NXVI ARRIVÉE DES FRÈRES DES ECOLES CHRÉTIENNES
En 1837, les Frères des Ecoles Chrétiennes arrivèrent à Mo iréal au nombre de quatre, dont les noms sont : Frère Aïidant, Directeur de l'établissement, et Frères Adelbertus, Euverte et Rombault. Ils ouvrirent en 1838 des classes dans la maison d'école vis-à-vis le Séminaire de St, Sulpice de Montréal ; mais le Séminaire acheta des héritiers Côté, en 1839, un bel emplacement carré sis sur les rues la Gaucheüère, Vitré, Chenneville et Côté. Get achat eut lieu au prix de £4,500, et le Séminaire ayant fait ériger, pour la somme de £5,000, le beau collége que nous voyons, les Frères en prirent dès lors possession et l’occupent depuis pour des ffns d'éduca tion. Ils prirent possession du bel établissement qu'ils occu pent en cette ville, grâces à la générosité et au zèle des Messieurs du Séminaire de St, Sulpice de Montréal pour l'instruetion: de la jeunesse. Ù
L'ordre des Frères des Ecoles Chrétiennes à été fondé en France en 1679, par le vénérable Jean-Baptiste de la Salle. “hanoïine de Reims et Docteur en théologie, {1)
1) M. de la Salle, fondateur de l'ordre des RR, FF, des Ecoles Chréhennes, est décéde le vendredi-saint de l'année 1719, et fat déc vré vénérabl. var le Souverain Pontife Grégoire xvi,
Dans une courte allocution, prononcée à la suite de la distribution des prix aux élèves des écoles chiétiennes en juillet 1865, je proposai d'ériger un monument en marbre en l'honneur de ce saint, ami de l'éducation, pour commémorer € même (emps cette bella fondation et l'henrense arrivée en
L'enseignement simultané est classes des écoles tenues par ces classes. ils suivent l’enseignement mutuel que Lancaster à exploité. Gependant, réunissant deux méthodes, leur enseiunement est souvent mixte. (1)
Cet ordre religieux, si utile et si apprécié dans tous les pays “où ils ont des établissements, surtout en France: où il à un essor universel, a remplacé à Montréal les écoles primaires que les Messieurs du Séminaire de St. Sulpice et Mgr. Lartigue y faisaient tenir avant leur arrivée, et ne rencontrant rien qui s’opposät à leur œuvre, ils ont parfaitement bien répondu au besoin, Ils étaient déjà venus en Canada en 1737, juste un siècle auparavant, pour faire un établissement à Montréal, mais l'établissement des Frères Charron sur lequel ils comp taient pour cette fin, leur ayant été refusé, ils retournèregt en
France.
Avant l'arrivée Ges Frères à Montréal, nous n'y avions pas moins de sept écoles catholiques de garçons en pleine opération et nombreusement fréquentées, sous le patronage immé- Trois de ces écoles, dont l’une anglaise, furent établies par Mgr. l'Evèque Lartigue et trois par le Séminaire de St. Sulpice de Montréal, outre une bonne écoie primaire que celui-ci faisait tenir dans le collége même. On enseignait dans ces écoles toutes les sciences usuelles et l'anglais dans celle du collége.
Plusieurs des institutenrs de ces écoles, outre les sulpiciens, ont été ordonnés prêtres, tels que M. Hugues Paisley, décédé curé de Ste. Catherine de Fossambault, diocèse de Québec, M. Berthiaume, décédé à Ste. Thérèse, le R. P. Durocher.
diat du clergé.
Canada, de quatre de ses dignes disciples.
moyen de récompenser ainsi les généreux sacrifices faits par le Séminaire de St. Sulpice de Montréal pour procurer au pays ces bons frères et nous assurer leurs précieux services.
Depuis que les remarques précédentes sont écrites, Sir John Voung, gouverneur-général, lors de sa visite aux écoles chrétiennes des frères à Montréal, le 8 févrien 1869, ayant manifesté le désir que tous les frères lui fussent présentés individuellement, ils leur serra à tous cordialement la main. Le Révérend Frère Directeur Anthony prit de là occasion d'attirer l'attention * particulière de Son Excellence sur le frère Adelbertus, un des premiers frères qui vinrent de France en Carada il y a 32 ans, pour y former des éablissements d'éducation pour la jeunesse du pays. Directeur fit observer à Son Excellence que ce courageux pionnier est en mème temps le dernier des enf"nts du vénérable de la Salle qui vinrent au milieu de nous pour cet objet à une époque déjà reculée. témoigna beaucoup d'intérêt pour les bons frères et pour leurs chers élèves qu'elle considéra comme devant en partie remplir un jour des positions importantes dans la société,
Le journal d'où nous tirons la substance de ce paragraphe fait observer avec raison que la visite d’un gouverneur à nos maisons d'éducation est un évenement qui fait toujours époque dans les annales de nos institutions. Elle rend hommage à l'enscignement, ranime Je courage des maitres et porte les élèves à un plus haut degré d’émulation et d'application,
{1} Voir dans l’appendice, note 17,
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supérieur de la maison les Oblats à Québec, M. Félix Vézina, ancien éconûme du collége de l'Assomption, M. Pierre Clément, ancien curé de la paroisse des EBoulements, ete. j
Le séminaire de St. Sulpice fonda à Montréal les premières écoles en 1664, et plusieurs de ses membrss se sont chargés, ad turnum, de les tenir eux-mêmes. sn 1789, ces écoles comptaient 300 enfants. Mgr. Lartigue établit en 1825 sa première école et les autres un peu plus tard en succession. :ommencées avec 60 enfants sntémment elles en comptaieni 250 en 1831 et 300 en 1845. .
