‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 96 sur 116 · ETES · texte numérisé non relu

ETES

2 ge ae 2 nou rt a 6

dant le dernier semestre de 1854, mais après plusieurs semaines d'attente, ayant écrit au gouvernement afin d’en hâter l'octroi, le député de M. l'inspecteur des finances m'informa tout simplement que le fonds des écoles étant épuisé, on ne pouvait m'accorder la somme que je demandais.

Contrairement à ce qui s'était constamment pratiqué depuis plus de douze ans, on avait considéré comme balance inapproprié la partie du fonds des écoles qui restait au crédit du bureau de l'instruction publique, ordinairement pendant au moins un semestre après le dernier écoulé, et on l'avait employer à solder les inspecteurs d'école et à faire des allocations spéciales aux divers colléges, académies, etc. institutions d'éducation qui, n'étant pas soumises au contrôle de la loi des écoles primaires, n'avaient aucun droit à des allocations faites à même ce fonds;spécialement consacré pour aider à subventionner les instituteurs des écoles primaires.

Cependant, après quelques mois d'attente et bien des difficultés, on m'en payi en deux fois le montant que je réclamais eu faveur des instituteurs de 1854 La plupart d’entr'eux ayant déjà traversé le premier semestre de 1855, avaient gagné deux fois la chétive pitance qu'ils attendaient avec une impatience qu'une extrême souffrance rendait tous les jours plus grande et plus menacçante.

rest à la suite de ces faits et de ce dernier et pénible emaarras que j'offris au gouvernement ma résiguation, toutefois en demandant d'être pourvu ailleurs. Son Excellence, le gouverneur général, en acceptant ma résignation, eut la complaisance de me témoigner, par M. le secrétaire provincial, sa reconnaissance pour les services que j'avais rendus à l'éducation. (1)

Je puis donc dire, en toute vérité, que le retard mis quelquefois à la distribution de l'allocation légisiative pour écoles, n’a jamais dépendu de moi, et que, à l'exception de ce dernier semestre, il n’a jamais dépendu.,non plus, du gouvernement qui, jusqu'à cette époque, regardait toujours ce qu'il y avait à faire, à l’égard de mes demandes de Lallocation pour écoles. comme une affaire de forme dont on me laissait volontiers la responsabilité.

Jusqu'à cette époque, le gouvernement me laissait choisir le temps où l’on pouvait considérer comme inappropriée la somme non reclamée qui restait au crédit du Bureau de l'Instruction Publique pour la subvention des instituteurs, et ce n'était que sur ma recommandation spéciale que le gouvernement se décida à faire passer une loi autorisant l’emploi de cette balance à la construction de maisons d'école. C'est ainsi que, eu vertu de la 4)me clause de l'acte 9 V., ch. 27, Ia somme de £17,000 à été employée pour cet objet de première

(1) Voir dans l'appendice la lettre de l'Hon. Cartier et celle de M. R Bellemare et mes réponses, note 98.

bien bell cont sais pleit

E1 d'ho

ère

importance. Cette somme, provenant de la balance des années 1842, 1843, 1844 et 1845, à servi surtout à ériger les belles maisons d'éducation supérieure que nous voyons si marquantes et si florissantes dans les principales parties rurales du pays. }

Dans ma circulaire No. 5, en date Œu ler Mai 1844, page 14, on voit que, dès lors, la somme de près de £34,000 était à la disposition du Surintendant de l'instruction publique pour l’objet de l'éducation, et qu'avec l’approbation du gouvernement, il pouvait en disposer pour aider à la construction de maisons d'école. Les commissaires d'école ayant généralement suivi mes avis, en faisant construire des maisons d'école dans leurs municipalités respectives, cette somme était réduite à £17,000, lors de la passation de l'acte 9 V. ch. 27, passé en

La lecture que donna l’hon. A. N. Morin sur l'éducation, le 18 Décembre 1845, récapitule toutes les recommandations principales contenues dans cette circulaire. Les journaux trançais de Montréal se sont plu à le dire dans le temps, et j'ai raison de croire que leur mention de ce fait honorable eût une grande influence sur l'opinion publique.

C'est sur ma demande que le parlement passa, le 9 décembre 1843, une loi spéciale autorisant le surintendant de l'instruction publique à employer pour aider à la construction de maisons d'école, la balance de la part de l'allocation afférente au Bas-Canada pour l’année scolaire 1842 et 1843, et que la 49e clause de l'acte 9 V. ch. 26, fut adoptée pour la même fin.

L'école des squrds-muets, établie par Mgr. Bourget, dans le voisinage immédiat de la cité de Montréal, ayant été mise sous le contrôle des commissaires d'école de la municipalité, je leur donnai, à même ces £17,000, la somme de £450 pour aider à la mettre sur un meilleur pied.

Sur ma demande spéciale, la balance subséquente a été par moi employée à aider à établir des bibliotheques publiques dans les municipalités scolaires. à

C'est ainsi que je pus contribuer à l'établissement ou à

l'augmentation de nombre de bibliothèques publiques à la campagne, Cette balance était de £500, et j'en distribuai le montant par sommes de pas moins de £5 ni plus de £10, et toujours, comme dans le cas de construction de maisons d'école, à condition que les commissaires d'école en fourniraient chaque fois autant.

