‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 98 sur 116 · FRERES · texte numérisé non relu

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je faisais ainsi atteindre le but aussi bien et aussi généralement que possible.

Il y avait des gens qui étaient fort scandalisés de ces procédés, et n'accusaient de prêcher et d'encourager l'infraction de la loi, au lieu de la faire exécuter, tandis qu’il y en avait d'autres, et dont le nombre se grossissaittous les jours, moins scrupuleux et plus amis de l'éducation, qui admiraient mon courage et la libéralité du gouvernement, et nous louaient et nous soutenaient simultanément dans l’occasion. C'est ainsi que je pus obtenir du parlement trois fois de suite ‘une loi d'indemnité qui légalise toutes ces irrégularités et déviations des formalités qui étaient prescrites par la loi de 1841 et 1845, ainsi que les octrois d'argent déjà faits sur mes demandes et la manière dont cet argent a été employé pour l’objet de l’éducation primaire dans le Bas-Canada,. pendant moitié de 1842, pendant les années de 1843, 1844, 1845 et moitié de 1846. Voir a ce sujet la 48e clause de l'acte 9 Vict., ch. 27, passé Le 9 juin 1846, actuellement en force. .

Un des défaut de la loi de 18#1 était de n'avoir pourvu, ni d'une manière ni d’une autre, au frais d'établissement et d'entretien d’un bureau d'éducation, ni à ceux d'aides de bureau nécessaires pour le succès de l’œuvre. Je fus pendant plus d’un an et demi, c’est-à-dire, depuis le 11 Mai 1842, jusqu'au mois de Février 1844, sans bureau fixe, et sans commis ni copiste permanent. Ma fille aînée a souvent rempli, pendant ce temps, le devoir de copisite.

Depuis Février 1844 jusqu’en Juillet 1846, je n’eus qu'un commis régulièrement attaché à mon bnreau. Ge ne fut qu'à cette dernière époque qu'il me fut permis d’adjoindlre un second commis au premier, en vertu de la 34e clause de la loi du 9 Juin 1846, le premier, à raison de £175, et le second de £60—seulement de salaire par an ! Le premier, ainsi que ses successeurs avaient le titre de secrétaire, et bien qu'ils eussent, l'un et les autres, toutes les qualités requises pour en remplir convenablement les devoirs, les circonstances voulurent que leur principale occupation fut de tenir les comptes et les livres, d'analyser les divers documents, de les coter et de les porter à l'index, pour pouvoir y recourir facilement au besoin.

L'autre commis, dont le salaire fut élevé à la somme de £175, lorsque celui.du secrétaire le fut à celle de £225, en vertu de la 30e clause de l’acte d'amendement passé le 30 mai 1849, était littéralement le copiste du bureau de l'éducation. (1) Je n'ai jamais eu plus que ces deux employés comme auxiliaires permanents au bureau de l'éducation, et, en 1849, un messager que le goux: nement y laissa attaché, ainsi qu’au bureau du département des sauvages, lors de son départ de Montréal pour Toronto, par suite des troubles qui eurent lieu à Montréal en cette antie-là. ,

(1) Ces salaires, et le nombre des employés du bureau de l'éducation. sont restes ainsi fixés par la loi. Voir les statuts refondus,

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Je fus pareilemenk près de deux ans sans être pourvu d’une place de bureau fixe et d’un accès facile. Ce ne fut que le premier mai 1844 que jé fus pourvu, pour cette fin, de deux étite pièces au second étage d’une maison sise près de celle Et gouvernement, à Montréal, auxquelles on parvenait par un escalier détourné qui donnait sur la petite rue St. Claude. (1) Je changeai par la suite plusieurs fois de pins et d’appartetement, sans avoir jamais été pourvu à l'instar des autres départements du service public.

