‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme] (volume 2)Chapitre 84 sur 107 · DT TA SAR · texte numérisé non relu

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jourd’hui, où le système volontaire soit en pratique. L’ex. périence a appris aux contribuables que le système coërci. tifetrégulier, exigeant péremptoirement des contributions déterminées par la loi, suivant leurs moyens respectifs, est à la fois le plus juste, le plus facile, leplus économi. que et le plus certain dans sou opération et dans ses effets que le système volontaire. Sous son contrôle bien réglé, tout se passe d’une manière plus paisible, plus uniforme et plus satisfaisante. Mais il était bien difficile de faire comprendre celà aux hommes préjugés, et encore plus aux hommes intéressés à tout opposer. Cependant, il fallait les réunir, sinon les convaincre, et les obliger tous à contribuer au bon fonctionnement de la loi, chacun suivant ses moyens.

C’était en partie pour obtempérer un peu à la demande d’un parti, et en même temps pour s’assurer toujours du bon fonctionnement du système le plus convenable que des amendements à la loi étaient sans cesse proposés, et étaient souvent trop tôt adoptés. C’est ainsi que des systèmes d'éducation se succédaient et étaient tour à tour amendés et modifiés de manière à en faire des lois temporaires et contradictoires.

En Juillet 1847, M. le Procureur-Général pour le Bas- Canada soumit à la considération de la législature un projet de loi pour amender l’acte d'éducation passé en 1846. A bien peu de choses près, ce projet consacrait, dans 19 clauses, tous les principes fondamentaux de cette loi, et proposait d’y ajouter quelques dispositions importantes qu’on y avait délibéremment omises en 1816, tr'le entre autres, la qualification littéraire des commisssires d'école, pourtant si utile, si nécessaire au

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bon fonctionnement d’une loi d'éducation. Cette qualification eût été exigible à l’avenir, mais ce projet n’étant pas devenu loi, l’acte d’éducation ne fut amendé qu’en 1849, toutefois sans contenir cette qualification dont lexemption, qui est un contre-bon-sens, a permis à des gens illettrés de faire choix d’hommes comme eux pour diriger, sur les lieux, l’instruction primaire et les écoles tenues sous le contrôle de la loi.

Plusieurs des dispositions contenues dans le projet de 1847, sont comprises dans la loi d’amendements passée le30 Mai 1849, moins la qualification littéraire exigible des commissaires d'école.

Quoiqu’il en soit, la loi de 1846, surtout avant d’avoir ité amendée par la loi de 1849, est celle qui a le plus excité le parti de l’opposition, qui en a le plus animé esprit, et a porté plus les gens qui le composaient à se mettre à l’œuvre pour en empêcher le fonctionnement et le bon effet.

À la vue de la libéralité des dispositions de cette loi et du succès que son fonctionnement devait tôt ou tard obtenir, lorsqu’elle serait comprise et appréciée, le parti de l’opposition, agissant de désespoir, a rencuelé ses efforts et multiplié ses menées qui n’ont eu, malheureusement que trop de conséquences pénibles et humiliantes. En effet, le mal que ce parti a fait est incalculable etirréparable ; car il n’y a pas que peine et temps perdus pour une grande partie de la jeunesse qui, par le fit,a été privée du degré d’instruction dont elle avait besoin ; il n°y a pas que peine et temps perdus pour l’avancement moral et matériel du peuple ; il y a encore tout çe qu’a souffert la motale publique et la réputation

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du pays. L'opposition qu’on a faite 4 la loi d'édication a été non-seulement cause de désordres, de difficultés, de scandales bien regrettables, mais encore eile a donné 6e. casion à des assertions aussi injustes qu’injurieuses à la réputation du pays.

Des gens mal informés ou mal disposés ont dit et pu. blié, nombre de fois, que le clergé catholique et le peuple canadien-français sont également opposés à l'éducation, Ce sont là des assertions qui ont été souvent fuites et réitérées, toutes fausses et calomnieuses qu’elles soient ! Et qui en est la cause, si cé n’est le parti qui, pour des raisons à lui seul+ connues, a tant opposé la loi d'édu. cation, en a tant entravé le fonctionnement,

Cependant, le clergé et le péuple veulent égalément et sincèrement de l’éducation. Preuve, tous les ordres religieux enseignants qui ont été établis dans le pays pour aider à la répandre ; preuve, tous les établisse. ments d'éducation qui ont été fuits, et toutes les maisuns d’école qui ont été. érigées pour cette fin par tout le pays, depuis 1843 jusqu’à:0e jour ; preuve, le nombre dé. coles primaires én opération qui couvrent toute la surface du pays, et le nombre d’enfants qui les fréquen. tént annuellement ; preuve encore, le nombre de no collèges classiques et industriels qui, pour la plupart, doivent leur existence et leur opération à l'initiative du clergé et leur alimentation aux cufants du péuple ; preuve encore, les pensions fondées ou payées ännuellement pat le clergé, dans nos collèges et aux universités, pour aider à donner la haute éducation à ceux de nos jeunes gens dont les talents, l’application et les borines dispositions connues font naître l'espoir de leur utilité et dé let cod

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cœurs à promouvoir, dans la suite, le bien de la religion et de la patrie; preuvé encore, le montant des euntributions locales qui s'est toujours élevé à une somme bien plus considérable que celle qui a été faite chaque année par la législuture pour l’objet de l'éducation, comme on peut s’en convaincre par les rapports qui ont été faits sur l’éducation depuis 1842 jusqu'à ce jour.

11 est de plus à remarquer que tous nos colléges industriels et deux autres encore, ont pris naissance sous les auspices de la loi d’éducation actuelle ; qu’ils sont fréqueutés chacun par un grand nombre d'élèves, et que nos anciens colléges ont vu leur nombre d’élèves se doubler on à peu près, depuis le fonctionnement de la loi d'éducation, et depuis l’établissement de nos colléges industriels. Or, tous ces faits, si honorables et si satisfuiants, prouvent que, non-seulement le clergé et le peuple désirent l'éducation, mais que, malgré l'opposition offerte ila loi et toutes les difficultés qu’elle a suscitées à son fnctionnement, l’éducation a pris sous les auspices de la Li, un essor qui met le pays en état de se comparer avantageusement sous Ce rapport avec aucun autre pays du monde civilisé. |

D'ailleurs, il doit paraître clair et évident que si le tlergé et le peuple étaient opposés à l'éducation, réunis, leurs moyens et leur influence auraient été une barrière infrauchissable, un obstacle invincible à tous les efforts, itous les sacrifices qu'on aurait pu faire pour la répandre.

Le clergé et le peuple canadien aiment donc l’éducalion ; maïs le clergé ne veut pas d’une éducation toute pufane, vulgaire et impie ; le peuple ne veut pas d'urie

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