Cette distribution était un essai dont l'heureux résultat fut bien apprécié dans le temps. C'était le commencement d’une belle œuvre que j'avais à cœur de continuer au moyen de contributions et d'octrois plus considérables que je me propo sais de solliciter de part et d'autre, dans l’espérance d'un plein succès.

En septembre 1851, je proposai au gouvernement une liste d'hommes recommandables pour être nommés inspecteurs

ER re DR tp mn g ns ae 7 rase 22 Let + me.

De PR En MS LU Res 7 Me

d'école; mais les exigences politiques l'ayant circonvenu, il ne put faire cette nomination que près de trois mois après ma recommandation, Le ministère .des inspecteurs. était regardé comme nécessaire au succès de la loi d'éducation ; mais les exigences politiques étant pressantes, le gouvernement eut à en subir l'influence, et un certain délai fut inévitablement apporté à leur nomination. f Un jour, lorsque le gouvernement s’oceupait définitivement de la nomination des inspecteurs d'école, on ne voyait-pas moins de trois représentants dans le bureau du secrétairéprovincial se contestant le privilége d'imposer chacun son protégé au gouvernement, à l'exclusion de tout autre. Chaque représentant avait son protégé, quelquefois son parent, Apaoer à Ja tête du district d'inspection dont il s'agissait, lequel. comprend plusieurs comtés. Je ne sais lequel de ces trois représentants eut la victoire, mais je puis dire qu’elle fut la conséquence de la plus grande somme d'influence exercée par lui en faveur de son protégé. Toutefois, l'homme qui fut nommé inspecteur eut, par le fait, part aux avantages de cette victoire remportée sur ses concurrents, également recommandables. I] est facile de concevoir que, par suite de l'embarras dans lequel les prétentions de certains hommes politiques plaçaient le gouvernement à l'égard de la nomination des irispecteurs d'école, ceux-ci ne furent pas tous pris dans ma liste qui avait été faite uniquement dans l'intérêt de la chose, sans égard aux parents, aux amis ou aux protégés des hommes politiques. Bien que, afin de laisser du AE au gouvernement, j'eusse fait et transmis une liste presque double de noms convenables, en contenant généralement deux pour chaque district d'inspection, environ un tiers des inspecteurs fut pris en dehors de cette liste qui comprenait nombre d'instituteurs qui s'étaient distingués dans l’enseignement. Cependant, c’est moi qui déterminai le nombre de districts d'inspection, qui fixai leurs limitations territoriales, et leur étendue respectivement, et, par conséquent, le nombre d’inspecteurs d'école à nommer. (|! C’est encore pour satisfaire à des exigences politiques ou à des ambitions d’agrandissemeut personnel, qu’en 1854, des partisans du gouvernement et des opposants proposaient de part et d'autre un nouveau plan d'éducation primaire, différent et opposé, que personne n'eut cependant le courage de confectionner systématiquement et de soumettre régulièrement à la considération de la législature.

(1) Ci-suit la liste des inspecteurs d'école :{ ii étaient on charge lorsque je laissai le département de l'instruction en 1855 :

MM. A. Adamson, décédé, J., N..A. Archambault, P, M. Bardv, décédé, G. A. Bourgois, John Bruce, décédé, M. Childs, décédé, C. Cimon, Jean Crépault, C. Germain, décédé, P, Hubert, Joif: Hume, décédé, M Lanctot, d, G, Lespérance, B. Maurault, J. Morin, d. 8. F, Painchaud, R. Parmelre, J. d, Roney, décédé, G. Tanguay, F, X, Valade, FT. P. Béland, D. Dorval, 21. Aujourd'hui, ils sont au nombre de 28.

reste

ès ait N ; 1e-

nt pas reson [ue cer )inpré- 1sé- Jui 1mé pire S, Lans jent eurs vait gard jues.

usse bles.

SpeCss de ient qui eurs , et, v.. (1:

ou à des t de rent ifecà la

que je

scédé, Jean netot, elce, ï:21:

Des hommes intéressés aux changements proposés par leur parti respectif, faisaient chacun tout en son pouvoir pour s'emparer de la surintendance et s’en faire, à l'exclusion l’un de l’autre, une place de £1,000 d'appointement par an, et en effet, la chose a eu lieu après mon départ! La loi a été amendée pour cette fin. Avant cette époque, elle fixait depuis quelques années le salaire du surintendant à la somme de £500, et celui du secrétaire du département à telle de £225 par an. Elle ne permettait l'emploi que d'un séul commis ou clerc dont le salaire était fixe à la somme de £175'par an.

Mais, comme en 1850, je m'opposai à l'un et à l'autre plan d'éducation ainsi proposés en 1854, que je ne connaissais, d'ailleurs, que d’une manière vague êt incertaine quant aux véritables-srincipes. Les motifs de l'innovation me paraissaient seuls évidents, mais ne voyant aucun système bjen arrêté, écrit au moins, je me hâtai de soumettre ma proposition, dejà connue alors très.-généralement, et conisignée dans mon Rap. port du 25 mars 1851.

