‹ Mémorial de Sainte-Hélène (volume 5)Chapitre 10 sur 21 · partie de ceux-ci, aux poster de Saint -Rock · texte numérisé non relu

partie de ceux-ci, aux poster de Saint -Rock

Trois représentons , Fréron , Louve t et Syeyes montrèrent de la résolution.

La section des Quînze-Yingts , faubourg Saint- Antoine , est la seule qui ait fourni deux cent- . cinquante hommes à la Convention; tant ses dernières oscillations politiques lui avaient indisposé toutes tes élusses f toutefois, si les faubourgs ne se levèrent point en sa laveur , du moins ils n'agirent pas non plus contre elle. Il est faux qu'on ait fait tirer à poudre au commencement de l'action* cela n'eût servi qu'à enhardir les actionnaires et à compromettre les troupes; mais il est vrai que le combat une fois engagé., le succès n'étant plus douteux, alors on ne tira plus qu'à poudre.

VIII. Le quatorze vendémiaire. — Il existait encore des rassemblemensdans la section Lepelletier.

Le quatorze, au matin, des colonnes débouchèrent contre eux, par les boulevards, la rue de Richelieu et le Palais -Royal. Des canons avaient été placés aux principales avenues. Les sectiounaires furent promptement délogés, et

la reste de la journée fut employé à parcourir la ville , à visiter les chefe-lieux «Je sections , à ramasser les armes et à lire de» proclamations. lue soir , tout était rentré dans l'ordre., et Paris se trouvait parfaitement tranquille, .

Lorsque, après ce grand éyéaement, les officiers de Tapcaée de fin térieur furent présentés en corps à la Convention , celle-ci , par acclamation , nomma Napoléon général en chef de Cette armée , Barras ne pouvant cumuler plus longtemps le titre de représentant avec des fonctions piilitaires,

Le général Menou fut traduit à un conseil de guerre ; on voulait sa mort. Le général en chef le sauva en disant aux juges que si Menou méritait la mort , les trois représentans , qui avaient dirigé les opérations et parlementé avec les sectionnaires , la méritaient aussi ; que la Convention n'avait qu'à mettre en jugement les trois membres, et qu'alors on jugerait Menou. L'esprit de corps fut plus puissant que la voix dç$ ennemis de Menou,

La mênie commission condamna plusieurs individus à mort par contumace , entr autres

Paubkme. Jj* nommé Lafond fbtfe seul exécuté. Ce jeune homme avait montré beaucoup de courage dans l'action} la tête de sa colonne , sur le pont Royal , se reforma trois fois sous la mitraille ayant de se disperser tout à fait C'était un émigré; il n'y eut pas moyen de le sauver, quelque désir que l'on eût : l'imprudence de ses réponses déjoua constamment les bonnes intentions de ses juges.

IX. Napoléon commande en chef t armée de l'intérieur. — • Après *le treize vendémiaire , Napoléon eut à'organiser la garde nationale , qui était un objet dé la plus haute importance, comptant alors jusqu'à cent quatre bataillons;

H forma en même-temps la garde du Directoire, et réorganisa celle du Corps* Législatif. Ces mêmes étémens se trouvèrent précisément dans la suite une des eauses de son succès à la fameuse journée du dix-huit brumaire. Il avait laissé de tels souvenirs parmi ces corps, qu'à son retour d'Egypte, bien que le Directoire eût recommandé à ses soldats de ne point lui rendre d'honneurs militaires qu'il ne fût en grand uniforme , rien île put les empêcher de

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battre an champ, de quelque manière qu'il

pari*.

I4G peu de mois que Napoléon commanda l'armée de l'intérieur se trouvèrent remplis de • difficultés et d'embarras. Ce furent , l'installation < d'un gouvernement nouveau , dont les membres étaient divins entre eux et souvent en opposition avec les'oonsefts; une fermentation sourde parmi les anciens actionnaires qui composaient la majorité de Pans ; la turbulence activa des jacobins, qui 'se reformaient sous le nom de Société du Panthéon ? les agens des étrangers et ceux du royalisme , qui formaient un parti puissant; le discrédit des finances et du papier-monnaie, qui mécontentait les troupes àlextrêùie; mais, plus que tout cela encore, l'horrible famine qui , à cette époque , désola la capitale.

