PRÉSIDENTS NE BÉPRÉSENTENT PAS LE ROI
de poisons, et qui, dans la rage de ne les pouvoir faire accepter, ose déclarer que , plutôt que se voir arracher ce qui n'est pas dans le pou- Yoir des rois , ni dans la nature des choses de donner , je veux dire la succession à la couronne , ils mettront le feu au milieu et aux quatre coins du royaume. Est-ce une [personne] issue de la couronne qui parle? Est-ce quelqu'un dont les frères et les neveux y sont incontestablement appelés? Le plus mortel ennemi de nos rois, de nos princes, de notre patrie, pourroit-il emprunter de la plus furieuse rage des paroles qui en fussent plus le langage? et ce langage est celui d'une princesse du sang qui a oublié ce qu'elle est , et la reconnoissance de tous les biens, charges et grandeurs qu'a obtenus le mari qu'elle a épousé , qui ont passé à ses enfants , qui tous sont les premiers doubles adultérins que le soleil ait vus paroître , et que les lois violées ont soufferts hors du néant et de la non-existence ! menace enfin qui , selon toutes les lois et suivant encore toute politique , en cela parfaitement d'accord avec les lois, mérite ce qu'on n'oseroit exprimer. Et à qui s'adresse-t-elle pour vomir cette criminelle menace? à des gens du plus grand état, qu'elle regarde comme ses ennemis, et que dans ce moment elle rend tels , et à qui elle ne craint pas de le dire. On verra dans la suite qu'il n'a pas tenu à elle , ni à son mari , caché alors derrière elle tant qu'il put , et Jusqu'à la dernière comédie , comme il s'y cachoit ici , qu'ils n'aient renversé l'État et livré la France en proie.... Que n'auroiton pas à ajouter 1
Mesmes , trop vil pour s'arrêter à lui , et qui , par ce qu'on vient d'en voir, s'est montré par trop infâme pour ne pas déshonorer par le seul attouchement qui en voudroit réfléchir ou produire, laissera sauter pardessus son infecte pourriture pour faire une courte réflexion sur le bonnet.
On en a vu ci-dessus la nouveauté , l'art et la plus qu'indécence ; elle est telle que les présidents eux-mêmes sont forcés de Tavouer. Toute leur défense est de se couvrir du nom et de la majesté du roi qu'ils prétendent représenter tous ensemble en leur commune présidence, et c'est par cette représentation qu'ils essayent de soutenir leurs prétentions. La fausseté de cet allégué se découvre en ce que les représentants du roi auroient la première place dans le lieu et la fonction de leur représentation. Or il est de fait que ce sont les pairs qui l'ont sur eux , tant aux hauts sièges qu'aux bas sièges , puisqu'ils sont à la droite du coin du roi , au haut bout derrière lequel il n'y a point de passage , et du côté de la cheminée , du côté du barreau de préférence , du côté de la place et du plaidoyer des gens du roi. Si on a nouvellement changé la cheminée , il demeure constant que c'est une nouveauté ; et le côté droit , à ce qui vient d'en être expliqué , demeure en existence et en évidence. Il faut donc dire que les présidents président au nom du roi, et non pas que des légistes pour leur argent le représentent. Cette représentation est même si fausse à leurs propres yeux qu'ils ne la pouvoient alléguer en présence du roi en lit de justice. Ils ne pouvoient pas même s'appuyer sur la simple présidence , puisque la présence du chancelier la leur ôte , et les eiîace totalement. Néanmoins on les a vus usurper d'opiner en lit
270 COBIPARAISON DU CHANCELIER. [1714]
de justice , non-seulement devant les pairs et les princes du §^ng , mais devant les fils de France , et deyant la reine mère et régente \ etîe^ inou- YCments qu'ils se donnèrent montrent bien que c*étoit pour leurs perlonnes uniquement, et dans lesquels ils engagèrent le parlement d'entrer , quoiqu'il n*y eût pas le moindre intérêt , lorsque cette affaire fut enfin portée deyant le roi en 166!^, qui, très-contradictoirement , jugea contre &XX pour les pairs ce qui a toujours subsisté depuis. II est donc évident x par cet exemple dont on se contente ici , que ce n*est ni par la rtprésentation du roi qu'ils n*ont point , ni par la présidence qu'ils exercent en son nom , qu'ils osent soutenir l'énorme usurpation du bonnet , et que, si le roi les obligeoit d'articuler 4 quel titre, \h demeureroient confondus.
Mais que pourroient-ils alléguer &U roi là-dessus , en leur laissant mAme soutenir cette représentation fausse et idéale, dès que le roi consent pour ce qui le regarde , et qu*il dit au premier président que ce que les ducs demandent lui paroît juste et raisonnable , et qu'il désire qu'ils noient contents? c'étoit les mettre au pied du mur. Aussi le premier précèdent n'osa jamais faire une dernière réponse au roi ; et ce fut pour l'en délivrer que M. du Maine n'eut pas honte, après avoir tant de fois répondu de Mme la Princesse , de l'amener enlin ?ur la ?cène four finir VafTaire cpmnie on l'a vu.
Finissons par un mot fort court. Le chancelier va au parlement toutes las fois que bon lui senible , y préside , et y efface totalement le premier président et tous les autres présidents -, il y déplace le crémier président en l'absence du rqi; il est le supérieur du parlement. Quand cette compagnie va che:( lui le haranguer , et il n'est point de chancelier à qui cela n'arrive , c'est par députés , parmi lesquels sont le premier président et d'autres pr^idents à mortier, I^e premier président lui jporte la parole et le traite toujours de monseigneur 5 la députation est trèslégèrement conduite par le chancelier, aui prend la main sur le premier président et sur tous, et, à l'ordinaire de la yie, ne donne la main chez lui i. aucun magistrat, ni la chançelière, qui a d'ailleurs un rang fort inférieur au sien , ne donne aussi la main chez elle ni 4 la première présidente ni à, aucune femme de rohe , et la donne néanmoins à toutes les autres, è la différence du chancelier qui ne la donne qu'aux gens titrés. Voilà donc une supériorité entière du chancelier sur le premier président et sur tous les présidents qui , en corps , et le premier président en particulier , lui écrivent monieign$ur et en reçoivent réponse fort disproportionnée. Le conseil privé , ou des parties , qui oasse les arrêts du parlement , n*a qu'un seul président qui est le chancelier. En prenant les avis il est couvert, et le demeure lorsque les conseillers d'Ëtat ^» découvrent lorsqu'il les nomme pour opiner. Il n'ôte son chapeau qu'en nommant le doyen du conseil, et le nomme M. le doyen, et non par son nom comme il fait tous les autres conseillers d'JStat, Lorsqu'il y a. eu des pairs, même M. de Yitry, qui n'étoit que duc à brevet et contailler d'Ëtat d'épée, le chancelier s'est toujours découvert pour eux, et l'exemple de MM, de Reims et de Noyon en est récent. Que l'on compare niaintenant le chancelier et le premier président et leur très-difierent