‹ Mémorial de Sainte-HélèneChapitre 3 sur 51 · C.lIliMï <lr l'Stii|HTnir · texte numérisé non relu

C.lIliMï <lr l'Stii|HTnir

Mercredi 5 »u vendredi 7-

A Rochefort, l'Empereur ne portait plus l’habit militaire. Il était logé à la préfecture. Beaucoup de monde demeurait constamment groupé autour de la maison ; de temps â autre des acclamations se faisaient entendre. L’Empereur se montra deux ou trois fois au balcon de la préfecture, j

' Itinlh uhk UK L'EurMll a. — Parti le juin et conclu* à Rambouillet. — Le .">0 . cou cité 1 Tours.

— Le I" juillet . cooché k Niort. — la? 2 , il part «le Nl*»rl cl arrive le 3* Roehefurl. — Séjourne jusqu'au K. — S«* rend » liord du BeUéropkon le 13.

1IÉ MO Kl Al. RE S A I N TE- Il É I. É N F.. 15

Beaucoup d«* propositions lui sont faites par des généraux qui viennent en personne ou envoient des émissaires.

Du reste, pendant tout le séjour à Itoehefort, l'Empereur y est constamment comme aux Tuileries. Nous ne I approchons pas davantage; il ne reçoit guère que Bertrand et Savarv, et nous en sommes réduits aux bruits et aux conjectures sur ce qui le concerne. Au milieu de l'agitation des hommes et des choses, l’Empereur demeure calme, impassible, se montre très-indifférent et surtout très-peu pressé.

En lieutenant de vaisseau île notre marine, commandant un hàlimcn! de commerce danois , vient s’offrir généreusement pour le sauver.

Il propose de le prendre seul de sa personne, garantit de le cacher si bien, qu'il échappera ù toute recherche, et offre de faire voile immédiatement |H)ur les États-Unis. Il ne demande qu'une légère somme pour indemniser les propriétaires de son bâtiment. Bertrand l’accorde, sous certaines conditions qu’il rédige en mon nom, et je signe ce marché fictif en présence et sous les yeux du préfet maritime.

Emharquetntnt ilr l ErupsTnir.

L’Empereur gagne Fourras, vers le soir, aux acclamations de la ville

fil de lii campagne; il couche il bord du la Saul, ijii'il allcigiiit sur lus litiil lieiires. J'y arrivai Ix’nucoup plus tard; j’avais conduit madame Bertrand dans un canot parti d'un autre endroit.

L‘ Empereur visite 1rs fort ilicat ions i\c file d'Aii.

Dimanche 9-

J'arcompagne l'Empereur, qui débarque n nie d'Aix d’assez, bon ma

tin; il visite toutes les fortifications, et revient déjeuner à bord.

Première entrevue i IhmnI «lu flelldrophun.

Lundi 10-

Dans la nuit du dimanche au lundi, je suis expédié, avec le due de Rovigo, vers le commandant de la croisière anglaise, pour savoir si on y avait reçu les sauf-conduits qui nous avaient été promis par le gouvernement provisoire pour nous rendre aux États-Unis. Il fut répondu que non , mais qu’on allait en référer immédiatement à l'amiral commandant. Nous posâmes In supposition que l’empereur Napoléon sortit sur les frégates avec pavillon parlementaire; il fut répondu qu’elles seraient attaquées. Nous parlâmes de son passage sur un vaisseau neutre. Il fut

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dit que lout bâtiment neutre serait strictement visité , et peut être même conduit aux ports anglais; mais il nous fut suggéré de nous rendre en Angleterre, et affirmé qu’on ne pouvait y craindre aucun mauvais traitement. Nous étions de retour à deux heures apres midi.

Le vaisseau anglais le Bellcrophon , à bord duquel nous avions été, nous suivit, et vint mouiller dans la rade des Basques, pour se trouver plus à portée de nous. Les batiments des deux nations demeuraient eu vue et très- proches les uns des autres.

Kn arrivant sur le Bellerophon , le capitaine anglais nous avait adressé lu parole en français; je ne me hfilai point de lui dire que je pouvais, tant bien que mal , entendre et parler un peu sa langue. Quelques expressions entre lui et d’autres officiers anglais, devant le duc de Itovigo et moi. eussent pu nuire à lu négociation, si je fusse convenu que je les avais comprises. Lors donc que, quelque temps plus tard , on nous demanda si nous entendions l’anglais, je laissai le duc de Itovigo répondre que non. Notre situation politique suffisait d’ailleurs pour me débarrasser de tout scrupule, et rendait ma petite supercherie fort simple ; aussi je n’en parle que parce qu’étant demeuré depuis une quinzaine de jours avec toutes ces personnes, j’ai été contraint de me gêner beaucoup pour ne pas dé couvrir ce que j’avais caché d'abord, et que plus tard , dans la traversée pour Sainte- Hélène, quelques-uns des officiers anglais ne furent pas sans faire observer que je faisais des progrès bien rapides dans leur langue. Au fait, je lisais l'anglais, mais j’avais la plus grande difficulté à l’en tendre, il y avuit plus de treize ans que je ne l’avais pratiqué. ’

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