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ment séculier dans des écoles mixtes et communes. Mais toutes les dispositions de la loi d’éducation prouvent que l’intention du législateur est que l’enseignement moral et religieux ait lieu simultanément dans nos écoles primaires, puisqu'elles tendent toutes à consacrer la liberté d'enseignement, et que pour en faire usage, les intéressés peuvent à volonté établir des écoles séparées ou dissidentes en vertu de la loi.
Sans doute, le ministère du surintendant n’avait pas été institué pour servir une semblable utopie subversive de tous les bons principes, et même des dispositions implicites de la loi.
L'opération de ce système aurait infailliblement conduit an renversement de l’ordre, à l’indifférentisme, au scepticisme, peut-être à l’incrédulité et à l’impiété. Au reste, l'Eglise, qui avait jusqu’à un certain point autorisé les
écoles mixtes en Irlande et en Canada, s’étant aperçue
des graves inconvénients qui en résultaient, avait parlé pour les prohiber à l’avenir. Alors, il n’y avait plus de choix : les écoles séparées étaient les seules permises, et Pobéissance, pour tout bon catholique, était un devoir. D'ailleurs, l'Eglise catholique ne fut pas la seule qui proclama la nécessité des écoles séparées, afin d'y faire donner aux enfants l’instruction religieuse avec toute la
‘liberté nécessaire. L’Eglise anglicane et l’Eglise presby-
térienne en firent autant, et l’on sait ce qui s’est passé à Toronto, en Haut-Canada, à cet égard, au sujet de l’université. L’enseignement religieux, d'après les principes de l'Eglise anglicane ayant été supprimé, l’évêque anglican x établi une université en opposition à l’ancienne, et elle obtient un grand succès parmi ses croyants.
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Cependant, la proposition que l’on faisait de s’abstenir de l’enseignement religieux dans nos écoles primaires avait des partisans sérieux et apparemment consciencieux, même parmi les gens qui font profession de religion, mais qu’une prétention outrée aux idées avancées pousse à une indépendance irraisonnable et liberticide.
Dans toute cette discussion, il n’était question que de l'éducation populaire, c’est-à-dire, de celle qui convient le mieux à la masse des enfants du peuple. Or, l’éducation populaire, c’est l’éducation primaire qui comprend elle-même l'instruction élémentaire et supérieure pratique ; c’est ceile qui doit nécessairement comprendre aussi,comme élément essentiel et naturel, l’instruction morale et religieuse, parce que la morale doit faire partie de toute bonne éducation ; parce que la morale est fondée sor la religion ; parce que la religion est fondée sur le christianisme, et que le christianisme est le principe primordial et la base nécessaire de toute bonne éducation.
Or, il est impossible que les enfants qui fréquentent les écoles publiques, qui y passent la plus grande partie du jour, qui y reçoivent de leurs maîtres respectifs des tâches qui doivent les occuper exclusivement pendant la veillée, puissent trouver, au foyer domestique, le temps de s’instruire des préceptes de l’Evangile et de la morale, à un degré sufisant pour leur bien et pour celui de la sgciété dont ils sont destinés à faire bientôt partie. Ces enfants ne peuvent être à leurs parents ni leurs parents ieux suffisamment pour cette fin, comme ils le seraient éciproquement, s'ils n’étaient pas tenus d’aller aux toles établies pour s’instruire.
Puis, si les parents avaient le temps de donner à leur enfants l’instruction religieuse, auraient-ils la volonté, la patience, et surtout la capacité de le faire convenable. ment, suivant le besoin ? Assurément non, au moins quant à la très grande majorité des parents.
Ceux donc qui tiennent au christianisme, et partant à la religion, doivent, en y réfléchissant davantage, se persuader aisément que l'enseignement moraket religieux est indispensable dans les écoles primaires comme dans les institutions classiques, et que, autrement, nous n’a rions plus aucune garantie pour la conservation deh foi et de la moralité du peuple.
Toutefois, il est juste d’observer ici que les opposants à la loi d'éducation ne sont pas les seuls dont les actes et la conduite aient entravé le fonctionnement de la loi d’e. ducation. Les défauts et les lacunes de cette loi, et les obscurités qui en résultent en quelques endroits, ont aussi été cause de grandes difiicultés qui ont été très difficiles à surmonter entièrement.
