‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 110 sur 116 · À MESSIEURS · texte numérisé non relu

À MESSIEURS

L'acte d'éducation, 9 V., ch. 27, ayant été amendé» par un 1 acte passé dans la dernière session du parlement, il devient

| de mon devoir de le promulguer, et d'engager tous mes conci- 1 toyens, tous les amis de l'instruction populaire, tous ceux surtout à qui il est dévolu de contribuer à son fonctionnrement, de ne rien épargner pour le faire d’une manière aussi | généralement utile et satisfaisante que possible,

ln Cependant Vintérêt de la chose est maintenant si bien | connu, Si fortement senti, que je suis par le fait heureusement | dispetisé d'énumérer ici toutes les considérations pressantes, A tous les motifs puissants qui doivent nous porter à concourir

assidèment au bon nethnastaent de ces deux lois.

Fr | ‘ C'est urie maxime reconnue dans tous les siècles et consa-

crée dans les écrits de tous les sages, que pourvoir à l'éducation de la jeunesse est le premier devoir Ge l'individu, du bon père

hi de famille et de l'Etat L'histoire et l'expérience, d'accord

sidèreront souvent l'importance de l’œuvre dont ils sont.

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avec ce principe, nous montrent que les pays dont les habitants sont à l'intérieur les plus forts, les plus prospères.et les plus heureux, (ont le commerce social est lé plus agréable, et'qui som les plus respectés et les plus influents au dehors,fsont ceux qui sont le plus généralement instruits.

Mettez un enfaut dans la bonne voie, el, quand il avancer en âge, il ne s'en écartera pas, dit le sage Salomon. Or, il n’est personne qui ne répète cet.antique adage avec une entière conviction ; personne qui ne trouve dans la bonne éducation de la jeunesse la plus forte garantie de morale individuelle et

blique, de succès dans, les affaires, et de bonheur social.

ourquoi donc l’état de l'éducation populaire est-il encore généralement si peu prospère en Canada, comparativement à ce qu'il est chez nos voisins des Etats-Unis de l'Amérique ? Pourquoi donc le peuple du Canada, si supérieur à ses ançètres sous le rapport de la civilisation et des idées généreuses, ét voisin d'un peuple si avancé dans les arts et les sciences, dans l’agriculture, daus le commerce et dans tous les genres d'industrie profitable, n'est-il, pas encore complétement affranchi de l'ignorance et du pédantisme des petites écoles ? C'est qu'on perd trop de temps en vaines discussions, et qu'on s'occupe de tout, excepté, à un degré suffisant, de la régénération intellectuelle et morale du peuple en ce pays ; c'est que souvent on s'occupe trop d'établir des écoles, sans prendre les moyens les plus propres à n’établir que de bonnes écoles, ni ceux de ne se procurer que de bons instituteurs et de les rémunérer convenablement de leurs importants services.

Il est vrai que les hommes n'ont été d'accord ni sur les principes d'éducation et d'instruction, ni sur les moyens d’en

rocurer le bienfait à la jeunesse. Chaque peuple, cn pourrait

ire chaque individu, à eu ses idées et ses lois sur la pédagogie, soit qu'il s'agit d'éducation domestique ou d'éducation publique.

Mais comme partout chez les peuples civilisés, les amis de l'éducation, en opposition d'idées et de moyens y relatifs, en ont fait réciproquement l'abandon, pour contribuer à la base d'un système ayant pour objet l'éducation universelle ; nous devons à leur exemple mettre généreusement. de côté nos prédilections, nos opinions individuelles, je.-dirais même nos

réventions et nos préjugés, pour n’envisager que la somme

e sacrifices, d'efforts et d'influence dont le concours unanime est nécessaire pour atteindre sûrement ce but si important, si éssentiel à la prospérité et au bonheur du pays. , Cest donc pour moi un devoir de turn de conjurer iustamment tous mes concitoyens, de quelque origine, de quelque opinion, de quelque crdyance religieuse qu'ils soient, de vouloir contribuer, par tous les moyens en leur pouvoir, à faire fonctionner utilement les deux lois d'éducation maintenant en force, pour atteindre ce but si désirable dans Fintérèt. moral et matériel de tous.

