‹ Mémorial de Sainte-HélèneChapitre 2 sur 51 · M I. «OKI A L · texte numérisé non relu

M I. «OKI A L

L'n sentiment bas uvait dicté ce choix. — Fouché savait que le général Becker avait personnellement à sé plaindre de l’Empereur, et il ne doutait pas de trouver en lui un cœur disposé à la vengeance. On ne

sentir qu'il a étr |>ri* dam l'Intérêt do l'Étal et pour la sûreté do sa personne ; que sa prumpl«- cxération est Indlspensablo : enfin que l'lnt«lr«M de Napoléon pour «on sort futur le commande impérieuse- I

1 moiil.

• Signe duc ii’otiuxt*. •

Copie rie Varrété de la committion du gouvernement.

Puni, U an juin 1811

• l.a commission du gouvernement arrête ce qui nuit :

• Art. t*r. Le ministre de la marine donnera dos ordres |K»iir que «leux frégates du port ik* Roche- I

: | fort soient années j«our trans|iorter N a |x iléon Bonaparte aux Étals-l'nis.

• Art. II. Il lui sera fourni juiwpi'au point de l'embarquement . s’il le désire, une escorte *l fixante, tout le* on 1res du lirtilcnanl général Becker, qui sera chargé «le pourvoir à sa sûreté.

« Art. lit. Le directeur général «les postes donnera, de mm eûté. kms les ordre* relatifs aux relais.

• Art. IV. Le ministre de la marine «humera de* ordres nécessaires pour assurer ie retour immédiat des frégates aussitôt après le débarquement.

« Art. V. I,es frégates ne quitteront pa* la rade de Knchcfort avant que U» sauf-eoiuluits «kuiamlé* ne soient arrivés.

« Art. Vf. Les ministres de la marine.de la guerre et «les tinann** sont chargé*, cliariin en ce qui I ! le conrerne . de l'exécution du pn^mt arrêté.

• Signe' duc o'Otiuxtk. •

f nf>*V de la lettre du dur d'tltrante nu minitlre de la guerre

Pari. . Ir 37 juin IIU. a mirti

■ Monsieur le maréchal . je vous transmets copie de la lettre que Je viens d écrire au ministre de la ’ marine rrlatUement à Napoléon. La lecture que vouât» prendre/ vous fera sentir la nécessite de ikm. lier des ordre* au général Becker pour qu'il ne *e sépare plu* «le la personne de Napoléon, laut que ( «Tllli-ci restent en rade. Agrivz . rte.

« Signé dlH’ ll'OTIlANTK. »

Copie de la lellre du dur d’Otranlr «lu minitire de la marine.

« Monsieur le «lue, la commission vous ra|q«elle le* instructions «pi'eile vous a transmis*-* il y a une < heure. Il faut faire exécuter l'arreté Ici «|ne la cnnimistdon l’avait prescrit hier, «’l d'apres le«|iiel Na|n»léon Bonaparte restera en rade de l'ile «l'Alx jusqu'à l'arrivée «h*s passe-ports.

« Il importe au bien de l'État . «|ui ne «aurait lui être iiulifférent . «pi'il y reste jusqu'à ce que son sort et celui de sa famille aient été réglés «l'une manière définitive. Tous les moyens M-ront cmploji'**

| |tour que la négociation tourne à sa satisfaction : l'Itonneur français y est inlére**- ; mai* en aUemlaul ou doit prrnilre t«Hil('* les précautions possible* pour ta sûreté |tersoimel<e «le Na|ttdénn . «•! |«««ur «pi'il ne quitte |M»lnt le séjour qui lui est nimnentanémrof assigné. Agrée/ , ele.

• Signé le «lue n'OTmvTr. .

t.r minitlre de la guerre ti M. le général Detkrr.

P»ri* , n «7 lui* i«u

« J'ai l'honneur de \ous transmettre ei-joiut un arrêté que la mmmtalou du gomeniement vous charge «le notifier à l'empereur Napoléon , en faisant observer à Sa Majesté que le* circonstance* «ont I tellement iin(«érim*es , «piïl devient üniisperoabh; qu elle se déckie à |*rtir pour *e rendre à l’ile «l’Alx. Lot arrêté, fait observer la curnnilsrion . a été pris autant pour la sûreté de sa |>ersoiuie «pie dans | l'intérêt «le l'État, qui doit toujours lui être cher.

* SI Sa Majesté ne prenait pas une résolution à la notification de cet arrêté, l’intention «le la eommls- I «ion «lu gouvernement est «pu* la surveillance nécessaire soit exercée |*Hir empêcher l'évasion de Sa

Majesté, et prévenir toute tentative contre -sa (tersonne.

• j«» x«»u* réitère . monsieur le gênerai . que cet arrêté «*1 pris dam l'intérêt de l'État et pour la sûreté* j personnelle «le l'Empereur, et que la commission du g«Hiverneincnt rombière «a prompte exécution

comme iu«lî*|iensahle pour le soi t futur «le Sa Majesté et «le sa famille. J'ai l'honneur, etc. ■

A', li. C.rtte letln' est demeurée sam signature, le prince d'Eckmfihl, au monn'iit de l'expédier, ayant «lit à son secrétaire : • Je ne signerai jamais celte lettre ; *ignez-la , ce sera assez ; » ce que le secrétaire.

