‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 159 sur 232 · MORT DE S]£Z4I!IN · texte numérisé non relu

MORT DE S]£Z4I!IN

la suivit de fort près, à quatre-ving^-si^ ^ns. 7'en ai suffisamment

!»arlé en plusieurs 'endroits pour le faire connoîtré', ainsi que de J'a îrincesse d'HarcôùrtV^œiii' de la duc}iesse de Brancas , qui mourut assez brusquement chez elle à Clermont, et qui ne laissa ^e regrets à'persprinV. ■ Sézanne, frère de père du duc d'ÏIarcourt, et de mère ce ta duchèssë d*Harcourt, ètoit mdrt depiiîs quelque tetnps d'une longue înaladiéV dont il avoLt rapporté d'Italie lespren!iiérs c6mmencéinents , et à ïaquçtlé les médecins ne connurent rien. Le duc de Kàntoué avoît un sérail" dç maîtresses dont il" étoit fort jalout. Sezanné ne s*en contraignit pas , 'et bn crut qu'il eri avoit été' payé à iMlalienne. il ne laissa point d^enfantsl C*étoit un jeune hom'nie bien fait, que la fortune dé son fréré avoit g^té', qui sans cela eût valu quelque chose, et bui ne se fît point' regretter 1 àdn frère lui avôît fait donner là toison qui lui étoit destinée ; il envoya utai de ses fils cadets en reporter le collier en Espagne , dans l'esperàncé qu'il lufileroit' donné', en' quoi son espérance ne fût pas ti^ômpéê;'^ ^ ' ' ' Lé fameux docteur Bn^net, évéque de Salisburyi' ki connu' par ses ouvrages , et ^ar le seci'ét quîl eut de réritréprise du prince d'Orangé siïr l'Angleterre , atèc' lequel il y passa }6rs de la révolution wh'îg', le plus déclaré pour ce parti malgré son épiscô'pat , niouriit êh ce même tèpips. ' L'abbé d'Estrades mourut aussi à Chailloi', ôtt'sâ pauvreté lui avoît fait louer Une màifeon depuis bieh des années pour y vïVré à meilïeù^ nlarchè et en 'retraité. Il étoit fils du maréchal (TEsïradeV, e^ àvoîttrè^- Bien l'éuski à' reiiisô et à Turin ; 'où ilavoît été àtobàssadeut, fnàié ilsV è'tôit'fort endetté. 'ïl' vécut foH idfemplaîi-ément et fort âoïîtaffèmJût à Chaillot. Ses iiettes étoiënt piresqùé toutes*' payées*. Il àvoit rabbàye lié Moiàsac et dix mille If^tes de pèriélon feikir Jei abbajës dé l'âbbé Û tiyonne. Ori aùroit pu àesèrviV Yôrt" utîlefni'ent de Itii ,' mais on né vouîoît que des gens qiii ptfssent et Voulussent bien se'ruber , e^ non ^'âs de ceux (Jiii s'étoient déjà* ruînés eu ambassades.' » *• ....<>.

' M. de Laiizun maria Càstelm'brori , sôtt neveù , qui n*étoit pas riche , à ia fille de Fontànieu, qui de laqtfàis de Crô'âàt étoif devenu' son commis , puis son caissier , et qui y avoit acquis de grtindfe biéûs a^eô lesquels il fc'étoît poussé,' et étoit devenu pour son àrgerit garde^meiiBîe de la couronne , qui est Tinspection en détail de tous leà ineublëà faits e\ à faiî'e t)bur' lé roi, 'et de rameublément et du détnèubleihérit dé toutes les malèons royalôè; Heudicourt épo\isà,' j)0ur se i^fecrëpir',' ufae 'fille de Sûrville ; et Cayeux , Ûà de Gamaché^ , épousa la fille deil.' de Pomponne , fils du ministre d'Ëtat. Le troisième file du duc dblloban' épousa aussi sa bôuSlne dé même noin, cïomtèsse de Jarhac', véiVc('d*un cadet dé Montenaré-lez-La-Rochèfo'ucauld , dont elle n'avoit pbînt éù d*erifants. Ce fut une fortune pour ce troisième cadet du duc de Rohah qu'elle préféra au second j mais elle stipula qu'il quitteroit le service de' Paris; et qu'il iroit avec elle vivre à' Jârtiac , qui est nn fort beaii lieu' en Poitou ', dont èUe ne Vouloit point sortir. Elle* parloit en* héritière tt-ès-riche à uiî fcadet qui n'avoit rien, et qui se trouva heureux de l'épouser et dé dé conformer à toutes ses volontés. .. -i - ^

