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en vue en le proposant, il n’y a eu, de mon temps, qu’une seule paroisse dont la fabrique a fait usage du réméré, et encore ne l’a-t-elle fait qu’à regret, et à l’égard d'un seu des deux établissements d’éducation supérieure qui y ont été faits, pendant les deux dernières années de mon ad. ministration.
D’après ce plan, j'ai eu le plaisir de contribuer, des fonds du gouvernement, à plus de 130 maisons d’éduca. tion supérieure, en y comprenant les écoles-modèles, la plus grande partie dans les paroisses catholiques, et dont plusieurs font honneur à leurs habitants et au pays.
Dans nombre de paroisses, ces établissements sont dou bles, c'est-à-dire, qu’il en est un pour les garçons et l’au tre pour les filles, tels qu’à St. Thomas, à St. Louis de Kamouraska, à Yamachiche, à St. Grégoire, à Sorel, à Si Jean Dorchester, à Beauharnais, à Longueuil, à St. Lau rent, etc., etc.
Messire St. Germain, le vénérable curé de cette der nière paroisse, voisine de Montréal, donna le premier l’ex emple de Pexécution de ce plan, après, toutefois, avoif pris un avis légal et avoir obtenu l’approbation de so évêque à cet effet. Il consacra, pour l'exécution de ct plan, une somme considérable à lui appartenant, et l'a voit aujourd’hui, chaque côté de son antique presbytère une maison d’éducation qui a coûté plusieurs mille louis Celle destinée à l’usage des garçons a coûté plus d £5,000, en y comprenant le beau lopin de terre sur leque elle est sise.
J'ai porté les commissaires d’école et la corporation d l'institution royale à se prévaloir aussi des dispositions dé la 21e clause de la loi du 9 Juin 1846, pour utiliser le
temps, qu’une maisons d'école appartenant à cette institution, dont quele du réméré,et M ues-unes n’étaient pas occupées pour l’objet de l’éducagard d'un seul, et dont quelques autres étaient même entièrement rieure qui y ontihandonnées et tombées en ruine. J’avais eu le soin ées de mon ad-Bjobtenir l’autorisation de l’institution royale avant la passtion en loi de cette clause pour cette fin. De cette
contribuer, dslmnière, toutes ces maisons d’école sont devenues la aisons d’éduca-Mnpriété des commissaires d’école dans les municipaoles-modèles, alliés scolaires où il y en avait, et de plus, en vertu d’un oliques, et dontfute notarié à cet eflet, et on a fait ainsi des établisse-
t au pays.
ments sont dou garçons et l’au à St. Louis de re, à Sorel, à 8 seuil, à St. Lau
sents très utiles et prospères.
Il est juste d’observer ici que, outre les maisons d’éhcation sises dans les villes, il existe encore dans lsieurs paroisses, des établissements d’éducation doues de cette espèce qui ont été faits pendant mon adsnistration, mais qui ne l’ont pas été en vertu de mon an, tels que ceux de la Pointe-Lévi, de Ste. Marie de jonnoir, de St. Vincent de Paul, de St. Paul de Latrie, de l’Industrie, de St. Timothé et de Berthier. lui-ci fait avant le fonctionnement de la loi d’éducain, à ma demande, a été mis sous le contrôle des comisaires d’école, en vertu d’un acte notarié consenti à teffet par le Dr. Barbier qui en était en possession.
