‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 101 sur 116 · MAS · texte numérisé non relu

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spécialement proposé de publier un journal d'éducation, et demandé les moyens d'établir, dans chaque comté, une maison d'éducation supérieure dite académie, et une école normale divisée en deux branches distinctes et séparées, dont l’une pour les protestants et l’autre pour les catholiques, et placées chacune centralement. Dans ce rapport, on voit aussi combien j'insiste sur l'importance de mettre de la méthode et de l’'uniformité dans l’enseignement, et partant dans l'usage des livres d'école.

Dans ces rapports et dans mes rapports, précédents, et dans plusieurs de mes rapports suivants, j'ai renouvelé ces demandes, «et la demande que les instituteurs des écoles-modèles fussent autorisés et encouragés à former de leurs élèves des maitres pour l’enseignement, de manière à pouvoir subir un examen satisfaisant devant l'un des bureaux d’'examinateurs. Voir à ces sujets, et spécialement, mon rapport du 11 mars 1848, depuis page 8ÿ à page 96.

C'est surtout dans ce même rapport et dans les précédents ane ekrasomounnde dettes lo titre meute le etats de 7 à 14 ans, av lieu de 5 à 16 ans, comme il était dans laloi, ce qui, ajouté à la contribution suivant la valeur des propriétés imposables, rendait le montant total des deux contributions locales trop onéreux pour la plupart des contribuables, et les portait à se plaindre de la loi.

J'ai donné, dans ce même rapport du {1 Mars 1848, une ample explication des principes de la loi de 1846 en opposition aux attaques incessantes que, de tout côté, les malveillants, les opposants, et surtout les charlatans politiques dirigeaient contre elle, à l'envie les uns des autres. On voit aussi, dans ce rapport, une réfutation de plusieurs systèmes d'éducation proposés par les spéculateurs en ce genre, et un appel fait aux visiteurs pour les porter à m'aider à soutenir la lutte engagée dans laquelle je ne me sentais pas assez soutenu, el ce, d'autant moins que les chefs agitateurs semblaient circonvenir à la fois le peuple et le gouvernement.

Quelques mois auparavant un homme influent, l'un des chefs de l'opposition faite à la loi d'éducation, s'étant mis à la tête d’un grand nombre d'habitants de Hanoraie, paroisse sise à près de 15 lieues de Montréal, vint à la porte du bureau du gouverneur général (!}et demanda à lui parler en leur nom. C'était pour se plaindre de la loi d'édmeation et de la nomination d'un corps de commissaires d'école que J'avais faite pour cette paroisse quelques jours auparavant. Lord Metcalfe parut à sa fenêtre, et dit avec calme à la foule pré sente que cette loi était bonne, que la nomination que j'avais

faite était légale et convenable, que l'une et l'autre étaient dans l'intérêt de leurs eafanits, et qu'il n'avait qu'à les prier de s'y conformer et de se isperser tranquillement,

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Je m'abstiens de désigner plus spécialement ici ces chefs d'opposition, par considératiou pour les hommes respectables et bien intentionnés dont ils avaient abusé de la bonne foi et de la confiance, et presque fait des complices, dans une agitation aussi déloyale et préjudiciable à l'éducation que coupable et scandaleuse.

Cependant, je dois en toute justice ajouter que plus tard, plusieurs de ces principaux opposants ayant reconnu leur tort à cet égard, se sont montrés amis de l’éducation et ont fait des sacrifices et des efforts pour la faire répandre dans le pays. D'ailleurs, nous avons déjà fait allusion à ce fait qui fut pour le pays un bien, et pour les amis de la paix et de l'éducation une grande consolation. .

Mes rapports du 11 Mars 1848 et ceux du 25 Mars 1851 sont ceux auxquels on peut référer spécialement comme preuve de l'attention constante et de l’empressement avec lesquels j'ai recommandé les amendements et ajoutés qu’on devait faire à la loi: de 1846, et l’on peut voir par les lois de 1849 et 1851, que ces rapports ont été suivis chacun d’une loi d'amendements, comme aussi que les choses que, dans l'intérêt de l'éducation, j'ai demandées avec tant de sollicitude et d’instance, ne m'ont été accordées que petit à petit, pièce à pièce, et comme pour se débarrasstr de mes importunités, et apparemment pour ne pas trop déplaire au parti de lopposition qui avait dans le parlement des hommes intéressés à l'y représenter à cet égard, et l’on sait que quelques-uns Pont fait assez ostensiblement, surtout en 1848, 1850, 1853 et 1854.

