Le sens de ce mot a été expliqué t. II, p. 21, note
I Si PRISE DE FRIBÔITRG PAR VILLÀRS . [1 ^1 3]
toutes les portes. On ne se lassa point non plus de le laisser aboyer. Enfin , après bien des années , il s'en alla s'enterrer chez lui , où il a vécu fort abandonné et encore plus méprisé jusqu'à sa mort , arrivée il n*y a pas bien longtemps.
Le maréchal de Villars fît attaquer , le 14 octobre , la contrescarpe de Fribourg , à cinq heures du soir. Yivans étoit lieutenant général de jour, et s'y distingua fort. L'action fut longue et fort disputée. Il y eût vingtcinq capitaines de grenadiers tués, et douze cents hommes plus tués que blessés; on s'établit enfin sur la contrescarpe et sur la lunette*. Le maréchal de Villars demeura dans la tranchée jusqu'à onze heures du soir , que le logement fut tout à fait fini. La demi-lune fut attaquée le dernier octobre. On y trouva peu de résistance, tout ce qu'il s'y trouva fut tué ou pris. On se préparoit à donner le lendemain l'assaut au corps de la place , lorsqu'on aperçut sur le rempart d€Ux drapeaux blancs. Le baron d'Arche, qui commandoit dans la place, avoit abandonné la ville, et s'étoit retiré au château et dans les forts avec tout ce qu'il avoit pu y mettre de troupes. Il avoit ]ais.«:é dans la ville plus de deux mille blessés ou malades, huit cents soldats sains , pour qui il n'avoit pu trouver place dans le château et dans les forts, et toutes les femmes, les enfants, et force valets de la garnison. Villars fit entrer le régiment des gardes dans la ville, ne permit point à ces bouches inutiles de sortir, quelques cris qu'ils fissent, fit demander un million aux bourgeois pour se racheter du pillage , accorda cinq jours .de trêve au gouverneur pour envoyer au prince Eugène lui demander ses ordres , et dépêcha Contade au roi , qui arriva à Marly le lundi matin 6 novembre. Villars donna encore jusqu'au 15 au baron d'Arche, sans tirer de part ni d'autre, mais le maréchal faisant travailler à ses batteries, et le gouverneur envoyant la nourriture à ce qu'il aVoit laissé dans la ville. Le mardi 31 novembre, le duc de Fronsac arriva à Marly portant au roi la nouvelle de la capitulation du château et des forts de Fribourg. IL y avoit sept mille hommes fort entassés, qui sortirent le 17 avec tous les honneurs de la guerre, qui finit par cet exploit. Asfeld, longtemps depuis maréchal de France, fut laissé à Fribourg pour y commander, et dans le Brisgaa, sous les ordres de du Bourg, commandant en Alsace. Villars revint à Strasbourg ; et le duc de Fronsac eut douze mille livres pour sa course , et un logement à Marly pour le reste du voyage, et plus retourner, parce que l'armée s'alloit séparer.
Besons , en séparant la sienne , fit sommer Kirn qui se rendit ; et lu s'en revint à Paris et saluer lé roi.
Il y avoit eu des propositions secrètes, pendant les derniers temps du siège , dé la part du prince Eugène aii maréchal dé ViUàrs, qui disparut même une fois du siège fort peu accompagné pendant une journée. Contade, en apportant la nouvelle de la contrescarpe, avoit été chargé d'autres choses sur ces propositions, et de rapporter les ordres du roi.
II y eut encore depuis force courriers que n'exigeoit pas la situation du
4 . Petite forlincalion do fonne triaif^iilfiire pratiiiaée dans l'intérieur des demt-lunes.
