‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 15 sur 232 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Le roi voit en particulier le cardinal del Giudice, tous deux avec surprise ; et peu après Télecleur de Bavière. — Mort de La Taste ; sa femme. — Mort du duc de Guastalla — Cardinal de Bouillon à Rome. — Mort, naissance et caractère de la maréchale d'Estrées douairière. — Congrès de Bade. — Camps de paix. — Nesle quitte le service ; en est puni. — Succession de M. le duc de Berry. — Deux cent mille livres d'augmentation de pension é Mme la duchesse de Berry. — Canal de Mardick. — Trente mille livres d'augmentation de pension à Ragoizi, et quarante mille livres de pension à distribuer dans son parti. — Survivances des gouvernements du duc de Beauvilliers i son gendre et à son frère. — Mort et caractère de la duchesse de Lorges. — Des Forts conseiller d'État. — Mort et caractère de Saint-Georges, archevêque de Lyon. — Mort de Matignon, év6qoe de Lisieux. — Petite sédition à Lyon ; le maréchal de Yilleroy y va. — • Chalais à Paris; Giudice à Marly. — Le roi, i qui il échappe un mot inintelligible sur la princesse des Ursins, résout entièrement sa perle. — L'Espagne signe la paix sans plus parler de souveraineté pour la princesse des Ursins. — Soixante-huit bataillons françois avec Berwick pour le siège de Barcelone. — Giudice, puis Chalais, voient le roi en particulier. -> Ducasse, malade, revient ; remplacé par BeHefomaine. •— Mort de Ménager ; son caractère. — Duchesse de Berry blessée d'une fille. — Mme de Saint-Simon, par méprise du roi, la conduit à Saint-Denis, et le cœur au Yal-de- Gràce. •*- Mort de la première électrice d'Hanovre. — Mort, naissance ^

temille et carjwlèw iIq lit 4aç]|fSE|Q de PonUlQQ. -<• Muriage dç Lu ^oike avec Mlle 4e û ^pphe-Cqyrbon, ei ji'upe fiUe du margius de cl^iâimon avec Bacmi^vjllf . ^ Mfirifigç ^p CreujlÎY avpç une Spinola. — Gf^idic^ établi k |[%rly, — Berwipji part pqur faire ^ siège àfe Barceloàe. ^'Cbalais ddniiè par( part|culièfe au rot au mariage du roi d'Espagfie 'ilVeo la pVliioesie de Parme. — Giudipô Voit aùssilét àprèâ le roi en particulier. ^ Eétrûie 46 Befçheyck; Il aitife d'Bspàgnfe, vient à llarly.

Le vei vécut à son ofdmftire 4 ^artjf (ièp iJiWfUât apr^^ l^ p^r^e de son petit-fils , mais les qausiques ehes MpiQ çi9 H aiai^qPQ o^ recoinipejicèreht que quelques jours api^s le retour 4 Versailles. H Qt entrer }e cardinal del Giudice un matin dans son eabip^t, qui ue ^^y ^t^ei^doït point , peu de jours après la mort 4e M. le 4uc de pèrf y. Il le croyoît chargé de quelque affaire qu'il ne TOuloit pa§ (^\tp ^ue i^s ministres , et le roî étoit seul , mais le cardinal né lui dit rÎQB Â^ ppi(Yf|aif , Çt çQOf^^ra ainsi le vide de sa commission.

L'électeur de Bavière vint peu de jours après de S^i^^rClo^d, gur les six heures du soir ^ à Marly. Il entra d'al>or4 4^qs le cabinet du roi. \i y demeura tète à tête un quart d'heure , et s'eii retqpri^a touf Îq suit^ l Saint-Gloûd. Il revint le lendemain eourre le cerf, et n^ y\\ Ig roi qu'à la chasse.

te gros La Vaste mourut subitement i Versailles : p'4l9l{ ^|!i^ fnanière de gros brutal que le roi traitoit bien , et que tout le |upi)de connoissoit , parce qu'il avolt passé presque toute sa vie aide-m^jpr des gardes du corps. IL se retira, demeura à Versailles, ne çonnoissapt ppin| d'autre pays , et se maria par indinatiou. il étoit pourtant fort vieux , ^t il avoit plus de quatre-vingts ans quand il mourut. Le roi laissa deux mille livres de pension à cette femme , qui étoit jolie et qui avoit des protecteurs. Chamlay prit soin d'elle » et ellf pri^ spin de lui quand il fut vieux pi apoplectique- ^l!f? u'y perdit pa§!

Sn mèmp teipps fpourut le duc de Guastalla ^ qui auroit dA succéder au duc de Mantoue si femper^ur , qiji s'étoit emparé de ses États pendant la guerre , n'eât mieu^ aimé \^^ garder à la paix. Lsf grandeur d'âme, la fidélité et la valeur personnelle d§ Lquis Xlli a^ célèbre Pas de Spse , son opiniâtreté et sa capacité pour le forcer , avpH sa^yé autrefois I^ maisou de ppnzague des griffes de la maison d-Àutriebe \ mais ce liéro§ p't^tQit plus.

Le cardinal jiè Bpiiillon étoit enfin arrivé des Pays-Bas à Reme. Il sembloit que ce ftit malgré lui , tant il avpit prolongé son voyagé. Tous les François et les attachés h la coujrôi^nQ eiirenf défense de le voir, et de tout commerce. Les cardinaux Gualterip et de L^ Trémoille eurent permission de l'aller voir une seule fois coi|ime doyeu du sap{:é collège, et reçurent d'ailleurs la même défense que tous les autres François. Le cardinal de Bouillpn fit à Home une figui^e triste, et y parut fqrt délaissé et fort peu considéré.

