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directeurs et supérieurs y a fait pratiquer un beau chemin en sinuosités qui conduit, à travers les fouillés rameaux de la forêt, à une enceinte académique, toute couverte de l'ombre d'épais feuillages. C’est là où, dans la belle saison de l'été, va s'inspirer l’enthousiasme des jeunes ‘ académiciens. " membres de la société littéraire du collége, fondée en 1842 par M. Ant. Gérin Lajoie.
Au milieu de cette modeste enceinte est érigée une rustique tribune aux harangues, autre Aréopage où sont discutés les principes de science et de sagesse que les savants professeurs ont déjà inculqués dans l'esprit de leurs nombreux élèves. Il nous semble y voir le sage Solon contester à Apollon le droit de priorité et s'efforcer de faire préférer les avantages réels de l'éducation civique aux fictions ilusoires de la poésie.
En effet, cette solitude, champêtre et recueillie, consacrée aux Muses, et spécialement à la Didactique et à La Dialectique, nous rappelle agréablementles temps mémorables de l'antique Athènes, la polie, où ses illustres philosophes, mus: par ’amour de la patrie et de l'humamité, donnaient à leurs auditeurs, leurs sublimes leçons de philosophie, de morale et de littérature. Socrate, Platon et Aristote y ont des disciples, et Isocrate, Périclès et Démosthènes des imitateurs.
Uve autre partie de cette ‘belle terre est consacrée à la culture, en y comprenant uns autre terre voisine acquise depuis la fondation du collége. Ces terres, et une ile encore, rapportent de bons profits.
ans le voisinage immédiat de Fétablissement, outre les spacieuses cours domestiques qui l’entourent, est un beau terrain mis à la disposition des élèves comme à autant L'agriculteurs académistes qui se le partagent pour le cultiver à loisir. Là sous les auspices éclairés de leurs bons directeurs, chacenn cultive, avec goût et avec soin, un morceau de ierrain disponible, déjà orné de signaux astronomiques instructifs et utiles, (1)
Ces signaux astronomiques sont l'œuvre ingénieuse de Mgr. Laflèche, élève, puis supérieur du collége de Nicolet. (2) Ami sincère de l'éducation, il savait mettre à contribution tous les moyens propres à en répandre agréablement le bienfait.
(1) Ces signaux ne constituent rien moins que tout un système planétaire, et ils servent ainsi à inculquer dans l'esprit des élèves des notions pratiques qui les préparent aisément à une étude plus sérieuse de l'astronomie, science sublime qui a dans l’occasion, son application et son utilité,
al Mgr. Lafleche est né St. Anne dé la Pérade, au diocèse de Trois- Rivières, Il entra au collége de Nicolet en 1831, et ÿ termina son cours d'études classiques en 1838. f
Mgr. Laflèche fut ordonné prêtre le 7 janvier 1844, dans l'église cathédrale de Québec. Il partit en, avril de la mème année pour se consacrer aux pénibles missions de la Rivière Rouge, pour n'en revenir qu'en 1856, par cause de maladie. En 1849, ayant appris que Mgr. Provancher, évèque de St, Boniface, avait obtenu du St. Siége de l'avoir pour coadjuteur, il refusa
Les élèves trouvent, dans la culture de ce terrain, un amusement agréable et des avantages précieux que j'ai eu le plaisir de voir sur les lieux se réaliser avec abondance.
L'horticulture est un exercice bien préférable à ceux de la gymnastique, puisque, en les remplaçant, il en évite les dangers et fait connaître et utiliser un art productif. HE fait tirer du sein de la terre des substances valables, qui sans cela, y demeureraient enfouies et inconnues, Les élèves de Nicolet font heureusement la preuve de ces faits, mais ils ne sont pas isolés dans cette pratique. Sous ce rapport, je puis dire que les colléges St. de Anne-et de L'Assomption et leurs élèves en font autant. x
Légumes, fleurs «et fruits ne sont qu'une partie des avantages que procurent les terrains féconds attachés à cès beanx établissements. L'exercice qu'exige leur culture, si propre à fortifier le corps et à distraire utilement l'esprit des occupa. tions abstraites et sérieuses, en est un autre qui ne saurait être trop apprécié sous le rapport physique et moral. Puis, l'acquisition, par la pratique, des principes de culture, et l’art de les mettre en operation, sont déjà des avantages très précieux qui résultent de cet exercice. [l'est donc à la fois utile et agréable, et partant très recommandable.s
Le Collége de Nicolet qui avait été des 1803, érigé en séminaire par Mgr. Denault, fut incorporé par charte royale le 10 Décembre 1821. C'est à Lord Bathurst, secrétaire des colonies britanniques, et à Lord Dalhousie, Gouverneur Général du Canada, que le Collége de Nicolet est principalement redevable de cette charte.
