‹ Mémorial de l'éducation du Bas-CanadaChapitre 55 sur 79 · LU · texte numérisé non relu

LU

OBSERVATIONS SUR LE FONCTIONNEMENT DES LOIS D’ÉDUCATION DEPUIS 1842 JUSQU’A 1855.

Depuis que j’ai laissé le département de l’Instruction Publique, nombre de personnes, et des plus respectables, m’ont demandé de publier une série de mes rapports et de mes circulaires sur l’éducation primaire du Bas-Canada, accompagnés de telles remarques que je jugerais à propos de faire pour la meilleure intelligence de la chose. Mais ce travail me paraissant considérable et presque au-dessus de mes forces, vû surtout mes occupations journalières, j’ai hésité jusqu’à ce jour de l’entreprendre, sans pourtant avoir jamais décidé de ne pas le faire. J’ai même souvent pensé que je devais me rendre à cette demande réitérée, quand ce ne serait que pour remplir un dernier devoir envers les amis de l’éducation et envers mon pays.

C’est le moyen de rendre justice à toutes les parties qui ont pris part à cette belle cause et se sont intéressées à la faire triompher de tous les obstacles qui s’opposaient à son succès, et il me sera bien permis sans doute, comme étant la personne qui a eu le plus à faire pour les combattre et pour les vaincre, de me rendre, aussi, un peu justice à moi-même. Au reste, j’ai raison de croire

qu’on s’attend à cet acte de juste appréciation de ma part qui devra être ni partial ni trop restreint.

Je sens bien que la tâche est ardue, et, en tant que son exécution me concerne personnellement, extrêmement délicate. Je vais néanmoins l’entreprendre, sans toutefois dissimuler que le principal motif qui me fait agir, est l’espoir, non de pouvoir répondre convenablement à l’attente, mais d’atteindre, bien que faiblement, ce double but, tout en satisfaisant un peu à la curiosité et au droit de l’histoire.

En effet, l’instruction d’un peuple, et la législation dont son pays est doté pour la répandre, constituent une partie importante de son histoire, qui ne doit pas être entièrement laissée dans l’oubli, ni être abandonnée à une appréciation tardive et hasardée. Toutes les lois, toutes les mesures réunies, tous les moyens et sacrifices mis en pratique pour répandre l'instruction, doivent être notés et étudiés soigneusement dans tous leurs degrés d’opération, dans toutes leurs phases et tendances, dans tous leurs résultats appréciables, depuis l’initiative jusqu’à l’actualité, car c’est justice due aux parties initiées et au peuple que de le faire. Cette étude empêche de revenir sans cesse aux moyens impraticables qui auraient été rejetés, et cette justice, ainsi rendue à qui de droit, a l’effet d’établir le mérite réel et d’arrêter les cabales, en flétrissant ceux qui se sont coalisés pour ralentir le succès de la loi et le progrès de l’éducation.

Or, les rapports et circulaires que j’ai écrits sur ce sujet, pendant ma longue administration, feront voir toutes ces choses, et jusqu’à quel degré elles ont eu lieu pendant sa durée. On verra, par ces documents, que je n’ai rien

négligé pour remplir scrupuleusement mon devoir ; que j’ai signalé, avec indépendance et impartialité, tout ce qui se passait sous les auspices de la loi d’éducation, et sous l’influence de l’opposition qu’à son début surtout cette loi a rencontrée dans plusieurs parties du pays ; et l’on verra que si, dès lors, la loi n’a pas bien fonctionné partout, la chose n’a dépendu ni de moi ni des nombreux amis de l’éducation dont les efforts et les sacrifices, pour en faire atteindre le but, sont au-dessus de tout éloge.