Il y avait äussi dans les faubourgs et les environs de Montréal, plusieurs autres écoles catholiques moins favorisées, mais qui contribuaient beaucoup, nonobstant, à répaudre l'instruction dans la ville et les faubourgs, et somme toute, les écoles primaires catholiques tenues en la ville de Montréal en 1825, ne comptaient pas moins de 1200 élèves, outre ceux du cours classique dans le collége de Montréal, (1) et les élèves
- «es écoles tenues par les sœurs de In Congrégation de Notre.
Dame.
Montréal possédait encore plusieurs bonnes écoles anglaises protestantes où l'on s'abstenait de tout enseignement religieux particulier, afin de ne blesser personne dans ses croyances religieuses. Au nombre des institutions de ces écoles, on comptait M. James Fisher dont l’école tenue sur la rue St Joseph près de l'église de Notre-Dame, était fréquentée par beaucoup de canadiens, enfants et jeunes gens de premières familles, et, plus tard, (2) M. Buckley, M. Skakel, M Workman, ete., ete. (Voir l'annuaire de Ville-’ "arie.l
Comme nous le voyons parce qui précède, nous n'étions pas, en 1837, dépourvus de bonnes écoles de garcons à Montréal, lors de l’arrivée, en cette ville, des Frères des écoles chrétiennés. Prétendre'le contraire, serait une grave erreur, injurieuse également au clergé et à la population de Montréal. Mais, le besoin de l’instrüction augmentant avec le chiffre de ses habitants et le degré des affaires de tous genres et de toutes espèces, i] devenait nécessaire d'établir un plus grand nombre d'écoles pratiques accessibles à tous Îles enfants résidents sans distinction d’origine ni de condition aucune, et ces bons Frères étaient bien les instituteurs expérimentés qui pouvaient le mieux répondre au besoin, en se chargeant de diriger ces écoles, pour le plus grand bien de toutes les classes de la société. En effet, ils ont habilement remplacé les instituteurs de toutes les écoles catholiques de garcons qui étaient tenues sous le patronage éclairé du clergé de Montréal. Ils ont mème remplacé les instituteurs de nombre d'autres bonnes écoles qui étaient tenues dans d’autres parties du pays. .
{4} Voir l'article 1x.
(2) d’ai fréquenté, pendant près de quatre ans, cette bonne école aussi canadienne qu'anglaise, et j'en ai toujours conservé un agréable souvenir.
niet...
Au moment où les Frères arrivèregt à Montréal, Les princi. pales écoles du séminaire, tenues hors le collége, étaient dirigées par MM. Louis Degardins, Basile Piché et'Joachim Deslauriers déjà nommés ailleurs.
Les écoles de garçons tenues à Montréal sous le patronage immédiat du séminaire de St. Sulpice, comme d'autres y établies par cette maison pour les filles, étaient toutes, comme le sont celles des Frères aujourd'hui, entièrement gratuites. Les écoles de filles que le séminaire a établies à Montréal sont, pour la plupart, tenues par les religieuses de la congrégation de Notre-Dame, et elles sont plus nombreuses et plus prospères aujourd'hui que jamais elles n'ont été avant le fonctionnément de la loi d'éducation.
Cependant, il ne faut pas confondre ces écoles gratuites, entretenues aux frais du séminaire, avec les écoles supérieures que tiennent également ces Dames dans leurs propres établissements, soit à la ville ou à la campagne.
Les enfants qui aspirent à une haute éducation appartenant généralement à des parents qui peuvent en payer le prix, son! censés être des élèves payants. L’exception à pourtant, souvent lieu en faveur d'enfants bien disposés dont les parents, plus ou moins pauvres, paient peu ou mêmerien pour l'éducation de leurs enfants, soit au collége, soit au couvent.