' Le niarquis de Saiiift-Sulpièé-Grussol épousa en même temps la fille du comté d*Estamg, qui îut'lôrigtémps depuis' clïevâlîéi''déTbrdre. "^

[1715] BOpT DE l'an I3îE M. LE DUC DE BERRY, 315

Le roi , étant i Marl^ , s'arrêta dans ses jardins ayant la messe , pour s!y amuser et voir une éclipse de'soleif, sûr les neuf heures du matin. Toutes les 'dames y étoient longtemps auparavant. 'Cassîni, fameux astronome, y étoit venu de l'Observatoire avec des lunettes pour là faire bien remarquer, le vendredi 3 maii Lé lendemain on 6t, a Saint-Denis, le bout de Tari de If. le duc de Berry, où ï'évêqué de Sééï, Turgot, officia , qui avbit été son premier aurafinief; M. le duc d'Orléans et quelques princes du sang s'y trouvèrent.

Dès le lendemain le roi fit quitter le grand deuil à Mme la duchesse deâerty, qui devoit durer encore six semaines, è\ la mena liii-même dans le salon, où il la fit jouer. On a vu souvent ici combieti le toi étoit peîrié du grand deuU, et le peu dé mesure qùll y garda dans sa plus proche famille! Mme la duchesse de Berry souhaitoit fort d'avoir des dames , depuis la mort de lilme la Daùphine , à l'instar des dames du lîâiais. Il y avôit longtemps que Miùe de Saint-Simon avoit obtenu du roi que Mme de Goettenfao , femine de son chevalier d'honneur j ptlt la suivre quand l^fine de Saint-Simon ef Mme de La Vieuville ne le pourroient pas. Cette dernière étoit à Pài*is , hoi^ d'espérance que sa santé se rétablit, jffme la duchesse de Berry obtint donc quatre dames , mais sans titre de dames du palais. Elle proposa Mme de Goettenfao ; la marquise de Brancas \' dont 'il a été parlé plus d'uné'îois ; Mme de Clermont , dont le mari avoit été capitaine des gardés de M. le duc de Berry, et qui é'ioit aile de Mme d'O', et Mme de Pons, doiit le mari avoit été zriattre de la gardé- robe de M. le'duc'deSelrry.' Elles furent toutes quatre acceptées par le roi pour accompagner Mme là duchesse de Berry, et deux à deux'à Marly', avec quatre mille livres d*app6ihtèmerits. La fnarquîse de Brancas n'en fit jamais de fonctions et s'en alla en Provence , d'où elle ne revint plus*,' et Mme de Goettenfao mourût fort peu de temps après cette nomination. Quelque temps après Mmes d'Arinèùtières et de Beauvau eurent leurs places.

ta în'brt de Mine de Goettenfao me donna des affaires auxquelles je ne in'atléndoîs fas." Elle 'étoit peu de cliose, fille d*un conseiller au parlement et d'une fille de cette Mme de Mottevitle , dont nous avons de si bons Mémoires de là l'égehcé de la reine Aune d'Autriche. Mme dèf Goettenfao n'avoit point d'enfants ni d'héritiers proches. Son mari , qui éloit depuis bien des années extrêmement de ines amis, et que j'avoitf fait chèvâTîer'd' honneur de Mme la dùcfiesse dé' Berry , m'avoit prié, Uh trois dernières cainpagneé , de liii garder une bàssette , et en cas de mort de la remettre à sa femme. Elle tomba fort nialade, et m'envoya priei^, £ Marly où j'étois, dé luT aller parler' à Paris. Ty fus aussitôt; elle sa hâta dé me remettre la lïiémë cassette, ^ns ine rien dire au delà, ni de ce qu'elle contenoit , iii &é éé qiiPëlle voùMit tjue j'en fisse , et acheva dér nie parler derrière un paravent,* car elle étbit encore debout, fort trouhlèer de' ce que sa mère, avec qui èlle'îogeoit, entra dans la bhambrô. J'ëmportaî la cassette chez moî; et't*etoùrnaià Mbtrly. A huit ou dix jours d'e là elle mourut. Il faillit artiiciilet éettë cassette, et renvoyer ouVrlr éh'ék le' lieutenant civil. '' '

On y trouva uo testatiient, par lequel elle me donnoit tout ce dont

Page 1