‹ Mémorial de Sainte-Hélène (volume 5)Chapitre 13 sur 21 · Â&Y MÉMORIAL · texte numérisé non relu

Â&Y MÉMORIAL

avai! encore un grand nombre de forteresses , et, maigri les rictoires qu'on venait de remporter, le moindre échec, le plus léger caprice de la fortune pouvait tout renverser. Les deux armées ennemies, malgré leurs nombreux revers , étaient encore égales à l'armée française : elles avaient une artillerie considérable ,. et surtout une cavalerie qui n'avait pas souffert. Dans tannée française , malgré ses victoires , il y avait de 1 etonnement : on demeurait frappé de te 'graiideur de l'entreprise; l'on doutait de te possibilité du succès, quand on considérait. Ja faiblesse des moyens. Le moindre événement douteux eut donc rencontré beaucoup d'esprits disposes à l'exagération. Des officiers, même des généraux, ne concevaient pas qu'on osât songer à la conquête de l'Italie avec aussi peu d'artillerie, sans presque de cavalerie et avec une armée aussi faible, que les maladies et Téloignement de la patrie % allaient affaiblir chaque Jour, On trouve des traces de ces sentimens de l'année, dans la proclamation suivante du général en chef, qu'il adressa à ses soldats à Cherasque. «Soldats! vous avez, en quinze jours, remporté

DE SAINTE-HÉLÈNE. a&f

» six victoires, pris vingt et un drapeaux, cin- » quante-cinq pièces de canons, plusieurs place* » fortes, et conquis la partie la plus riche du Pire-

* mont. Vous avez fait quinze mille prisonniers , » tué ou «blessé plus de dix mille hommes. »

» Vous vous étiez jusqu'ici battus pour des » rochers stériles , illustrés par. votre courage 9 » mais inutiles à la patrie. Vous égalez aujoijr- » d'huî , par vos services, l'armée conquérante

* de la Hollande et du Rhin. Dénués de tout,

* vous .avez supplée à tout. Vous avez gQgné des

* batailles sans canon , passé des rivières sans

* ponts, fait des marches forcées sans souliers, » bivouaqué sons eau-de-vie et souvent sans

* pain. Les phalanges républicaines, les soldats

* de la liberté étalent seuls capables de souf- *>frir ce que vous avez souffert! Grâces vous

* en soient rendues , soldats! La Patrie re- » ^onmaissaate vous devra en partie sa prospé-

* rite; et si , vainqueurs de Toulon, vous présai» ge.âtes l'immortelle- campagne de 1795, vos » victoires actuelles en présagent une plus beile » encore.

.» Les deux armées, qui naguèrcs vous atta-

• «paient ayee audace , fuient épouvantées de- » Tant vous. Les hommes pervers qui riaient de

■> votre misère, se réjouissaient , dans leurs » pensées i é des triomphes de nos ennemis /sont » confondus et tremblans. Mais , soldats ! il ne » faut pas vous le dissimuler , vous n'avez rien » fait, puisqu'il vous reste encore à faire. Ni Tu- » rin, ni Milan ne sont à vous! Les cendres des » vainqueurs de Tarquin , sont encore foulées » par les assassins de BasseviHe. Vous étiez dé- » nues de tout au commencement de la campa- 9 gne; vous êtes aujourd'hui abondamment pour* » vus. Les magasins pris h vos ennemis. sont » nombreux , l'artillerie de siège et de campagne

• est arrivée. Soldats! La patrie a droit d'atten- ». dre de vous de grandes choses ! Justifierez- » vous son attente? Les plus grands obstacles » sont franchis sans -doute; mais vous, avez en- »; core des combats à livrer j des villes à prendre , ■ des rivières à passer. En est-il entre nous dont » le .courage s* amollisse? En est-il qui préfère-

• raient retourner sur les sommets de l'Apennin » et des Alpes , essuyer patiemment les injures de » cette soldatesque esclave? Non, il n'en est pas

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» parmi les vainqueurs de MontenQtte, de Mille-

» simo, de Dégo, de Mondovi. Tous brûlent

» de porter au loin la gloire du peuple Français.

» Tous veulent humilier ces Rois orgueilleux ^

» qui osaient méditer de nous donner des fers,

» Tous veulent dicter une pais glorieuse , et

» qui indemnise la patrie des sacrifices immenses

» qu'elle a faits, Amis [ je vous la promets cette

» conquête ; mais il est une condition qu'il faut

: » que vous juriez de remplir, c'est de respecter

: » t les peuples que vous délivrez. C'est de répri-

» mer les pillages horribles auxquels se portent

*> des scélérats suscités par vos ennemis. Sans.

