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! IniitiT avec inagniliccncc cl nous persuader qui* lions sommes très-bien, ou nous amène à nous récrier sur ce que nous sommes très-mal et sur ce que nous manquons de tout. Si l’on s'avisait de supposer, sur notre ! 1 silence, que nous sommes heureux, qu'on apprenne du moins que la seule force de notre moral peut nous faire résister à des maux que les I expressions ne sauraient rendre.
Première sjiRiitV de mon Sis. - L'Empereur me donne un elievjl. —
Projçrt* »lc l’Empereur dan* l'augUK
V«nalmli 1 a» mardi G.
Mon fils depuis longtemps souffrait de la poitrine, il avait de fortes imlpita lions; j'ai réuni trois chirurgiens, ils l'ont condamné il la saignée. C'est du reste en ce moment, chez les Anglais, le remède en faveur, la iwnacée universelle ; ils l'emploient pour tout et [mur rien.
Vers le milieu du jour nous avons fait un tour en calèche. Au retour delà promenade, l'Empereur s'est fait amener un cheval qu'on venait d'acheter ; il était fort beau et d'une jolie tournure; il l’a fait essayer, l'a trouvé fort bien, et me l'a donné il l'instant même, avec une bonté toute particulière. Je n'ai pu en faire usage, il s'est trouvé vicieux, et a [tassé alors au général Gourgaud, meilleur écuyer que moi.
Le 5 n été affreux , la pluie a été constante , impossible de sortir. Le mauvais temps u duré plusieurs jours de la sorte; jamais je n'uurnis soupçonné que nous pussions être aussi longtemps sans la possibilité de nous hasarder délions.
L’humidité nous enveloppait de toutes parts, la pluie gagnait au travers de notre toiture. Nos heures intérieures se ressentent de ce mauvais lem|is du dehors ; j’en étais triste apparemment.
• « (ju’avez-vous? me disait l'Empereur un de ces malins ; depuis quel-
» ques jours vous changez; serait-ce le moral? vous feriez-vous des » Dragons h la manière de madame de Sévigné? » Je répondais : « Sire,
« c’est le physique, l’étatde mes yeux m'attriste ù la mort; car le moral,
« je sais le tenir en bride, et Votre Majesté m'a donné des éperons qui ,, seraient une dernière et victorieuse ressource. »
Cependant l'Empereur travaillait trois, quatre, jusqu'il cinq heures | de temps à l’anglais: les progrès devenaient réellement très-grands, il en était parfois frappé lui-même, et s'en réjouissait en enfant. Il disait un de ces jours ù table, et il répète souvent, qu'il me doit cette conquête, et qu'elle est bien grande. Je n'y aurai pourtant eu d'autre mérite que celui que j'ai employé pour les autres travaux de l'Empereur, d'avoir osé en donner l'idée , d'y être revenu sans cesse ; et , une fois entamée ,
d’avoir mis dans la partiede l’exécution qui dépendait de moi une promptitude et une régularité journalières qui Taisaient tout son encouragement. S'il arrivait qu'on ne fut pas prêt quand il nous demandait , s’il fallait renvoyer nu lendemain, le dégoût le saisissait aussitôt, et le travail en demeurait là, jusqu'il ee que quelque chose vînt le remonter. « J’ai o besoin d'ètre poussé, me dit-il eonlidentiellement dans une de ees « interruptions passagères, le plaisir d’avancer peut seul me soutenir ; n car, mon cher, nous pouvons en eonveuir entre nous, rien de tout « ceci n’est amusant , il n’y n pas le mot pour rire dans toute notre « existence. »
Avant dîner, l'Empereur faisait toujours plusieurs parties d'éehees. A nos après-dinées nous reprimes le revorsi, qui avait été longtemps abandonné. Comme on ne se payait pas jadis très -régulièrement, on convint désormais d’en faire une masse commune; on discuta sur sa destination future, l’Empereur demanda les avis ; quelqu'un proposa de l'employer à délivrer la plus jolie esclave de l’ile : cette opinion enleva tous les suffrages , l’on se mit au jeu avec ardeur, et la première soirée produisit deux napoléons et demi.
LEmpmtir apprend la inorl «le Murat.
Mercredi 1, jenli 8.
I,a frégate la Thèbaine est arrivée du Cap, et nous a apporté quelques journaux ; je les traduisais à l’Empereur en nous promenant dans le jardin, l’n de ees papiers renfermait une grande catastrophe; je lusque Murat, ayant débarqué avec quelques hommes en Calabre, y avait été saisi et fusillé. A ees paroles inattendues, l'Empereur, me saisissant le bras, s’est écrié : « I.es Calabrais ont été plus humains, plus généreux « que ceux qui m'ont envoyé ici! » Ce fut tout. Après quelques moments de silence, comme il ne disait plus rien, je continuai.
Murat, sans vrai jugement , sans vues solides , sans caractère proportionné à ees circonstances, venait de périr dans une tentative évidemment désespérée. Il n’est pas impossible que le retour de l'Empereur de l'ile d'Elbe ne lui eût tourné la tète, et qu’il n’espéràt peut-être en renouveler le prodige pour son propre compte. Ainsi périt si misérablement celui qui avait été une des causes si actives de nos malheurs! En 1814, son courage, son audace , pouvait nous tirer de l’abîme ; sa trahison nous y précipita , il neutralisa le vice-roi sur le Pô; il l’y combattit, lorsque, réunis ensemble, ils eussent pu forcer les gorges du Tyrol, descendre en Allemagne et