoit. La faveur et la place du surintendant avoit établi cette fausseté , et le parlement s'applaudissoit d'avoir, de père en fils, un président de l'ancienne chevalerie. Il avoit su en profiter; et, en gagnant comme on l'a vu la cour et la ville, il avoit conservé le bon sens de ménager le parlement de plus en plus , dont les membres lui savoient un gré infini du bon accueil qu'ils en reeevoient, et de trouver comme l'un d'eux avec eux un seigneur de cette naissance, et qui vivoit avec ce qu'il y avoit de plus distingué à la ville