» cela vous, ne seriez point les libérateurs des

» peuples,, vous en seriez les fléaux. Vous ne -

» seriez pas ThQnneur du peuple français , il

9 vous désavouerait, Yos victoires, votre courage,

» vos succès , le sang de nos frères morts aux .

«combats, tout serait perdu, même l'honneur

» et la gloire. Quant à moi et aux généraux qui

9 ont votre confiance, nous rougirions <Je com-

». mander à une armée sans discipline, sans freii\,

» qui ne connaîtrait de loi que la force. , Mais

» investi de l'autorité nationale; fort de la ju%-

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» lice et par la loi, je saurai faire respecter à » ce petit nombre d'hommes sans courage , sans » cœur, les lois de l'humanité et de l'honneur,

* qu'ils foulent au* pieds. Je ne souffrirai pas fc que des brigands souillent vos lauriers. Je \ ferai exécuter à la rigueur le règlement que » j'ai fait mettre à Tordre. Les pillards seront » impitoyablement fusillés; déjà plusieurs Font » été. J'ai eu lieu de remarquer avec plaisir » l'empressement avec lequel les bons soldats » de Vannée se sont portés à faire exécuter les » ordres.

c Peuples d'Italie! l'armée française vient

* pour rompre vos chaînes : le peuple français » est Fami de tous les peuples ; venez avec con- » fiance au-devant d'elle. Vos propriétés , votre «religion et vos usages seront respectés. Nous % ferons la guerre en ennemis généreux, et nous

* n'en voulons qu'aux tyrans qui vous asser-

* vissent. »

Les conférences pour la suspension d'armes , eurent lieu au quartier-général, chei Salmatoris, alors maître-d'hôtel duïloi, et qui depuis a été préfet do palais de l'Empereur. Le général pie-

montais , Latour , et le colonel Lacoste, ehargés des pouvoirs du Roi , se rendirent à Cherasque» Le comte de Latour, Jetait un vieux soldat, lieutetiant-général au service de Sardaigne , trèsopposé à toutes les nouvelles idées > de peu d'instruction et d'une capacité médiocre* Le colonel Lacoste , natif de Savoie , était dans la force de l'âge ; il s'exprimait avec facilité > avait beaucoup d'esprit , et se ïnon trait soiis des rapports avantageux. Les conditions furent : que le Roi quitterait la coalition et enverrait un plénipotentiaire à Paris , pour y traiter de là paix définitive ; que jusque-là il y aurait armistice ; que jusqu'à la paix où à la rupture des négociations, Ceva, Coni , Tortone , ou è son défaut Alexandrie , seraient remises sur-le-champ à l'armée française, avec toute l'artillerie et les magasins; qu'elle continuerait 'd'occuper tout le terrain qui se trouvait en ce moment dans sa possession ; que lés routes militaires, dans toutes les directions, permettraient la libre communication de l'armée avec la France , et de la France avec l'armée 5 que Valence serait immédiatement évacuée par les Napolitains, et remise au généra! français >

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jusqu'à .ce qu'il eût effectué le passage du Pô. Enfin, que les milices du pays seraient licenciées , et que les troupes régulières seraient disséminées dans les garnisons, de manière à ne pouvoir donner aucun ombrage à l'armée française. Désormais, les Autrichiens, isolés, pouvaient être poursuivis jusque dans l'intérieur de la Lombardie. Toutes les troupe% de l'açmée des Alpes et du voisinage de Lyon, devenues disponibles, allaient rejoindre. Notre ligne de communication avec Paris serait raccourcie de moitié; enfin , on avait des points d'appui et de grands dépôts d'artillerie pour former des équipages de siège , et pour assiégea Turin même , si le Directoire ne concluait pas la paix.

X. Le cotonel-aide-de-camp Murât traverse le Piémont, et porte à Paris la nouvelle des victoires de l'armée. —Le général Murât, premier aidede-camp du général en chef, fut expédié pour Paris avec vingt et un drapeaux et la copie de l'armistice. Napoléon avait pris cet officier au treize vendémiaire ; il était alors chef d'escadron du ai - de chasseurs. Il a été marié depuis à la sœur de l'Empereur , est devenu Maréchal d'Empire ,

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Grand- Amiral , Grand -Duc de Berg et Roi de Naples. Il a eu une grande part dans toutes lés opérations militaires du temps; il a toujours déployé un grand courage , et surtout une singulière hardiesse dans les mouvèmens de la cavalerie. .