Malheureusement, l’opposition ne se composait pas i seulement de ceux qui agissaient ouvertement ; elle comptait encore des hommes qui, par la position qu'ils occupaient, et par la nature des devoirs qui leur étaient dévolus, auraient dû nous soutenir et nous encourager, mais qui, pour des raisons à eux connues, nous faisaient des embarras, et ne m’offraient, à moi personnellement, que le découragement et l’abattement, au milieu du combat que j’avais à soutenir. Plus d’un personnage important peut se reconnaître à cette seule observation que je ne fais ici que pour donner une idée de la position difficile que de part et d’autre on m’a faite pendant mon administration.

L’opposition formelle et l’opposition indirecte étaient également offertes par des hommes égoïstes et des ambitieux, intéressés au même degré à gêner, et même à empêcher le fonctionnement de la loi d’éducation, et, pour combattre les uns et déjouer les autres, il m’a fallu faire, surtout pendant quatre à cinq ans, de fréquentes courses par tout le pays. Je} rencontrais dans ces tournées, les habitants assemblés, leur expliquais les principes de la loi, les exhortais à les mettre fidèlement en

pratique, et leur faisais voir les grands avantages qui devaient nécessairement en résulter pour leurs enfants, ; pour la patrie et pour la religion. D’un autre côté, mes rapports et circulaires se succédaient rapidement ; les premiers auprès du gouvernement et les autres auprès des officiers de la loi.

J’ai écrit dix-huit rapports pour l’information et l’usage du gouvernement, et près de trente circulaires pour la gouverne des personnes qui étaient appelées à prendre part au fonctionnement local de la loi d’éducation j primaire. Mes rapports ont généralement été publiés par ordre de la législature, et mes circulaires, imprimées et mises en circulation par mes propres ordres, ont été adressées spécialement aux commissaires d’école, et aux inspecteurs d’école qui m’ont été donnés comme auxiliaires pendant les trois dernières années de mon administration. Douze circulaires ont été adressées à ces derniers officier0, outre les instructions générales que je leur ai données lors de leur initiation à la charge qu’ils remplissent. Il sera donc toujours intéressant et souvent même utile de consulter ces divers documents, et, réunis en un seul et même volume, il sera facile aussi de le faire. Peu de personnes les possèdent au complet aujourd’hui, et beaucoup les demandent, mais depuis longtemps déjà, on ne peut plus s’en procurer.

D’ailleurs, mes rapports ont été imprimés sous des formats si différents, qu’il est impossible de les relier ensemble ; puis, ils contiennent généralement beaucoup de fautes typographiques. Mes premiers et derniers rapports surtout, moins le dernier de tous, paraissent avoir été les plus sujets à cette espèce de calamité, comme aussi à un

délai apporté à leur publicité qui en a beaucoup diminué l’intérêt et l’utilité. Ce délai a été quelquefois inexplicable, et dans tous les cas, a toujours retardé considérablement la connaissance des informations dont on sentait le besoin, et qu’on demandait en conséquence, surtout en 1854, pour pouvoir se prononcer avec connaissance de cause sur les mesures que je proposais. Les amis de l’éducation concouraient par avance dans ces mesures, et comptaient avec confiance sur leur adoption. Les deux principales sont encore à venir, savoir : la qualification littéraire des commissaires d’école, et une augmentation dans l’allocation faite pour aider à rémunérer plus convenablement les instituteurs de leurs services.

Mon habile successeur me pardonnera bien, j’esprre, de m’avancer ainsi jusqu’à lui, pour rendre compte de faits qu’il n’a pas été en mon pouvoir de contrôler. Au reste, le département auquel il préside a été le mien, et l’instruction publique étant une cause commune au succès de laquelle tous les amis du pays s’intéressent vivement, je ne puis que partager avec eux le sentiment qui les anime envers cette belle cause. C’est pourquoi, j’y suis toujours demeuré sincèrement attaché, et, aujourd’hui encore, je n’écris que pour la servir. Que mon successeur en fasse autant que moi, lorsqu’il laissera le département de l’éducation, et nos institutions littéraires et leurs amis pourront, dans la suite, se procurer et utiliser les véritables annales de l’Instruction Publique du Bas-Canada.