La maréchale d'Estrées douairière mourpt à Paris. Slle avoit eu &

Marly , ce voyage-oi , dont elle ue manquoit guère aucun , un logement

tout neuf qui la tua. Bile s'y trouva fort mal, se fit porter à Paris , ef y

^mourut bientôt après. Bile étoit fille d'un riche financier nommi^ ¥pcin ,

[1714] MORT ^{1 14 l^RiCHÀLÇ: p'piSTRÉES. ^9

ffli'(HI B'^B^U liU9 M$»fio le j|Ûf« Cj'étolt uii^ gi^pde e| 4sse| grpsse f«inq>9) 4^ lionne ininp, quoique «veç de^ yp^i^ un j^ei; en dedans, a^i »yoit yiiQ pby^iono^i^ l^^u^g , ^u4api^use , résolue, et pleine d'espp^i aussi n'a-t-on guôrfl ?,v[ de feifuçe fmi en eût tant , qui sût iant 4^ pbosçs , m qui fftt fj^ plus «içellepte cp^pi^niç. Ell^ étoit brusque pi pourvut Meç pfil^te^8^, i^l BJ^yflft tr^s-J)ieii rendre ce q)^*ellç devojt,, §i sq le fairp rendis «VMie K}le ayoU passfé ^a yi^ à la cour, et dans le meilleur du plus gran4 l|iQ)»dt} jqujm»!; gros jeu netteD:ient çt aveo jygement. Ôp la craignoit fjdrt, &t QU PS l^Usoit pas d.^la r^cl^erpl^er- |lle passait ppur «»éeti»Q^. fiUi ne r^toH que par dire frapctieni0nt et frès-libreipént ^on â?is d9 tout, eovYAnt trf^9-piaisam{nent,;^pi|jour3 avec beaucoup d'esprit et de for^Oi «t 4e n'ôtr« PIW d'I^umeur à rjfift soùffrif; Dangereuse ajors

à »e lâfibor pn pfu de motis 4'u»e nianièrç ^qljfje et cmeUe/et à parler en faee aux gens, ^ le^ i&m vm^^^î §9\|Ç tçrrp. DVJleurs n'aiipant oi

teuse, se connoissoit ^m «bpSQf ^t ^i)?: ppix, avo)( {^ goût excellent et

n« seiieliupit nta. Ûuaed U lui prenoi[ fintaisiq (je ijpn^pr ui^ rep^s, Mû 4e plus eboUi« 4e p}u« eiiquis m de plus piiagnifique. EUe^iojt bonne axpie, de très-bon ePPs^U, gdèle et ^ûrfi, e( çap^ ^(re de s^ aipjs (in ne risquoit i%mm i parler de^l^pt eUe.

Mlle de Tourbes < qui n-avoit p^ p^piQs d'^spjrj) qp'^U^ , ^} 4f^ ^a ipêipe lorte , maie plus impérieui: et plu& f^igre , se laissa' up jouf tomber à Marly,au milieu du saloft» cb^rg^g 4e pierf pries , eu d^ppapt ^V b^l^l 4e?aB( le roi. Sa mère qui, e(|mme Uf yieilie^, ^toU assise au 8ecpn4 ning, escalada le premier , CQUFUt 4 34 fille, et sans i;4nfprper*s| elle étoit blessée , car elle étoit encore par terre , ne pensa qu'aux pierrf rjpf . On ep rit beaucoup , elle aui ei.

ElU lui laissa plus de buit cent mille )i?r§s ; presque ^u^ant ap mf^' récbal d^Estrées son fils; i Mme de Cpprtenï^p^ §t 4 l'fibb^ 4'f;§tr4e« Ms autres epfanis six fient mille liyves çibacup , sfin^ PPP^pte^ un âipas prodigieux de meubles , 4e bijoux ) 4e poi:cplaiups ; 4e 1^ Y^i^^pUe eu Quantité et des pierreries. Elle Af oit SQixant^-4i?(-sept q^ ^pix^ite-dj^* huit ans , a¥oit Uesprit et la santé opp)me à qp^rj^pie , et ^ap^ cp Ipgement neuf auispit encore yjicu tràs^longtemps- Quoiqu'elle ajipi| peu de gens, elle fut regrettée, mais avec tout son esprit pile n-i|urpit jan^is pu duref hors de U oour et du gvipd mppde. ^lle yjvpît ))ien {lyee ^ belle^fiUe et avpc lep NoaiUes,et ne Uissgjt pji^s 4'$lre expeîlepte sur eny et avec eux.

Le mercredi 16 mai, jour du convoi de M. le 4up 4e Perry^ If rqi quitta ce funeste Màrly et retourn» I VerseiUes* Su m^e temps, le prince Eugène manda au pdaréehal de YiU^rs que le flomte 4e PPêi et le baron SejFlem, plénipotentiaires 4e Fempereur ifee lui âi Q^4ei e'y acheminotept , et qu'ils avaient les pûUVpiïs 4e l'empire pour fie qui le oonceraoit. On fit partir aussitèt ^aint-Contest, et ¥iilarS| qui ne W4e

4. On appelait aussi ceUe fille de la maréchale d'Estiiies MHç 4e T^^ni^es.

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