REMARQUES GÉNÉRALES
Outre les établissements d’éducation mentionnés cihaut, nous en avons encore plusieurs autres qui portent le nom de collèges, tels que le collège de Rimouski, le collège de Ste. Marie de la Beauce, le collège du Côteau du Lac, le collège de la Chute, de Sherbrooke, etc. De sorte que le nombre actuel de nos institutions littéraires et scientifiques portant le nom de collèges, s’élève à 24, dont 12 classiques et 12 industriels.
Sur ces 24 collèges, 20 sont catholiques et 4 sont protestants, dont deux classiques et deux industriels. Les deux classiques sont le collège McGill et le collège de Lennoxville, vel “ Bishop’s college,” près la ville de Sherbrooke, dans les townships de l’est.
Les plus anciens de nos cdléges catholiques sont ceux de Québec et de Montréal, et la preuve de leur utilité se trouve non- seulement dans le fait de leur date d'établissement et d’opération effective, reculée à des temps
difficiles et décourageants, mais encore dans le nombre respectif de leurs élèves, grand et remarquable à des époques néfastes où l’agitation et le trouble s’opposaient à tonte étude sérieuse et suivie.
Malgré les difficultés nombreuses et les embarras grands et presqu’insurmontables, causés par des incendies désastreux et par les événements et les vicissitudes politiques qui eurent lieu en Canada, depuis 1689 jusqu’à 1792, (1) le collège de Québec, établi en 1668, comptait en 1791, i 10 élèves, et celui de Montréal, fondé en 1773, avait, en cette même année, 120 élèves, appartenant généralement, dans l’un et l’autre cas, au cours classique suivi dans ces établissements.
Les messieurs du Séminaire de St. Sulpice de Montréal avaient, longtemps avant l’existence formelle de leur collège, tenu une école latine dans leur propre maison, et il en était sorti nombre de bons sujets.
Dès 1791, la langue anglaise était enseignée grammaticalement dans ces deux institutions dont les collèges établis subséquemment ont suivi l’exemple, à mesure que le besoin de connaître cette langue s’est fait sentir dans le cours de la vie active.
Après les collèges de Québec et de Montréal, les premiers établis en Canada furent celui de Nicolet, ouvert
(1) En 1759, le Canada était envahi par les Anglais, et en 1763, il était cédé par la France à l’Angleterre; en 1775, le Canada était encore agité par la rébellion des autres colonies anglaises de l’Amérique; le général Etha\ Allen vint pour cette fin, plusieurs fois en Canada, et jusqu’à Montréal. En 1 7 9 1 , l’Angleterre accordait au Bas-Canada une constitution politique séparée, et en 1792, ce pays commençait, au milieu des préjugés, de la défiance, de la division et de l’inexpérience, l’opération du gouvernement représentatif, modifié plusieurs fois et in-= terprété^di versement depuis.
en 1804, et celui de St. Hyacinthe, fondé en 1812, et l’on peut dire que ces deux fondations canadiennes soutiennent honorablement la comparaison entre elles et leurs dévancières.
Les langues mortes, latines et grecques au moins, sont enseignées dans tous les collèges classiques, et dans plusieurs de nos maisons d’éducation supérieure dites académies, et notamment dans celle de Berthier.
L’hébreu est enseigné dans cinq collèges, et le français est la langue de l’enseignement dans tous les collèges catholiques du Bas-Canada, (1) moins celui de Ste. Marie de Monnoir où l’enseignement se fait en grande partie en anglais.
Les langues française et anglaise, ainsi que les mathématiques, le dessin linéaire et la tenue des livres sont plus ou moins enseignés dans tous nos collèges, et la physique, la chimie, l’histoire naturelle et l’agriculture le sont dans la plupart d’entr’eux et dans plusieurs académies.
Nous avons, dans le Bas-Canada, trois facultés de théologie, deux facultés de droit, deux facultés de médecine et deux des arts, et, en outre, une école de droit, une école de médecine et plusieurs écoles de théologie, dont une dans chaque collège classique catholique. L’école de droit et l’école de médecine sont tenues à Montréal.