Cependant, je ne puis réunir toutes mes circulaires, ni même tous mes rapports. Mais je suis en possession de mes principales circulaires et de presque tous mes rap-

ports, mênxe- d’un rapport assez important, qui n’a jamais été publié. C’est celui du 25 mars 1851, dont les conclusions avaient déjà été comprises dans les rapports précédents, et ont été en partie répétées dans plusieurs rapports subséquents.

J’ai suivi pas à pas, sinon dirigé la marche de l’instruction primaire dans le Bas-Canada, et en ai indiqué graduellement le progrès ou l’insuccès, selon qu’ils étaient plus ou moins saisissables et appréciables, et les amis de l’éducation ont pu tôt ou tard en prendre connaissance, lorsqu’ils l’ont voulu.

Les principaux documents à consulter, pour comprendre la marche qu’a suivie l’instruction publique pendant mon administration, et les moyens dont j’ai recommandé la pratique pour le plus grand succès de cette cause, sont mon rapport du 31 Décembre 1842, celui du 15 Avril 1846, celui du 11 Mars 1848, celui du 25 Mars 1851, celui du 20 Avril 1853, celui du 31 Mai 1854 et celui du 28 Avril 1855 ; et mes circulaires No. 1er, 5, 6, 9 et 12 adressées aux commissaires d’école, et mes 12 circulaires aux inspecteurs d’école, outre les instructions générales qui leur ont été données au préalable pour leur gouverne.

Néanmoins, il n’est pas à dire que mes autres rapports et mes autres circulaires sont absolument sans intérêt pour les amis de l’éducation, même pour l’histoire qui a besoin, pour être complète, de réunir tous les faits qui sont de quelque importance. Comme les autres, ces documents prouvent au moins l’empressement et la sollicitude avec lesquels je recueillais les faits, en faisais l’étude et l’appréciation, et les mettais à profit, avec l’expérience acquise, à mesure que les circonstances me le per-

mettaient. Ces documents de toutes espèces prouvent mon attachement aux principes constitutionnels et populaires dont je n’ai recommandé la déviation qu’à regret, et suivant le besoin.

J’aurais voulu voir les parents et les intéressés prendre volontiers, par tout le pays, le fonctionnement local de la loi en leurs propres mains et s’exécuter eux-mêmes, comme ils l’ont fait d’abord en bien des places, et si généralement et si généreusement ensuite. Mais les préjugés si naturels à la vue d’une loi coerettive qui exige des contributions, et les perfides menées des hommes turbulents qui les ont avivés et exploités dans leur intérêt personnel, ne m’ont pas permis cette douce consolation.

Ces documents prouvent encore, et surtout mon rapport du 11 Mars 1848, que non seulement je voulais que les parents et les intéressés prissent en leurs propres mains le fonctionnement local de la loi, et l’effectuassent par le concours de leur influence et de leurs moyens, mais encore qu’ils le fissent avec économie, et des épargnes qui auraient rendu la loi plus populaire, tout en s’assurant également de l’efficace de son fonctionnement, sans nécessiter ni loi additionnelle ni allocation spéciale à cet effet ; en un mot, sans se faire donner des maîtres dans la personne des inspecteurs.

C’est ainsi que j’aurais voulu voir messieurs les visiteurs remplir volontairement, dans leurs localités respectives, le rôle d’inspecteurs d’école, et épargner au budjet la somme de plus de j66,000, appropriée aujourd’hui pour solder annuellement messieurs les inspecteurs d’école, somme qu’on aurait pu employer à rémunérer plus con-

variablement les bons instituteurs (le leurs importants services, disons au moins les instituteurs des écoles modèles. L’intérêt bien entendu de l’éducation demandait que quelques hommes capables et dévoués se chargeassent de remplir le rôle devenu indispensable de surintendants locaux, et, à défaut des visiteurs pourvus de pouvoirs suffisants en vertu de la loi de 1846, messieurs les inspecteurs d’école, nommés à cette charge en vertu de la loi spéciale de 1851, étaient ceux qu’il nous fallait pour cette fin.