Ilest d’autres paroisses où de semblables établissents sont doubles, mais dont un seul a été fait pendant n administration, tels que Terrebonne, Ste. Thérèse, issomption, Ste. Marie de la Beauce, La Pointe aux fembles, La Pointe Claire, St. Hyacinthe, Chambly, krbrooke, St. Eustache, St. Martin,;5St. Henry de Masiche, etc., etc., etc.
l'est encore d'autres paroiss es où de semblables éta K
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toutefois, avoit brobation de sot sxécution de cé artenant, et l'or que presbytère eurs mille louis
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blissements, faits pendant mon administration, ne son! pas doubles, tels que le Côteau St. Louis près de Mont réal, la Baie St. Paul, Ste. Croix, Ste. Anne de h Pérade, St. Lin, St. Michel, St. Jacques de l’Achiga, St. Benoit, St, André, Ste. Scholastique, Ste. Elizabetl, St, Grégoire, St. Aimé, St. Hugues, Vaudreuil, Rigaud Châteauguay, Huntingdon, Lennoxville, Richemond. Ces maisons d'éducation supérieure ont été toutes plu ou moins dotées autrement par le gouvernement, et pli sieurs d’entr’elles l'ont été d’une manière très libéral.
Il est d’autres maisons d’éducation supérieure qu n’ont été dotées ni d’une manière ni d’une autre, telle que l’académie de St. André, le couvent de St. Hugues fondé par Messire L. M. Archambault, curé de la pa: roisse, les deux établissements de St. Timothé, fond par Messire J. Archambault, curé de Ja paroisse, celii
des Dames du Sacré-Cœur au Sault-au-Récollet, celui des Sœurs de Providence à St. Vincent de Paul, ete qui sont dûs aux contributions réunies du clergé et di peuple qui contribuent, l’un et l’autre, à les entreteni duns un état d'activité et de prospérité qui fait l’admir: tion des étrangers.
Cependant, le peuple n’a pas contribué à la bâtis de tous ces établissements. Celui de St. André a ét érigé entièrement aux frais de Messire F. Bonin, (| celui de St. Vincent aux frais de Messire Mercier et pr les dons généreux de Demoiselle Marie Quevillon, et ct lui du Sault principalement aux frais des Dames du Se cré-Cœur et de Messire J. J. Vinet, curé de la paroiss
(1) Ancien curé de Ste. Scholastique où il tient une espèce de cd lége dont il enseigne lui-même tous les élèves.
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Le nombre des paroisses de campagne où les établisements d'éducation supérieure sont doubles, sont au smbre de 28, et celles dont les fabriques ont cédé des terrains, soit d’une manière absolue ou à titre de réméré, nt au nombre de 32.
Le montant que j’ai payé des fonds du gouvernement pur aider à la construction de maisons d'éducation élénentaire et supérieure est de £52921, et ces établissements sont estimés à Æ£131949. D'où il suit que les ontribuables ont fourni pour leur part, la somme de 19028 de plus que le gouvernement pour l'érection de es bâtisses, et ce, indépendamment de l’ameublement de ces établissements d’éducation qui est souvent d’une aleur considérable dans ceux destinés à l’éducation upérieure.
Je n'ai pas fait allusion, dans l’énumération ci-haut, ux établissements qui existaient avant 1841, pour les mreons, telles que les maisons d’éducation dites acadénies, ni à nos neuf colléges classiques, tels que celui de juébec, de Ste. Anne, de Nicolet, de St. Hyacinthe, de hambly, de Ste. Thérèse, de l’Assomption, de Monttal et le Collége McGill à Montréal, qui étaient en leine opération avant la loi d'éducation primaire.
bué à la bâtiss t. André a ét e F. Bonin, (| e Mercier et p Quevillon, et ce :s Dames du 58 e de la paroisst
| Je n’ai pas fait, non plus, allusion aux couvents de iles enseignants qui existaient déjà dans les villes de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal ; ni aux étalissements importants dans ces trois villes, des frères les écoles chrétiennes.
Je n’ai pas fait allusion, non plus, aux autres maisons Bducation qui étaient établies dans ces villes et celle
de Sherbrooke avant 1841, et depuis, dans ces mêmes villes, telles que, entre plusieurs autres moins importantes, l’université Laval à Québec, le collége Ste. Marie et le High-School à Montréal, et l’établissement d’éducation catholique à Sherbrooke.