[1713] "RÉiPORME DÉS TROUPES. 13
siège presque fini. En effet le faiaf^cli&l' dé '^ilhcrs'imitit lé 27 mrremiiye de Strasbourg , aceompagfné du prince dé Rohaii , de ChAtillon , Broglio et Contade, pour arriver le même jour et en même temps que le prince Eugène , au château de Rastadt , bâti magnifiquement par le fea prince Louis de Bade , et que sa veuve prêta pour y tenir entre ces deuz généraux les conférences de là paix entre la France , l'empereur et l'empire . Ils conservèrent tous deux la plus entière égalité en tout, et la plus parfaite politesse. Ils eurent chacun une garde de cent hommes. Les conférences entre eux deux seuls commencèrent incontinent après. Le prince de Rohan n'y demeura que deux ou trois jours, et s'en revint à Paris. On trouvera dans les Pièces tout ce qui regarde ces conférences , le traité qui en résulta et que les deux généraux y signèrent, et ce qui se passa depuis en conséquence à Bade où le traité définitif fut signé; ce qui me dispensera de m'étendre ici sur ces matières *.
Pendant ces conférences , le roi réforma soixante bataillons et dixrhuit hommes par compagnie du régiment des gardes , et cent six escadrons , dont vingt-ëept de dragons. Outre que la paix paroissoit sûre avec TAUemagne , le roi , en paix avec le reste de l'Europe, n'avoit plus besoin de tant de troupes, quand la guerre eût continué contre l'empereur et Tempire.
L'année se termina par plusieurs morts. Le grand-duo perdit son fils aîné , le 30 octobre , à cinquante ans , qui étoit un prince de grande espérance, mais dont la' santé étoit perdue il y avoit longtemps. IL avoit épousé , en 1688 , la soeur de Mme la dauphine de Bavière , et des électeurs de Cologne et de Bavière , dont il n'eut jamais d'enfants. Mme la grande-duchesse , sa mère , qui étoit revenue en France depuis longues années , sentit moins cette perte que toute la Toscane , et que le grandduc, à qui il ne restoit plus d'héritier [qtie] son second fils, séparé «le sa femme depuis plusieurs années , dont il n' avoit point d'enfants « et qui s'en étoit retournée vivre chez elle en Allemagne. Elle n'avoit point eu d'enfants. Elle et sa softur , là veuve du célèbre prince Louis de Bade , étoient les dernières de cette ancienne et grande maison de Saxe^Lauenbourg. Le deuil du roi fut en noir et de trois semaines.
Harleville mourut assez vieux. Son nom étoH Brouilly, comme la duchesse d' Au mont et la marquise de GhâtiUon ^ ses Issues de germaines, du père duquel' il avoit acheté le gouvernement de Pignerol. 11 avoit bien servi, et il étoit fort honnête homme et considéré. Le roi avoit continué à lui en payer trente-cinq mille livres de rente d'appointements , dont huit mille demeurèrent sur la tête de sa femme.
Le comte d'Adhémar mourut, à Marseille , sans enfants de Mlle d'Oraison , que sa famille lui avoit fait épouser pour en avoir. Il avoit été fort connu sous le nom de chevalier de Grignan. Il avait été des premiers menins de Monseigneur, homme de beaucoup d'espiit, de sens, «
1 . A défaut des pièces auxquelles renvoie Saint-Simon, on peat consulter les Mémoires de Torcy, qui a dirigé toutes ces négociations comme secrétaire d'État chargé des affaires étrangères.
2. Neas avons reproduit exactement le manuscrit de Sain^-Simon, mais il fvoàniLlinprohûAeateùtdupèrsdêtqueîUti
l* MORT m «BfViîSS f« ^fmWAN. IIHB]
dé AMMgo 4t 4« i^uré , foft dfmft U gvaiid |iiGkn(l« , tt Taabwfibé d« la mesIiâUTd compagnie. Lii goutta, qui Mâigea i l'excès et de fprt ^onne heure, le fit retires ea Praveuqe. Il étoit frère du comte de Grignaq, ohevidier de TiH'dra, iieuteiuwt général et commaudaut dan^ çetie pro- Yiace. lime de fiéiFigné eit parle beaucoup dan» ^e9 lettresi.