La province d'Âlba , que les Français traversèrent votait de tout, le Piémont le pays le plus opposé à l'autorité royale , celui qui contenait le* plus de germes révolutionnaires : il y avait déjà éclaté de» troubles : plus tard encore il en éclata de nouveaux. Si , au lieu de négocier, Napoléon eût voulu continuer la guerre avec le Roi de Sardaigne, c'est là» qu'il eût trouvé le plus de secours et le plu* de disposition à l'insurrection. Ainsi atl bout de quinze jours , le premier point du plan de campagne était atteint , les plus grands résultats obtenus; les forteresses piémontaises des ÂlpeS étaient en notre pouvoir; la coalition se trouvait affaiblie d'une puissance qui avait cinquante mille hommes sur pied, et qui était plus imposante encore par sa position. La législature nationale avait décrété* cinq fois que l'armée d'Italie avait bien mérité de la

patrie , dans les séances des vingt et an , vingtdeux, vingt-quatre, vingt-cinq et vingt-six avrîL

En conformité aux conditions de l'armistice de Cherasqifc, le Roi de Sardaig&e envoya à Paris le comte de Revel, pour traiter de la paix définitive. Elle y fut conclue et signée le quinze mai. Par ce traité la place d'Alexandrie resta à «demeure aux armées françaises. Sue/ Labra»

nette , Exil furent démolies. Les Alpes .se trouvèrent ouvertes, et le Roi demeura à la dispoeition de la République * n'ayant pfcps d'autre point fortifié que Turin et le fort de Rard»

N. B. de V Éditeur. Nous avertissons ici, une Ibis pour toutes , qu'il se trouvera des différences inévitables entre les rapports officiels et tes chapitres. Efles sont fondées mr la précipitation des rapports , le désir du général en ckef de déguiser alors ses phrns , le besoin de tromper l'ennemi sttr ses véritable» forces , etc. , etc. Par exemple, il est dît, au rapport, que BeauKea attaqua en personne Montenotte. On le crut alors ainsi. Plus loiti H est dit que l'attaque sur Voltri ne fut faite que par dix mille Autrichiens ^ mais ils avaient en arrière deux colonnes de

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même force , qui devaient donner le lendemain , Beaulieu ayant jugé qu'il aurait à faire sur ce point à toute l'armée française. L'on dit aussi que fttqntQftotte ne fut attaquée que pv quinze mille hommes, parée que dix mille hommes de ee corps étalent demeurés en arrière , et formatent les communications ayee la droite i Céra* Ce lui sur ces troupes que Masséna, débouchant an point du jour par Cadibonae, tira le premier coup de canon*

S'il n'y est point question des projets du général en chef , ni de ses négociations avec Gènes, c'est que le rapport publié n'est qu'un extrait de la correspondance officielle ; et que d'ailleurs, comme nous Tairons déjà observé ,' il entrait dans les vues <Ju général en chef de dérober à l'ennemi la connaissance de ses plan** et dé aa manière de faire.

En voilà assez pour expliquer désormais les différences qu'on pourra remarquer* Nous répétons que notre observation actuelle. doit être entendue Une fois pour toutes.

FRAGMENS DU CHAPITRE in.

l. Raison* pour rezter sur ta ligne du Téêin. — L'armistice conclu , et les places de Coni, Tortone et Ceva en notre pouvoir , on se demanda s'il était convenable de passer le Tésin. On concevait que l'armistice, qui avait mis dès places fortes en notre pouvoir, et séparé l'armée piém on taise de l'armée autrichienne , était utile'; mais on se demandait s'il ne serait pas désormais plus avantageux de profiter des moyens acquis \ pour révolutionner entièrement le Piémont et Gênes , avant d'aller plus loin. Le Directoire avait le droit de refuser les négociations proposées, et de déclarer sa volonté par un ultimatum. Ne serait-il pas impolitiqup , disait-on , . de s'éloigner de France , de passer le Tésin sans être certain de ses derrières? Les Rois de Sardaigne, qui nous ont été si utiles tant qu'ils ont combattu pour nous , ont le plus contribué à nos revers dès qu'ils ont changé de politique. Aujourd'hui la disposition des esprits ne saurait nous permettre la moindre illusion : les nobles et les prêtres dominent cette Cour , et se

trouvent les ennemis irréconciliables de la République. Si l'on éprouvait une défaite en avançant, que n'aurai t-on pas à redouter de leur haine et de leur vengeance ! Gênes même nous doit donner de grandes «inquiétudes. Le système de l'oligarchie y domine toujours, et quelque nombreux que puissent s'y trouver noa partisans, ils demeurent sans influence dans les décisions politiques. Les bourgeois de Gênes peuvent bien déclamer; mais là se borne tout leur pouvoir. Les oligarques gouvernent 5 ils commandent aux troupes , et disposent de huit à dix mille paysans des vallées de Fontana-Bona et autres, qu'ils appellent à leur défense dans les momens de Crise. Enfin, demandait-on, où doit-on s'arrêter? Doit-on passer le Tésin , l'Adda, l'Oglio, leMincio, l'Adige, la Brejnta, la Piave, le Tagliamento, pour se porter sur le Lisonzo ? Est-il sage de laisser derrière soi de si nombreuses populations si mal disposées? Le * moyen d'aller vite n'est-il pas d'aller sagement; de se faire des appuis de tous les pays où l'on passe, en changeant lé gouvernement, et confiant l'administration à des personnes de mêmes

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principes et de mêmes intérêts que nous? Si Fcm se parte dans le pays dq Venise , n'obligera-t-*>n pas cette république, qui peut disposer de cinquante mille hommes > à prendre parti pour nos enneoéa?