Je n’ai pas fait allusion, non plus, aux couvents de filles enseignants qui étaient en opération dans les campagnes avant 1841, tels que celui de St. François, de Ste. Famille, de la Rivière-Ouelle, de Ste. Marie de Beauce, de St. François Rivière du Sud, de la Pointeaux-Trembles de Québec, de la Pointe-aux-Trembles de Montréal, de St. Denis, de Laprairie, de Bouchervilk, de St, Hyacinthe, de la Pointe-Claire et de Soulange, vulgo les Cèdres, où le bien se faisait suivant les res- | sources de l’époque, et suivant le degré d’encouragemeui assez limité que recevaient alors ces établissements d’education.
Le nombre des académies, colléges et couvents enseignants est donné distinctement dans le tableau général annexé à mon rapport du 28 Avril 1855, avec le nombre d’élèves qui les fréquentaient respectivement en 1854; mais il est à remarquer que, depuis la date de ce rapport, des académies ont pris le nom de colléges, et des couvents celui d’académies.
À l’exception des colléges classiques auxquels je n’ai jamais fait d'octroi, presque toutes ces maisons d’éducation ont été mises sous le contrôle des commissaires d’école pendant mon administration, au moins d’une manière temporaire, tels que le collége de Rigaud, de St. Michel, de Terrebonne et les établissements d’éducation
ns ces mêmes oins importange Ste. Marie
sement d’édu- |
x couvents de ation dans les e St. François, Ste. Marie de , de la Pointex-Trembles de
Boucherville, t de Soulange,
uivant les res- |
ncouragementi lissements d’é-
ouvents ensei- |
tableau géné- 5,avec le nomectivement en s la date de ce de colléges, et
xquels je nai isons d’éducaimissaires d’éns d’une ma- Rigaud, de St.
ts d'éducation
de St. Thomas, de Sorel, de Beauharnais, de St. Laurent, de St. Jean Dorchester.
Dans tous les cas, tous les établissements auxquels jai fait un octroi, soit pour aider à l’érection des bâtisses, sit pour aider à l'établissement de bibliothèques pubiques, ou pour la tenue des classes ou des écoles, ont été mis régulièrement sous le contrôle des commissaires d'école, par un acte notarié et fait en bonne et due forme à cet effet, et aucun octroi n’a été fait pour aucun de ces objets, sans une contribution locale, faite au présable, qui fût au moins égale à la somme octroyée, et tte contribution .a été généralement beaucoup plus tlevée que la somme octroyée, surtout celle faite pour aider à l’érection de maisons d’éducation supérieure.
Tous ces faits, sur lesquels il serait inutile d'appuyer davantage, sont incontestables, et prouvent à l’évidence que le clergé et le peuple du Bas-Canada aiment l’éducation, et veulent sincèrement et sérieusement en procurer le bienfait à notre jeunesse, à un degré convenable, et suivant ses besoins et nos ressources disponibles pour cette fin.
Ces faits prouvent encore que la loi d'éducation, au lieu d’avoir été repoussée, répudiée par tout le pays, comme on l’a prétendu, a été, au contraire, acceptée et iilisée très généralement par le clergé et le peuple. Mais, en ce faisant, ils voulaient agir avec connaissance de cause quant aux moyens, et avoir une garantie quant à l'espèce d’éducation que l’Etat voulait donner à notre jeunesse. :
Toute la différence d’opinion, donc, était dans l’espèce et dans le degré d’instruction que l’on jugeait être con-
ur da an a rene
venable suivant les circonstances, et dans le choix des moyens, et dans la manière de les mettre en pratique,
pour atteindre le but que de part et d’autre on se propo. |
sait, d’ailleurs avec tant de bon vouloir et d’unanimité.