• Le nombre total des professeurs de nos universités et collèges, inclus les facultés de théologie, de droit, de médecine et des arts, varie depuis 150 à 158, et le nombre de leurs élèves de toutes espèces, est généralement de 4,000 à 4,500 annuellement.
(1) Voir l’intéressant rapport de mon successeur pour l’année 1856.
Outre ces institutions et les écoles élémentaires qui, réunies, constituent les deux extrêmes de l’enseignement pour les garçons, nous avons encore des écoles élémentaires et les couvents pour l’instruction des filles, les lycées et les académies généralement pour celle des garçons, les écoles-modèles et les écoles-normales pour l’instruction des deux sexes, mais plus spécialement pour celle des garçons, parmi les catholiques.
En 1854, le nombre total des élèves des couvents enseignants a été porté à 10429, et le nombre d’enfants des deux sexes qui fréquentaieut, la même année, les écoles catholiques de Montréal à 6612, dont 2295 appartenaient aux écoles tenues par les Frères, et 2286 à celles tenues par les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame.
Le nombre total d’élèves qui fréquentaient toutes nos institutions d'éducation en 1854, était de 119737, sans toutefois y inclure les élèves des diverses facultés. Or, ce dernier nombre augmente chaque jour, considérablement, au point d’être élevé aujourd’hui à plus de 2000 par an, sans y comprendre les élèves des trois écoles normales établies depuis.
En 1854, le nombre total de nos institutions d’éducation était de 2795, et le nombre d’élèves qui les fréquentaient de 119737, et, en 1855, le nombre total de ces institutions était de 2869, et celui de leurs élèves de 126677 Ces derniers chifFres et les suivants indiquent, d’une manière assez exacte, l’état de propérité et de progrès où j’ai laissé le département de l’instruction du Bas-Canada en l’année 1855, que j’ai droit de considérer comme comprise toute entière dans mon administration.
Les contributions locales faites pour le soutien des écoles primaires en 1851, s’élevaient à bien près de £60,000^ à £62,283 en 1855, et., maintenant que les commissaires d’école ont par la loi le droit d’augmenter ces contributions suivant les besoins, ceux-ci augmentant avec la population et le goût de l’éducation, les contributions locales, faites pour la même fin, sont généralement presque le double de ce qu’elles étaient auparavant.
Outre nos institutions enseignantes, nous avons encore nombre d’établissements propres à répandre l’instruction parmi nous, tels que la société d’éducation, la société littéraire et historique de Québec, le “ Quebec Library,” fondé en 1779, et l’Institut catholique de Québec et leurs bibliothèques respectives ; les sociétés historiques de Québec et de Montréal ; les quatre instituts de Montréal, en y comptant celui des arts et métiers ; le Cabinet de lecture et celui de la société d’histoire naturelle de Montréal et leurs bibliothèques respectives, auxquelles il faut ajouter celle de l’association dite “ l’Œuvre des bons livres,” et celle de la société de St. Patrice, les instituts établis dans les villages et leurs bibliothèques, et, séparément, les bibliothèques de fabrique et celles de paroisse qui augmentent tous les jours en nombre et en volumes, à mesure que le goût de l’instruction et de la lecture se répand davantage.
L’institut polytechnique, fondé en 1856, principalement par Bibaud jeune, et je Cabinet de lecture fondé par Messire l’abbé L. P^egourd, (1) sont de vrais athénées où de
(1) L’institut Polytechnique fut inauguré sous le nom de Phylotechnique dans une séance spéciale qui eut lieu le 7 Juillet 1856. J’assistai à cette intéressante séance, en qualité de membre honoraire, et, ayant eu raison d’en être satisfait, et voulant en outre suggérer un autre nom
JlT*r ~Vri*°?.r®ux athlètes, ambitieux de la renommée et de la gloire littéraire, o ,, , , ^ ,
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