Comince nous l'avons déjà vu dans l'article 1x, de ce chapitre, les Frères des écoles chrétiennes, outre les nombreuses écoles établies .à Montréal, tiennent principalement aux frais du Séminaire de St. Sulpice de Montréal, un noviciat considérable en cette ville où ils forment des-sujets pour tout le Canada, et même pour d'autres parties lointaines en Amérique. Ils ont un autre novitiat à New-York pour les Etats-Unis. Ils tiennent à Montréal une école principale sur un grand plan,-et plusieurs écoles shccursales, dont une dans la maison des Récollets, en 184%, et sont déjà très répandus en Canada, même aux Etats-Unis et dans l'Ouest britannique. Is avaient en 1854, un'établissement à St. Boniface de la Rivière- Rouge, fréquenté en 1858 par plus de 66 élèves.
Cependant, l'expérience ayant démont# que la grande distance entre St. Boniface et Montréal rendait trop difficiles Les communications nécessaires entre les Frères résidant à St. Boniface et leurs supérieurs de l’ordre à Montréal, ils laisserent ce poste en 1860 pour revenir en cette ville. Après leur départ, le père LeFloch, (de l’ordre des Oblats de Marie) ‘ fut chargé de leur petit, collége où M, Oram enseigna la langue anglaise.”
En 1862, ‘ c'est le père Lestong qui fut chargé de la direction de ce collége et de l'enseignement de la langue française, pendant que Frère Duffy, (du même ordre) remplaçait M. Oram, forcé de laisser par suite de ses infirmités.” (1)
(lt) Voir ‘ vingt années de missions dans le Nord-Ouest de l'Amérique,” par Mgr, Taché.
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Cette école, et plusieurs autres établies dans les vastes régions du Nord-Ouest, sont autant de moyens d'évangélisation constante sous les auspices de NN.SS$, les. évèques résidants qui les établissent pour celte fin.
Au moyen des Frères Oblats et des Sœurs de la Charité, il y a des écoles tenues séparément pour les enfants des deux sexes ; mais, les plus importantes sont celles qui sont tenues à St. Boniface sous les auspices immédiats de Mgr. Taché, La date déjà ancienne de l'établissement, le chiffre de sa population et son origine mixte, et souvent même toute canadienne, demandent que ces écoles soiént supérieures aux autres établies dans ces missions.
Au moyen de ces pieux et. zélés auxiliaires, les intrépides missionnaires de ces froides et arides régions, portent la connaissance de l'Evangile et des lettr& dañs les endroits les plus reculés de cette contrée sauvage, et jusqu'au pôle glacial, et partout la barbarie fait place à la civilisation, le paganisme à la religion chrétienne, et des peuples nomades révendiquent leurs droits, jusqu'alors méconnus et inapplicables, à l'existence sociale.
Mgr. Faraud, après 20 ans de courses évangéliques difficiles et périlléuses dans ce territoire inculte, a été spécialement chargé en 1865, de ces lointaines et pénibles missions établies
rincipalement par lui-même, en qualité de vicaire apostolique. gr. Taché, 2e évêque de St. Boniface, demeure chargé, avec l'aide effective de Mgr. Grandin, son digne coadiuteur, de dy mission établie en 1818, par MM. Provencher et Dumoulin. M. Provencher,élève du Collége de Nicolet et Canadien,comme son zélé compagnon et comme son digne successeur, en fut le premier évêque. (1) M. Joseph Sévère Nicolas Dnmoulin, revenu en Canada, est décédé curé de Yamachiche, dans Je diocèse de Trois-Rivières. Mgr. Provencher est décédé à St. Boniface de la Rivière-Rouge, le 7 juin 1853, ‘ après 39 ans d’apostolat, pendant 31 desquels il fut revêtu de la dignité épiscopale. De justes regrets accompagnèrent Mgr. Provencher à sa dernière demeure.” :
Les frères ouvrirent des écoles à Montréal en.1837 A'Ovébécen. ss A NS T1 M 648
& Trois-Rivières en... RMS 1844 St: Thomas en, LL 1849 4 Beauhartiais en... HE ..1849 6 Sorel Et, ALESIS DA NE PALE 1849 “'Kamourasha e6n...........,,,,44,,1800 ‘ Foulon de Québec em 1851 % Kingston, Haut-Canada en... 1883 & L'Islet en... Fins ss TO ÛR
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(l) La stature extraordinaire et les travaux apo$toliques de ce zélé miesionnaire, nous autorisent à dire qu'il était à la fois un homme grand et ain grand homme. Les sauvages qui le révéraient redoutaient, cependant, j4 tâche de le transporter d’un lieu à un autre dans leursfrêles canots d'écorce, Pour la même raison, il en était ainsi du R. P, Brébeuf.
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