Le Collége de Nicolet fut formellement érigé en petit sémi uaire en 1836, et en grand séminaire en 1847, par Mgr. Signaï. D'ailleurs, l'acte d'incorporation accordé par LÀ Souverain de la Grande-Bretagne, le reconnaissait déjà comme séminaire. Cet acte stipule que la corporation du Collége de Nicolet sera composée de cinq membres dont l'évêque de Québec fait partie. d
Le quatre Décembre 1822, Mgr. Plessis fit cession à cette corporation de tous les biens rachetés par sa grandeur pour cet établissement. Cependant, la charte primitive de cette institution a été encore amendée en 1850 par une loi provin: ciale intitulée: ‘Acte pour modifier la composition du
personnel du Collége de Nicolet." C'est en vertu Ge cet acte
l'épiscopat. Mgr. Provencher pria alors le Souverain Pontife de substituer le nom de Mgr. Taché à celui de M. Lafièche.
Après son retour de la Rivière Rouge, Mgr. Laflèche retourna aû collège de Nicolet, où il fut successivement préfet des études, professeur, directeur et supérieur, jusqu'au temps où Mgr. Cooke, évique de Trois-Rivières, l'appela auprès de lui en qualité de grand vicaire. C'est là où Mgr. Laflèche fut appelé de nouveau à l'épiscopat. Il fut sacré le 20 de février 1867, au milieu d'un grand concours de membres du clergé et du peuple, dans l'église cathédrale de Trois-Rivières. Mgr. Laflèche fut sacré sous titre d'évêque d’Anthédon, coadjuteur 4e Mgr. l'évûque de Trois-Rivières, avec droit de succession.
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que l'évêque de Trois-Rivières. est subatitué à l'évêque de Québec dans la corporation du Collége de Nicolet.
Mgr. Plessis affectionnait particulièrement le Collége de Nicolet, qui a donné au pays six évèques, savoir : NN. SS. Provancher, Prince, Cook, Baillargeon, ces quatre décédés, et NN.SS,. Laflèche-Richer et Moreau, survivants, et nombre d’autres hommes éminents, dont plusieurs sont parents au vénérable fondateur, MM. les Grands Vicaires G, Olivier Caron, Thomas Caron, Ls. Proulx, Ed, Crevier, celui-ci fondateur du Collége de Ste, Marie de Monnoir, sont des Elèves du Collége de Nicolet.
M. Antoine Manseau, l'un des fondateurs de deux maisons d'éducation en la ville Joliette ; les juges Ghs. Mondelet, LT, Drummond et T.J. J, Loranger, et M. Étienne Parent, ces trois derniers auciens membres du parlement provincial, sont aussi des élèves du Collége de Nicolet. Outre 262 qui ont embrassé l'état ecclésiastique, 109 ont fait partie du barreau, 70 ont été notaires publics, 105 ont ét# médecins, 66 négociants et 922 cultivateurs, nombre total, 1444. Depuis son existence, sans compter ses élèves actuels.
Les survivants des anciens élèves du GCollége de Nicolet s'y sont assemblés en grand nombye le 2% Mai 1868, pour témoigner solennellement ensemble”à ses fondateurs et à ses supérieurs, de leur reconnaissance et de leur attachement à cette institution. Cette démonstration spontanée, toute littéraire et religieuse, a été la plus sentimentale et la plus imposante de ce genre qui ait jamais eu lieu dans le pays depuis la belle fête du Collége de L'Assomption le 19 janvier 1865, et celle, si cordiale et respectueuse qui.fut faite le 24 Septembre 1835 au vénérable M. J. G. Roque, ancien Directeur du Collége dé Montréal. Ces fêtes de cœur, pour avoir lieu à différentes époques, et en différentes institutions, ne sont pas moins l'impression sincère du même sentiment, de la même vertu, celle de 4 reconnaissance qui, après la charité, est la plus belle vertu sociale.
