‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 29 sur 116 · RL A · texte numérisé non relu

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D'ailleurs, on ne remarque peut-être pas assez que pas moins de quatre évèques ont successivement contribué, ainsi que leur clergé respectif, à établir cette fondation sur des bases solides et durables sur lesquelles elle repose, nonseulement en secondant puissamment les vues de M. Brassard, mais encore en allant bien au-delà. Ge fait honorable ne diminue en rien le mérite de ce généreux ami de l'éducation.

Les successeurs de ces quatre illustres évêques n’ont jamais, non plus, cessé un instant de préconiser le collège de Nicolet et de le secourir dans le besoin, suivant leurs moyens. Is lui ont donné dans l’occasion, comme aux autres institutions de ce genre, leur appui éclairé, et n'ont reculé devant aucun obstacle pour en assurer l'existence effective et utilitaire. Si l’on peut dire que ce fait est à la louange de ces institutions et à celles de leurs élèves et amis, l'on peut dire aussi qu'il est à l'honneur de l’Episcopat Canadien de l'Eglise Catholique. D'ailleurs, le collége de Nicolet a donné cinq évèques à l'église,

M. Louis Marie Brassard, né à Québec le 19 de décembre 1726, y fut ordonné prètre le 27 décembre 1749, et, après avoir vicarié pendant environ cinq ans à Charlesbourg, fut envoyé à Nicolet dont il fut le digne curé jusqu'au 27 décembre 1800, jour. où ii mourut à l'âge de 74 ans.

En 1391, étant devenu infirme et presque incapable de remplir les devoirs de sa charge, il obtint de Mgr. Hubert, 9e évêque de Québec, un assistant, et M. Alexis Durocher, élève du séminaire de Québec, lui fut envoyé comme curé d'office et comme exécuteur de ses dernières volontés pendant son vivant. M. Brassard étant décédé en 1800, comme nous venons de le voir, M. Durocher fut son successeuràla cure de Nicolet depuis cette année jusqu'à 1806. ke

Dès 1797, M. Brassard avait légué à Mgr. Denault, successeur de Mgr. Hubert, une belle terre et une maison qui en dépendait pour y établir une école française permanente, à peu de choses près sur le pied de nos écoles modèles actuelles. Mais, son testament se trouvant nul, faute de formalités suffisantes, M. Pierre Brassard, d'honorable mémoire, voulant que, nonobstant, les volontés de son frère fussent exécutés, céda généreusement tous ces droits à Mgr. Denaut pour la mème fin.

Cependant, comme les revenus de cette terre, acquise aux frais de M. Ls. Marie Brassard, et les autres biens qui avaient été laissés, par son testament, pour maintenir cette école de fr: dation, ne suflisaient pas pour payer convenablement un

iitrteur capable et dévoué, les habitants de Nicolet se coties {volontairement entr'eux le 3 décembre 1800, puis encore % jauvier 1801 pour cette fin. Cet acte louable, qui était sans où. cutart une nerque de respect pour leur vénéré curé qu'un ste de dévouement à la cause de l'éducation dans leur paroisse, est un bien bon exemple et leur fait honneur. Il est fort recommandable et il serait désirable de le voir suivi par: tout ailleurs.

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Mgr, Denaut fit choix d'un nommé Joseph Crevier de Lelle- Rive pour être l'instituteur de cette école. (1} L'ouverture s'en fit solennellement par la célébration d’une grande messe chantée par M. le Grand Vicaire Noiseux, en présence de l'hon, Pierre Louis Deschenaux, juge de la cout de banc du roi, exécuteur testamentaire de M. Brassard, de M. Alexis Durocher, successeur de ce dernier, du seigneur de la paroisse, de plusieurs curés voisins et d'un grand concours de personnes accourues de toutes les parties de la paroisse, pour assister, sans s'en douter, à l'inauguration de l’une de nos premières institutions d'éducation. Un acte authentique de ce fait, exemplaire sous tous les rapports, qui consacrait ainsi cet établissement à l’instuction et à l'éducation de la jeunesse, fut dressé le 10 mars 1801, par le notaire Badeau, et, signé par les principaux assistants qui en étaient témoins ; il fut comme le premier sceau imprimé à l'existence légale et régulière du collége de Nicolet.

Mgr. Denaut ayant conçu le dessein de faire, de la fondation de M. Brassard, un collége classique à l'instar des colléges de Québec et de Montréal, les seuls alors en existence formelle et Tégulière en Canada, y mit des ecclésiastiques en octobre 1803, et en augmenta le nombre en 1805.

C'est donc de 1803 que date; à proprement dire, la fondation du collége de Nicolet, et le pays en est redevable autant’ à Mgr, Denaut qu'a M. Brassard.