Or, la proposition que j'avais faite, dans ce Rapport, était de fondre les lois d'éducation pour n'en former qu'une seule et mêmb loi, comprenant tous leurs principes fondamentaux avec les ajoutés dont l'observation et l'expérience avaient indiqué le besoin. On comprend facilement que, toutes autres choses étant égales une loi unique devait être plüs commode et plus facile à consulter et à comprendre qu'une loi amendée par plusieurs autres, dont l'ensemble est compliqué et souvent peu saisissahle. (1)

Mais, de part et d'autre, on eriait qu'il fallait un nouveau système, chaque parti politique voulant imposer le sien sui. Yant ses prédilections ou son intérêt particulier, sans toutefois rien exhiber de tangible. De mon côté, je transmettais en opposition, mes derniers rapports et un projet de loi qui résumait la loi de 1846 avec les amendements qu'elle avait déjà subis, et les ajoutés que je me proposais d'y faire, afin de pourvoir à toutes choses nécessaires au succès, en vertu d'une seule et unique loi d'éducation, rédigée de manière à être à la portée de tous les intéressés à son bon fonctionnement.

Les partis contendants étant presque d'égale force, mes rapports et mon projet, non plus que leurs plans, ne furent utilisés, Au moins ostensiblement à cette époque. Rien ne fut fait à cet égard pendant la session du parlement,

zependant, ma proposition de conserver la loi de 1846, telle qu'amendée, et d'y faire certains ajoutés; à triomphé, puisque cette loi est encore aujourd'hui en force,'et que, à très peu d'exceptions près, les ajoutés qui y ont été faits, sont les mêmes que j'avais recommandés, ÎLen est, pourtant, que

je répudie conscieusement.

(1) Les statuts refondus depuis cette époque, rem“dient en grande partie à cet inconvénient, et la loi d'éducation de 1846, telle qu'amendée dejà, est restée jusqu'à ce jour la mme quant à ses principes,

bb] Au

D'abord, c'est une somme de 820,000 qu'on a appropriée en aveur de nos institutions d'éducation supérieure, au lieu de celle de £20,000 que j'avais proposée pour leur venir anñuellement en aide. Puis, il n'y a aucun principe de division consacyé par ta loi pour partager entre elles cette modique somme. C'est le surintendant de l'éducation ou le gouverneur en conseil qui est autorisé par la loi à en faire le partage de la manière qu’il le juge à propos, ou suivant son bon plaisir, et l’on conçoit aisément que suivant le cours des choses humaines, il est toujours possible que ce partage se fasse d'une manière irrégulière et arbitraire. Je proposais qu'il eût lieu d'apres un principe de division fixe et consacré par la loi, c’est-adire suivant Je nombre d'élèves actuels, tel que constaté dans un rapport transmis pour cette fin par chacune de nos institutions d'éducation autorisés annuellement. En troisième lieu, la formule qui leur est fournie pour faire ce ‘apport. demande des réponses bien délicates et qui peuvent devenir compromettantes, parce qu’elles peuvent donner prise à la malveillance. En effet, nos institutions d'éducation supérieure sont tenues, par leurs réponses aux questigns comprises dans cette formule, de donner connaissance de ce qu'elles ont de plus intime et de plus cher.

Ainsi la dépendance où sont ia plupart de nos institutions d'éducation supérieure du bon plaisir du gouverneur en conseil, l'instabilité et l'incertitude de leur part respective de cette somme et la formule de rapport éntales ônt à remplir pour pouvoir l'obtenir, leur font éprouver un malaise et même des mécomptes bien regrettables qui sont autant de véritables découragements. (1)

La loi de 1846, telle qu'’amendée alors, est donc restée à

très peu de chose près la inème, et si les écoles ne sont pas subventionnés af degré que je proposais, elles sont au moins tenues et dirigées d'après Les mêmes principes. Le clergé.ele peuple et le gouvernement continuent d’avoir chacun sa part légitime dans le fonctionnement de la loi qui est toujours censée n'être ni à Ja disposition exclusive de l'un ni à celle de l'autre, et la liberté d'enseignement st laissée pleine et entière aux contribuables et. à leur clergé. Toutefois cette loi contient jen des imperfections qu'il eût été désirable de faire disparaitre : aussi, je avais pas manqué de les élaguer dans mon projet, qui pourrait être encore utilisé.

Le projet de loi de 1846 avait 6t6 fait en français ; mais, comme eu cette &nnée la constitution politique qui unissait les deux-anciénnes provinces du Canada en une seule, ne permettait pas l'initiative d'une mesure législative dans la langue francaise, il fallut le traduire en anglais avant de le sourettre à la considération de la législature. De sorte que d'anglais dans lequel on à traduit ce projet à la hâte, en est

(1) Voir l'appendice note No. 29.

cir mê aut

Qu:

Le

que dui tuti guè mur et d surt sitio spéc aux men sens D cont claus Pintr Gme la 28 n'ont annu défar disco inter ment texte, Les mon et, da d’une requis résit écrire

C’es

» loi aire lans

ais, ssait ne is la e le que

est

devenu la langue du texte qu'on à traduit ensuite en français,

ion d'après l'original, mais d’après ce texte même souvent

incorrect et défectueux. De sorte que le francais" de la loi de 1846 est la traduction tle la traduétion avec tous ses défauts.

