‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 163 sur 232 · NOUTELLE DÉCLARATION DU ROI · texte numérisé non relu

NOUTELLE DÉCLARATION DU ROI

tion de la cjualité dé prince du îtang j taàï à pfopôs prisé par le duc dtt Maine : cela fit grand bruit, mais il ftit coUrt; car aùti*es huit jours après, il parut une nouyelte déclaration qui étijdi^it au parlement d'admettre eh tous acteà judieiairérs et jugements le titre et là qualité de prince du sang pour lé duc du Maine , da postérité et le bomte dé Toulouse , et de n'en fai^e eu quoi qûé ee ioix la moindre différence d'aveè les princes du sang, toutefois àprèâ le dernier dé tous. Là déclaration témoigne surprisé, et quelque choâé dé plus, de ce qtlë cette qualité et titré avoit pu être contestée et souffrir la moindi'è difficulté j après la manière dont les précédents édits enregistrés étoient éiioncés. Celui-ci fut aussi enregistré tout aussitôt quMl fut porté au parlement:

Saintè-Mâuré , qui atbit été premiéf écuyer de M. lé dtio de Bètry, s'Atisâ en quittant son deiiil de demander pèrmiâsioii au rbi fie cbnservèr , sa vie durant, et & ses dépens , les livrées de te prince et ses armeâ à ses toitures. Les dernières étoient poul' entre!* à ce moyen , cdmmè cédx ({lit 6nt iei honneurs du LouT^è, lès autres pour User lefitément de tbiltes les livrées qui lui poUvoient durer toute sa Vie , et èxi épargber lès habitii. Il fte trouva que Hautéfort ^ qui avbit été preniièr écuyér de la reine, oncle paternel de tduâ les Hautéfort , et que àa chargé àvoit fllit chevalier dé l'ordre , avoit eti la même concession, dur èét éièitiplë , lé roi Tabcorda i Sainte-Maure.

Lé éomië dé Lusace, c'est-à-dire le prihce élêcibral de SàiS , Maitité^ naiit électeur et l^oi de Pologne , àpi'ès sdn pêré , vini jsréiiâre congé du roi dans son cabinet & Marly^ qui lui fit béaucoitp d'Udhhêtètés ; éi au palatin dé Livonié j qui étoit le surintendant de M cdndulté et de son v<]iyage , et qui s'étoit acquià par la tienne ,• foi et partddt; bêattfidtip de réputation. Le fol énf ojtl att comte dé LtiSaCé une éfnée de éiàmants dé quarante mille écus , au palatin de Livonie âon périrait enrichi de fort beaux diamants , et le même présent ,' mais mdindré en talent, aH barod Hsagen, gouternéiir dti prince. Il fttoit tétHoigné souhkiter fdri dé tait Saint-Gjrr^ et cela ^émx toujours différé. Mme de Mftiniéndfl lui âtoit donné Jeur au dimanche i juin. Elle Ty attehdbitj et, après lui atoir fait voir toâté la ihaiSon ,- elle lui aféit |)réparé Ift cémédië ^Bithêt^ jettée par les demoiselles; mais \à fièvre pHt au prinbe,' ()ùi envoya £iire ses eiéilsés , et supplier Mme de Mainténon que la bdnté qu'elle avoit fie fût que dlfïérée, et cela fût femis au mardi 11 jiiin ^ qu'il M trouva en état d'y allef. Il partit peu de jours après pour la Saté. Il se cdhdttisit atec beaucou|) de sagesse ^ dé politesse ,* et pduHant dé dignité $ et tit fort la meilleure compagnie.