>ar malhepr, on ne comprenait pas bien, dès lors, que le bureau d'éducation dût être mis et maintenu sur le même pied dcr les autres départements du service public. L'esprit d'économie s’opposait à la chose, et peut-être aussi l’indifférence, si non un certain esprit d'opposition au système inauguré ; mais j'ai raison de croire que si Sir Chs. Bagot eût vécu, il n’en eût pas été longtemps ainsi ; car il avait à cœur de faire du bureau de l'instruction publique un département important et efficace dès le début.

Cependant, mon collègue du Haut-Canada fut pourvu immédiatement après l’émanation de la commission d'éducation en mai 1842, d'un commis avec un salaire de Æ£175 par an, et d'un bureau consistant en trois belles pièces au premier étage, et garni de tapis et de meubles convenables. Je ne sais si cette différence marquée était calcul, ou tout simplement un des feuits naturels de l'union des deux Canadas ; mais l'effet m'était également incommode, et était encore plus injurieux à la partie de la province unie que je représentais dans le département de l'instruction publique. Je me permis de réclamer plusieurs fpis contre cette injustice ; mais en vain. La réponse était que la loi n'ayant pas pourvu à cette dépense, le gouvernement ne pouvait s’en charger pour deux bureaux. Il me fallut attendre la loi de 1845 pour être pourvu régulièrement de ces choses nécessaires pour la facilité et la dignité du service.

En vertu de la loi de 1846, le gardien des bâtisses me procura, en 1849, un bureau composé de trois pièces, et garni d’un ameublement dont le prix se montait à soixante et quelques louis, et, lorsque cette somme parut dans les comptes, des membres du comité des Et His publics la trouvèrent très élevée! Les choses ont bien changé, depuis cette époque FÉÉONOMLE AMITÉME 14464 panene soda doc ane ed bob pese des ve sites tte te

2ependant, uné commission spéciale qui avait été nommée,

(1) Lecteur, si jamais la curiosité vous en prend, voyez sur cette petite rue le modeste chiffre 32, placé au-dessus de l’étroite porte qui conduit à ce tureau primitif d’'humble mémoire. Montez, si vous le voulez, le petit escalier tortueux qui se trouve au delà, et vous arriverez incontinent à deux minimes pièces qui ressemblent assez aux sections d'un œuf de calibre ordi naire. C’est là où fut installé, ofliciellement, le premier surintendant de l'éducation; c'est dans ce lieu d'emprunt que fut élabli le berceau de de l'instruction publique du Bas-Canada.

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pour examiner le bureau d'enregistrement du comté de Montréal, ayant eu besoin d’un des appartements, je fus obligé de le lui céder, De sorte qu'après tout, cet ameublement n'eut pas lieu pour le bureau d'éducation seul.

Après mon départ du Bureau de l'éducation, cet ameublement ayant été considéré comme insuffisant et inconvenable, il fut bientôt remplacé par uu autre auquel rien ne manqme sous aucun rapport, et il faut bien admettre que la chose n'est que convenable; mais, si elle l’est aujourd’hui, elle devait l'être également pendant non adminisation, et il semble que la différence des époques ne donne pas suffisamment raison de la différence, de la qualité et du prix de l'ameublement du bureau de l'éducation.

Le fait est que, pendant la plus grande partie de mon administration, surtout à son commencement, on avait généralement guères l’idée de ce que devait être le département de l'instruction publique, de son efficacité, de son influence, de son importance, de sa nécessité, et que, pour en faire un département effectif, utile et influent autant que désirable dans l'intérêt de la chose, il fallait Le faire commode et imposant, au moins autant que le sont les autres départements du service public. Mais la chose était alors trop nouvelle, trop peu usitée et trop peu comprise pour pouvoir être appréciée convenablement. Il y avait même, alors, des gens qui trouvaient que l’on faisait déjà trop pour ce département dont quelques uns ne voulaient pas, et dont d'autres, en ignorant le fonctionnement et le besoin le négligeaient volontiers. Els n’en connaissaient ni la nature, ni le fonctionnement ni [a portée, et, partant, ils ne pouvaient en apprécier l'utilité.

