MESURES FUTURES
O^ita fliâm» dispoûtkm le mettoit toajouri du c&té de Rom« sur ses divene» o&trapriMilf %X le rendoit iadustriettx à la eitèûiier et à les pallier* Neus en anons souvent dee disputes vives. Sa préface étoit toujours la mèoBû» en oes ocûasioas : les droits sacrés des rois de France que saint Louis même aroit soutenue eontre les papes arec plus de force qu'aucun autre «roi; mais le cas dont il s'agissoit a'étoit jamais, selon lui i de ceux qu'on devoit défendre.
Saint-Sulpice où il aroit toujours eu sa principale confiance, et non les jésuites areo qui il Ti?oit bien, mais qu'il cennoissoit) et à qui lui et M. de Ghevreuse auroient voulu ôter la feuille et le confessionnal des .rois;Saint-Sulpice, dis^je, l'avoit gâté de bonne heure sur RemCj et i'archevôque de Cambrai qui avoit ses raisons, qu'il se gardoit bien de lui montrer , avoit achevé*
De ces matières et de celles de la constitution, il m'en parlolt toujours le premier, soit confiance, soit espérance de me convertir, jusqu'À ce que tout à la fin de sa vie disputant là^dessus, tous deux seuls daas ma chambre à Versailles, il me pria que nous ne nous en parlassions plus , parce que ceiaTagitoit trop, et depuis en eflbtnous ne nous en sommes jamais parlé*
Avec cet abandon & If « de Oambrai , qui le lioit \ tout ee petit troupeau d'une chaîne si fbrte , il eut la fidélité de n'entretenir son com> meroe avec lui que du su du roi , et de ne voir qu'à Vaucresson fort à •la dérobée j mids aveo sâ permission , ceux que son affaire avoit fait ôter d'auprès des princes, et chasser de la côur. Jamais , comme on le voit , Je n'avois été initié dans Ces mystères , mais je les voyois librement à TaucreesdU; on j parloit tout librement aussi devant moi) et depuis la mort du Dauphin , M. de Beauvilliers et M. de Ghevreuse , ces exilés me parloient ouvertement de leur désir extrême du retour de Fénelon. Jus^qu'aux plus petites ehoses qui pouvoient toucher ce prélat étoient leur grand ressort À tous , et le plus infiiilllblement puissant. les deux ducs , et je ne l'ai Jamais compris , qui demeurèrent toujours dans le plus pariait silenoe aveo moi sur une doctrine et des principes dont l'enchantement les avoit absorbés , parce qu'ils ne m'en crurent pas capable ou qu'ils sentirent que je n'y prendrois point, û*en furent non-seulement pas le moins du monde en contrainte avec moi sur toute espèce de confiance, comme on l'a pu voir par tant de choses qui ont été racontées, mais ils t'ouvrirent toujours à moi sur leur attachement à M. de Cam*brai , et à ceux qui tefioient à lui par les mêmes liens , et sur tout ce qui les regardoit.
Us me parlèrent dono franchement après la mort du Dauphin , pour tt'engager à lui être favorable auprès de M. le duc d'Orléans , pour le rappeler, et l'employer grandement à la mort du rci; ils voyotent bien que ce prince mèneroit aisément M. le duc de Berry , sur lequel ils n'a*^ voient pas lieu de eompter avoir grand crédit, comme il a été remarqué ailleurs, et qui ne se souoioit de son précepteur en nulle sorte $ je ne m'en soueiois pas intérieurement davantage, mais je ne pouvois rien re- Aieer à H. de Beauvilliers* le m'engageai donc è lui et & M. de Ghevreuse, et j'eus d'autant moins de peine i réussir, que If. le duo
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d^Orléans étoh naturellement porté d'eftime #t d'inolinttlon pont Péii«- Ion. Cette espérance fondée que ]e leur donnai las «ombla. Pu let discours du due de Chevreuse , je compris qu'il Tinformoit de ee qu'il se passoit à son ég^ard. Je le dis au duc , qui me Tayeua et qui m'en parla depuis ourertement, jusqu'à me dire franchemeni que r&rcfaevdque, certain de ce que je faisois pour lui , ne laissoit pas de me craindre. Cela me revint encore par d'autres endroits.
Je ne le connoissois que de visage ; trop jeune quand il !ùt etilé , Je ne Tavois pas vu depuis. Ainsi il ne pouvoit aussi me connoltre que par autrui , et & la façon dont j'étois avec les deux duos , et à ce que Je voyois librement de cette fàciende * à Vaueresson , il ne pouveit lui étw revenu rien qui lui inspirât cette frayeur. Mais accoutumé comme il étoit à régner à la divine sur son royal pupille, sur les deux dues, sur tout ee petit troupeau , il craignoit de né régner pas de même sur U. le duc d'Orléans , de me trouver entre ce prince et lui , et de ne me pis renoontrer facile à son joug> autant que ceux qu'il v avoit assujettis. 8a persuasion , gâtée par l'habitude , ne vouloit point de résistance; Il ve«loit être cru du premier mot; l'autorité qu'il usurpolt étoit sans raisonnement de la part de ses auditeurs , et sa domination sans la plus légère contradiction ; être l'oracle lui étoit tourné en habitude , dont sa condamnation et -ses suites n'avoient pu lui faire rien rabattre; il vouloit gouverner en maître qui ne rend raison à personne , régner directement de plain-pied. Pour peu qu'on se rappelle ce qui se trouve en son lieu de son caractère et de sa conduite à la cour, et depuis qu'il en fut chassé, on le teconnoltra à tous ces traits. C'est ce qui excita sa erainte à men égard , dont tout ce que je fis pour lui , et tout ce qu'il apprenoit de moi par les deux ducs , ne purent le guérir. Son ambition ignorolt qu'il ife vivroit pas assez pour être satisfaite , pas même pour s'en voir dans le chemin.
