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Les conseils, dont Saint-Simon parle souvent dans ses Mémoires, ei notamment (p. 389 de ce volume) , présentaient des avantages et| dw inconvénients que le marquis d'Argenson a bien caractérisés* : «Lors* que l'on eut senti l'abus des conseils établis par M. le duc d'Orléans , et que l'on s'aperçut enfin qu'il y fallait renoncer», on leur donna une sorte d'extrême-onction en chargeant l'abbé de Saint-Pierre, qui les avait d'abord approuvés , d'en faire ^apologie. Il s'en acquitta en cornposant un ouvrage qu'il intitula la Polysynodie , ou l'avantage de la pluralité des conseils , avec cette épigraphe tirée des proverbes de Salomon : Uhi multa consilia^ saluê*. Il avait raison, à un certain point; mais il est obligé lui-môme de convenir qu'autant les conseils peuvent être utiles quand ils sont dirigés, que les questions qui leur sont soumises ont été d'avance préparées par l'autorité, et que celle-ci décide souverainement après les avoir consultés, autant sont-ils dangereux, lorsqu'au lieu de leur laisser le soin d'éclairer le pouvoir , on le leur abandonne tout entier. Alors ils dégénèrent en vraie pétaudières on tracasse , on dispute , personne ne s'entend , et il n'en résulte que désordre et anarchie.
« Pourtant de la suppression absolue des conseils , ou du moins de l'oisiveté dans laquelle on laisse languir ceux qui grossissent encore nos almanachs , on doit conclure que l'on ignore en France le parti que l'on en pourrait tirer. Je ne parle point de ces petites affaires particulières dont on amuse actuellement le tapis dans les conseils - royaux des finances et des dépèches*, lorsqu'on les assemble , mais des ordonnances, des règlements généraux, de tout oc qui fait loi et établit des principes fixes en administration.
« Les ministres ne sentent pas assez combien il leur serait important d'obtenir des garants pour de semblables règlements. En les prenant sur eux, ils s'exposent à répondre des difficultés qu'ils éprouvent à l'enregistrement et à l'exécution. Ils en sont souvent les victimes et fournissent contre eux-mêmes des occasions de déplacement. Ces règle« ments leur serviraient de boucliers contre les demandes injustes; et combien n'est-il pas Important qu'ils s'en défendent t Pour une gr&ce contre règle et raison que le ministre accorde à ses protégés personnels et véritables , il est obligé d'en accorder vingt aux protégés de ses propres protecteurs, à des personnes auxquelles il n'a rien à refuser; alors, quand on le presse , il ne sait que répondre. S'il refuse aux ims ce qu'il
4, Mémoires ^vUbMéi en. 182S, p. I74«476-.