C'est ainsi que, dans la clause 39e, l'anglais dit: “The municipal authority,” et que le français dit tout simplement : ‘ La municipalité.” Or, quelle est la municipalité dont on veut parler ici? Est-ce la’ municipalité rurale ‘ou la municipalité scolairé ? Car, en quelque part dans cette loi, il s'agit de l’une ou de l’autre.

Puis qu'est-ce qu'on entend ici par municipalité ? Este la circonscription préécrite à l'autorité, où est-ce l'autorité ellemême ? Et encore, si c'est l'autorité dont il s'agit, quelle autorité est-ce? Est-ce l'autorité municipale où Scolaire ? Quelle obscurité !

Dans l'original du projet, il y avait: Le conseil municipal, et quelque fut l'interprétation de ces mots, elle ne pouvait conduire à audune erreur, pas mème à un doute. Maïs la substi. tution des expressions précédentes (dont l’une ne pouvait guère s'expliquer par l'autre) à ces trois mots: Le conseil municipal, a été la cause féconde d'un grand nombre de procès et d’un grand embagas dans le fonctionneétit de la loi, surtout dans les paroisses et townships où la mauvaise disposition et le parti de l'opposition portaient les habitants à spéculer sur l'obscurité et la subtilité de la loi. Mais, quant aux intéressés qui étaient bien disposés, je les mettais facile. ment d'accord en vertu du sens du contexte de la loi, et du sens primitif. ;

Dans la loi d'amendements passée le 30 Maï 1849, il y a une contradictiôn littérale causée par le retranchement de deux clauses subséquentés qui aväient trait à ltmême chose, et par l'introduction, en leur lieu et place, d'une clause nouvelle, la 6me qui a été la causé d’une grande distordaneec entre elle et la 28me clause, et que dés gens plus critiques que pérspicaces n’ont pas découverte, lorsque je l'ai signalée dans un fapport annuel, pour .faire voir l'embarras que me causaient {es défauts de la ldi d'éducation. Elle est là, pourtant, cette discérdançe, cette conträâiction évidente, établie, «non par interprétation, non par induction, mais par le seul rapprochement dés clauses, par la simple combaraison des mots du texte. | .

Les deux clauses qui ont.été retranchées Sont citées dans mon rapport du 11 Mars {848. Elles avaient déjà été proposées, et, dans le projet de la loi de 1849, elles étaient accompâgnées d’une autre disposition, déclarant que toutes les qualifications requises, à l'avenir, pour être cammissaires l'école, étaient de résider dans ‘la municipalité scolaire, et de savoir lire et écrire. |

C'est ainsi que je voulais, comme de tout fermps aupa ravant,

n'exiger que les qualifications nécessaires pour ètre commissaire d'école, et que je voulais faire disparaitre celle qui consiste en la possession de ropriétés foncières de la valeur de £250, exigible eg vertu de la 5le clause de la loi de 1846, qualification toute matérielle qui est souvent un empêchement absolu à l'élection d'hommes instruits et bien disposés qui ne possèdent pas cette valeur en propriétés foncières.

Au contraire, la loi d'éducation passée en 1843 pour le Haut-Canada, étant exempte au moins des défauts provenant d’une double et imparfaite traduction, fournissait bien moins de prise àla malveillance. Ce fait donne en partie la raison du peu d'effet qu'a eu l'opposition faite à la loi d'éducation dans le Haut-Canada, combattue, d'ailleurs, dès le début, par l'action des conseils municipaux ; tandis que, dans le Bas. Canada, les défauts seuls provenant de. cette malencontreuse traduction, ont été l’occasion de contestations et de litispendances continuelles qui donnaient de l'importance et de l'éclat à l'opposition dont l'impunité et la continuation semblaient se targuer du ‘consentement tacite des autres autorités constituées. A

En 1854, ayant épuisé sans succès tous les moyens mis à ma disposition pour faire fonctionner la loi d'éducation d'une manière régulière et permanente dans la paroisse de: St. Michel de Yamaska, j'écrivis au gouvernement, le priant de vouloir bien m'en donner d'autres dont la pratique scrait plus heureuse ou de prendre lui-même directement la responsabilité de la chose. En réponse, je feçus instruction de m'adresser pour avis légal et autre aïde à cet effet, à un certain homme de loi qui avait contribué par ses conseils à faire faire une opposition factieuse et illégale à Ja loi et à mon administration. Me trouvant ainsi réduit à me soumettre à un opposant osé et à un ennemi personnel ostensible, je crus qu'il était plus prudent, plus sage de ne pas le faire, pour plusieurs raisons dont la principale était la certitüde de l’insuccès qui, dans ce cas, eût été plus éclatant et plus scandaleux que le premier, et qu'on n’eût pas manqué d'attribuer à mon administration. Je crus qu'une autre tentative de la sorte devait être inévitablement accompagnée et suivie de troubles encore plus grands, encore plus sérieux qu'avait déjà vus cette malheureuse paroisse, etqu'ilétait comparativement mieux de l’abandonner pour l'instant à elle-même. Mon successéur a, apparemment, pensé de mème, car, la loi d'éducation qui avait eu de mon temps, un commencement d'opération à St. Michel, n’y fonctionne pas encore à l'heure, qu’il est. et pourtant plus de dix huit Années se sont écoulées depuis cette date de triste mémoire.

