COMITÉ
Vallièros de St. Réal, avocat. ” H. Hugon: prètre. | ù Ls. Moquin, avocat. | nu é Jn. Bélanger, M. P. P.
Martin Chinic, marchand.
5 Augustin Mercier, M. D.
Ls, Lefebvre, prêtre. ‘ Ls. Plamondon, avocat.
À. R. Hamel, Ecr.
Signay, prêtre, curé de Québec.
Frs. Quirouette, marchand.
Frs. Romain, Eer.
Th. Panet, avocat. À Ths, MacGuire, prêtre.
Jos. Bouchette, Ac axpenteur-général,
Parmi ces noms, il en est plusieurs qui sont ceux de compatriotes illustres, et dont la mémoire est très.chère au Bas- Canada. Les Panet, les Perreault, les Plamondon, les Moquin, les Neilson et les, Vallièyes, parmi les laïques ; et les Demers, les-Hudon, les MatGuire et les Signay parmi les ecclésiastiques, sont des hommes dgnt on ne peut contester ni le talent, nie mérite, ni la réputation. Quatre de ces laïques ont été des dignitaires de PÉtat, savoir : Philippe Panet, Vallières, Neilson et Quirouetté. Le premier-est décédé Juge de la Cour Supérieure, à Québec, le second, élève et protégé. de Mgr. Plessis, est décédé Juge en Chef, à Montréal, et les honorables Neilson et Quirouette sont décédés membres du Conseil Législatif, à Québec. Parmi les cinq membres du clergé ci. dessus nommés, quatre aussi ont été des dignitaires dt l'Eglise, savoir : MM. Demers, Hudon et MacGuire qui sont décédés Grands-Vicaires, et Mgr. Signay, alors curé de Québec, qui est décédé Archevèque de Québec. Ce grand dignitare a dépensé au-dessus de £5,000 de ses propres fonds pour établir des écoles primaires à Québee, sa ville natale et métropolitaine. Une de ses écoles était tenue dans la rue Champlain, par un nommé Allard.
La société d'éducation de Québec, comme la société littéraire et historique, y établie depuis 1824, a grandement contribué à répandre l'instruction dans cette ville. Ces deux sociétés sont en pleine opération, et il n’est que juste de signaler spécialement Mgr. Signay comme un de leurs fondateurs,
ainsi que l'hon Juge Duval qui, pendant plus de 15 ans, a été un des principaux soutiens de la société d'éducation. MM. J. Demers et J. Holmes en étaient membres.
De tôus ceux qui composaient.en 1821 la liste ‘des officiers et du comité de la société d'éducationsusdite, Messÿre Lefebvre, curé de Ste. Geneviève, en l’Ile de Montréal, fut le dernier survivant.
L'année précédente, une autre société avait été organisée entre les membres du clergé, et c’est aux contributions généreuses faites parmi eux, que plusieurs missionnaiyes parlant la langue anglaise, doivent l'instruction qui les a mis à même d'être si utiles à leurs compatriotes, lorsque l’émigration a jeté sur nos plages, jusqu'alors si salubres etsi gaiés, le trop plein pestiféré de l'Irlande et de l'Ecosse.
De son côté, le séminaire de St. Sulpice de Montréal nè manquait jamais de protéger les sujets de ces origines;'lorsqu’ils faisaient preuve de talents et de bonnes dispositions. Mgr. Plessis fut à même de continuer l’œuvre des contribuables et d'atteindre ainsi; par le ministère de grand nombre de sujets formés pour le sacerdoce, le but humanitaire qu'ils avaient en vue, Qui ne se rappelle pas encore, à Québec, des éravaux évangéliques et du dévouement vraiment apostolique de Mes: sire Hugues Paisley, écossais, élève et condisciple du collége de Montréal, et décédé curé de Ste. Catherine de Québec ? (1}
La société historique de Montréal, pour être la plus jeune de son espèce dans le Bas-Canada, n'en est pas moins utile et appréciée. Depuis 1868,.cette société recoit de la Législature Provinciale, la somme de $400 par an, comme encouragement.
