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Les charlatans politiques ayant pour auxiliaires et dupes quelques hommes mobiles et serviles de toutes espèces, étaient sans cesse occupés à déprécier la loi et ses moyens, mon administration et son succès. Or, ces charlatans, hommes pervers que l’on désignait sous le nom significatif d'éfeignotirs, se composaient de deux classes, savoir : les parvenus et les aspirants.
Parmi les chefs-éteignoirs, les parvenus, disposés à tout sacrifier pour se maintenir, et les aspirants, prêts à tout faire pour parvenir à se caser, il en était qui, par la position qu’ils occupaient, soit dans la société ou dans la politique, avaient plus que d’autres les moyens de faire le mal et d’en imposer à leur entourage trop confiant et trop docile. Ils agissaient d’une manière moins sensible et moins perceptible comme opposants aux yeux du public, mais ils n’étaient pas moins intéressés et désireux de le tromper à cet égard comme à tant d’autres, d’une nature chère et essentielle à son bonheur et à sa prospérité.
Parmi les charlatans politiques, il en était d’autres qui n'avaient, pour théâtre de leurs menées, ni la même position, ni le même intérêt pour mobile, mais qui, mêlés à tout ce qui peut agiter le peuple et en remuer les passions mauvaises, étaient certains de trouver toujours des partisans et des complices dans l’opposition, souvent factieuse, qu’ils faisaient impunément à la loi d’éducation, afin d’en empêcher l’acceptation et le fonctionnement ; mais le règne de ceux-ci fut comparativement de courte durée, et, en 1850, la loi était à très peu d'exceptions près, partout acceptée, appréciée et même demandée par le peuple. Appuyé sur ce fait, je m’opposai aux efforts que, de part et d’autre, on faisait pour faire abroger cette
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loi à laquelle néanmoins on ne pouvait désormais rien reprocher que son existence et le triomphe qu’obtenait partout, dans le pays, son fonctionnement paisible et utile. Dans tous.les cas, les opposants avaient bien soin de profiter de tous les moyens offerts, pour l’instruction de leurs propres enfants, et le peuple heureusement de les imiter en cela.
Cependant, les ambitieux, les égoïstes, et les plus intéressés à exploiter toutes les circonstances à leur avantage particulier, et à faire du ministère de l'instruction publique un moyen d’élévation et de profit personnel, n’étaient ni satisfaits de cet état de choses, ni tranquilles. La loi d’éducation, telle qu’elle était, était toujours pour eux uu cauchemar et le surintendant une nuisance dont il fallait se débarrasser, et au plus tôt, L’une et l’autre étaient un embarras dont il fallait se défaire sous un prétexte ou sous un autre, surtout lorsque la politique laissait entrevoir ses besoins et ses exigences. Toujours en quelque part il était alors question de se débarrasser de la loi et du surintendant, surtout du surintendant, et,si le bon sens et le patriotisme ont pu triompher des menées sourdes et perfides qui ont eu lieu à cet effet, ce n’est pas, certes, sans efforts soutenus, sans vigi. lance et énergie proportionnées de la part de la défensive.
De sorte que la durée de mon administration a été chose qui a autant, sinon plus surpris ceux de mes amis qui voyaient un peu à travers le voile mystérieux qui couvraient les intrigues qui se passaient, que le succès qu’elle obtenait tous les jours, d’une manière de plus en plus appréciable et satisfaisante pour eux et pour tous
ceux qui étaient intéressés au bon fonctionnement de la loi.
De sorte encore que, de mon temps, la surintendance de l’instruction publique était rien moins que libre et indépendante des considérations et des exigences politiques, rien moins que sujette à subir le mot d’ordre des partis qui se succédaient au pouvoir, et qu’elle était loin d’être considérée comme permanente et assurée, et ce, bien que Sir Chs. Bagot m'avait promis qu’elle ne serait pas une situation politique. |
Or, le fait seul de cette dépendance et de l'incertitude de la position qui était de nature à opérer, chez moi, un véritable découragement, auquel j'ai dû être constamment et plus ou moins en proie, était un motif puissant d’encouragement, donné aux ennemis de la loi, de ne cesser jamais d’en opposer le fonctionnement par tous les moyens en leur pouvoir. Ce fait était patent et les animait, les enhardissait et les portait à mettre tout en usage pour faire tomber la loi et déchoir le surintendant dans l’opinion.
Puis, il n’y a pas à se dissimuler que cette incertitude de la loi, cette assurance sans cesse renouvelée qu’elle devait être bientôt abrogée, pour faire place à un système nouveau, démoralisait. le peuple, diminuait sa confiance dans la permanence de la loi, et le détournait de faire, sous ses auspices, autant de sacrifices que sans doute il aurait fait sans cela. |
D'un autre côté, il est évident que les éteignoirs, non seulement ne voulaient pas de loi d’éducation, mais encore, qu’ils ne voulaient pas laisser l'instruction se répandre chez le peuple. Ils en craignaient l'effet civilisa-
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teur et salutaire. L’instruction était bonne pour leurs propres enfants, mais elle était dangereuse, suivant eux, pour ceux du peuple ! Sans faire cet aveu généralement autrement que par la pratique, ils avaient bien soin de masquer habilement leur inique projet du voile de l’hypocrisie, en disant qu’ils ne s’opposaient à la loi que parce que, sous ses auspices, les choses ne se faisaient ni assez tôt, ni assez bien, et que l’espèce d’instruction que l’on donnait aux enfants n’était ni assez élevée, ni assez adaptée au besoin. On procédait, suivant eux, trop lentement, et l’on mêlait trop la religion à l’enseignement populaire. ,
Il leur fallait une loi qui opérât comme à la vapeur, et qui fit des enfants actuels un peuple de savants et de philosophes. On a propusé sérieusement à cette fin Pabstention absolue de l’enseignement moral et religieux dans nos écoles primaires, et d’y substituer celui des mathématiques, de la chimie, de la physique, etc.
L'enseignement moral et religieux dans nos écoles primaires, suivant certaines gens, est une perte de temps, et celui des hautes sciences le moyen le plus propre à assurer le bien-être des enfants, en en formant une génération plus intelligente et plus habile.
On a même dit et redit que la pratique de l'enseiguement religieux dans les écoles primaires est contraire à l'intention de la législature et du gouvernement, et que cet enseignement en occasionnant l’établissement des écoles séparées, amenait la dissention et le désordre parmi les parents, et la ruine des bonnes écoles. C’est ainsi que l’on voulait prohiber l’enseignement religieux dans nos écoles, afin de s’y livrer exclusivement à l’enseigne-
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