Dttcasse mour'ut fort ftgé , et plus cassé enbore de fatigues et de bles-^ sures. Il étoit fils d'un vendeur de jambons de Ëayonne, et dé eé payslâ o ils Sdnt aSset volontiers gens de tnët. il aima mieux s'etnbàri|uer que suivre le métiéf de soii père , et se fit flibustier; Il se fit bientôt remarquer p&tm\ eux paf sa vàleiir , Son jugement j soh hiimanitéi En peu de temps ses actions rélevèrent à la (]Ualité d^dnde létirs chefs. Sèé expéditions furent heureuses , et il y gagna beaucoup. Sa Réputation lé tira de ce métier poiif entrer dans la Inariné du roi, gU il fiit ôApiXAiné de taisseàti. 11 se sigHàlà ei hm dans 6e nouvel état, ^u'il devint premp-

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y^ment chef d'escadre , puis lieuteDant général, grades dans lesquels il fit glorieusement parler de lui , et où il eut encore le bonheur 4e gagner gros sa^s soupçon de bassesse. Il servit si utilement le roi d'Espagne, même de sa^ourse.^ qu'il eut la Toison, qui q'étoit pas accoutumée ^ tomber suc de pareilles. épaules. La considération générale qu'il s'éloif acquise ^^me du roi et de ses ministres, ni rautoritë oi^ sa capacité et ses succès Tayoient établi daûs ta marine ne pureni le gâter. Ç.'étoit un grand homme, maigre , cpmmaiideur de Saint«Louis , qui arec l'air d'un corsaire^., et beaucoup de feu et de vivacité, étoit doux, poli^ respec^ tueui, affable, ^t ^ui ne se méconnut jamais, il éioii fortpbligeant, et f^yoit ^eaiiçpup d'esprit avec une sçrte d'éloquence naturelle, et, mêj;ne hors des choses de son métier « il y avoit plaisir et prpfii à l'entendre raisonner. li aimoit l'état et le bien pour le bien , qui est chose devenue bien rare. , ,

^ Kesmond, évéque de Bayeux, niourut aussi doyen de l'épiscppat en France, à quatre-yingi- six ans. G'étoit de ces vrais saints qui attirent, malgré eux , une vénération qu'on ne peut leur refuser , et dont la simplicité donne à tous lés moments à rire. Aussi, disoit-on de loi, qu'il disqit la messe toqs les matins , et qu'il ne savpit plus apréis ce qu'il disoit du reste d^ la jpuçnéç. L'innocence parfaite de ses mœurs , jointe 4 ûij esprit très-borné , lui laissoit échapper des prdi^res ^ tout propos ^ dont il n'avoit pas le moindre soupçon, et qui rendoient sa compagnie embarrassante aux femmes, jusque-là que la présidente Lamoignon, sa njè^cè, renvoypit sa.fiUe, qui épousa depuis le président Nicol^ï, dès gii'il entroit 6bez e^lle. La n^ême cause le rendoii dangereux sur le pco^ cta^n , dont il .pàrloit trfes-libi*ement. On le lui faisoit remçirquer après. Il disoît. que c'étpiént choses publiques qui n'âpprenpient nen à persbine. is'lf trouyôit qu'il e^it tlessé les gens^ il ne balançoit pas à leur aller demander pârdoii, 11 reprit, un jour un 4e 5es curés d'avoir été à une nôcé. Le ciifé se défendit sur l'exemple de ^otre-Seigneur aux noces de tâna. « Voyez-vous , inonsie\ir le curé , répliqua-t-il , ce n'est pas là ce qu'il a fait de inieux. » Quel blàsplièmé dans une autre bouche 1 Ce bon homme croyoit fort bien répliquer.et d'une manière édifiante, et il est vi'aj, aussi que dé lui on le prenait de même. ,

Cçtoit un vrai pasteur^ toujours résidant, tout occupé du sqin de son diocèse, dé ses visites, de ses fonctions jusque toiit à^ la fin de sa vie^ et àyec plus d'esprit et de sens que Dieu ne lui en âvoit donné pour tout lé reste. 11 é^oit rjche de patrimoine ; son évêché l'étqit ayssi : il eut i'ihdùslrlé de le dpûbler isans grever personne, il vivoit fort honoraJsîeineni, mâi^ saiis délic^.tèsse , fort épiscopalement avec modestie et avec économie. Àiî tout dé l'année, il ne lui re.sioit pas un écii, et tout alloit

su qu

nobles et grandes qui faisoient marier et subsister la pauvf% noblesse de son diocèse. Ses gens le tenoient de court tant qu'ils pouvoient sur les aumônes de sa poche , et lui les trompoit tant qu'il pouvoit aussi pour donner. Allant à Paris, quelqu'un lui dit qu'il prieroit quelqu'un de ses

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