La détermination que je pris alors de ne pas me mettre en rapport avec cet homme de loi qui, étant, d’ailleurs, membre du parlement, votait au jour le jour pour le gouvernement, était influencée par la considération de la maniere dont avait

cui cat

sons ns ce nier, tion.

vita nds, euse nner ent, moi fonc- » dix riste

re en mbre ent, avait

agi uu certain autre membre du parlement relativement au fonctionnement de la loi d'éducation en la paroisse de Beaumont, district de net La majorité des habitants de cette paroisse fut, pendant ui certain temps, opposée à la loi d'éducation, et, soutenue par l'opinion et par l'influence de ce membre et par celle d'un magistrat résidant, elle s'opposa à mon administration. Je fus donc obligé d'intervenir, au moins à l'appui du parti qui était en favenr de la loi.

Cependant, l'opposition ayant soumis mes moyens d'intervention, âux tribunaux de la justice, mon administration y eut gain de cause, et la loi reprit soh empire.

M, l'abbé Beaumont, le digne curé de la paroisse dont il portait le nom, ayant été pour la loi et pour le surintendant, souffrit persécution, et on ne reconnut qu'après son départ le mérite de sa conduite et les avantages appréciables que procurait aux enfants le fonctionnement régulier de la loi d'éducation. His

Pendant les premières années, on ne fit absolument rien. et pendant les années subséquentes, très peu de chose pour réprimer l'opposition qui, perdant toutefois peu à peu de ses moyens ‘et de son influence, laissa enfin la victoire aux amis de la bonne case.

En 1850, la loi d'éducation, telle qu'amendée déjà pat la loi de 1849, était agréée, appréciée et maintenue très généralement, et, lorsqu’en 1855 je laissai le département de l'instruction

ublique, on pouvait dire. en toute vérité, que cette loi était

a loi du pays, non-seulement parce que ses députés au parlement l’en avaient dotée, mais encore parce que ses'habitants l'avaient agréée et la mettaient volontiers en pratique.

Mais les lois primitives d'éducation ne sont pas les seules, dont les défectuosités aient donné lieu à des procédés litigieux que en ont entravé et retardé le bon fonctionnement. Les lois d'amendements nécessitées, en grande partie, par les imperfections des lois primitives, ont aussi leurs défauts, mais en moindre nombre. l

L'acte 9 George IV, chapitre 46, est la loi d'éducation tem. pus passée en 1829, qu'on appelle ordinairement la loi de

832, parce que cet acte a été amendé en cette dernière ânnée pour la dernière fois avant son expiration au premier mai 1836.

Cependant, deux projets de loi d'éducation furent soumis à la Législature du Bas-Canada, en 1834 L'un était un projet d’amendements comprenant cinq clauses qui devaient être ajoutées à la loi de 1835, et l’autre un projet de loi nouvelle qui, comprenant en 19 clauses tout un système, était destiné à remplacer la loi de 1832, depuis le 15 ‘Mai 1834 jusqu'au 15 Mai 1838.

Ce dernier projet comprenait toutes Les dispositions fondamentales de la loi de 1832, avec quelques additions impor tantes qui, devenues loi, auraient contribué, plus facilement à répandre l'instruction dans le pays. Maisles dépêches reçues

me ES rte D ne Do

de Lord Stanley, ministre des colonies britanniques, et les difficultés qui existaient entre le gouvernement impérial et le parlement provincial, auxquelles elles avaient trait, ayant absorbé toute l'attention de l’Assemblée Législative où ees projets avaient pris leur origine, la Législature ne put s'en occuper assez sérieusement pour les faire adopter. La loi de 1829, telle qu'amendée en 1832, demeura donc en force. Les mèmes difficultés s'étant compliquées davantage, au lieu de s'applanir, les mesures relatives à l'éducation n’eurerft guère lus de succès pendant la session glors suivante du Parlement Provthelal, et force nous fut de continuer d'utiliser la loi de 1829-32 jusqu'au premier de Mai 1836.

Par opposition à la loi des écoles royales, la loi de 1829 M'ÉpAsIn dans le temps, la loi des écoles élémentaires, ow de syndics, bien qu'elles fussent toutes tenues, à peu d'exceptions près, sur le même pied.

La loi de 1829-32, toute défectueuse et insuffisante qu'elle était, avait néanmoins fait prendre l'initiative et donné une heureuse impulsion à l'éducation populaire dans le Bas-Canada, et si elle eût continué de fonctionner jusqu’à l'époque où elle a été remplacée, en ,1842, par la loi de 1841, elle aurait fait faire à l'éducation un progrès dont nous aurions eu grandenent à nous louer plus tard. .

