‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 67 sur 232 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Origine et nalare de la monarchie françoise, et de ses trois états. •— Son gou> vemement. — Champs de mars, puis de mai. 2- Pairs de France sous divers noms, les mêmes en tout pour la dignité et les Tonctions nécessaires, depuis la fondation de la monarchie. — Pairs de fief; leurs fonctions. — Hauts barons ; leur origine, leur usage, leur différence essentielle des pairs de France. — Changement du service par Tabolition de celui de flef et rétablissement de la milice stipendiée. — Origine des anoblissements. — Capilulaires de nos rois. — Légistes ; quels; leur usage; leurs progrès. •«- Conseillers ; origine de ce nom. — Parlements; origine de ce nom. — Progrès du parlement. — Multiplication des magistrats et de cours ou tribunaux de justice. — Sièges hauts et bas de grand'chambre des parlements. — Parité, quant à la dignité de pair de France et ce qui en dépend, de ceux d'aujourd'hui avec ceux de tous les temps. — Noms donnés aux pairs par nos rois de tous les âges. — Pairie est apanage, témoin Uzès. — RéYersibilité à la couronne. — Apanage ; ce que c'est. — Ducs vérifiés; Bar. — Ducs non vérifiés. — Ofiiciers de la couronne. — Ducs non vérifiés en compétence continuelle avec les officiers de la couronne.

On ne peut douter que les premiers successeurs de Pharamond n'aient moins été -des rois que des capitaines qui , à la tête d'un peuple belliqueux qui ne pouvoit plus se contenir dans ses bornes , se répandit à main armée et fit des conquêtes. Glovis donna le premier plus de consistance à ce nouvel état , plus de majesté à sa dignité , et par le chris* tianisme qu'il embrassa , plus d'ordre et de police à ses sujets , dont il fut peut-être le premier roi , et plus de règle et de commerce avec ses voisins. La nouvelle monarchie conquise fut toute militaire, jamais despotique. Les chefs principaux qui avoient aidé à la former étoient appelés à toutes les délibérations de guerre , de paix , de lois à faire , à soutenir , à toutes celles qui regardoient le dedans et le dehors.

Les conquêtes s'étant multipliées , les Francs qui les firent donnèrent leur nom de France à la Gaule qu'ils avoient soumise , et ils reçurent de leurs rois des partages des terres conquises , à proportion de leurs services , et de leur poids , et de leurs emplois. Ces portions leur tinrent lieu de paye. Ils les eurent d'abord à vie , et , vers le déclin de la première race , presque tous en propriété >. Alors , ceux qui avoient les portions les plus étendues en divisèrent des parties entre des Francs moindres qu'eux , sous les mêmes conditions qu'ils tenoient eux-mêmes leurs portions du roi , c'est-à-dire de fidélité envers et contre tous , d'entretenir des troupes à leurs dépens, de les mener à celui qui leur avoit donné leurs terres pour servir à la guerre sous lui , comme lui-même étoit

4 . On appelait bénéfices les terres qui furent données aux guerriers francs après la conquête. Voy.^ sur la nature de ces terres, les Essais sur l'Histoire de France^ par M. Guizot

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