On fit lincroyable, surtout pendant les deux dernières années, pour me rendre la position impossible. Tenu constamment dans la gêne par la modicité de mon salaire, je l'étais encore plus dans le bureau, par le défaut d’auxiliaires en nombre proportionné au travail t'au besoin. (1)

Désespérant, souvent, d'obtenir tout ce que je demandais, j'insistais davantage sur l'octroi des parties principales, et, craignant que le philosophisme qu’on voulait introduire dans les écoles n’y fit un jour son entrée et ses ravages, je recommandais instamment aussi la pratique de l'enseignement moral et religieux dans nos écoles primaires, et je voulais pourvoir à ce que nos instituteurs fussent formés pour cette ‘âche, à des institutions convenables, suivant les besoins connus et sentis et les exigences relatives, en leur donnant des bureaux d'examinateurs, et des écoles-normales séparées. Car, ee n'est pas asssez d’avoir la liberté d'enseignement, et le droit d'en faire usage suivant les préceptes de l'Eglise et Ia dictée de la conscience ; il faut encore que les instituteurs qui sont destinés à remplacer, dans les écoles, les parents et l'Eglise, soient formés de manière à ne rien laisser à désirer,

1) Voir les lettre de M. le secrétaire provincial en réponse à plusieurs de mes demandes,

encore moins à craindre à l'égard de la foi, autrement les enfants ne devraient pas leur être confiés.

Or, dans un pays comme le nôtre, où les habitants sont hétérogènes, où il existe plusieurs croyances religieuses distinctes et séparées, chaque Eglise peut tenir le même langage relativement à l'éducation des ses enfants; et dans ce cas, l'Etat doit respecter sa réclamation, —c'est-à-dire, qu'il doit lui laisser la liberté d'enseignement et les moyens d'en faire usage sans distraction ni restriction aucune.

C’est ainsi que j'ai fait la 50e clause de la loi de 1846, et qu'au 10e défaut de cette loi, signalé dans mon rapport de 1848, j'ai demandé qu'une école normale fût établie en deux branches séparées, dont l'une pour les protestants et l'autre pour les catholiques. La chose fut accordée d'une manière tacite, au moins, par la loi de 1851, dites des inspecteurs, parce qu'ils ont été nommés en vertu de cette loi; mais on s'opposa, nonobstant, à l'établissement d'écoles-normales séparées, au moine établies suivant les principes que je proposais pour leur'gouverne. | . Cet établissement, commencé avec difficulté pendant les dernières années de mon administration, fut complétépres de deux ans après mon départ du bureau de l'édueation, et J'ai eu la satisfaction de voir qu'en le faisant, on a mis en pratique les principes que je proposais.

-Les écoles-normales sont divisées en écoles catholiques et en écoles protestantes, et, pour les catholiques, elles le sont encore en écoles de garçons et.en écoles de filles, séparées. Le fait est que le clergé catholique n'aurait jamais accepté les écoles-normales sans cette distinction et division: nécessaires

pour le maintien de la foi et des mœurs des élèves et des

maîtres. 6 ‘

Il est cependant à remarquer que, malgré l'opposition que l'on fit alors à l'établissement d'écoles-normales séparées. elles existent aujourd’hui et fonctionnent séparément.

Non seulement les écoles-normales catholiques sont établies d'après ces principes, dans le Bas-Canada, mais encore, elles sont pourvues de Chapelains, hommes distingués qui les dirigent d’une manière admirable.

Ces faits sont un triomphe obtenu sur l'objection faite à cette pratique; c'est le triomphe éclatant d'un principe sur la théorie, d’un droit sur l'empiètement.

En effet, la liberté de conscience comprend nécessairement la liberté de l'enseignement moral et religieux sans gène ni entrave aucune, .et, à moins d'avoir des écoles-normales séparées pour y former Les instituteurs, les parents de croyances religieuses différentes et opposées ne pourraient exercer ce droit indéniable, sans être généralement exposés à des inçon-

vénients bien graves et bien préjudiciables à la morale indivi-

duelle et publique. En effet, comment peut-on. sans morale ni religion, faire Le bien et éviter le mal, et comment peut-on

espérer de pouvoir pratiquer l'un et éviter l'autre, sans avoir eu les principes saiutaires de l'Evangile inculqués avec soin dans l'esprit, dès le bas âge ? Or, c'est à l'école et dans nos autres établissements d'éducation qu'on pourra inculquer ces principes d'une manière régulière et profonde dans l'esprit de la jeunesse.