Des 1,530 écoles qui avaient été établies et fréqueutées par 36,000 enfants, sous les auspices de la loi de 1829-32, guère plus de 50 étaient en opération en dehors des villes, lors de ma visite en 1842. Encore y avait-il de ces écoles qui n’en méritaient pas le nom, tant elles étaient inférieures, peu fréquentées et peu surveillées. Les meilleures écoles alors en opération, étaient, pour les catholiques, celles tenues sous le contrôle des fabriques, et pour les protestants, celles tenues sous le contrôle de la société d'éducation nommée New-Foundland, établies et soutenues par les membres de l’église anglicane. ji

Il faut ajoutér à ces dernières écoles, dont une à Sherbrooke et une à Bury, les académies établies principalement dans les townships de l'Est, et aux écoles catholiques les couvents enseignants et les écoles qui étaient tenues dans nos villes, et dont je fais abstraction en ce moment,

En 1831, les écoles tenues sous le patronage de Mgr. Eartigue, dans la belle maison qu’il fit construire en 1830 pour cette fin, en ligne parallèle à son palais épiscopal, comptaient dèjà 259 enfants, comme nous avons vu ailleurs.

Les maisons d'éducation dites académies étaient en petit nombre, et il y en-avait qu'une dans les seigneuries, c'est celle qui est sise au beau village de Berthier, dans le comté de ce nom. Elle était dirigé par feu ie Dr. Barbier, etsubventionnée comme les autres au moyen d’une somme de £100 par-an, accordée comme enconragement. Le Dr. Barbier remit aux commissaires d'école de Berthier cet établissement

non.

prév ou:

enco

De d'un au m pro intér polit:

en 1847, et ce, d'autant plus volontiers que, outre l'allocation annuelle de £100 reçue pendant treize ans, il avait obtenu, pour aider à la construction de la bâtisse, la somme de £342, ou environ.

Cette construction eut lieu sur un terrain donné par le Dr, Barbier pour cette fin, mais il n’en avait pe aucu)) acte de donation à aucune autorité quelconque l'acceptant avant 1847. C'est à ma demande réitérée et pressante que de Dr. Barbier, infirme et menacé d'ume mort prochaine, fit don de tout l'établissement aux commissaires d'école de la paroisse. C'était ce que je demandais, afin d'en assurer l'utilité et la permanence. |

‘Cependant, les écoles tenues sous les auspices dela loi de 1832 n'auraient pas été aussi généralement abandonnées qu'elles l'ont été en 1836, si le clergé et le peuple n'avaient été tout préocupés, comme ils l’étaient nécessairement alors, dos causes qui amenéreyt les troubles de 1837 et 1838. Ces causes, qui étaient nombreuses et diversés, concoururent toutes, plus ou moins, à nous amener les déplorables évènements de ces années de néfaste mémoire, comme ces tristes événements concoururent aussi tous à nous priver de la constitution politique de 1791, et à nous imposer celle de 1840 qui nous assujétissait à l'union forcée des denx provinces.

Lord Durham, dans l'examen hâtif qu'il fait des causes et des effets de ces événemeyis, admet la justice des sujets de plainte des Canadiens, et les justifie jusqu'à un certain point des ‘effets que ces causes ont dû Mode, mais il finit, nonobstant, par recommander, comme remède curatif et préventif, la pratique d’un remède propre à nous effacer, à nous annihiler comme peuple, en nous unissant an Haut- Canada. .

au milieu de longues et chaleureuses contestations, mais qu

es intéressées, Résultant du mouvement et des combinaisons

olitiques des parties et comprenant presques tontes les } I P

(hi LA

possessions britanniques dans l'Amériques du Nord, l'essai qu'on va en faire obtiendra sans doute un résultat ayant des proportions pour l'instant imprévues et incalculables en réalité, L'expérience seule nous prouvera, dans un avenir éloigné, si ce résultat sera de nature à nous procurer, à nous canadiens-français, tous les avantages qu’on nous promet. Toutofois, espérons que nous les réaliserons tous, et que nous aurons à nous féliciter de pouvoir ainsi maintenir et consolider notre nationalité et notre autonomie. Mais la prudence et la sagosse, autant que k vigilance et l'habileté dans l'usage des moyens qui nous sont donnés par la nouvelle constitution, contribueront beaucoup'plus à obtenir pour nous ce résultat particulier, que la nature même des principes constitutionnels sur lesquels repose cette nouvelle union.

[n'entre pas dans mes vues de m'occuper en te moment de ce sujet qui a trait plutôt à la politique qu'à l'éducation; mais il doié paraitre clair et évident à tout esprit juste et impartial, connaissant ce trait de notre histoire, qu’à l’époque de 1837, étant sous le poids de semblables événements, et sous l’influenco, je devrais dire sous le contrôle des administrations qui les ont vu naître, et qui ont causé tant de mal et de douleurs aux Canadiens, le clergé et le peuple ne pouvaient guère concentrer assez leur attention et leurs moyens pour maintenir en opération les 1530 écoles que, depuis huit ans, la législature du Bas-Canada avait subventionnées en vertu de la loi de 1829 et 1832, expirée au prémier de mai 1836.

[l doit paraître également clair et évident que le clergé et le peuple catholique, tout bien A ts qu'ils fussent dès lors à l'égard de l'instruction et de l'éducation de la jeunesse, ne pouvaient pas, au moyen de la loi des écoles de fabrique, qui restait seule en forcé réunir assez de ressources pour maintenir sur un bon pied un nombre d'écoles proportionné at besoin, sans un aide de la législature.