L’initiative et la part effective que le clergé a prise, avec tant d'empressement, de courage et d’activité dans tous les établissements d'éducation qui ontété faits dans le pays, surtout depuis 1842, pour l’objet de l’édu:cation, soit comme contribuable, soit comme instituteur, et les sacrifices et les efforts qu’il a faits pour faire
agréer et fonctionner utilement la loi d’éducation pri-
maire, sont des faits qui, pour n’être pas assez connus et assez appréciés, n’en soat pas moins notoires et louables. Ces établissements nombreux, si commodes et si agréables, si économiques pour les parents,et si accessibles à leurs enfants, sont là, prominents et remarquables, et pro. clament haut le dévouement et le zèle du clergé pour procurer à notre jeunesse le bienfait de l’éducation.
Mais, de la part des chef de l'Eglise catholique en Canada, voici d’autres faits qui feraient anticiper tous les autres qui ont eu lieu à l’appui de la loi d’éducation, si on les connaissait aussi généralement dans le pays.
L’Archevêque de Québec, Mgr. Signay, a recommandé lui-même publiquement en chaire, dans une de ses visites pastorales,en 1842, la soumission à la loi des écoles primaires, a indiqué les moyens propres à en tirer bon parti, eta exhorté le peuple à les mettre fidèlement en pratique, pour le bien de la patrie et celui de la religion.
Lorsqu’en 1850, on apprit que le gouvernement, se rendant à la demande pressante et menaçante de quelques membres du parlement, était disposé à abroger la loi
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ernement, se e de quelques broger la loi
d'éducation passée en 1846, pour y substituer celle de 1832, Mgr. Bourget, Evêque de Montréal, et les membres de son clergé assemblés en gran! nombre à l’évèché, adopttrent à l’unanimité une résolution par laquelle ils déclarrent sulennement leur adhésion à la loi d’éducation qui tait alors en force, la même qui l’est encore aujourd’hui, etleur opposition formelle à toute autre espèce de système d'éducation primaire, et cette résolution fut de suite
oubliée dans les journaux périodiques de l’époque.
Mgr. l’Evêque de Montréal a interdit une paroisse, celke de St. Raphaël de l’île Bizare, et en a retiré le digne curé, parce que les habitants, malgré les remontrances de celui-ci, s'étaient mis en opposition ouverte à la loi d'éduation. Cette paroisse ne fut relevée de son interdiction, et leur curé n°y fut rétabli qu'après leur soumission enère et parfaite à la loi d'éducation et aux instructions et recommandations du surintendant de l’instruction publique.
Le même Evêque de Montréal ayant su qu’une série de questions, d’une tendance douteuse, avait été adressée aux membres du Clergé de la part d'un comité de l'Assemilée Législative, relativement à la loi d'éducation, leur conseilla, par une lettre circulaire, de ne pas répondre à cs questions insidieuses, et, bien que plusieurs curés avaient déjà répondu, lors de la réception de cette lettre, et que les autres Evêques n’eussent pas donné aussi formellement le même conseil aux curés de leurs diocèses respectifs, cependant, chose remarquable et honorable, pas une seule réponse ne pouvait être, avec raison, condérée comme opposée à la loi, encore moins au surintendant de l’instruction publique.
MM. les cures des divers diocèses, ou ne répondirent pas à cette série de questions, ou répondirent tout simplement en proposant quelques moyens d’amélioration dans la loi d’éducation et dans son fonctionnement, ou seulement en louant l’administration du surintendant et | le bon résultat qu’on en avait obtenu généralement,
Malheureusement, cette correspondance et copie de celle que j'avais eue avec les inspecteurs d’école, ont été brûlées, lors de lincendie du parlement en 1854, avec bien d’autres documents encore que j'avais envoyés à ce comité relativement à l’education et à mon administration. L'histoire dira peut-être le reste.
Ces faits également notoires et satisfaisants, de la part du clergé, qui ont eu lieu sous mon administration, prouvent d’une manière péremptoire, la coopération active, | éclairée et prudente des évêques catholiques, et partant
celle qu'ont dû donner les membres de leurs clergés respectifs au fonctionnement de la loi d'éducation dans le Bas-Canada, et ils réfutent d’une manière irréfragable tout allégué à ce contraire.