Puis, suivant les conditions convenues, entre le gouvernement et moi, lors de mon acceptation de la direction de l’instruction publique, mon administration étant absolument indépendante de la politique, elle ne pouvait avoir, aux yeux des partis, qui ne voient que par le médium de ce mobile, ce prestige facinateur et séduisant qu'ont la plupart des autres départements importants dont les chefs s'occupent plus ou moins de politique, soit par intérêt personnel soit comme instruments obligés d'un pouvoir suprème. Souvent même, ils sont, en effet, mus autant par esprit de parti que par la considération, indépendante et calme de la chose spéciale dont ils sont chargés de promouvoir les véritables intérêts.

Or, me considérant. nonobstant, comme le ministre d’une

cause sacrée, et également chèré à tous les partis, je crus .

devoir ne me mèler aucunement de politique. Suivant ma manière de voir, je devais être, dans l’intérèt du bien général, le serviteur de tous les partis et le partisan politique d'aucun, ni de personne. A l'instar des juges, et, véritable juge à ma place, je ne devais m'occuper sérieusement que de la cause commune qui était confiée à mes soins, et je trouvais que ma tâche était déjà assez difficile et pénible, et mon rôle déjà

assez important et méritant, sans encore me mèler de politique, mais les partis en besoin de suffrage et de tout utiliser dans leur intérêt respectif, et surtout l'opposition offerte à la loi d'éducation, ne pensait pas de même, Suivant eux mon abstention était une faute répréhensible qui ne méritait rien moins que l'isolement et la privation où me tenait l'indifférence, si non toujours le mauvais vouloir des partis politiques ui, d'ailleurs, se suecédait assez rapidement. Cet isolement orcé, souvent volontaire, afin de me soustraire à l’obsession, et accepté, aumoins, comme la moindre des cltoses que j'avais à craindre de l'exigence de l’arbitraire, ou mème de la vengeance politique, m'était au moins personnellement préjudiciable. C'est pourquoi, au début surtout de mon admimistration, on im’a traité avec tant de lésinerie et de mesquinerie qui, sans ces considérations, seraient inexplicables. [ls ne me fut pas même permis d'abonner le département de l’éducation à quelques journaux périodiques, et de porter dans ses dépenses le montant d’un aboniement de la sorte, bien qu’il eût tout intérêt, pour le succès de la cause de l'éducation, à s'assurer de la bienveillance et même de la coopération de lu presse. Of, quel était le meilleur moyen de Île faire ? si ce n'était en s’'abonnant à quelques journaux périodiques. Lorsque je le fis, afin de pouvoir mieux me mettre au courant de l'opinion publique à l'égard du fonctionnement de la loi d'éducation et de mon administration, ce fut à mes frais et dépens à même mon faible salaire; car, il fallait bien que je visse un peu les journaux à cêt égard, surtout pendant l’année: 1850 ct les suivantes, temps où certaines influences mettaient tout en mouvement contre la loi d'éducation et contre mot.

Ayant, le neuf janvier 1853, formellement demandé à être autorisé à souscrire, au nom du département de l'éducation, à quelques journaux périodiques, il me fut répondu, par une lettre officielle en date du 28 du même mois, qne son Excellence, le gouverneur général, ne pouvait ‘“ obtempérer” à ma demande. ”

Cependant, mes contifgents n'étaient pas bien exorbitants, puisque, pour l’année précédente, le montant total des dépenses du bureau d iducation, inclus le salaire du surintendant et et de ses emplagrés, n'était que de £1,100, et qu'il ne se montait pas même à cette modique somme pour la plupart des années antérieures à celle de 1853.

Vu la somme de travail qui nous était dévolue, à moi et à mes employés dans le département de l'éducation, et vu la modicité de nos salaires, je demandai au gouvernement, le 9 juillet 1647, de vouloir bien les augmenter d’une manière proportionnelle aux salaires accordés aux employés des autres départements du service public, et je recus ROUE réponse que nos salaires étant fixés par la loi, Son Excellence ne pouvait ‘ acquiescer ” à ma demande.

Cependant, les circonstances concomitantes changeant tous:

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