Les Colléges de St. Hyacinthe et de Ste. Thérèse ont aussi eu leurs fêtes solennelles de famille où les élèves ont érigé, en mémoire de leurs généreux fondateurs, des monuments substantiels de leur vénération etfde leur reconnaissance.
À Princeville, Stanfold, l'un des florissants établissements canadiens faits dans l'Est, les amis de l'éducation, en partie élèves au Collége: äe Nicolet viennent de fonder une académie à l'imitation des autres maisons d'éducation supérieure de ce genre établies dans le pays. Les fondateurs l'ont placée sous la direction du Collége de Nicolet, et M. abbé Douville, professeur de Physique en cette dernière institution, est simultanément le Directeur de cette académie. Le plan d'instruction, emprunté au cours pratique ou commercial suivi au Collége de Ste. Anne de Lapocatière, est confié aux soins immédiats de professeurs habiles, et il ÿ a tout lieu d'espérer qu'ils sauront répoudre amplement à la confiance
mise en eux pour le succes de celle nouvelle maison. Ainsi, nous voyons que cette institution fait partie dn Collége de Nicolet et réclame ici sa place, M. Fabbé N. Pelletiér, curé de Stanfold, a fait de brand sacrifices pour mettre l'Académie de Princeville à La hauteur des besoins de ce canton popujeux.
Le Collège compte ordinairement 8 professeurs et au-dessus de 200 élèves, pris presque exclusivement dans le district de Trois-Rivières,
Plusieurs des élèves du Collége de Montréal y ont occupé de hautes positions, au grand avantage de l'institution. Mi. Chs. Ducharme, Jacques Odelin, Clément Aubry, Frs. Labelle, (John Holmes, P. L. Archambault, 9. B. Roupe et J. O0. Leprohon sont de ce nombre, Comme nous l'avons déjà dit, ces trois derniers, natifs de l'ile de Montréal, ont été directeurs du Collége de Nicolet, et celui-ci pendant plus'de 25 ans, à la grande satisfaction de ses nombreux élèves:
Mgr. Ignace Bourget, (2) 2meévèque de Montréal, et Mgr. Rémi Gaulin, 2me évèque de Kingston, H. GC, tous deux élèves du Séminaire de Québec, ont aussi professé au collége de Nicolet.
Messire Alexis Basile Durocher, élève du Collège de Québec, décédé curé: de la Pointe-aux Trembles de Montréal, fut le premier directeur du Collége de Nicolet.
Ce collége possède une bibliothèque de plus de 6,000 volumes, et un cabinet de physique er d'histoire naturelle bien assortis auxquels on ajoute chaque année. On à aussi commencé un musé
Le collége de Nicolet fut incorporé en 1821, et érigé en Séminaire en 1834 Les Colléges de St Hyacinthe et de Ste. Thérèse, dont il sera parlé plus Lu'd, sont aussi érigés en Séminaires depuis plusieurs années,
Ci-suit la liste des prètres qui ont été supérieurs, puis la liste de ceux qui ont été directeurs du collége de Nicolet, savoir :
SurémiEurs: Alexis Durocher, Jean Raiïmbault, (3) J. B; A. Ferland, (4) Chs. Harper, Ls. Richer-Laflèche, Ths. Caron.
(1) M. Frs. Labelle a professé au Collège de Nicolet, et y a fait la classe à Mgr. Chs. Prince, 1er évêque de St. Hyacinthe, ‘ M. Frs. Labelle fut l'ami du Dr. Meilleur et son coopérateur dans la fondation du collége de l'Assomption.”
(2) Voir &a biographie par M. l'abbé Bois.