Mgr. Denaut prit tant d'intérët à cette fondation que, pour en assurer le succès, il l’érigea en petit séminaire dès le ler octobre 1803. [Il nomma M. Alexis Durocher pour en être le supérieur, et y envoya de Montréal, M. 9. B. Roupe, qui n'était encore que Diacre, pour en être le directeur.

Bien que déjà érigé en séminaire, l'établissement prit le nom de collége, et toujours, depuis cette année, l’enseignement de toutes les matières classiques y à été continué sans interruption, avec un succès signalé. Nombre de sujets fort remarquables sont sortis de cette institution.

M. Durocher ayant cessé en 1806, d’être le curé de Nicolet, (2) il y fut remplacé par M. Raimbault qui fut fait en même temps supérieur du séminaire de Nicolet, et qui continua de lêtre jusqu'à sa mort.

Mgr. Denaut étant décédé, le 17 janvier 1806, tous les biens du Séminaire de Nicolet furent transmis à Mgr. Plessis, son

(1) M. Joseph Crevier de BelleRive, l'instituteur, descendait de Christophe Crevier, natif de Rouen, qui s'était établi dans le district de Trois-Rivières. Le vénérable M, Edouard Crevier, grand vicaire, curé de Ste, Marie de Mannoir et fondateur du collége établi en cette paroisse. est un des descendants de Christophe Crevier. Jos. Crevier de BelleRive est décédé le 29 mars 1828, à l'âge de 74 ans, Mais il est deux autres Crevier dans le clergé, savoir : M. Joseph, ancien curé, frère de M. Edouard, et M. P,J. Crevier, ancien curé st ancien directeur du collége de Mannoir.

(?) M. Alexis Durocher est décéd# curé de la paroisse de la Pointe-aux- Trembles de Montréal en 1835.

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successeur, qui en prit formellement possession et y fit con tinuer les classes.

M. Chs Bédard succéda à M. Roupe en qualité de directeur du séminaire de Nicolet, et eut pour successeur M. Ant. Parent, MM. J. B. Pâquin, Ls. Marie Cadieux, P. L. Archambault et Jos. Onésime Leprohon, celui-ci depuis 1816 jusqu'à 1841. C’est sous son administration que le collége de Nicolet fut érigé en grand séminaire par Mgr. Signaï, archevèque de Québec.

Cependant, les évêques n'ayant pas alors qualité de main. morte pour acquérir et posséder perpétuellement eæ-vficio, l'établissement racheté, comme nous l'avons dit, par Mgr. Plessis, dût être incorporé en vertu d'un acte spécial du parlement provincial ou d'une charte octroyée par le souverain d'Angleterre, et c'est alors seulement, qu'il prit une existence civile légale, directement successible et perpétuelle.

Mgr. Plessis fit encore agrandir et plusieurs fois réparer la maison primitive qu'il mit ainsi en état de servir, jusqu’en 1801, aux fins qu'il se proposait lui-même. Cette maison, en

ierre, à un seul étage de 120 pieds sur 36, et qu'on appelle e vieux collège, ayant été remplacée par la nouvelle bâtisse faite sur un grand plan, subsiste encore aujourd'hui, et est utilisée pour continuer de tenir l’école de paroisse fondée par M. Brassard. Cette fondation est sous le contrôle des commissaires d'école de la paroisse en vertu de l'acte 9 V., ch. 27.

C'est sous l'habile direction de M. 3. O0. Leprohon et sous les heureux auspices de Mgr. Signaï que, de 1827 à 1831, fut construit, au moyen des libéralités du clergé, et spécitlement de Mgr. Panet, successeur de Mgr. Plessis, le nouveau collége sur un terrain spacieux et agréablement situé qui fait partie de la terre provenant de la succession de M. Ls. Marie Brassard.

Le plan du nouveau collége de Nicolet fut fait par M. Jérôme Demers, du séminaire de Québec et plus tard grand vicaire et supérieur de cette antique maison. Cependant, ce plan fut modifié par M. Jean Raimbault, supérieur du collége de Nicolet. -

Commencé dans une maison privée, l'ancienne demeure de M. Brassard, le collége de Nicolet est aujourd'hui établi sur un site choisi qui en fait l'une des institutions classiques la tk spacieuse et la plus commode que nous ayons en Canada. £le est en pierre et à trois étages pleins, outre ies mansardes.

Gomme le collége de Montréal, celui de Nicolet a la forme de la lettre H. Le corps est de 300 pieds sur 28, terminé de chaque côté, par une aïle de 180 pieds sur #3, avant le méme nombre d'étages.

Une partie considérable de la terre léguée par M. Ls. A. Brassard pour le soutien de son école de paroisse, a été laissée en bois debout eten fait un délicieux bocage dans le voisinage immédiat du collége, M. l'abbé Ferland, l'un des anciéns

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