EDUCATION PRIMAIRE
Depuis quelque temps le Canadien publie sur l’éducation élémentaire des articles que ses lecteurs ont dû parcourir avec beaucoup de plaisir, car ils sont écrits avec ce sentiment de vif intérêt qui anime tous les véritables amis du pays et les engage à faire de nouveaux efforts pour obtenir une loi qui soit capable d’en porter partout le bienfait. Nous avons remarqué que les ar-
ticles publiés dans le Canadien contiennent plusieurs excellentes recommandations à ce sujet, qui coïncident parfaitement avec celle de notre surintendant de l’éducation dans son rapport de 1842 à l’exécutif. Nous lions réjouissons sincèrement de voir ceux qui s’occupent du sujet important de l’éducation, s’accorder de la sorte sur les principaux moyens, dont la pratique nous mettra en état de l’atteindre universellement. C’est ainsi que le parlement, éclairé par la discussion, pourra procéder sans hésiter et adopter ceux qui lui paraîtront le mieux adaptés aux besoins du pays sous ce rapport. Au reste, l’expérience du passé et l’essai de tant d’autres moyens jusqu’à présent sans résultat favorable, ont porté partout la conviction que, sans les moyens recommandés par notre surintendant et le correspondant du Canadien, nous tâtonnerons encore longtemps sans succès, et notre intéressante jeunesse, comme par le passé, sera encore nombre d’années privée du bienfait de l’éducation.
M. le Dr. Meilleur a mission d’étudier les causes qui ont empêché l’éducation de se répandre, et de conseiller les moyens les plus propres à la propager plus généralement et plus utilement à l’avenir. Spécialement chargé de cette œuvre importante, et s'en acquittant avec succès auprès du gouvernement et du peuple, il est extrêmement désirable que le parlement s’en rapporte à ses suggessions qu’on sait être éclairées par l’observation et l’expérience, et le plus ardent de nos vœux est qu’il le fasse dans sa prochaine session, en donnant son assentiment au bill qui a déjà subi deux lectures dans sa dernière session, avec quelques légères modifications faciles à faire. Le principe en fut admis alors unanimement en chambre.
Nous remarquons que le correspondant du Canadien partage beaucoup nos sentiments à ce sujet, et ses écrits tout en rendant d’ailleurs justice à notre surintendant répète la recommandation de plusieurs choses qui se trouvent dans son rapport de 1842, telles que 1°. la né-
cessité de cotisation pour le soutien de l’éducation avec l’aide accordée chaque année par le gouvernement ; 2°. la division des instituteurs en deux classes, savoir, ceux des écoles élémentaires et ceux des écoles supérieures ou modèles 5 3°. la qualification des instituteurs suivant l’espèce d’école qu’ils seront chargés de faire 5 4°. la nécessité de pourvoir à donner aux instituteurs des émolumens convenables et proportionnés aux services inappréciables qu’ils rendent à la société. Toutes ces mesures sont autant dans l’intérêt immédiat des parents et de leurs enfants que dans celui des instituteurs, pour mille raisons qu’il serait inutile de détailler ici.
Nous croyons 11e pouvoir mieux faire que de citer la recommandation que fait le correspondant du Canadien aux amis de l’éducation de lire attentivement le rapport du surintendant, où il traite des moyens à adopter pour mieux réussir à répandre partout l’éducation primaire, avec cette fermeté et cette indépendance qui prouvent chez l’auteur une honnête conviction. Le journal scientifique du mois de Juin dernier, intitulé u The Literray Garland ,” et le Journal d’ Agriculture” expriment à peu près la même opinion dans des termes extrêmement forts et obligants pour M. le surintendant de l’éducation. Voici la recommandantion du correspondant du Canadien :
u Je ne puis mieux faire pour démontrer la nécessité d’imposer une taxe au profit de l’éducation, que de renvoyer à la lecture du rapport sur l’éducation fait par J. B. Meilleur, écuyer, surintendant de l’éducation, ce rapport étant entre les mains de tous les membres de la chambre d’assemblée, je crois devoir me permettre de les prier de vouloir le lire et de donner toute leur attention aux vérités et aux faits qui y sont mentionnés. Je suis persuadé qu’après un examen approfondi de ce rapport, il ne peut exister aucun scrupule, aucun doute sur la nécessité de taxe pour donner à i’éducation publique l’essor, le développement que demandent les besoins du
pays ; on. sera convaincu que c’est le seul remède efficace pour dissiper les ténèbres de l’ignorance, et faire parvenir également la douce, la bienfaisante lumière de l’instruction sous les lambris fastueux du vice et l’humble cabane du pauvre. Je recommande la lecture du rapport du surintendant de l’éducation, avec d’autant plus de confiance, que les talents, le zèle, les travaux de ce monsieur, les services qu’il a rendus et rend encore au pays, l’expérience par lui acquise dans le poste éminent qu’il occupe si dignement, tout doit engager à donner à ce rapport tout le poids, toute l’importance qu’il mérite.”