En effet, partout les curés se sont montrés empressés, généreux et zélés pour le succès de la cause de l’éducation en Canada, au poirt de s’attirer, plusieurs d’entr'eux, le mauvais vouloir et même de mauvais traitements dela part de leurs paroissiens que des agitateurs politiques avaient excités, ameutés contre la loi d’éducation et contre ceux qui l’appuyaient. Ces excès n’ont heureusement eu lieu que dans quelques endroits, et, comparativement, de la part d’un très petit nombre d'habitants en tout autre temps toujours si respectueux et si déferents pour le clergé et pour ses conseils,
e répondirent rent tout simd’amélioration onnement, ou
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ralement,
e et copie de l’école, ont été en 1854, avec IS envoyés à Ce nm administra-
ants, de la part istration, prou-
ération active, | ques, et partant à
leurs clerges ducation dans re irréfragable
rés empressés, se de l’éducaburs d’entr'eux, aitements de la urs politiques cation et conont heureuset, comparatid'habitants en t si déferents
Donc l'opposition qui a été faite à la loi d’éducation ne venait ni du clergé ni du peuple proprement dit. Elle venait des préjugés aveugles et exploités par dès hommes perfides qui ont abusé de sa faiblesse et de son ignorance. Elle venait des avares et des égoistes, des charlatans politiques et des chercheurs de place. Mais ces gens-là ne constituent pas le clergé ; ils ne constituent pas même le peuple ; les premiers en sont le rebut et les derniers le fléau.
Ce serait bien ici le lieu de faire le contraste entre la conduite généreuse et exemplaire des amis de l’éducation et celle si égoïste et scandaleuse des opposants ; mais l liste des premiers serait trop longue et celle des deruiers trop humiliante. Cependant, les premiers ont fait trop de bien pour ne pas les louer collectivement au moins, sans distinction de lieu ni de personne, et les derniers ont fait trop de mal à la cause de l’éducation et
1 à la réputation du pays, pour ne pas les signaler, au moins
de la même manière, à la vindicte de la jeunesse et de la postérité. L’histoire dira sans doute combien la conduite des premiers est méritoire et louable, et combien aussi celle des derniers est penible et blämable.
La prudence et mon propre sentiment s’opposent à la narration pleine et entière des faits, et l’économie demande l’abréviation ; néanmoins, comme ce mémorial est jusqu’à un certain point historique, et que l’histoire exige toujours la vérité, je dois la mettre au moins partiellement au jour, en l’exposant un peu des deux côtés, fin de satisfaire, jusqu’à un certain degré, au droit de la hstice et aux réclamations de l’histoire.
Je sens 6n même temps le besoin de dire que, à peu
d’exceptions près, les obstacles qu’on a offerts à la Loi d'éducation et à son fonctionnement, ne consistaient pas en une opposition personnelle au surintendant, surtout pendant les premières années de son administration, Ainsi, je puis dire, en toute vérité, que je n’ai pas de sentiment particulier à servir, ni d’injure personnelle à venger, dans le compte-rendu que je fais, un peu superfciellement et d’une manière un peu irrégulière des évé. | nements qui ont eu lieu au sujet de la loi d'éducation, pendant mon administration.