Or, on peut dire que tous les pouvoirs de notre législature, en ces années d’'agitation et de troubles, se réduisaient à l'exercice du droit de pétition, de protestation et de rèclamation contre tout ce qu'elle voyait d'abusif et d'inconstitionnel se pratiquer à notre, égard, de la part de nombre des envoyés du bureau colonial pour nous gouyerner.

Le peuple, partout dans la consternation et dans la crainte, dérouté et: détourné des affaires ordinairés, et, en grand partie ruiné et découragé; et le clergé, tout occupé moyens de ramener le peuple à l’ordre, à la paix, au f domestique et à ses occupations ordinaires, tout occup réparer autant que possible le mal fait par tant de causes rèunies, et à consoler et à encourager les affligés, ne pouvaient guère trouver le temps d'utiliser la loi des écoles de fabrique. D'ailleurs, si le clergé eût pu trouver le temps nécessaire pour s'occuper de ce sujet important ses efforts cussent été inutiles,

SC ent 1e.

ur es,

uisque celte loi ne lui donnait pas les moyens suffisants de e faire avec avantage, dans un temps où le peuple ne pouvait être mis à contribution, ni pour les écoles, ni pour aucune autre œuvre publique. D'un autre côté, si dans ses occurences si-extraordinaires et afligeantés, des écoles avaient été établies généralement, il est plus que probable qu'elles n'auraient été pour la plupart que peu fréquentées et peu effectives.

L'acte des écoles de fabrique autorise les fabriques à employer annuellement un quart de leurs revenns respectifs et une arpent de terre pour le soutien d'une ou plusieurs écoles, mais il est notoire que Jes revenus des fabriques sont pour la plupart très limités, et que, très généralement, le quart n'aurait pas suffi pour encourager une seule bonne école, Or, il valait autant ne pas avoir d'école que de ne pas en avoir une seule bonne par paroisse, et c'est la conclusion à laquelle tout naturellement on en vint de pañt et d'autre. De sorte que les paroisses pauvres furent privées d'école jusqu'au temps où il en fut établi en 1842, en vertu da la loi de 1841; mais, avant cette époque il y avait une bonne école en opération dans chaque paroisse qui était en moyen de la soutenit sur un bon pied, et ce, outre l'école et le pensionnat des Dames religicuses de la Congrégation de Notre-Dame. St. Martin, Varennes, St. Augustin en bas, Longueuil, etc. étaient du nombre de ces paroisses

Une loi d'éducation, l'acte 6 Guill. IV, ch. 12, fut passée en 1836, pour l'établissement d'écoles normales dont l’une pour les garçons à Québec, et l'autre à Montréal, mais ces écoles, bien qu'établies aux frais du gouvernement d'alors, pour le Bas-Canada, n'eurent aucun succès. Le principal instituteur de celle qui était établie à Montréal, disait publiquement, en 1857, à l'assemblée qui assistait à l'inauguration des écoles normales actuelles, que l’insuccès de son école était dû au troubles de 1837-38. [ls étaient au moins uné des causes de l'insuccès, |

Dans plusieurs comtés, et notamment dans celui de Champlain, de, Nicolet, -de Berthier et de Terrebonne, des chefs agitateurs essayèrent, à la veille, ou pendant les élections générales, de se faire élire sur un principe de restauration de la loi de 1832, ou au moins, d'opposition à la loi’ de 1846; mais, ou ils ne furent pas élus, ou ils furent obligés, afin de ouvoir l'être, d'abandonner ces principes. subversifs: de ‘ordre public.

Au comté de Terrebonne, l'honorable £E. H. Lafontaine dit mphatiquement aux électeurs assemblés le jour de la nomination, que s'ils f'élisaient, il se ferait un devoir de les taxer pour l'éducation de leurs enfants, et il fut élu à une très grande majorité, pour ne pas dire à l'unanimité. Ce beau trait fait à la fois honneur à l'Hon. Lafontaine et au beau comté d lerreboune.

Dans comté de Berthier, le candidat qui était opposé à, la

loi d'éducation, bieu qu'ancien, et d’ailleurs populaire, fut obligé de renoncer bien formellement à cette opposition, et de promettre, au contraire, de soutenir en parlement les principes dé cette loi, afin de pouvoir être élu, ét, cependant, l'opposition systématique qu'il avait faite à la loi d'éducation l'ayant rendu impopulaire, il ne put l'être, qu'à une très faible majorité sur son Concurrênt, jeune homme, et à peine connu dans les rangs politiques, mais quiétait ouvertement en faveur de cette loi.

Ces faits, incontestables et de notoriété publique, prouvent évidemment à la fois que l'opposition faite à la loi d'éducation de 1846 venait bien moins du peuple, proprement dit, que de certains hommes politiques, etque le peuple canadien, aimant l'éducation, voulait bien se soumettre, malgré l'agitation faite par ces hommes, à la contribution exigible par cette loi, pour en procurer lé bienfait à ses enfants.