J’ai donc dû demander plus tard ces auxiliaires, parce que les visiteurs, faisant généralement défaut, et l’agitation continuant sur les lieux sans frein ni vergogne, le ministère des inspecteurs me parut nécessaire. L’expérience a prouvé depuis que les dépeuses encourues pour les maintenir ne sont pas sans résultat généralement bon et très-satisfaisant.

Quelques inspecteurs ont fait un bien signalé, entre autres M. F. X. Valade, auteur du livre d’école intitulé : “Guide de l’Instituteur,” dont j’ai recommandé l’usage, et qui est très-répandu dans les écoles. Une 5me édition est maintenant sous presse et sur le point d’être offerte en vente à un prix modéré.

Ce livre, qui comprend toutes les branches d’instruction prescrites par la loi des écoles primaires, en traite d’une manière très-méthodique et claire. Rédigées par demandes et par réponses, ces branches d’instruction forment chacune un traité élémentaire complet, dont l’adoption, dans les écoles, y a initié l’uniformité des livres et l’enseignement analytique des connaissances usuelles d’une manière pratique et utilitaire, à un degré très-satisfaisant pour les intéressés.

Arec quelques améliorations, que la 5e édition Va subir en partie, et la recommandation des autorités constituées, le Guide de l’Instituteur, qui est une espèce d’encyclopédie, est destiné à faciliter beaucoup l’acquisition des connaissances usuelles et l’avancement de l’éducation populaire. Or, l’intelligence pratique de ces connaissances est la seule dont a besoin la grande majorité des enfants du peuple, pour se livrer avec avantage à l’agriculture, au commerce, aux arts mécaniques et métiers et à toutes les branches d’industrie honnête et profitable, et le plus tôt nous pourrons les y initier, avec ce degré d’instruction préliminaire, le mieux ce sera pour eux et pour le bien moral et matériel de la société dont ils sont destinés à constituer la partie fondamentale.

La masse de nos enfants doit être une phalange de sujets industriels, laborieux, religieux et pacifiques, et ambitieux de se former et de se perfectionner de plus en plus dans ces divers genres d’occupation, et non une classe de philosophes oisifs, besogneux et impies, à charge à la société et à eux-mêmes, comme il en est souvent des enfants que nous tenons trop longtemps aux écoles contre leur goût, contre leur gré et contre leur destinée. J’espère qu’on me pardonnera cette petite digression en considération d’un sujet qui se rattache tant à notre avenir comme peuple et qu’on ne saurait trop étudier. (1) fendant ma longue administration, je n’ai pas eu moins de sept lois d’éducation à faire fonctionner, les unes successivement et les autres simultanément, savoir : l’Acte 4 et 5 Vict. ch. 18, passé le 18 Septembre 1841, l’Acte S Vict, ch. 41, passé le 29 Mars 1845, l’Acte 9 Vict. ch. 27, passé le 9 Juin 1846, l’Acte 12 Vict. ch. 50, passé le 30

(l)Voir à ce sujet ma recommandation du^guide de l’instituteur.

Mai 1849, l’Acte 14 et 15 Vict. ch. 97, passé le 30 Août

Les deux premières lois ont fonctionné successivement, mais d’une manière très irrégulière et très peu satisfaisante, et les trois dernières ont fonctionné et fonctionnent encore simultanément avec de bons résultats.

