‹ Mʹemoirs complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle du Louis XIV et la rʹegenceChapitre 89 sur 232 · RÉCEPTION DES PAIRS · texte numérisé non relu

RÉCEPTION DES PAIRS

avec Louis XIII pour se donner h la France , qui fut secrètement ménagé par le dernier duc d'Angoulême , gouverneur de Provence , qui s*y trouvoit alors. On a assez parlé de ces seigneurs de Monaco , à Toccasion du mariage du dernier Monaco-Grimaldi avec la fille de M. le Grand , pour n'en pas interrompre ici le fil du discours. Par un des articles du traité, U fut stipulé que M. de Monaco seroit fait duc et pair. Il Texécuta avec beaucoup d'adresse et de courage , mit la garnison espagnole hors de Monaco , y en reçut une françoise , et le roi de son côte l'exécuta aussi de sa part. Ces choses se passèrent en 1642. Dans cette année l'érection nouvelle du duché de Yalentinois avec la pairie fut faite et enregistrée au parlement , et M. de Monaco a été le dernier duc et pair de Louis XIII , et le dernier chevalier du Saint-Bsprit aussi , dont il reçut le collier des mains de ce monarque , au camp devant Perpignan , qui fut son dernier exploit. M. de Monaco retourna de là à Monaco , où il demeura jusqu'après la mort de Louis XIII, quelque temps après laquelle, mais la même année , il vint à Paris } et U y profita de ce voyage pour se faire recevoir au parlement.

G'étoit un temps de foiblesse, d'efiervescence et de cantonnement; c'en étoitun de triomphe pour cette compagnie, à qui pour la seconde fois on venoit d'avoir recours pour la régence , et de plus pour casser le testament du roi , et donner toute puissance à la reine. Le parlement comptoit sur sa reconnoissance et plus encore sur sa crainte , et par conséquent sur ses ménagements et ceux de ses ministres, à l'entrée d'une minorité , dans le cours d'une forte guerre où le besoin d'argent rendroit le concours du parlement nécessaire pour l'enregistrement des édits, dans le pouvoir qu'on venoit de lui reconnoître dans tout ce qui venoit de se passer , et où les grands de l'Ëtat , attentifs à leurs intérêts particuliers, étoient presque tous aux frontières ou dans leurs gouvernements; un temps enfin où chacun cherchoit à s'appuyer, et où tout contribuoit à rendre le parlement cpnsidérable , hardi et entre> prenant.

Cette compagnie n'avoit jamais cessé de travailler à chercher à approcher les pairs du niveau des conseillers, depuis quelle duc de Guise, tué à Blois, avoit souffert, et les autres pairs après lui, le changement au serment des pairs, qui a été expliqué, encore plus depuis que les présidents à mortier étoient parvenus i se faire suivre, en sortant de séance , par les princes du sang et les autres pairs , quoiqu'il soit vrai que l'occasion ne s'en présentât guère , parce qu'il étoit fort rare qu'il s'en trouvât aux petites audiences en bas , ou aui: procès par écrit qui s'y jugent, toutes les grandes causes et jusqu'alors toutes les réceptions des pairs étant faites et plaidées aux hauts sièges , où chacun entroit et sortoit par son côté , comme il a été expliqué.

Un temps si favorable aux entreprises du parlement le devint encore davantage par la personne qui se présenta â faire le serment de pair de France , et à en prendre la séance. M. de Monaco étoit un étranger qui avoit passé toute sa vie chez lui parmi des Espagnols et des Italiens , qui n'avoit jamais habité en France . qui en ignoroit tout , et qui n'y avoit ni parents, ni amis, ni connoissances. M. d'AngoUlême, avec son traité

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