S'il est vrai de dire que, semblable à tout autre fonc. tionnaire public, je n’ai pu entièrement éviter toute espèce d’opposition personnelle, et échapper à toute es. pèce de critique pendant une longue administration où il y avait à prendre l'initiative, et où il y avait toute espèce de difficultés à surmonter, pour faire agréer et faire
fonctionner avantageusement la loi d'éducation, il est également vrai que j'ai reçu invariablement du clergé et généralement du peuple un appui très efficace et des témoignages de confiance et de gratitude très flatteurs. Si ces temoignages ne sont pas substantiels, s’ils ne sont pas suffisants pour faire oublier tout ce que j’ai eu à souffrir personnellement et relativement, au sujet de la loi d'éducation, ils le sont au moins pour faire pardouner les contretemps et les contrariétés que j’ai éprouvés, même les avanies et les injustices que j’ai eu quelquefois à souffrir, de la part des opposants dont les chefs, cause première de ces désordres, étaient les seuls 5! mables.
Ces désordres ont été pour moi une cause de souffrances continuelles, quelquefois très cruelles, mais elles
offerts à la loi
onsistaient pas
ndant, surtout
administration,
n’ai pas de sen-
sonnelle à venin peu superfulière des évé.| loi d'éducation,
tout autre foncviter toute esper à toute es- Iministration où y avait toute es- > agréer et faire ducation, il est ent du clerge et Micace et des teès flatteurs. Si ls, s’ils ne sont Le j’ai eu à soufsujet de la loi faire pardouner j'ai éprouvés, ’ai eu quelquedont les chefs, les seuls 5!
ause de soullles, mais elles
ont été bien adoucies par la sympathie spontanée et charitable des gens de bien, et surtout par la compensation que j’ai trouvée dans le succès signalé que, nonobstant, le fonctionnement de la loi d’éducation a obtenu sous mon administration. Mais, si la satisfaction, intime et grande que j'ai trouvée dans ce fait, est consolante pour moi et honorable pour le pays, je puis toutefois dire qu’il n’en est résulté pour moi ou pour ma famille, aucun avantage réel. Tous ceux qui connaissent les circonstances en sont pleinement convaincus.
J'ai inauguré le sytème actuel de l’instruction primaire, J’en ai formé le département, et, suivant le temps et les circonstances, la jeunesse a reçu, sous ses auspices, le bienfait de l’éducation ; mais il est évident que je n’ai Jamais reçu tout le prix de mon travail, puisque le plus haut salaire qui m’a été alloué n’a pas suffi à mon successeur qui a trouvé tous ces faits accomplis, et que, deux fois déjà, il a fallu l’augmenter en sa faveur, sans doute afin de lui éviter la position difficile et gêénante dans laquelle je me suis trouvé, pendant tout le temps de mon administration et subséquemment.
Il est notoire que, à une bien petite exception seule, mon «laire, comme surintendant de l'instruction publique, ra jamais été plus élevé qu’à la juste moitié des sakires qui ont été alloués à mon successeur.
Pendant trois ans, mon salaire ne s’est pas monté qu'à la modique somme de £375 par an, et, pendant près de dix ans, à celle de £500 par an ; tandis que, en entrant, le salaire de mon successeur a été porté à la mme de £750 par an, et que, depuis le premier Jannier 1857, il a été élevé à la somme de £1000 par an.
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Tout cela est connu, et, en tant que mon successeur y est concerné, la chose est sans doute juste et conve. nable ; aussi, je ne trouve rien à y redire. Mais, s'il en est ainsi, et si la somme de £750 n’était pas assez, et si même celle de £1000 par an n’est pas trop, pour faire correspondre le salaire de mou successeur à la position qu’il occupe, comme surintendant de linstruction publique, il doit paraître évident aux personnes juwtes et impartiables que la modique somme de £375, la seule qui m'a été accordée pendant trois ans, et que mi. me celle de £500 par an n’était pas assez, pour me mettre en état de répondre convenablement aux besoins, j’ôse dire aux exigences de la même position. Car la charge et la position que j’ai eues, comme surintendant, et que mon successeur occupe comme tel, sont identiquement les mêmes. Elles demandaient, dès lors, le même dévoue. ment et le même décorum.