Les autres actes sont de petites lois dont l’une, passée le 9 Décembre 1843, pour légaliser l’octroi qui avait été fait préalablement d’une manière irrégulière pour écoles, et autoriser l’emploi de la balance de la part d’allocation afférente au Bas-Canada pour l’année 1842 et 1843 à aider à la construction de maisons d’école, et l’autre passée en 1847, pour diviser la paroisse de Montréal en plusieurs municipalités* scolaires séparées, et en autoriser les commissaires d’école à prélever sur leurs habitants une somme se montant à trois fois autant que leur part respective de l’allocation afférente annuellement pour écoles. Cette dernière loi existe encore, et, outre les deux lois amendant l’acte passé le 9 Juin 1846, elle est accompagnée de deux autres lois d’amendements passées en

Il est facile de voir ciu’une législation successive aussi

fréquente et aussi variable était propre à diminuer la confiance des habitants, à encourager le parti de l’opposition, et partant, à embarrasser mon administration, surtout au début où le besoin d’une loi unique, fixe et permanente se faisait le plus impérieusement sentir.

L’acte de 1841, dont la loi des municipalités rurales faisait partie, réunissait presque tous les pouvoirs administratifs entre les mains du gouvernement, et ce fait-là seul la rendait odieuse et très impopulaire. Cette législation

pays dont iîs ne connaissaient ni les besoins, ni les usages, ni les mœurs, ni la loi, ni les moyens, bien que cette connaissance leur fût nécessaire au préalable. Ils avaient besoin de connaître d’avance les hommes et les choses du pays, et ils ne connaissaient assez bien ni les uns ni les autres.

D’ailleurs, les troubles politiques commencèrent peu après l’établissement de ces écoles retardataires, et, bien qu’elles fussent établies aux frais du gouvernement, elles n’eurent aucun succès appréciable.

Je puis dire que j’avais prévu cet insuccès, et que j’avais dit hautement mon opinion à ce sujet, dans le comité d’éducation dont je faisais partie dans la chambre d’assemblée ; mais si la raison était de mon côté, le pouvoir était de l’autre, et le comité de régie, qui en était nanti, jugea à propos d’envoyer en Europe chercher des instituteurs, pour prendre la direction des écolesnormales.

Quoiqu’il en soit, il est certain que, si, au lieu d’avoir recours à ce moyen extrême et de s’être astreint à n’employer que des étrangers, pour prendre la direction des écoles-normales de 1835, on se fût contenté d’utiliser, pour les tenir, les sujets capables que nous avions dès lors en nombre suffisant parmi nous, c°s écoles auraient obtenu, pour les garçons, un succès és celui qu’ont obtenu lès écoles-normales tenues à Qu et à Trois- Rivières, par les Dames Ursuline», sous auspices de la même loi. Or, ce succès a été très-1 satisfaisant, et la chose est bien connue à la louange de ces Dames et de leurs élèves.

On a donc eu à regretter que cette loi ne fût que temporaire, comme l’étaient malheureusement la plupart de nos lois d’éducation pour le Bas-Canada, et de voir ainsi tomber, dans une même année, toutes nos écoles, au grand détriment de l’éducation populaire et du progrès dans l’industrie et dans les sciences.

Partout où j’ai rencontré des institutrices, dans le cours de mes visites, formées par les Dames Ursulines, j’ai observé, dans les écoles qu’elles tenaient, un ordre parfait, une propreté admirable, une discipline rationnelle et douce, un enseignement méthodique et pratique, et un succès remarquable chez leurs élèves. Il en était ainsi des institutrices formées à l’école tenue à St. Eustache, sous les auspices du Dr. Jacques Labrie, et de leurs écoles. On peut dire que l’école du Dr. Labrie était une véritable école-normale.

Nos écoles-normales actuelles, établies en 1857, en vertu de l’acte 14 et 15 Vict., ch. 97, amendé pour cette fin en 1856, ont été organisées, surtout les deux catholiques, au moyen d’instituteurs et de professeurs pris dans le pays. La plupart, les principaux au moins, sont des Canadiens, et ces écoles promettent, sous ce rapport, succès et prospérité. D’ailleurs, la loi en vertu de laquelle elles ont été établies est permanente, et ce fait Seul est déjà un encouragement et un grand moyen de succès.