Mais ce n'est pas avec le peuple que j'ai eu à combattre à ce sujet, et il va sans dire que ce n'est pas non plus avec le clergé, puisque son devoir, qu'il n'a jamais méconnu ni négligé de remplir, aété d'invoquer la liberté d'enseignement et d'en exercer le droit, dans toute la plénitude, en faveur de ses ouailles.

C'est ainsi que, dans le Haut-Canada, le clergé catholique ayant réclämé l'exercice de ce droit, et le surintendant de l'éducation s'y étant opposé, il en est résulté de grandes difficultés. (1)

Notre loi d'éducation autorisant l'établissement et le maintien d'écoles dissidentes ou séparées, est infiniment préférable, sous ce rapport, à la loi d'éducation du Haut-Canada qui n'a reconnu que tard, et d'une manière imparfaite, ce droit juste et légitime, et dont la jouissance est nécessaire pour le maintien de l'ordre public et de la tranquillité de conscience.

L'opposition que la loi d'éducatien a rencontrée n'est pas venue du clergé ni du peuple proprement dit, puisque l'un et l’autre veulent l'éducatron de la jeunesse, etque l'un et l'autre ont, par la loi, le droit de lui en procurer le bienfait, en toute liberté de conscience, sous le rapport morai et religieux, suivant le besoin spécial qu'elle en a, en accord avec sa foi, son âge, $on aptitude et so’. legré d'avancement. Cette opposition est venue d'autre part, et la partie du peuple qui y a contribué n'a généralement été que l'instrument aveugle d'hommes ambitieux et intéressés à empêcher le fonctionne ment de la loi.

Mais, comme nous l'avons déjà fait observer, la plus grande preuve du bon vouloir et de la coopération active et zélée du clergé et du‘peuple pour répandre l'éducation, sont les soinmes énormes qu'en nombre de paroisses les curés et les habitants ont formées simultanément pour l'établissement, au milieu d'eux, d'écoles modèles, de couvents enseignants, de maisons d'éducation dites académies, et de colléges industriels, ainsi que de bibliothèques publiques. Tout cela est fait sous les auspices de la loi des écoles primaires qui, par l'influence et

(1) Les catholiques du Haut-Canada sont au nombre de 288.000, près de 100,000 de plus que les protestants du Bas-Canada, qui sont au nombre de 165,000, et, cependant, on est loin d’avoir fait pour les catholiques du Haut- Canada, ce qu'on a fait avec tant de libéralité pour les protestants du Bac- Canada, relativement à la liberté d'enseignement et aux moyens d'instruction. Les catholiques du Haut-Canada, n’ont pas comme les protestants du Bas, d'écoles normales à eux, et il leur est tres-difficile d'établir et de maintenir sur un bon pied des écoles primaires séparées, faute de moyens.

les sacrifices des amis de l'éducation sur les Lieux, a donné par tout le pays le goût del'éducation et l'impulsion pour faire ces établissements auxquels, sur ma demande et par mon entremise, le gouvernement « contribué libéralement. Je me suis toujours fait un devoir d'encourager les amis de l’éducation à faire ces grands établissements, parce que je les considère comme étant les plus propres à donner à la jeunesse le complément de l'espèce d'éducation dont elle a le plus de besoin.

D'après le plan que j'avais proposé à cet effet, on réunissait l'influence et les moyens du clergé, des fabriques, du gouvernement et des autres amis de l'éducation, et des maisons d'éducation supérieure s'élevaient comme par enchantement, surtout dans les campagnes. Elles étaient ainsi promptement érigées et offertes à la jeunesse, avide de les utiliser pour s'instruire.

Ce plan que, d’un côté, on n’a pas compris d’abord, mais qu'on à honorablement exécuté plus tard, et dont, d’un autre côté, on a blâmé et voulu empêcher l'exécution, consistait en un octroi fait invariablement aux commissaires d'école de paroisse, pour aider à la construction ou réparation de maisons d'éducation supérieure sur des terrains appartenant généralement aux fabriques, mais dans tous les cas, transportés par elles ou par tout autre propriétaire, aux Commissaires d'école par un acte notarié, pour l’objet de l'éducation sous leur contrôle et sous celui de leurs légitimes successeurs en office à perpétuité, conformément à la 25e clause de l'acte 9 Vic. ch. °7, ou de toute autre loi le remplaçant pour en atteindre le mème but, avec le droit réservé à la fabrique d’user du réméré, lorsqu'elle le jugera à propos, aux fins de reprendre le terrain ainsi transporté, avec les maisons et autres bâtisses dessus construites, à la condition de remettre aux dits commis-

saires d'école ou à leurs légitimes successeurs, tout le montant,

de l'octroi fait pour construction ou réparation d’icelles, et aussi tout le montant des contributions faites en vertu du dit acte pour le mème objét. Voir mon rapport du 16-Juin 1851, sur ce sujet.