Sir Charles Bagot, l’un de nos plus regrettés gouver-k neurs, était d'opinion que la somme de £%50 par an, telle que portée dans la loi d'éducation passée en 1841, n'était pas plus que convenable, comme salaire accordé au sur. intendant de l'éducation publique pour chaque section de la province, et voulant “en faire un département important,” il nous avait promis, à M. Murray et à moi, de nous faire allouer, à chacun, la somme d’au moins £600 par an, indépendamment de nos frais de voyage et de bureau. Mais n’ayant pu obtenir, dans la session alor prochaine, une législation à cet effet, parce que le parle ment fut prorogé sans avoir pu s’occuper de cette mesure à laquelle sir Charles avait fait allusion dans son discours d'ouverture, et étant décédé peu de temps après, sa pro
on successeur uste et conve.
re. Mais, sl it pas assez, et pas trop, pour accesseur à la it de l’instrucpersonnes jusne de £375, la ans, et que mtpour me mettre x besoins, j’ôse
Car la charge endant, et que identiquement >» même dévoue-
grettés gouver- 50 par an, telle en 1841, n'était accordé au sur:
aque section de rtement 1mporay et à moi, de au moins £600 e voyage et de la session aloï
e que le parle de cette mesuit ns son discours s après, sa pro
messe n’eut aucune suite, et nous fûmes fort contraries icet égard.
Cependant, M. Murray obtint, en Octobre de 1844, une espèce de compensation par l’occupation de la chaire de professeur de philosophie dans l’université de Toronto, à laquelle était attaché un salaire de £500 par an. D’ailleurs, il préférait bien cette position à l’autre,qu’une opposition personnelle, de la part d’un des ministres de la couronne, lui avait déjà rendue désagréable.
Mais moi, attaché par goût et par affection à la charge de surintendant de l'instruction publique, et déjà bien engagé dans le combat que, dès le début, il me fallut soutenir, pour faire triompher la loi d'éducation de l’opposition qu’elle rencontrait, et ayant, en conséquence, entièrement abandonné ma profession, je continuai en office, toutefois, dans l'espérance que la législature viendrait convenablement à mon secours, avec un effet rétroactif,
Roomme la chose a eu lieu, nombre de fois, en faveur
d'autres fonctionnaires publics. Une législation n’eut leu, à cet effet, que trois ans après mon entrée en charge, et, au lieu de la somme de Æ£600, on ne m’alloua que celle de Æ500 par an, et ce, sans effet rétroactif, sans compensation et sans indemnité aucune.
Même à ce taux, la modicité de mon salaire me plaça, à cet égard, sur un pied d’infériorité à la plupart même des assistants des autres départements du service public, tétait plus préjudiciable qu’on ne pense généralement à mon administration, comme surintendant de l’instruction publique. Aussi, la chose a été apparemment comprise à l’arrivée de mon successenr, puisque, alors, on a ajouté la somme de £250 au plus haut salaire que j'avais
eu,et que, un peu plus tard, on a porté son salaire à js somme de £1000 par an.
Dans tous les cas, à l’exception de six mois pour lesquels on m’a alloué la somme de Æ£30, à raison d’une augmentation de £60.par an, à dater du premier Janvier 1855, je n'ai jamais reçu plus que la juste moitié des | salaires qui ont été allonés à mon successeur, et mes amis, au moins, n’ont jamais pu voir toute la raison de
cette grande différence de traitement entre lui et moi,
Lors de cette faible augmentation de mon salaire en 1855, celui des employés, dans les autres bureaux du gouvernement, avait été généralement augmenté depui environ deux ans, en considération de l’augmentatin considérable du prix des denrées et de tous les articles de consommation nécessaires à la vie. Ainsi, cette augmen- | tation tardive, telle qu’elle fut d'ailleurs, n’était pas pour moi une faveur -personnelle. Elle était la suite d’une demande pressante de la part de tous les employés dans le département ne l'instruction publique. Nous eûmes tous en même temps une augmentation de salaire proportionnelle, non aux besoins extrêmes que nous en avions, È mais au montant de nos salaires respectifs, et de l’augmentation qui avait été allouée aux autres employés.