Dix ou doute fois tes subsistances manquèrent, et les faibles distributions journalières que le gouvernement avait été contraint d'établir, furent interrompues. Il fallait une activité , une dextérité peu communes , pour surmonter tant d'obstacles, et maintenir le «calme dans la capitale ,

en dépit de . circonstances si fâcheuses et si graves. #

La Société du Panthéon donnait chaque jour plus d'inquiétudes au Directoire* La police n'osait aborder cette société de front. Le général en chef ht mettre le scellé sur le lieu de ses assemblées , et les membres ne bougèrent plus tant qu'il demeura présent. Ce ne fut qu'après son départ qu'ils parurent de- nouveau , sous 1 influence de Babeuf, Antonellé et autres , et éclatèrent au camp de Grenelle. 9

Il eut souvent à haranguer h la halle , dans les rues* aux sections et dans les faubourgs ; et une remarque singulière à ce sujet , c'est que , de toutes les parties de la capitale, le faubourg Saint-Antoine est celui qu'il a toujours trouvé le plus facile à eqtendre raisoa, et à recevoir des impulsions généreuses.

Ce fut pendant Je commandement de Paris , que Napoléon fit la connaissance de M m de Beauharnais.

On avait exécuté le désarmement général des sections. Il se présenta à l'État^Major un jeune homme de dix à douze ans , qui vint supplier le

général en chef de lui faire rendre l'épée de son père , qui avait été général de la République. Ce jeune homme était Eugène de Beauharnais , depuis Yice-Roi d'Italie, Napoléon , touché de la nature de sa demande , et des grâces de son âge, lui accorda ce qu'il demandait : Eugène se mit à pleurer eu voyant l'épée de son père. Le général en fut touché , et lui témoigna tant de bienveillance , que M"" de Beauharnais se crut obligée de venir le lendemain lui en faire des remercîmens ; Napoléon 5 empressa de lui rendre sa visite,

Chacuq connaît la grâce extrême de l'impératrice Joséphine , ses manières douces et attrayantes. La connaissance devint bientôt intime et tejodre , et ils ne tardèrent pas à se marier.

X. Napoléon est nommé général en chef de t armée d 9 Italie. On reprochait à Scherer , commandant l'armée d'Italie , de ne pas avoir su profiter de s* bataille de Loano ; depuis ou était peu satisfait de sa conduite. On voyait à son quartiergénéral de Nice beaucoup plus d'employés que de militaires Ce général demandait de l'argent pour solder ses troupes , et réorganiser les difle-

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rens senrices; il demandait des chevaux pour remplacer les siens qu'on avait laissé périr faute de subsistance : le Gouvernement ne pouvait donner ni l'un ni l'autre ; on lui fit des réponses dilatoires ; on l'amusa par de vaines promesses. Il fit connaître alors que si Ton tardait davantage , il serait obligé d'évacuer la rivière de Gênes, de revenir sur la Roya, et peut-être même de .repasser le Var. Le Directoire résolut de le remplacer.

Un jeune général de vingt-cinq ans, ne pouvait rester plus long-temps à la tête de l'armée de l'intérieur. Le sentiment de ses talens et la confiance que l'armée d'Italie avait en lui, le désignaient comme seul capable de la tirer de la fâcheuse situation où elle se trouvait Les conférences, qu'il eut avec le Directoire à ce sujet , et les projets qu'il lui présenta , ne laissèrent plus aucun doute. Il partit pour Nice-, et le général Hatri , âgé de soixante ans , vint de l'armée de Sambre-et Meuse le remplacer â l'armée de l'intérieur, laquelle avait perdu son importance , depuis que la crise des subsistances était passée , et que le gouvernement se trouvait assis»

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