Voy. t IV, p. 449, note
NOTES. 4tt7
appartenoient , efe montra pour cela 1« billet de M. du Bom , et la sapplia âe trouver bon quHl les prtt La reine répliqua qu'elle n'en doutoit pas \ que, B'ils y étoient, elle lui répondoit qu'il n'y perdroit rien; mais qu'elle ne vouloit point ouvrir la cassette qu'en présence de Votre éminence ou au moins que vous ne fussiez de retour.
« M. de Beaumont ne parut point satisfait de ce retardement*là, et demanda à la reine qu'il plût à 8a Majesté dé lui assurer son argent sur * la charge de M. du Bosc. La reine le refusa et lui dit qu'elle ne se méloit point de sa charge. Mme de Beauvais se mêla en tout cela pour favoriser M. de Beaumont avec l)eaupoup de bruit et à diverses fois. La reine s'en défendit toujours et lui résista , en sorte qu'on partit de Nérao et que la cassette ne fut point ouverte.
« Hier au soir la reine jouant à la béte, Monsieur ' , ayant découvert que la cassette étoit perdue, ou bien ceux qui l'avoient détournée l'ayant laissé pénétrer à Monsieur , afin que cela allât à la reine pour en voir l'effet d'un peu loin , dit tout haut parlant à 8a Majesté que l'âme du pauvre du Bosc avoit emporté sa cassette, et que Beaumont avoit perdu ses trois cent cinquante pistoles.
« La reine s'émut assez et il lui entra d'abord dans l'esprit , comme 11 a paru depuis , que c'étoit Beaumont qui l'avoit fait prendre pour ravoir son argent, et que Mme de Beauvais , ayant parlé pour lui à Nérac avec impétuosité et avec cette véhémence qu'elle a pour les choses où elle se passionne, pouvoit bien lui avoir donné ce conseil hardi de laire prendre la cassette.
n Cette vraisemblance si violente et ces sortes d'apparences si s^us* tées par le tempérament des personnes firent que la reine ne se contraignit point de dire en particulier , quand le jeu fut fini , qu'elle croyoit que c'étoit Beaumont et ses amis qui le lui avoient conseillé, et en té^ moigna un ressentiment considérable avec des paroles assee aigres; mais , comme je dis , en un particulier si resserré qu'il n'y avoit, ce me semble, que Monsieur, M. de Cominges et moi.
«e Mme de Beauvais , à qui Monsieur le dit , se trouva engagée à en fkire un éclaircissement et pour cela elle prit fort mal à propos son champ de bataille dans le moment même que la reine se mettoit à table avec le roi et avec Monsieur , et véritablement vint faire une salve sur le tort que la reine avoit d'ôter ainsi l'honneur à un gentilhomme qui . étoit à elle , il y avoit douze ans , qu'elle poussa si loin et avec si peu de retenue que la reine prit sur elle le ton que Son fiminence connolt , et lui dit que la pensée qu'elle avoit eue de Beaumont lÀ«dessus n'avoit été rendue publique que par elle, et qu'elle avoit eu la bonté de n'en point parler que devant deux ou trois personnes , et encore sans beau* coup d'aigreur; mais, puisqu'elle le prenoit comme cela, elle étoit bien aise de lui dire aussi devant tout le monde, qu'il étoit vrai qu'elle avoit pensé et dit que c'étoit Beaumont , lequel , par le conseil de ses amis , ou de ses amies , avoit fait prendre sa cassette pour ravoir son argent.