Cette modicité du salaire qui m’a été alloué m’a toujours tenu dans une grande gêne à l’intérieur et à l’extérieur. Elle m’a fait une position fausse et très préjudiciable au bonheur domestique et au succès de mon administration. Cette position était parfois humiliante et péuible, puisqu'elle gènait mes relations avec les autres fonctionnaires publics, et avec les hommes de même condition à l'étranger ; génait mon essor et l’encourage-
on salaire à ja
nois pour lesà raison d’une premier Jan-
uste moitié des }
’esseur, et mes e la raison de ‘e lui et moi.
mon salaire en Jureaux du gougmenté depuis l’augmentatiin 1s les articles de
, cette augmen- |
n’était pas pour la suite d’une employés dans
Nous eûmes de salaire pro-
nous en avions, È fs, et de l’aug- à
s employés.
loué ma toueur et à l’exté-
très préjudici-
de mon admimiliante et péec les autres
nes de même l’encourage-
ment que je devais à mes collaborateurs et aux autres amis de l’éducation populaire, et retardait par le fait sa marche et son progrès dans le pays. Pénurie ou indifférence, de la part du gouvernement à cet égard, l'effet était pour moi et pour mon administration le même, également préjudiciable et regrettable,
Le fait est que, pour subvenir aux besoins rigoureux de ma famille, et répondre un peu aux convenances, pendant les premières années de mon administration, suivant la position que me faisait la charge que j’occuais, j'ai été obligé de dépenser le prix des propriétés foncières que je possédais en la paroisse de l’Assomption, au montant de £600, fruit des épargnes que j'avais | fites, pendant que j’y exerçais ma profession.
Ma famille sera privée de ce petit patrimoine, et moi d'un asile commode, mon ancienne demeure,où je me proposais d’aller passer heureux mes vieux jours, daus n endroit qui m’est agréable et cher à plus d’un titre.
Au début, lorsqu’il s'agissait de fonder et d’ouvrir au public le bureau de l'instruction primaire, tout était exigible suivant l’importance de la chose et suivant le gand intérêt qu’on y portait généralement, et partant plus dispendieux pour le surintendant, afin d’initier convenablement son département, et de s’introduire luimême d’une manière influente et utile. De sorte que, pour atteindre ce double objet, il m’a fallu subir toutes ls conséquences de dépenses faites au-dessus de mes imoluments, limités, alors, au montant de ceux accordés à de simples commis, (£375 par an). Pourtant, nes amis savent avec quelle économie j'ai agi en touts choses.
Cependant, il est juste d’observer que je me suis trou. vé, en qualité de surintendant, dans un temps de pénu. rie et de gène où le gouvernement n’était peut-être pas à même de faire pour moi ce que, sans cette malencon. treuse circonstance, il aurait sans doute aimé à faire, pour me venir plus libérelement en aide et m’encours. ger, au moins dans l'intérêt de l’éducation primaire dont j'étais chargé de tracer et de diriger la marche. Aussi, ce n’est pas pour me plaindre spécialement de lui que je relate ces faits, mais bien pour compléter la narration de ceux qui se rattachent à mon administration passée, parce qu’ils sont du domaine de l’histoire. C’est donc comme fait appartenant à l'histoire que l’exposé de cette autre misère trouve ici sa place. Elle a plus ou moins affecté le résultat de mon administration et le sort de ma famille.
Quoiqu'il en soit, ces considérations peuvent paraître un peu intéressées; mais, je suis époux et père de fa. mille. Or, l’on conviendra aisément que l’homme qui réunit ces deux qualités éminemment sociales et si respectées dans le monde chrétien, ne saurait être insensible, ni indifférent, ni tout-à-fait désintéressé ; s’il l’é. tait, il en serait indigne à tous égards.
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