6a8sion,foitt ancien lieuleaant général, trèftrdljBtiQga4s8PU?epn§ur d'Aoqs et de ICésièrfis, mourut , i Parisi , d^une longue n^ali^die à soixantetreize ans. Il avoit été longtemps lieutenant des gardes du corps , et en avoit quitté le corps pour aerrir plus librement de lieiitenant général, dans respérance de dévenir maréchal de France. On en ayoitfail plus dhin qui ne le valoient pas, mais on n'en ay oit jamais tir4 de^ gafdfs dn coips, et c-est ce qui le pretea d-en sortir. Le roi en fut aecrèteme)^t piqué par jalousie pouv ses oompagnies des p^ardeis , le traita extérieurement honnêtement, l'employa, mais ce fut tout, G-étojt un petit Ga^cpn vif , ambitieux , ardent, qui se eentoit encoi^ ply? qu'il m valpit, et qui peu à peu en mourut de chagrin* Il éioit propre n^y^U du célèbre maréchal de Gassion, e\ cela lui ^voit tourné la tête. Gassipn, son neveu , a été plus heureux que lui et i meilleur marobét li^Q gr^nd^P^^o du maréchal , qui est le premier da ces ^aseion qu'on eonnqigse dis^i^ptément, fut procureur général au conseil de Havarre, que Jeanne d'Aï- Itret, reine de Navarre, atojt fait élever. Il sa jeta dana )>iaTar.N))8 assiégé pat les Bepagnols; le goavemeur )F fat tuéi Û y commanda en sa pUce, contraignit les Bapagn<^ da se retira]^ h Qpthez jusqu-Q^ il les potirauivit, les y assiégea et lea força de se reQdr^. Cette ^ù%io^ Wi valut la présidence du conseil souverain de l^av&rre, et [11] fut depuis ehef du conseil secret du roi de Nayaçre. Le fils 4o cçlql-l^ fut procureur général, puis pcésident du conseil souverain do l^avarre, î^ vmurut ; avec un breyet de conseiller d'£tat , en 1598. Il fut p^^a du marécjial de Gas8ion,d*un.évéqtte d'Qléron,et de leur alaé qui fjit président à mortier après avoir été procureur général au parlem^ot de Navarre. Il fut aussi intendant de la généralité de Pau ; eut, en 1^6 , de oes biav^ts de conseiller d'fitat comme avoit eu son père; et obtint, en 1660, 1-éreçtion de sa^torre de Càmou en marquisat soua le nom de âasaîpn* Cîelyi-ci est le père de Gas«ion des gardés du corps qui a donné lieu h cette petite digresMon, et de plusieurs enfanta dont Tatné fut présidant i fnorti.er au parlement dé Pau . et eut , en 1664 , un de ces brevet» de conseiller d'État. Entre plusieurs enfanta, il a eu le marquis de Gasslon, gendre d'Armanonville, garde des sceaux , qui est devenu lieutenant général diatingii4 « gouverneur dUcqs et de [Mézières] , chevalier du Saint-rSsprit À la Pentecôte If 43,
Le prince de Courtenai perdit sa femme , qui par son bien le faisait • subsister , et qui Ipi laissa un fila, et une fille qui épousa le marquià de Bauifremont, chevalier de la Toison d'or, et depuis lieutenant général. l^e fi]f\ aypjt .épousé la cœur de M. de Vertus des bâtards de Çretaçne , yeuve de '<4Qn~Qpn?fiïe? Paryallio Pataljn ,' grand jnaUrfi des bâtiqpent^ du roi de I*ortugal,(i'où elle étoit revenue. Il ^QJt peu ^éryj, et ayoit eujin foèffi allié tué dana \9» mou^uat^irea au sjége de Mons^, où son père étoit à la suite de la cour. Le roi l'allf voir sur eetta perte > ce qai
[jf }?] Htm m u. fmmm n tcmmiAi. t5
il^.4$^ft-siti»Qi4i»M«Q t ^ m hmfivn fps^il Kmlol fMrff , iMit»! ne
^ ^fti^it. ^UP 4 B^Qi^^ft ^Ui| lt««» 49s àRQ^, qui mAMi» qu'il se )« pourvu jgp^r^ç 04(9 biep ré^U^fi^nt ponce de «QH «mg^ mftis qui l^s
