‹ Mémoirs et correspondance de Mallet du PanChapitre 39 sur 42 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

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« Il est impossible d'être plus modéré, plus intéressant, plus attachant que ne l'est le duc de Bourbon, v (Lettre de Lally-Tolendal.)

Ce malheureux prince continua à résider en France jusqu'à la restauration, et il y vécut dans une entière retraite depuis la catastrophe de son fils le duc d'Enghien. La mort de son enfant plongea le duc ainsi que le prince de Condé dans une profonde affliction. Ce fut le comte d'Artois, alors à Londres, qui se chargea d'aller à Wanstead-House , où habitait le prince de Condé, à six milles de Londres, pour hii apprendre la fin tragique de son valeureux et noble petit-fils. Un témoin oculaire de cette scène touchante en a raconté les détails qu'on va lire ;

« En arrivant, à Wanstead-House, le comte d'Artois trouva en descendant de voiture, le duc de Bourbon qui était venu le recevoir, et qui , lisant l'arrêt de son enfant sur la physionomie du comte, n'eut pas la force de lui en demander la confirmation; s'éloignant à pas précipités , il se sauva dans son appartement oîi il s'enferma pour donner un libre cours à sa douleur. Ses sanglots ayant appelé auprès de lui

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ses domestiques y ils le supplièrent de leur permettre d'entrer pour lui offrir leur sympathie et leurs consolations ; mais sa douleur ëtait trop amère , et ce n^est qu^au bout de vingt-quatre heures qu'il se rendit à lears prières. Le comte d'Artois, en quittant le duc de Bourbon, s'était rendu chez le prince de Condé et lui dit en l'abordant : u Vous savez, mon cousin, que j'ai w eu à pleurer un frère, un neveu, une sœur, une « belle-sœur; vous avez toujours partagé avec moi nos « malheurs communs. . . » A ces mots, le prince de Condé tomba entre les bras de son ami, le chevalier de Contye, et «e cachant le visage dans son sein , il le baigna de larmes. Cette scène muette dura près d'un quart d'heure, au bout duquel le prince, prenant la main du comte d'Artois y lui dit : a Excusez ma faiblesse, mon a cousin, ce sont les seules larmes que j'aie versées « depuis la mort de Louis XVL » Le duc d'Enghien était l'idole de ce malheureux vieillard, qui avait cru voir revivre en lui le cœur et les qualités brillantes de son ancêtre, le grand Condé. »

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