II. Raisons pour prendre la ligne de l'Adige* ^On répondait à cela : L'armée française doit profiter de sa victoire. Nous ne devons nous arrêter qu'à la meilleure ligne de défense contre les années qui ne tarderont pas à marcher contre nous :• cette ligne, c'est TÀdige* Elle couvre toutes les vallées du Pô ; elle intercepte la moyenne et la basse Italie; elle couvre le bloous et le siège de Mantoue , et probablement cette place sera prise avant que ht lutte puisse recommencer. En se portant sur l'Adige, on a le moyen de pourvoir à toutes les dépenses de l'armée , parce qu on en fait partager le poids à une plus grande population ; à celle du Piémont, de la Lorabardie et des Légations. On craint de voir Venise se déclarer contre nous ? Le meilleur moyen d'y remédier , c'est de porter, en peu de jours , la guerre au milieu de ses États : elle n'est point préparée à un pareil

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événement ; elle «'a poi»t eu le temps de faire des levées et de prendre des résolutions ; H faut empêcher le Sénat de délibérer. Au lieu que si nous restons sur le Tisin, les Autrichiens peuvent les forcer de faire cause comrmune avec eux, ou eux-mêmes y être portés par un esprit de parti. Le Roi de Sardsdgnè n'est plus à craindre, ses milices sont congédiées , les Anglais vont cesser, leurs subsides \ leç affaires intérieures y «ont dans le plus mauvais état. Quelque parti que prenne la Cou*% les mécontens s'accroîtront : après la fièvre vient la faiblesse. Douze à quinze mille hommes sont toutes les forces qui restent à cette puissance , disséminés dans un grand nombre de villes : ils suffiront à peine à maintenir (a tranquillité intérieure. D'un autre .coté , la haine de l'Autriche contre le roi de Sardaigne ira toujours croissant ;, elle se plaindra qu'à -la première bataille perdue , . elle a été abandonnée. Elle lui alléguera l'exemple de ses ancêtres, qui demeurèrent des allies fidèles lors même que la France était maîtresse de iTuriri ; tandis qu'ki , on a déserté la cause commupe 2. 19

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sans la perte même d'une forteresse. La Cour de Sardaigne a donc désormais beaucoup à redouter des Autrichiens. Les oligarques de Gênes ne sont pas à craindre : notre meilleure garantie contre eux, ce sont les profits immenses qu'ils recueillent de leur neutralité. En propageant les principes de la liberté en Piémont et à Gênes , en y allumant la guerre civile , c'est le peuple qu'on soulève contre les nobles et les prêtres ; on devient responsable des excès qui accompagnent toujours une pareille lutte. Arrivés au contraire sur l'Adige, nous serons maîtres de tous les États de la maison d'Autriche en Italie, et de ceux du Pape en -deçà de l'Apennin; en position de proclamer les principes de la liberté et d'exciter Je patriotisme italien contre la domination étrangère; l'irritation du peuple de Bologne et de Ferrare contre le gouvernement du Pape.

On n'aura pas besoin d'exciter la division des diverses classes de citoyens : nobles, bourgeois, paysans, tout sera appelé pour marcher d'accord pour le rétablissement de la patrie Italienne. Le mot Itaitam ! Italiam! proclamé de

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Milan à Bologne , produira un effet magique ; proclamé sur le Tésin , les Italiens diraient : pourquoi n'avancez-vous pas.

III. Topographie de l'Italie. — Les grandes plaines de l'Italie septentrionale , comprises entre les Alpes qui les séparent de la France , de la Suisse et de l'Allemagne, entre les Apennins qui les séparent de Gênes et de la Toscane , et entre l'Adriatique , composent : la vallée du Pô, les vallées qui se jettent dans l'Adriatique au nord du Pô , et les vallées qui se jettent dans l'Adriatique au midi du Pô, Toutes ces vallées ne sont séparées par aucune colline ; de sorte que toutes les eaux pourraient se communiquer facilement si c'était nécessaire. Elles forment une des plaines les plus fertiles, les plus grandes % les plus riches du monde , couverte de villes opulentes et d'une population de huit à dix millions d'individus* Cette immense plaine comprend le Piémont , la Lombardie , Parme, Plaisance, Modène , Bologne , Ferrare , la Romagne et les pays vénitiens. -

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