‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 39 sur 232 · ÉLOGE DÛ DUC DE BEAUVILLIERS · texte numérisé non relu

ÉLOGE DÛ DUC DE BEAUVILLIERS

quelqu'uù lé remarquant se prit à dire qu'il faisoît U ^3^ méclitatioii. lie roi qui jt'entendit SQ tourna Y^rs celyi qui parloU, çtlç regardant : « Oui , ditil , yoiià 11. de. Beauyilliers qui esv \l^ dç$ plus sages bopames de la cour et de inon royaupie, » Cette subite! et cpurte apologie gt te^ire et donna fbrt à penser, qn sortç qu§ les çlpa^urs çleweurèrent qu respect devant sqn mérita.

Il falloit que U rpî çn fit dèç lors liiçn prévçuu pour le charger 4? U commission la plu§ délicate çn 1Q7Û, Mad.me yenoit d'être »i groasièrçipent empoisonn^Q * . U conYJctioii en étoit 9i entière et gi générale qu'il étoit bien àiffiçUft oe te Palliçr, U^ XQ\ ^\ te rgi d'Angletçrre, dont elte venoit tput nouYeUeipeut 4'être le nlua intwpe Ueii pur le voyage qu'elle yenoit de faire en Angtete^re t ^^ évQient également pépétré^ 4e douleur et d'indignation, et les Anglols pç §e QQntenoient paa. Le rçi choisit le duc de peauviUierç ppur aller faire ^e^ compliments de condoléance au roi d'Angleterre . et 8ûU8 ce prétezte t^ohep que ce malheur n*altérât point leur amitié «t teut union, et Q^ilmer la furie de Londres et de la nation. Le roi n'y fut pa^ trompé» la prudente dextérité du duo de Beauvilliers ramoua entièrement la bpuehe égarée du roi d'Angleterre» et adoucit même XfOndres et \a nation.

Le maréchal de Villeroy mourut à Paris en aa quatre-vingt-huitième année , le 23 nuye^hre 163$. >i. Calb<^rti intendant du cardinal Mazarin , en même tempa intendant des finances a sa mort , avoit été recommandé au roi par ce tout-puissant premifi? ministre comme l'hoinme le plus capable qu'il connût pçur l'administration de« Nuances j en mém^ temçs qu après avoir sucé le aurintendant Fouquet jusqu'au sang , il le lui avoit rendu plus que suspect, Il ne fut donc pas difficile à Golbert, après la mort de son maître , de s'introduire auprès du roi i et de s'établir sur les ruines de ?ouquet, |l çcM^nolssoit parfaitement |e roi «ur ce qu'il en avoit ouï dire si souvent 4 Ma^anUr II le prit par les détail» et par la capacité et par l'autorité de tout faire j il acheva de eonoert avec Le Tellier la ruine de Fouquet i glissa en la plaee de GOi)trôleur général euffoquée jusqu'alors par celle de surintendant. ï\ persuada au roi le dange? de cette grande place, et jcemme il ^'eeoit y aspire?, il fi< accroire au roi de s'en réserver toutes ieft fonctions. Le roi crut les faire par les hQU et les sigpature? dont Colbert i squpW eommie, l'aecahla; tandis qu'il saisit toute l'économie et tQutte60UT^i?des$nan<^es,et qu'il s'en rendit le maître plue qu'aupun surjptendant i mais ne le trouvant pas d'aloi à exercer cette autorité «ans voile, il ^ imagina un de gaze en persuadant au roi de créer une eharge tQuie nouvelle de ehef du conseil des financée qui auroit l'entrée dans ceux quf te r^i tiendrait « dans les grandes directions', qui prêsideroit Qh«z lui aux petites, qui feroit des signatures d'arrêté en financef , et qui ayec uo nom et une représentation ne ferait rien en effet daps les financée , et lui laisseroit l'autorité entière d'y tout faire et d'y tOUt régter-.

