‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 135 sur 232 · MONSTRUEUSES PAROLES · texte numérisé non relu

MONSTRUEUSES PAROLES

ccmfirmatioQ dje U leur? Madame, le tpuruant Yei9 la duchesse du lifame, cela est trop délicat, ajout^-t-il; il n^est aucun de nous qui en osât tenter le hasard. » Mme du Maine ragéolt et le mpntroit bien à son ïjsage. Ce coup 4e partie embrassoit tout , soit en effet pour s'assurer des ducs une bopne et solide fois ^ comme elle le témpignoit , soit pour les perdre sans ressource auprès du roi, en quoi M. du Maine, qui rér pondoit de Sa Majesté à cet égard , et qui avoit tant et si fort répondu du premier prési4enf , en auroit usé avec la même perfidie, soit pour les perdre ^veç les princes du sang, sans la moindre participation desquels cette assurance par écrit étoit demandée et eût été accordée , soit avec le parlement, soit avec }e public , qui auroit vu les ducs disposer autaut qu'il étoit en eux de leur propre et seule autorité , par un écrit signé d'eux , du droit de succéder à la couronne , sans nulle cause que leur désir du bonnet et la yoloi^té de la duchesse du Maine , que le duc du Maine eût dédite , protesta qu'elle avoit imaginé l'écrit de sa tête sans son su, l'îivoit demandé sans la moindre participation de sa part, répondu du roi p^r lui de son chef et sans lui jen avoir jamais parlé , si ce désaveu lui eût convenu dans la suite , comme on lui a vu faire depuis «n cl^oses où il y alloit de plus pour l'État et pour lui, comme OQ le yerra en son lieu. G'étoit donc là un coup tellement de partie que la ducbesse du Maine se contint, ne se rebuta point, et se mit à répliquer, dupliquer et à faire les derniers efforts pour l'emporter à force d*esprit et d'autorité sur M. de La Force , à qui seul elle âvoit affaire , le pied ayant déjà si bien glissé au duc d'Aumont. Celui-ci se voulut mêler une ou deux fois dans la dispute , mais il fut toujours repoussé par l'autre . qui', lui mettant la main sur le bras, ne s'interrompoit point, et lu) étouffa toujours la parole.

La duchesse du Maine , se trouvant à bout , céda enfin à sa colère. Elle dit à ces messieurs qu'elle voyoit bjen qu'eux ni leurs confrères ne se pouvoient regagner ; qu'ils mettoient en avant une vaine crainte du roi duquel elle leur répondoit , une vaine crainte d'ailleurs , une vaine modestie sur eqx-mêmes , surtout beaucoup d'esprit et de compliments à la place de réalités nécessaires ; qu'ils vouloient leur fait , et se réserver entiers pour ce qui leur convjendroit dans l'avenir; que- c'étoit à M. du Maine et à elle à savoir s'en garantir ; et qu'elle vouloit bien leur dire (et ceci est étrangement remarquable, d'autant plus qu'elle ^'4 rien oublié, ni M. du Maine, pour le bieu effectuer depuis, comme on le verr^ en son lieu) , qu'elle vouloit bjen leur dire , pour qu'ils T\*en pussent douter , que quand on avpit une fois acquis l'habilité de succéderà la couronne, H falloit, plutôt que se la laisser arracher, mettre le feu ^if milieu et aux quatre coins du royaume. Ce furent ses dernières paroles. En les achevant elle se leva brusquement, çans toutefois qu'il lui fui échappé quoi que ce soit contre ces deux ducs ni contre les ducs en général. On se quitta avec beaucoup de compliments forcés d'une part , et de respepts de l'autre qui ne Tétoient pas moins , le duc de La Force ^yant tpujours l'œi^ sur le duc d'Aumont , qui n'osa riep dire en particulier à la duchesse du Maine ) ni la suivre. Ils p^rtireut aussitôt d^ Sceaux et vinrent rendre compte de leur voyage.

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