(3) M. Jean Raimbault, né en février en 1770, dans un faubourg de la ville d'Orléans, en France, en sortit en janvier 1794, arriva à Londres en janvier 1794, quitta l'Angleterre en mai 1795, arriva à Québec en juillet de l& même année, étant dans les ordres mineurs et fut ordonné prêtre à Longueuil dans ce mème mois de la même année. 1° fut nommé curé de la paroisse de l’Ange-Gardien en novembre 1797, de celle de la Pointe-aux- Tréembles de Québec en octobre 1805, et en octobre 1K06 curé de la paroisse de Nicolet où il mourut en février 1841, à l’âge de 7lLans. Nous tenons de M. l'abbé Bois, curé de Maskinongé, une très intéressante biographie de ce savant et vertueux prètre qui à été supérieur du collège de Nicolet pendant près-de 35 ans. C’est luf: de l'a été le plus longtemps, comme M. Leprohon, son contemporain, à été plus longtemps que tout autre directeur de cette institution. Deux hommes ‘de:léur mérite ne se rencontrent qu'à des époques éloignées les unes des autres, et bien rarement sur le mème théâtre,
(4) M. l'abbé Ferland, né à Montréal le 25 décembre 1805, est décédé à
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J. B. Guillon, Ls. Marie Cadieux, Ghs. Pen Ths. Caron, J. B.
À. Ferland, Ls. Frs. Richer-Laflèche, Moïse J, Proulx.
Le collége de Nicolet qui ‘‘ s'honore à juste titre d'avoir eu our élève, pour directeur et pour supérieur M. l'abbé Fer. and," doit aussi être filer d'avoir eu pour élève et pour professeur pendant 35 ans, M. l'abbé François Desaulniers dont aujourd'hui nous avons ensemble à déplorer également la perte.
Eu effet, ce sont là des pertes bien sensibles pour le collégr de Nicolet et pour les amis des lettres et des sciences, dans les plus hautes desquelles notre vénérable ami excellait, Dans le court espace de moins de deux mois le collége de Nicolet, par la mort prématurée de ces deux hommes vraiment distingués, est spécialement appellé à revêtir les insignes lugubres de la douleur et du deuil...
M. l'abbé François Desaulniers, né à Ste. Anne d'Yama chiche le 5 avril 1807, est décédé à Nicolet le 3 mars 1865, à l'âge peu avancé de 57 ans et onze mois. Il entra au collége de Nicolet en 1819 pour n'en plus sortir. Suivantsa demande, son corps a été déposé à côté de celui de M. Leprohon, son ancien directeur et ami.
M. l'abbé François Desaulniers fut envoyé en 1833 par le séminaire de Nicolet à l'université de Georgetown où, lui et son frère Isaac, professei?r non moins savant et non moins distingué que lui au collége de St. Hyacinthe, reçut le degré de maitre ès arts. Ils furent, l'un et l’autre, professeur de
hilosophie dans leurs colléges respectifs, êt M. l'abbé François lesaulniers depuis 183% jusqu'en 1856. A cette époqne, la faiblesse, puis la maladie ne lui permirent plus guère de continuer d'enseigner assidûment. Il le fit cependant, autant que possible jusqu'en 1862. Depuis lors, il s'occupait à écrire
l'archevèché de Québec le 11 janvier 1865, à l'äge de 60 ans. 11 fut très regretté de tous ceux qui eurent l’avantage de le connaitre, On peut dire de lui qu'il était un savant et un saint, Ayant émigré en 1813 avec sû mère, veuve, à Kingston, H. C., où M, Rémi Gaulin était alors missionnaire, celui-ci ayant aperçu ses bonnes dispositions et se& aptitudes, le prit sous su protection spéciale et lui fit faire la moitié de ses études qu'il alla terminer au collége de Nicolet où, plus tard, il fut successivement professeur de rhétorique et de philosophie, Il fut ordonné prètre en 1828 et laissa le, collége pour exercer exclusivement le ministère. Il revient au collége en 1841, en qualité de préfet des études, ct y demeura jusqu'eu 1848, après avoir été pendant six ans snccessivement directeur et supérieur de cette institution.
Je ne veux pas terminer cette note nécrologique sans rendre un hommage spécial à la mémoire de l’un de nos hommes les plus méritants et les plus distingués parmi nous dans les arts et dans les sciences, Je veux parler de M. l'abbé Francois Desaulmers, professeur de philosophie au collége de Nicolet. Sa modestie et la crainte de la responsabilité dans l'exercice du ministère redoutable des autels, le décida à renoncer aux ordres sacrés au dessus du sous-diaconat, le seul ordre majeur qu'il ait voulu recevoir,
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