. rpi^ tm pré^^caupo^rfi p| lui n^T^iie^t iwmUk v<»li| nieoAQottre. Se Pfwpi 4e («âUfili^»! étfilt ftl# 4-WU3 liarlay , nfeul point djentaU d<ii9e {inmftt , sa pfemièce li»xiM»« , 9% eut qeuic*ci de 1» seoonde » qui ètoU Teuf e de J41 iQniu , préftideni »u grspd eonseil , ei fille de DupleMis-lesenoeu ,
. gpu?enr9U9 d'Au^iMipe f| liei^tpnfmt gto^. l'eurw Ueu de parief eafip?e de fifi prince fl« Goui^tenai ^ du 91s g^i lui reita, et qui a ét^ le deniief de QeHe branQbe ioft^rtunée 4^ là maieaa royale,
imUaiUee iaourut,^! étoit yieuis et à M* le Duc , deat j'at eu #ee«- M^m de piurleii lftr$ de la m^irt ae y. le Hue, geodce du roi. C'étgit un liomine d'henDeuf et de iwïeur, le meilleur joueur de trictrae de «en tesaps, çt qui poseédpit auMî tous l^e autres Ejeui] sans en faire RM^ti<r- Il aïoit Uair tmpottântf le psepos moral et aenteno^ux, avare et «voit aeeeutuiné à dei tnaniéfres impettinentea tous les prinoee du tans ^t leurs amia paitâduliets qui étoienf dofenua les siens. 11 n'étoit ni Peton ni SaîBtBajHes, mfftis un ti^petit g^tilliâmme et point marié. Il n-s?oit qufttce nij^ce, fon jolie et sage ^ fille d'bonnsur de Mme la Due^essf*
. LoMqu^elle n'en eut plus , elle demeuf a auprès de Mme la fî»aeesse. h^ marquis de lanquee, do ia maifo» dt Gboiieul, en devint si amoureux
.qtt''il ia sôi^t épouser. Il était cifiitaine dans B«arlion , lui lileseé pendant la campagne , m* int mourant à P^is , se ^t porter é Saiptr^lpiOi , 0^ il l'épousa /et mourut deux jours apsès. Saintrailles lui donna tout son bien , avee lequel elle épousa H. d'Illiers.
Ûa apprit par les lettres de la Martinique qui^ Phé^ypeaux y étfOit aïoit. C'étoit un homme Irè^extraofdinaire* avec Infiniment d'espril, de lecture , d^éloquenee et de grâce naturelle i fort bien fait , point marié , qui n'avait rien, avare quand il poutoit, mais honorable et am))itioui,
Hifui nSgnoroit pas qui il étèit , mais qui s'échaUsudoit sut son mérite et sur le nrinistéce; pdi, lOrt l^aia du monde at d'exoeUente oompagnie, mais particidiet, avec beaucoup 4'huméur, et un goût exquis ed bonne ebère^ eu meubles et en tout. Il étdt rioutenant générai , fort paresseux «t ^UB prqpve aux emplois de oalnnet qp!à la guerre. 11 assoit été auprès de l'électeur de Cologne, pqia amhassàdâui à Tuzin^'et fort mal traité à
•ia tuptufo , dqnt il donna une relation à son retour, également exacte, niquante ert b«en éorrte, à l'oe^asion de quoi j'ai eu lieu de parleî de
•lui. Il fut conseiller d^Stai d'épéo à son remur; maia, après aet écrit où M, da Stoie étoft crùdlemeat traité , iQ| les propos que Bhélypeaùx ne ménagea pas davantage , Mnie la duchesse do Bouisgogne lui'âéTint un
'ftebeuxineonvéaient, et M. d^ Savoie mima après. la pAiÉ. il nfavoit vièn; e|il nîarâit qu^ùp frère , évêque de iiOdèvé , qui n^a^eit pas moins diesprit ni plus de mesure qua lui, chez lequel il* alla rifre en Languedoc.' Os étaient cousins germains de Gh&tsanncuf, secrétitire d'fitat, père de La Vrillière, qui atee la chanci^Uer et sqn fils tpoura moyen d^ l^TOyer à ia Martinique général' des tlea^ qui est un emploi' ipdépen*-
idaittydépiaade quaaabto'lmtllaiiivclaa dg ontOyéans le lepir du bitoh qu'il saroit faire yaloir.