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Cependant, soyons justes, et convenons que le nombre des hommes de bien qui voudraient perfectionner notre système d'éducation, et mettre de bonne foi en pratique les dispositions

législatives et les moyens qui nous sont donnés pour cette fin,

est considérable ; que leur voix patriotique retentit à toutes les oreillés, qu'on commence à les écouter, et que le gouvernement s'occupe sérieusement de l'instruction du peuple : la nouvelle loi d'éducation amendant l'acte 9 V., ch.27, et celle passée dans la dernière session du parlement, affectant la somme de £100,000 pour aider à la propager, à même le fonds dés terres de la couronne, aussitôt qu'il se montera à £50,000, en sont des preuves. Il veut l'instruction universelle, il veut améliorer l’enseignement et le sort des instituteurs, et s'assurer de leur éducation, au moyen de l'examen qu'ils devront subir prochainement devant l’un des bureaux d'examinateurs. Espérons. donc ‘que rien maintenant ne s'opposera à la réalisation de ces beaux projets ; espérons surtout que MM. les examinateurs et les commissaires d’école s’efforceront de faire mettre de la régularité dans l'usage des livres d'école, de l’uniformité dans l’enseignement, du zèle et de la stabilité dans la pratique dés moyens d'instruction, de surveillance et de discipline ; et que, de leur côté, les instituteurs mettront tous du dévouement à se qualifier convenablement, à remplir fidèlement les devoirs de leur état, et qu'ils ne croiront pas avoir fini leur tâche quand ils seront parvenus à faire lire, écrire, calculer et réciter le catéchisme et les prières à leurs élèves, mais qu'ils chercheront constamment à agrandir la sphère des connaissances et le développement de toutes les facultés de ceux qu'ils dirigent, en leur inculquant, d’une manière systématique et graduée, suivant leur âge et leur degré d'avancement, les principés des connaissances usuelles. Car les commissaires d'école, les instituteurs et les parents comprendront facilement que l'éducation de la jeunesse, pour être essentiellement morale et chrétienne, pour être véritablement solide et pratique, né doit pas lui être donnée trop rapidement, ni au moyen de l’enseignement simultané. de trop de branches d'instruction à la fois. Pour l’acquisition des principes, il faut à la jeunesse de la méthode, du soin et

du temps, et pour l’accoutumer à en faire l’appl' ut du raisonnement, de la réflexion et des ex ui apprennent à la fois à mettre de l’ord de l'intérêt dans ses actions. Il faut, pa sc év. or à

cet etfet tout ce qui pourrait causer de |. nbarras ;aire naître des difficultés, créer de la confusion dans son esprit, et établir des doutes dans ses opérations. :

Mais, pour s'acquitter utilement de cette tâche difficile, il faut que l'instituteur soit instruit, méthodique, diligent, exemplaire, je dirais même sympathique. Car l’instituteur incapable d'apprécier convenablement la hauteur de la mission honorable et toute de confiance dont il est chargé, de se

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soumettre volontiers à ses devoirs et de remplir fidèlement ses obligations, manquera son but, quels que, soient d'ailleurs: les lois d'éducation et les règlements scolaires ; et ce, pour cette raison toute naturelle et toute simple, c'est qu'on ne peut enseigner ce qu'on ne sait pas, et que linstituteur et paresseux, immoral, formera des sujets semblables. à Jui, j

On prétend souvent que ceux qui enseignent les autres ont une instruction suffisante, s'ils sont au fait de ce qui est rigoureusement nécessaire pour tenir leur classe: Cela serait vrai, si ceux qui enseignent les autres étaient de simples moniteurs d'école, enseignant sous la surveillance immédiate d'un instituteur habile et actif, mais ils sont plus que cela.