Quelque solidement humble que fAt le duo de Beauvilliers , quelque^ déférence qu'il se fût accoutumé d'avoir pour les sentiments du due de . Chevreuse , il étoit fort loin de ne penser jamais que comme lui , et de se rendre à lui sur toutes choses. On en a vu en leurs lieux plusieurs exemples , un entre autres sur les renonciations où il fut i^ur moi cot^ tre lui , et où je fus dans une honte et dans une surprise égale , parae que cela regardoît mon avis. L'humilité n'altéroit point en lui la di'gnlté; plus il étoit sinoèrement détaohé de tout, plus il se tenoit à sa place , sans soins bas ou superflus. Jamais il ne fit un seul pas vers Moar seigneur n! aucun de son intrinsèque qui ne l'almoient pas, ni veis Mme de Maintenon depuis l'orage du quiétisme , qui ne lui pardonna jamais d'avoir échappé à tous ses efforts peur le perdre , qu'elle mNloubla^ comme on a vu , de temps en temps , et qu'elle n'abandonna que par ea sentir enfin ^impuissance.
Elle hàlssoit encore plus le due de Ghevreuee , et ne fut pas plus hsa* reuse contre lui. Il est plaisant qu'aveo eela elle aimât aseea Mme 4$ Chevreuse, et fort sa mie, Mme de Uvi, qui néannoàie éleit tout*
t. Cabale.
124 GRANDEUR D'AmE ET VERTU [1714]
franche et un avec don père et sa mère et M. et Mme de BeauTilliers. Pour celle-ci, Mme de Maintenon ne la pouvoit souffrir. Mme de Beau- Tilliers ne s'en soucioit guère , ne lui rendoit aucun devoir , n'étoit point comme sa sœur des particuliers du roi , dont elle étoit pourtant fort bien traitée , et ne la voyoit jamais , sinon rarement par hasard à de^ promenades, où le roi la menoit et où Mme de Maintenon se trou voit quelquefois, et alors très-poliment, également, mais d'une politesse sèche de part et d'autre. Il n'y eut que les énormités de la campagne de Lille et leurs suites qui rejoignirent M. de Beauvilliers à Mme de Maintenon , qui en fit les premiers pas. Le concert fut entier entre eux et le commerce vif, mais qui cessa tout court avec la matière qui l'avoit causé , et ils demeurèrent pour toujours depuis comme ils étoient auparavant qu'elle fût née.
Quoique inaccessible à ce qui n'étoit pas de devoir étroit et de bienséance nécessaire , sans commerce à la cour , et fort volontiers à l'écart chez le roi , et cela sans proportion plus que M. de Ghevreuse , il est surprenant jusqu'où il imposoit chez le roi , et partout ailleurs dès qu'il paroissoit quelque part ; Mmes de Ghevreuse et de Beauvilliers de même , mais un peu plus mêlées dans la cour, quoique avec grande réserve. Les princes du sang , les bâtards même , les plus considérables seigneurs , les ministres ne l'approchoient qu'avec un air de respect, de déférence, fort souvent d'embarras. On regardoit à qui il parloit ; je me suis souvent diverti des instants à voir les yeux des principaux de la cour, ce qui arrivoit assez souvent à Marly , fichés sur moi , assis à l'écart auprès de lui qui me parloit à l'oreille. Je n'ai vu personne sur un si grand pied à la cour , et , à quelques semaines près de l'orage du quiétisme , tant qu'il a vécu, même après la mort du Dauphin.
Depuis cette fatale époque , il se retira de plus en plus , et il ne se soutint qu'à force de piété, de courage, d'abandon à Dieu, de conformité à sa volonté. Quelque musique d'airs tristes, quelques soupers chez moi , plus rares néanmoins qu'avant cette plaie , faisoient tout son délassement. Il étoit fait exprès pour être capable et en même temps digne de former un excellent roi, bon, saint, grand devant Dieu et de- Tant les hommes. Il y avoit mis tous ses talents et tous ses soins, et il Toyoit avec ravissement et actions de grâces continuelles , que le succès passoit de loin ses plus flatteuses espérances. Il se trouvoit le conseil intime, le cœur, l'esprit, l'âme de ce prince, qui en avoit infiniment. Il en attendoit tout pour le rétablissement de l'ordre, de la justice, du bonheur des sigets de tous les états , et le rétablissement du royaume , parce qu'il en savoit les vues, les projets, les désirs, que lui-même avoit inspirés; et il en voyoit assez par l'expérience pour ne pas craindre la corruption du cœur ni l'étourdissement de l'esprit par le souverain pouvoir. Enfin il considéroit un âge qui dans sa fleur avoit vaincu toutes les plus formidables passions ; une vertu solidement fondée , et qui avoit passé par d'étranges épreuves, enfin un long caurs d'années à donner tout loisir aux sages et lentes opérations au dedans et au dehors , dont lui-même , après les plus promptes , pouvoit se flatter de voir les commencements; et tout à coup il voit enlever ce prodige de talents et de