16 MôRf Diî i)ut i)Ê MËf)iW-sn)omA/ [i7l3]
ta inOTi du due de Medîna-Sidônia Wtulna rknnée. Elle àfriyà subitement à Madrid , comme il étoit prêt à monter dans le carrosse du roi d'Espagine, dont il étoit grand écuyer, et chevalier du Saint-Esprit. G'étoit un des plus grands seigneurs d'Espagne et des plus accomplis , fort vieux et fort attaché au roi d'Espagne. J'ai eu occasion d'en parler sur le testament de Charles ÏI , et Tavéhement de Philippe V à la cou- ' vonne. Il laissa un fils qui a eu aussi postérité. Il étoit l'aîné de cette grande et ancienne maison de Guzman , et le plus ancien duc d'Espagne. Mais c'est la grandesse qui y fait tout; et quoique la sienne soit des premières, j'ai déjà remarqué que l'ancienneté ne s'y observe point parmi lés grands. J'aurai lieu d'en parler encore à l'occasion de mon ambassade extraordinaire en Espagne. J'y parlerai aussi de la grande charge de président du conseil de Gastille, et à son défaut de la place de gouverneur de ce conseil. Ronquillo l'avoit , qui en cette <}ualité ne donnoit pas chez lui la main à M. de Vendôme^ malgré l'étrange Altesse et le rang que Mme des Ursins lui avoit fait donner pour en prendre le semblable. Il fut remercié avec une pension de dix mille écus.
Le duc d'Aumont arriva de son ambassade d'Angleterre , et eiit une longue audience du roi , dans son cabinet. On remarqua qu'il affecta toutes les manières angloises jusqu'à nouer sa croix à son cordon bleU , comme les chevaliers de la Jarretière portent leurs médailles attachées À leur cordon. Son arrivée ne reçut pas de grands applaudissements. L'argent qu'il en sut rapporter sut aussi l'en consoler.
Le nouveau roi de Sicile ne tarda pas à aller reconiïoître cette lie par lui-même, et ce qu'il en pourroit tirer. IL y meùa la reine sa femme, fit un conseil pouir gouverner à Turin en son absence , et offrit à Mme sa mère la qualité de régente. Au peu de part qu'il lui avoit donné toute sa vie aux affaires, depuis qu'il en eut pris l'administration de ses mains, elle sentit bien le vide d'un titre offert par la seule bienséance, et s'excusa de l'accepter. Sur son refus , il le donna au prince de Piémont, son fils, jeune prince de la plus grande espérance, et partit sur les vaisseaux de l'amiral Jennings , qui le portèrent à Palerme. Il y fut couronné; et lès Siciliens n'oublièrent rien p<ur leurs empressement», leurs hommages , leurs fêtes , pour se mettre bien avec un prince aussi jaloux et aussi clairvoyant. Il donna cinquante mille livres, avec son portrait enrichi de diamants, à Jennings pour son passage, et la reine de Sicile une fort belle bague. Jennings Tint après mouiller aux cAles de Provence, et reçut force honneurs à Toulon. Il vint ensuite & Paris. Le comte de Peterborough , qui avoit tant de fois couru l'Europe, et servi l'àrchiduc en Espagne avec tant de fureur, étoit aussi venu te promener à Paris. C'étoit un homme qui, dans un âge fort avancé, et chevalier de la Jarretière , ne pbuvoit durer en place. Torcy le présenta au roi à Versatiles le lundi 4 décembre , et tout de suite Peterborough présenta Jennings au roi. Ces amiraux d'escadre ne sont, sous ces grands noms, que ce que sont parmi nous des chefs d'escadre. Celui-là disoit qu'il avoit gagné cinq cent mille éeus depuis qu*il servoit. Il s'en faut tout que les nôtres gagnent autant* Il i^en alla incoatineiil •en Angleterre.
[1713] ÉLECtEXJR DE BAYIÉHË À PARIS. 17
L^électéli^ d« Matière arriva le lundi Î8 âétembit drtiompiiglw à Paris, et Tint descendre chez Honasterol son envoyé en cette yille. 11 alla le inercredi 20 à Versailles. 11 rit le rbi Taprës-dlnée par les derrières à Tordînaire , il fut *settl avec lui une demi-beure dans son cabinet, et retourna après à Paris chez Monasterol, où il vit peu de monde , fort triste de n'espérdr plusi le titre de roi de Sardaigne.