CONSTITUTION
wr cçtte affaipç aucun engagement avec Rome , avec personne , ni avec lui-même , par l'engagement de son pouvoir déjà compromis ; que le roi se trouvoit dans V^us ces termes , dont ceux qui l'y avoient su pousser savoient aussi bien profiter pour le conduire où jamais il n'avoit pu imaginer d'être mené ; que lui , régent , devoit aussi en profiter en sa îuanière , et profiter de sa liberté , et des limites de son autorité , pour éviter ce même écueil , et ne se pas livrer à des gens vendus et engagés çn toutes les façons du monde , dont les artifices , l'ambition , les manèges , les fourberies , les violences n'étoient ignorées désormais de personne , qui ne seroient jamais contents , voudroient toujours aller en avant , immoler tout à leurs vues , surtout entretenir cette guerre pour se rendre nécessaires et importants , pour se faire courtiser et redouter , çt parce qu'il n'y a plus de parti , et dès lors plus de chefs , ni de principaux de parti , quand l'affaire qui l'avoit fait est finie ; qu'il comprît donc qu'en leur prêtant l'oreille , il ne la termineroit jamais , qu'il en seroit plus tourmenté que d'aucune autre du gouvernement , et qu'il $0 trouveroit peu à peu entraîné à plus de violences , et tout aussi peu utiles à la protection même qu'il voudroit donner , qu'il n'en avoit vu commettre au roi , qui de sa part seroient bien plus odieuses ; qu'à mon avis , il n'avoit qu'un parti à prendre , mais à s'y tenir bien fermement : déclarer qu'il n'en prendroit aucun dans cette affaire , mander le cardinal de Noàilles dèa l'instant que le roi ne seroit plus , le présenter au nouveau roi lui-même , avec quelque propos gracieux mais sans affectation , lui faire valoir tête à tête ce premier pas et la place où il l'alloit mettre , et s'assurer ainsi de lui ; déclarer aussitôt après le conseil entier des affaires ecclésiastiques , pour éviter d'être obligé de refuser le pape si on lui donnoit le temps de faire des démarches là-dessus ; traiter avec distinction Rohan et Bissy; leur faire sentir que vous voulez résolument une fin très-prompte à cette affaire ; que vous avez toujours été ennemi de toute violence , surtout en matière qui a rapport à la religion ; qu'ils se doivent attendre qu'il n'en sera plus fait aucune ; que les prisons vont même être ouvertes à ceux que cette affaire y à conduits , et toutes les lettres de cachet à cette occasion révoquées , çt l'exécuter en même temps ; les assurer que vous ne prenez aucun parti , et que c'est même en preuve de cette neutralité que vous rendes la liberté à ceux à qui cette aff'aire l'a fait perdre ; que vous laissez donc une égale liberté de part et d'autre , mais que tous ne souff'rirez d'aucun côté la licence , ni pas plus les longueurs à terminer ; couper court ensuite , et s'ils abusent de votre politesse pour s'engager en longs discours , faire la révérence et les laisser , en les assurant que vous n'avez ni n'aurez jamais assez de loisir pour vous noyer en ces disputes ; s'ils osoient s'échapper tant soit peu , leur dire poliment , mais avec une fermeté sèche de songer à qui ils ont l'honneur de parler -, et sur-le-champ la pirouette , et les laisser là. "Rien n'est pis que de se laisser manquer ni entamer le moins du monde , et le moyen de l'éviter pour toujours est dès la première fois une pareille leçon. Tout de suite faire enlever les jésuites Lallemant , Doucin et Toumemine , et leurs papiers ; mettre le dernier au donjon de Vincennes, sans papier, ni encre, ni plumes, ni