Les intérêts locaux, les petites jalousies, Les antipathies personnelles et les passions mauvaises ont aussi été l’occasion fréquente de discussions et de contentions entre les habitants eux-mêmes qui ont rendu le fonctionnement de la loi difficile en quelques endroits, surtout lorsqu'il sgissait de faire choix d'uñe place convenable pour servi de site à une maison d’école. Mais, lorsque ces diffcultés et ces embarras ont été liissés à ma décision, Ja réussi généralement à les applanir bientôt, presque tou Jours à la satisfaction des partis engagés dans la conten tion ou disposés à le devenir. Il n’y avait que le mau vais vouloir, l’opiniâtreté et les mauvais conseils quire
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Au reste, quelles sont les affaires d’un intérêt commun, où le sacrifice des opinions est demandé, où la contribution pécuniaire est exigée, où le désintéressement est nécessaire, qui n’excitent pas les petites passions, et n'occasionnent pas quelques désordres, quelquefois assez graves ? Le concours parfait et immédiat de toutes ces choses est généralement difficile à obtenir. Rien de surprenant donc que la loi d'éducation, qui exige tant d'abnégation, tant de sacrifices de toutes espèces, n’ait souvent été, par le fait, la cause de nombre de difficultés plus ou moins sérieuses, plus où moins difficiles à surmonter. Mais, ces difficultés ne sont pas une preuve de mauvais vouloir, ni d’indifférence de la part des habitans i égard de Plinstruction de leurs enfants, ni une opposition offerte à la loi qui leur a été donnée pour les aider à leur en procurer le bienfait.
D'ailleurs, ci-suit ma première circulaire où l’on verra que si, d’un côté, je comptais, pour le succès de mon administration, sur la bonne volonté et la coopération des intéressés dans le fonctionnement de la loi d'éducation de 1841, je prévoyais les difficultés qui devaient surgir, tindiquais la pratique des moyens exceptionnels propres à les surmonter.
Après avoir publié et distribué ma première circulaire, qui fut comme la proclamation de cette loi, le 26 Mai 1842, je partis, moins pour visiter les écoles établies et entretenues volontairement par les intéressés, moins pour en établir régulièrement par tout le pays suivant la bi, que ponr aviser aux moyens d’en y établir utilement
comme on le pourrait, toutefois en se prévalant, autant q que possible à cet effet, des dispositions de la loi et en les expliquant d’une manière libérale et pratique, pour en atteindre sûrement le but. Cette visite avait encore pour objet de consulter les amis de l’éducation et de s'entendre avec eux sur les dispositions d'une nouvelle loi plus praticable, et surtont plus agréable à la population toute entière. Le but de la loi étant bon et désiré partout, je crus que l’important était de l’atteindre pour le bien des enfants du peuple, et ce, nonobstant quelques défauts de forme et quelques irrégularités inévitables, dans l’accomplissement des conditions que prescrivait cette loi, parce qu'elles étaient en grande partie inexécutables.
Le clergé de toutes les dénominations religieuses, les autres amis de l’éducation primaire, le gouvernement et le parlement comprirent parfaitement les choses, et se montrèrent très généralement bien disposés à suivre mes recommandations. J’ai déjà fait allusion aux lois d’exceptions passées unanimement pour légaliser les pratiques que j’avais fait adopter et les octrois que j'avais subséquemment obtenus, en vue du but de la loi atteint.
La presse aussi, anglaise et française, de toutes les couleurs politiques, surtout dans les districts judiciaire: de Montréal, de St. François et de Sydenham, se montra partout très favorable à mon administration et pleine de bienveillance àmon égard. Le “Sherbrook Gazette”, J’Ottawa-Advocate ”, puis ‘ l’Ottawa-Tribune” se sont signalés en ce sens de la manière la plus obligeante.R Mais je ne produirai à l’appui de ce fait, cité à l’honneur du pays,que les remarques des quelques journaux français
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qui me tombent à l'instant sous la main. Ces remarques, ainsi que les autres auxquelles je fais allusion, réunies, sont l’expression libre et franche de l’opinion de toutes ls origines et de tous les partis. Aussi, leur coopération fit-elle spontanée et très efficace à promouvoir la bonne use.
D’un autre côté, ces remarques donnent une idée des mincipes de la loi d'éducation de 1841, et des difficultés qu’il y avait à les faire fonctionner régulièrement. Sous æ rapport, au moins, j'ai raison de considérer ces remarques comme devant intéresser le lecteur. Au surplus, elles sont du domaine de l’histoire, et si elles n’avaient ms ce caractère indépendamment de ce qui me regarde krsonnellement, je les abandonnerais entièrement, avec ant d’autres faites dans le même esprit, à la seule apméciation d’autrui.