à son tour, ne se sentit pas plu* ta force «le faire. A-t-elle été envoyée ou non ?c'c*l ce que je ne Murais «lire.

par loues, moi, mou lils, MM. de Montholon. Plunut, Uésigny, nous prenons par Orléans, ainsi que deux ou trois autres voitures de suite. Nous arrivons à Orléans le 50 au matin, et vers minuit à C.hâtelleruult.

Noir»* rouit* ir<M lr.tii> A Januc.

Sautait le* juillet, ilintanclir

iVous traversons Limoges le I" juillet, vers quatre heures du soir.

pouvait sc tromper plus grossièrement : ce général ne cessa de se montrer respectueux et dévoue.

Ia*s moments devenaient pressants; 1" Empereur, sur le point de partir, envoie offrir, parle général Becker lui-même, au gouvernement provisoire, de marcher comme sinijdc citoyen à la tète des troupes. Il promettait de repousser Blucbcr, et de continuer aussitôt su route. Sur le refus du gouvernement provisoire, nous quittons la Malmaison. l.’Kiupcrour et une partie de sa suite prennent la route de Kociicfort

musait beaucoup d'agitation en sens divers. I n atteignant Suintes, vers les onze heures du mutin, nous avons failli (millier \ietimes d’une insur- j

| tu MÉMO RI Al.

Nous dînons à La Itochcfourauld le 2, et arrivons à sept heures à Jarnae, où nous ronchons, la main aise volonté du maître de poste nous forçant d'v passer la nuit.

' llnaimliirr a Surit.'

Nous ne pouvons nous remettre en route qu'à cinq heures du matin. j La méchanceté du maître de poste , qui , non content de nous avoir retenus la nuit, emploie des moyens secrets pour nous retenir encore, fait que nous sommes contraints de (.'aimer presque nu pas le relais de Connue , où un autre maître de poste et les spectateurs nous témoignent ries sentiments bien différents. Il nous était aisé rie juger que notre passage

UE SA1MTE-UELENE. Il

rection populaire. Un des zélés île l'endroit, nous a-t-on dit, avait dressé eelte embûche, et organisé notre massacre. Mous sommes arrêtés pur In populace, gurantis par la garde nationale, mais menés prisonniers dans une auberge. Nous emportions, disait-on, le trésor do l'État; nous étions des scélérats dont la mort seule |H)uvnit faire justice.

Ceux qui se prétendaient la classe distinguée de la ville, les femmes surtout, se montraient les plus ardentes pour notre supplice.

Elles venaient défiler successivement à des croisées voisines pour insulter de plus près à notre malheur. Elles portaient la rage, le croiraiton? jusqu’à grincer des dents à l'aspect de notre calme; et c'était pourtant là la première société, les femmes comme il faut de la ville!... Réal aurait-il donc eu raison quand il disait si plaisamment, dans les Cent-Jours, à l'Empereur, qu'en fait de jacobins il uvnit bien le droit de s'v connuitrc, et qu’il protestait que toute lu différence qu'il y avait entre les noirs et les blancs était que les uns avaient porté des sabots, et que les autres allaient en bas de soie?

Le prince Joseph, qui, a notre insu, traversait la ville, vint compliquer encorp notre aventure. Il fut arrêté, mené à la prélecture, mais fort respecté.

Notre auberge donnait sur une place qui demeurait couverte d'une multitude fort agitée et très-hostile ; cllo nous accablait de menaces et d’injures. Je me trouvai connu du sous-préfet, ce qui lui servit à garantir qui nous étions. On visita notre voiture, et l’on nous tint à une espèce de secret. Vers quatre heures, j’obtins de me rendre auprès du prince Joseph.

Dans ma route à la préfecture, et bien que sous la garde d’un sousofficier, plusjeurs individus m’abordèrent, les uns me remettant des billets en secret, d’autres me disant quelques mois à l’oreille; tous se réunissaient pour m’assurer que nous devions être bien tranquilles , que les vrais Français veillaient pour nous.

Vers le soir on nous laissa partir, mais alors tout avait bien changé. Nous quittâmes notre auberge an milieu des plus vives acclamations. Des femmes du peuple , en pleurs , prenaient nos mains et les baisaient. De lous côtés chacun s’offrait à nous suivre, pour éviter, disaient-ils, un guet-apens que les ennemis de l’Empereur nous avaient dressé à quelque distance de la ville. Ce singulier changement dès esprits venait de ce que beaucoup de gens des campagnes et grand nombre de fédérés étaient entrés dans la ville, et gouvernaient désormais l’opinion.

A peu de distance de Kocliefort, nous rencontrâmes de la geudnrmerie (|iii, sur le bruit de notre mésaventure, avait été expédiée au- j devant de nous. Nous arrivâmes à deux heures du matin à Kocheforl; l'Empereur y était depuis la veille'. Le prince Joseph y arriva le soir même; je le conduisis à l'Empereur.

Je profilai du premier instant de loisir pour donner avis nu président du Conseil d’Êtnt des mol ifs qui déterminaient mon absence.

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