D'un autre côté, le clergé, bien qu’il n’eût pas, en vertu de la loi de 1846-49, toute l'étendue des droits et privilèges qu’il réclame à juste titre dans l’enseignement, aidait volontiers à faire l'épreuve de ce système d'instruction primaire, et à faire partager à la jeunesse les avantages réalisables de son fonctionnement. C'était un essai dont la pratique devait prouver jusqu’à quel degré il était acceptable‘ avec certaines mpodifications faciles à faire sans en altérer essentiellement le fond.

A dire vrai, ce n’est pas en dehors du parlement seulement que la loi d'éducation de 1846 a rencontré de l'opposition, afin de pouvoir la remplacer par la loi de 1832, ou par quélau’antre loi à peu de choses près semblable qui auraît rétabli le système de contribution volontaire, et, en quelque yart, le patronage, sinon le contrôle exclusif de l'éducation. Des membres de l'assemblée législative, même de ceux qui ” “aient été élus sur la promesse tacite ou formelle d’y soutenir .: loi de 1846, s’y sont opposés, et c’est, comme je l'ai. déjà dit, en 1850 surtout que nombre de membres de l’assemblée législative se coalisèrent à cet effet, mais sans succès. Le ministère, comme nous l'avons déjà vu plus haut, ayant entendu lés raisons contrairés, réso fut de laisser subsister la loi de 1846, telle qu'amendée par la loi de 1849, alors et encore actuellement en. force, après avoir reçu certains ajoutés.

Ce sont ces deux lois que désormais j'appellerai tout simplement la loi d'éducation pour le Bas-Canaüa. Or, cette loi, qui comprend, en grande partie, les principes fondamentaux de la loi de 1841, est calquée sur la loi d'éducation de l'Etat de

New-York qui nous avoisine; sur les prnCInes émis par l'hon. Juge Chs. Morndelet: dans ses lettres sur l'éducation, comme

aussi sur les principes émis dans celles que j'avais écrites sur le même sujet deux ans avant lui.

Le fait est que la Îre, 2e et 3e sections et partie de 21e de l'acte 4 et 5 Vict., ch. 18, passé en 1841, sont encore en force, en vertu de la 57e section de l'acte 9 Vict., ch. 27, passé en

Ltd. ur AY EE bare

1846, qui est la loi actuelle, et qu’à l'exception du patronage qui était accordé au gouvernement en vertu de la loi de 1841, et du concours du conseil municipal qui en était la créature et l'instrument, 14 loi de 1846 est à peu de choses près semblable à ceHe de 1841,

Cependant, l'on peut dire que la loi d'éducation de 1846 pourvoit d'une manière bien plus spéciale et ample à la liberté d’emseignement, et surtout à l’enseignement moral et religieux dans les écoles tenues sous son contrôle que la loi de 1841. On a mis un peu de temps à comprendre toute la différence qu'il y a, sous ce rapport, entre ces deux lois, mais toujours on a fini par la comprendre parfaitement, .et depuis plus de 30 ans l'on'sait apprécier et utiliser par tout le pays, sans distinction d'origine ni de croyance religieuse aucune. Sous le rapport de la liberté d'enseignement et de l’enseignement moral et religieux dans les écoles, les dispositions ‘libérales que la loi de 1846 conttent à cet effet, ont été plus d’ure fois invoquées par les catholiques du Haut-Canada, mais jamais avec fun plein succès. Espérons que ce ne ne sera pas toujours en vain.

En vertu des dispositions contenues dans ces clauses, la somme de £50,000 par an est approprié, d’une manière permanente, pour l'éducation primaire dans la Province-Unie, et est divisible entre les deux sections de la province en proportion de leur population respective, d’après le dernier recénsement général. Jusqu'en 1848, le Bas-Ganada à eu £30,000 par an

our sa part de cette somme ; mais la population du Haut-

anada, ayant augmenté plus rapidement, (en conséquence de l'émigration des Irlandais, des Ecossais et des Allemands qui s’y est portée dawantage.) que celle du Bas-Canada, la part de cette dernière sectiqn de la Province a subi plusieurs diminutions depuis cette date ; de sorte que, maintenant, elle est réduite à moins de £25,000 par an. ,

Par extension, le même principe s’appliquæ au partage de la part afférente de l'allocation au. Bas-Canada, entre les divisions territoriales appelées municipalités, et les arrondissements d'école. Û

Mes lettres sur l'éducation furent écrites en 1838, à la demande spontanée dé Lord Durham, par l'entremise de l’Hon. Arthur Buller qui était attaché à l'administration de sa Seigneurie, et celles de l'Hon. Juge Mondelet en 1849, à la suggest*-n de Poulet Thompson, successeur de Lord Durham, en qui." ‘4 de Gouverneur-Général du Canada.

Si vir Poulet Thompson ne fut pas décédé avant l’'émanation de la commission, d'éducation, c’est M. Charles Mondelet qui

- aurait été nommer surintendant de l'instruction publique

pour le Bas-Canada. Ils y attendait, car, il en avait la promesse ; mais, mieux que cela, il fut nommé juge de circuit. par Sir Charles Bagot, et cette position l'a conduit à celle plus élevée, qu'il occupe aujourd’hui sur le bane: judiciaire. Plongé dans une profonde tristesse, et en proie à un grand

se - AN £ + ne a re rm

pa 3 2

Page 1