4« ¥tf< tt Ht p< ifi^éi ttftto da la fin do voltuM.

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de finances, connus sous le nom de grande et petUt direction

tillk] CHARGE DU CHEIP DU GÔNSBIL t»£S FINANCES. 119

G»tt0 eharge fât doue oréée lors île la èâtattropliè d« Souquât , 4t donnée au marécbal de Villeroy qui avoit été gouveméup de !a personne du roi sous le eardinal Mazarin, chef de son éducation, et qui avec cette ombre ne fut jamais ministre d'£tat. Gela taloit quarante^huit mille livres de pente avec d'autres choses encofe , en serte que cette vacance eut tout ee quil y avoit de grand et de plus considérable à la cour pour aspirants \ le duo de Montausier , qui avoit été gouverneur de Monseigneur ; le duc de Gréqùi ^ gouverneur de Paris , premier gentilhomme de là chambre, dont Tambassade à Rome et la fameuse affaire des Corses de la garde du pape avoit fiait tant de bruit ^ et dont la flemme étoit dame d'honneur de la reine, et plusieurs autres dans la privanee du roi et dans la première considération.

Le rei leur préféra le duc de Beauvilliere qui avoit trente-sept ans ft gui n'avoit ^arde d'y songer. Il en étoit si éloigné que la délicatesse de sa éenscienee , alarmée de tout ce qui sentoit les finances , ne put se résoudre à Tacoepter , lorsque le roi la lui donna. La surprise du roi d'un refus dé ce qui faisoit TamBition des plus importants de sa cour ne servit qu*à le confirmer dans soh choix. Il insista et il obligea le duc à consulter des personnes en qui il pouvoit prendre confiance , et de tirer parole de lui qu'il le feroit de bonne foi , avec une droite indifi^rence , et qu'il se rendroit à leur ayis s'il alloit à le fkire accepter. Le duo s*y engagea et consulta. Au bout de sept ou huit jours le roi lui en demanda des nouvelles , et le poussa jusqu'à lui faire avouer qu'il avoit trouvé tous les avis de ceux qu'il avoit consultés pour qu'il ne refùsftt pas davantage. Le roi en fut fort aise , le somma dé sa parole, et le déclara deux heures après , au grand étonnement de sa cour.

Le comte de Grammpnt , qui étoit sur le pied de se divertir de tout aux dépens de qui il appàrtenoit , et qui sâvoi| que le duc de Saint- Aignan s'étoit mis aussi sur les rangs pour cette charge, le rencontra dans la galerie une heure apr^s la déclaration. Il alla droit à lui , et lui dit « qu'il lui faisoit ses compliments d'être d'une race si heureuse qu'elle donnoit tous les chefs que le roi choisissoit : que s'il en falloit un aux carrousels, il prenoit le père; s'il y en avoit un à nommer pour le conseil des finances, il choisissoit le fils, » et sans attendre dé réponse , le laissa là , avec une révérence et une pirouette , outré de déptt de son compliment.

CHAPITR8 XII.

I)uc àe Beàuvilliers ; quel sur le cardinal dp NoaUIes, Rome, Salnt-Sulplcei Tçfl jésuites. — Mesures fa tares pour l'archevêque de Cambrai. — AmbiUondo ce prélat. — Grandeur d'àme et' de vertu du duo de Beàuvilliers. — Comparaison des ducs de Chevreose et de Beàuvilliers. — Mot plaisant et vrai du chancelier de Pontcbartrain. — Garaclôre de H duchesse de Beàuvilliers. rr» Fortune et conduite des Saun^ery. — Épreuve et action de vertu héroïque ^e la ^\\^ chasse de Beàuvilliers. -r- Movt de la duchesse de Beàuvilliers en 4733,

M. de Beàuvilliers fut duc en s$ priant sur l^ déjAi^sipii çle spu. P^re dont il eut les gouvernements à sa mort, et chevalier de l'ordre de la

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