Le devoir des instituteurs ne se réduit pas à communiquer à la jeunesse certaines connaissances superficielles dont le soin de les faire approfondir est dévolu à d'autres personnes ; ils ont la mission de faire profiter leurs leçons au développement harmonique de la totalité des facultés humaines, au physique et au moral; ce qui suppose une capacité intellectuelle-et uné sollicitude qu’on ne saurait rencontrer ensemble à un degré suffisant chez un homme peu instruit.

a.fermeté de caractère, la solidité dans les principes, et Ia certitude et la sagesse dans les actions, si nécessaires’ au chrétien, à l’homme d'affaire, à l'homme d'état, dépendent en grande partie de son éducation. Sa constance dans la bonne voie, dans la pratique des vertus, sa prudence dans l'exercice de ses droits, sa fidélité dans l’accomplissément de ses devoirs, et son habileté et son succès dans la vie active, en sont le résultat. ILest donc très-important de diriger l'éducation de la jeunesse de manière à la rendre moralement et physiquement forte, réfléchie et capable, et à me pas la laissez sujette-à être chaque jouren proie à cette faiblesse, à cette flexibilité de:caractère, à cette mobilité, à cette cruelle incertitude qui en font le Le eh jouet de tous les événements, de tous les individus qui l’atteignent tour à tour.

Pour éviter cet état de choses qui, lorsqu'il a lieu, fait le malheur et la honte des individus et des peuples, il importe beaucoup de donner des directions aux instituteurs. Or, ils en ont déjà eu, dont ils ont pu tirer parti dans l'intérêt de éducation populaire, que je leur ai données dans mes circulaires, émanées à diverses époques, depuis que je suis en office, et: surtout dans celles Nos. 9 et 11, et je dois les y référer avec confiance.

Mais, outre cela, il faut encore Le concours actif et persé vérant de tous les amis de la cause, surtout celui du clergé, des visiteurs et des commissaires d'école. Ilreste, par conséquent, à ces hommes distingués qui s'intéressent au progrès de l’instruction populaire dans le: Bas-Çanada, un grand devoir à remplir, mais dont ils ne comprendront bien toute limportance, toute la portée, et toute lobligation, que dans son accomplissement fidèle et constant.

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Ils. le ferout avec un redoublement de zèle et de dévouement pour le plus grand succès d'une aussi belle cause.

D'ailleurs, çe sera le moyen d’épargner aux habitants une législation plus coercitive; et. une contribution: additionnelle pour subvenir aux dépenses qu'entraînerait une lai, d'éducation dont le fonctionnement serait confié entièrement à des autorités stipendiaires.

La loi amendant l'acte d'éducation 9 V. ch. 27, le fait d'une % manière à ne pas en altérer les principes'et à n’exiger des contribuables, des commissaires d’école-et des instituteurs; dans l'exercice de leurs droits et dans l’accomplissement de leurs devoirs respectifs, rien qui puisse les obliger à dévier essen: tiellement de la marche qu'ils ont suivie depuis trois ans, lorsque, fidèles à l'esprit de la loi, ils ont franchement fait tout ce qui était en leur pouvoir poux.en atteindre le but.

La loi amendant la: 9e. V., ch. 27, da rend généralement plus claire et plus forte, sans la faire plus arbitraire ni plus coercitive. Au contraire, en donnant plus de certitude au fonctionnement de Ja Je. V., et une plus forte garantie d’un bon résultat général, la loi lamendant lui imprime un caracfère de libéralité et de hienveillance qu'elle n'avait pas avant. Par exemple, elle rend les membres du clergé éligibles sans exiger la qualification en propriété voulue par la üle clause de la 9 V., et, tout en rendant son fonctionnement partout nécessaire, elle donne aux contribuables le pouvoir, pendant le premier mois de l'année scolaire, de fwmer la somme requise par contributions volontaires, et aux commissaires d'école le droit de former ainsi par arrondissement la part de la somme voulue par la loi, lorsque les h°'itants, bien disposés, auront préféré de la former par contribution volontaire.

.De plus, les commissaires d'école pourront faire contribuer les habitants à la construction de maisons d'école, soit par municipalité ou par arrondissement, suivant le besoin et les circonstances, et lorsqu'il s'agira de fixer les limites des arrondissements, et le site d’une maison d'école, les contribuables qui pourreient. par ces procédés, être lésés, auront le droit d'en appeler à la décision de trois visiteurs non commissaires d'école et du surintendant de l'éducation.

En sus de leur cotisation pour écoles, les habitants. ne seront tenus de payer le taux par mois que pour leurs enfants résidants qui seront de 7 à 14 ans. et auront en même temps le droit d'envoyer aux écoles, en payant le mème taux, toits leurs enfants de à à 16 an: ce qui est un grand avantage,

D'ailleurs ils n’ont rien à payer de plus pour écoles, dans

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