D’après ce plan, parfaitement légal et d’une exéeution facile la possession de tout ce qui provient des ressources de la loi d'éducation est assurée aux commissaires d'école, les organes de la loi d'éducation sur les lieux, et tout ce qui provient des fabriques et des autres amis de l'éducation qui leur font des dons pour la répandre, comme l'ont fait si généreusement les curés, reste acquis aux fabriques, qui peuvent le réclamer, si celles le jugent à propos, pour en faire usage séparément pour le mème objet. En vertu de ce plan, que de savants jurisconsultes ont dit être ingénieux et heureusement conçu, les parties contractantes ont chacune leurs droits réservés et garantis, et leur part de contribution utilisée dans ces établissements éminemment avantageux à la jeunesse. Nous voudrions les voir bien nombreux.

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Or, il est notoire que les fabriques, qui sont cornposées cha. cune de lévèque diocésain, du curé et des contribuables représentés par marguilliers, élus par eux pour celle fin, et qui constituent Li un corps civil et politique pour ka régie des biens temporels de l'église, ne peuvent transporter sous forme de prêt ou d'aliénation absolue les propriétés dont elles sont dépositaires, sans la coopération et l'autorisation formelle de l'évêque diocésain et du curé de la paroisse, Donc, däns les établissements faits en vertu de ce plan, le clergé et le peuple ont bien montré qu'ils sont amis de l'éducation, et disposés à utiliser tous les moyens légitimes mis à leur disposition pour la répandre. Donc, ils ont bien mérité à cel égard, et méritent notre reconnaissance.

D'ailleurs, dans l'exécution de ce plan, tout porte à l'accord et à l'harmonie entre les parties intéressées dans la pratique des moyens propres à répandre l'instruction dans le pays, et, quels qu'aient été les efforts qu'on à faits gour empècher la réalisation de l'objet que j'avais en vue en Le proposant, il n'y y eu, de mon temps, qu'une seule paroisse dont la fabrique à fait usage du réméré, et encore ne l’a-t-elle fait qu'à regret, et à l'égard d’un seul des deux établissements d'éducation supérieure qui y ont été faits, pendant les deux dernières années de momadministraiion.

En 186%, quelquesidifficultés étant malheureusement sur venues en Ja paroisse Ste, Anne de Yamachiche, eutre les autorités scolaires et les Dames de la Congrégation y établies pour prendre la direction de l'école de filles, la fabrique de cetté paroisse, pour mettre fin à ces difficultés, exerça le réméré à l'égard du couvent bâti d'après ce plan, et qu'elles occupaient sous le contrôle de la loi d'éducation. Ce couvent est maintenant la propriété de la fabrique de cette paroisse. Il en est généralement ainsi des anciens couvents établis à la campagne dans le Bas-Canada, et ce fait prouve que le clergé a proposé de faire ces établissements d'éducation.

A St. Laurent de l'ile de Montréal, on à commencé, à ma demande, lexécution de ce plan pour faire deux établissements d'éducation. dont un pour les filles et l'autre pour les garcons; celui-ci sous le nom de: ‘ Académie industrielle.” L'ordre religieux qui en fut chargé ayant été incorporé plus lard, sous le nom de collége, la fabrique le substitua à tous ses droits et obligations envers les commissaires d'école de la paroisse, et cet ordre religieux avant jugé à propos, en sa qualité de corps civil et politiqué, acquis en vertu de son acte d'incorvoration, d'exercer le réméré, la fait en remettant

aux commissaires d'école tout ce à quoi ils avaiont droit, es-qualité, conformément à l'acte notarié passé entre-eux et la fabrique, ct ce même ordre religieux possède anjourd'hui, en qualité de substitut de la fabrique, le même établissement connu sous le nom de collége de St Laurent: mais conformément an bat de l'établissement primitif, le plan industriel

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