Au préalable du projet de 1835, deux autres projets, moins élaborés, moins importants et moins connus, parce qu’ils firent moins de progrès dans l’assemblée législative, avaient également été soumis à sa considération pour des fins d’éducation. C’est pourquoi, faisant partie d’un

tout compacte qu’il est désirable d’exposer dans toute son intégrité, ils méritent une petite mention.

En 1834*, un projet de loi d’éducation fut soumis à la législature, lequel, s’il fût devenu loi, aurait autorisé les visiteurs d’école à allouer une certaine somme additionnelle, ajoutée à celle déjà promise par les syndics, à l’instituteur dont l’école aurait été la plus nombreuse et la mieux tenue dans la paroisse ou township, et qui aurait enseigné avec succès les branches d’instruction qui sont enseignées dans les écoles modèles.

Ce projet, qui n’avait que cinq clauses, pourvoyait aussi à donner quelques autres encouragements aux écoles élémentaires qui étaient en opération ; mais n’étant pas devenu loi, il fit seulement preuve du bon" vouloir des amis de l’éducation à chercher et à adopter les moyens qui leur paraissaient les plus propres à la répandre dans le pays.

Un autre projet de loi d éducation, comprenant tout un système renfermé dans 19 clauses, fut pareillement confectionné et soumis à la législature en 1834, et, s’il eût été adopté et passé, il devait avoir force de loi depuis le 15 Mai 1834 jusqu’au 15 Mai 1838. Mais les dépêches du secrétaire des colonies Britanniques et les difficultés existantes entre le gouvernement impérial et la législature provinciale, absorbant presque exclusivement l’attention du parlement, elles ne lui permirent pas de s’occuper assez sérieusement de cette mesure d’intérêt général, pour la discuter et la passer en loi.

Ce projet, comme celui de 1835, comprenait toutes les dispositions principales de la loi de 1829 telles qu’amendées par les lois subséquentes auxquelles on avait ajouté

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quelques dispositions nouvelles plus libérales et plus en= courageantes.

En vertu de ce projet, la somme de £20 par an devait être accordée à chaque instituteur qui aurait tenu légalement une école élémentaire, et celle de «£40 par an à celui qui aurait tenu, de la même manière, une école supérieure.

Toute école tenue sous les auspices de l’Institution Royale ou d’une fabrique de l’Eglise catholique, et même toute école tenue par un particulier pouvait prétendre à l’une on 1 tre allocation, en se soumettant aux conditions de la j qui étaient très faciles à remplir.

Les écok r!e la loi devaient être toutes placées sous le contrôle o " rites locales qui se résumaient en comités d’éducai .on, en visiteurs, en examinateurs, en contrôleurs et en instituteurs.

Les élèves devant être de trois espèces, les instituteurs étaient divisés en trois classes ; savoir : les instituteurs des écoles inférieures, les instituteurs des écoles moyennes et les instituteurs des écoles supérieures. Leurs devoirs respectifs étant détaillés dans ce projet, devenu public, ils purent l’utiliser en y puisant des règles de conduite fort utiles.

Tous les enfants résidant devaient avoir le droit de fréquenter les écoles établies, en payant au comité d’éduc tion une contribution mensuelle qui variait depuis deux schellings jusqu’à par mois. Exception était faite en faveur des enfants dont les parents, au jugement du comité, étaient trop pauvres pour pouvoir payer cette contribution, et, ces enfants an moyen d’un certificat du comité, pouvaient être admis gratuitement dans les é.co-

les, où, d’ailleurs, ils devaient trouvés des livres à leur

usage.

En outre, une certaine somme était offerte comme aide aux habitants de chaque district, pour la construction d’une maison d’école.

Tous ces projets de loi, dont une partie des dispositions était déjà en force, en vertu de la loi existante, prouvent combien on s’intéressait dans tous les temps à l’éducation de la jeunesse, et combien de sacrifices réels on a faits et qu’on était encore disposé à faire, pour lui en procurer le bienfait.

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