La société historique de Montréal, fondée en 1858 et inçor:porée en 1859, est Le produit du travail de feu Jacques Viger. il en est le premier contribuable et le fondateur. Le'contéhu de sa “ Saberdache” en constitue la principale valeur. Tout son contingent repase sur cette valeur, et il est considérable. Plusieurs en réclament leurs parts respectives, mais il est constant que la fondation de cette société est l’œuvre spontanée de Jacques Viger. Voyant arriver sa fin, il voulut utiliser sa ‘* Saberdache” d’une manière permanente, en la confiant aux mains habiles de quelques amis personnels. Ceux-ci ayant pu se mettre en contact avec la réalité, durent se convaincre que, plus utilitaire que le contenu de la boîte de Pandore, celui de la ‘ Saberdache” pouvait être exploité jusqu’au fond, et l'ayant fait, ils purent en tirer plus que l'espérance. Ils en firent sortir une magnifique décoration de commandeur en l'honneur de notre Chronologiste distingué. Le riche A/bum qu’il présenta au Cardinal Bédini, lors de sa visite en Canada, fut l'occasion de cette marque d'estime et de considération personnelle. Get Adbum était un extrait du contenu de la Saberdache.
(1) Le Révd. Patrick Macmahon, d'origine irlandaise, lui succéda à Québec. M. Macmahon, né le six octobre 1822, est décédé, en cette ville, le trois octobre 1851, très regretté de ses ouailles.
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Nous.avons encore, à Montréal. le Cabinet de Lecture et l'Union Catholique qui sont de vésitables sociétés. littéraires qui contribuent beaucoupa répandre l'instyuction dans cette vie. Ces instructions sont l'euvre du clergé et du peuple.
Le Ce 4 aime l'éducation et veut sincèrementen proeurer le bienfait à ses enfants, mais suivant ses moyens, et suivant ses principes religieux et le sentiment du besoin réel et bien compris;Æet l’on peut dire en toute vérité que l'instruction de ses enfants est l'objet de sa sollicitude quotidienne la plus vive et la plus constante; mais il a bien des obstacles à vaincre pour réaliser pleinement cet objet. dans la personne de ses enfants. ”
L'on trouve dans le 3e rapport du comité d'éducation de l'Assemblée Législative du BasCanada; en date du 25 Janvier 1836, les remarques suivantes qui ont un caractère d'autorité dont on ne saurait affaiblir le paids: ‘Si les progrès de l'éducation n'ont pas été plus grands et en raison des encouragements généreux de la Législature, cela est plutôt dû au manque de maitres et de maitresses suffisamment qualifiés que faute de dispositions de la part du peuple.”
I est des causes particulières qui s'opposent. à l'éducation populaire daus le Bas-Canada, et les principales sont la rigueur de notre climat et læ nature de nos occupationsordinaires qui en découlent, en grande partie, occupations que le besain rend très généralement nécessaites, J'ai souyent fait allusion à ces causes et à ces occupations dans plusieurs de megs rapports sur l'éducation, .
Nous vivons dans un pays essentèellement agricole et industriel, et le travail manuel est nécessairement notre tâche principale. Or, nons ne pouvons bien la remplir qu'en nous livrant très-généralement à ce travail, depuis l'enfance jusqu'à la caducité. Il ne nous reste donc que très peu de temps pour utiliser les moyens d'instruction qui nous sont donnés, et, cependant; nous le faisons d'une manière honorable et très. utile. .
Les circonstances spéciales dans lesquelles nous nous trouvons, sous l'influence du climat du Canada, exigent une activité si grande et si constante de la part de tous, pour nous garder de sa rigueur, qu'il ne nous reste aucun loisir disponible. d
Les moyens d'existence ne s'obliennent, à un degré suffisant en Canada, que par un grand travail manuel assidu, et par une industrie-continuelle et bien réglée.
Il ne nous reste donc que peu de temps à donner à l'étude et à la lecture, ces deux moyens indispensables au progrès dans les geiences et dans les lettres.
Les besoins matériels demandent tout noire temps 6t toute notre attention, et nous ne pouvons que forcément les détourner un peu des choses de première nécessité.
Rien de surprenant donc que, chez nous, le travail intel:
lectuel soit uñe occupation exceptionnelle, et que nous ayions si peu de temps à consacrer à notre instruction. pendant; toutes proportions gardées, on peut dire que Le peuple‘du Canada est aussi avincé dans les arts et dans’ les sciences qu'aucun äutre peuple du monde, (1) Et, quels m'y auraientpas été nos progrès, si, depuis près d’un siècle, nous avions été d'abord, en grande partie, ‘puis absolument privés de l’enseignement des Récollets et ‘des Jésuites ? Or, nous n'avons eu aucune pañt dans les causes qui fous ont privésde l'avantage inappréciable de cét enseignement Encore si, en supprimant ces bons religieux, on nous avait laissé les biens dont ils étaient les dépositaires et administrateurs pour la ropagation de la foi et de l'instruction, ou si, en nous dépouillant de ces biens, on nous avait laissé ces institutions charitables et dévoués, nous n'aufions eu qu'une perte à souffrir, bien grande et bien sensible, à la vérité, mais supportable, après tout, aulieu que, en nous enlevant les uns etles autres, la privation était eruelle, et ce, d'autant plus que: le mal qui en vésultait était frrémédiable, puisque, par suite, nous avons été, pendant plüs d’un quart de siècle, privés de toute instruction littéraire dans la partie rurale du pays. Accoutumés à éompter sur l’enseignement de ces instituteurs zélés et habiles, et ne pouvant obtenit du gouverñement aucun moyen de subvention pour dautres instituteurs nous ne pouvions guère suppléer à leur défaut. Sans l'usage de leurs établissements tout faits, et des revenus provenant de leurs biens appropriés pour l'instruction de la jeunesse, nos
propres ressources privées, très précaires et limitées. étaient
insuffisants pour subvenir aux besoins multipliés Minstituteurs laïques, car, ceux-ci, mariés pour la plupart ou devant l'être, ne peuvent généralement donner leur temps et leurs soins pour aus$i peu de chose que le font les religieux, toujours célibataires et personnellement désintéressés autant que fidèles et dévoués dans l'accomplissement des devoirs de leur charge. A part lés moyens nécessaires à une existence solitaire et frugale, c'est du Giel et dans l'autre monde que l'instituteur appartenant a un ordre religieux attend la récompense dûe à ses travaux à ses peines et à ses fatignes.
C'est pourtant en face de tant de faits réunis et de la privation involontaire de cet avantage qu'on à accusé le péñple ‘anadien d'être opposé à l'éducation, et c’est ainsi que, d’une part, on a calomnié ouvertement, pendant que, d'une autre, on a dit, de la mème maniere, que le peuple caradien ‘est un peuple gentil-homme. (?)
ADDENDA.—Suivant un vieil adage, % celui qui veut la fin veut les moyens,” et c'est là, en effet, un axiôme dot il n'est pas nécessaire de démontrer la vérité ; elle est évidente. ‘Eh
(1) Voir dans l’appendice note 26.
(2) Voir dans l'appendice note 18.
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bien ! en renversant les termes de la proposition, l'on peut dire, avec autant de:vérité et de logique, que celui qui veut les moyens veut aussi la fin, puisque la fin est la conséquence nécessaire de la mise en pratique des moyens. Qr,-dans l’article suivant, tiré de la Minerve du 30 Mars 1843, qui l'avait emprunté aux Mélanges Religieux, journal qui, blié sous les + dpt immédiats de Mgr. l'Evèque de Montréal, était considéré comme l'organe du clergé catholique én Canada, de son vaste diocèse au moines, l'on voit la recommandation de moyens d'instruction d’une pratique facile autant qu'utile et efficace. L'on voit aussi, dans cet article, l'opinion clairement et énergiquement exprimée de ce journal en faveur de l'éducation, Here au moins, généralement répandue dans le pays. Le
esoin et la nécessité de cette éducation y sont proclamés haut, et ce, sans équivoque ni réticence aucune. L'habile rédacteur recommande, comme moyens propres à la répandre dans nos campagnes, l'établissement de bibliothèques publi-
ues et la lecture, Donc il ventque le peuple sache au moins re au préalable. Donc, en voulant ces moyens puissants et infaillibles d'instruction, il vent aussi la fin, déjà, au reste, en partie heureusement atteinte lorsque le peuple, grâces au système actuel, sait au moinsiire, écrire et chiffrer, donc il veut l'instruction du peuple.. Elle est évidemment La fin qu'il se propose. Mais disons, plutôt, cet excellent article où se manifestent tout ensemble la foi, le patriotisme et l'esprit de progrès de l'auteur. 1 ‘