‹ Mémorial de SaintHélèneChapitre 13 sur 89 · HO · texte numérisé non relu

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» Mon cher, si nous venons à mourir de faim, nous pourrons encore « avoir deux ou trois ministres à noire enterrement. » L'Empereur en a beaucoup ri, et convenait que le mot peignait ù merveille la situation du temps et des choses.

Après la leçon d'anglais, l'Empereur est sorti pour se promener. Au retour, le docteur est venu dire à l'Empereur que le colonel Reade, qu'il avait consenti de recevoir en lieu et place du gouverneur, demandait à lui être présenté. Cet officier a remis ù l'Empereur une note assez longue. L'Empereur m*a appelé pour en être l'interprète. C'étaient les communications que sir lludson Lowe uvait vainement essayé, durant trois ou quatre jours, de faire lui-même en personne. C'était une satisfaction qu'il se ménageait vis-à-vis de l'Empereur, car elles étaient exprimées dans les termes les plus offensants. Ce trait est caractéristique, il n'a pas besoin de commentaire. On trouvera cette note aux pièces oflicielles, ou j'y reviendrai lorsqu'elle aura amené un résultat*. La dureté des expressions, et surtout la menace qui s'y trouvait souvent répétée contre nous d'être arrachés d'auprès de l'Empereur, nous a occupés désagréablement, et a répandu sur nous tous beaucoup desombre tout le reste du jour.

L'Empereur lit mou JiHinul el me ilii tc - Conférence outre le «rand niarevl al rt le gouverneur.

J'étais encore couché lorsque d'assez bon matin j'ai entendu la porte de ma chambre s'ouvrir doucement : elle est si encombrée par mon lit et celui de mon (ils, qu'on arrive difficilement à moi. J'ai aperçu un bras entrouvrant avec autorité mon rideau : c'était celui du maître. Heureusement je me trouvais entre les mains un ouvrage de géométrie, ce qui l'a cdilié, et sauvait, a-t-il dit, ma réputation. Je me suis jcléà bas, et en peu dinstauls j ai eu rejoint l'Empereur, qui seul gagnait le bois. 11 a causé fort longtemps des événements de la veille. Il est rentré pour se mettre au bain, étant fort souffi-out; il avait passé une mauvaise nuit.

A une heure, il m'a fuit appeler ; il était au salon, il désirait prendre sa leçon d'anglais, lui chaleur était forte, le temps très-lourd. L'Empereur, fort abattu, n'a pu se livrer au travail; il a sommeillé à diverses reprises, je veillais ù coté de lui; enfin il s'est décidé à prendre le dessus, a-t-il dit en se levaul; il a gagné la salle de billard pour respirer un peu le grand air.

« Ou a «lil voir «pie je renvoie souvent aux \necx* ofliciolle». si <>u ne le* l ruine pa* id, ce u'ert pas ma Taule i l°fciii|*T»-ur m'av.iit chargé, a l.onRWootl , Je les garder toute* et «le le» tenir clawxVs ; leur eu*4-iulile cooi|»o*ail nos (teille* archive* ; je comptai* y avoir nvour* ,111 liesolu : tuai» lor* «le iikiii etilevcuieul par air Hud*uii l.owe, et «le la ».iiMe«le tou* lues papier*, j-- me tr.unai «'par* «le ces pivcr*. «lue je n'ai plus leiuuyeu «le me |irocur<-r aujourd'hui.

DR SAINTR- IIÉLRXR

Causant dos campagnes d'Italie, il m'a demandé ce que j'avais fait des premiers brouillons, remarquant que tous les chapitres avaient du être recopiés plusieurs fois. Je lui ai dit que j'avais conservé le tout précieusement. Il m'en a fait apporter tout ce qui demeurait en dehors de deux exemplaires complets, et l'a envoyé brûler au feu de la cuisine.

Je dois avoir dit plus d'une fois que l'Empereur savait que je tenais mon Journal. C'était demeuré un secret rigoureux pour tout le monde, aussi l'Empereur ne m'en parlait-il jamais qu'à la dérobée ou quand nous nous trouvions seuls. Il me demandait souvent si je le continuais toujours et ce que je pouvais y mettre. « Sire, tout ce que dit et fait Votre «Majesté du matin au soir, et chaque jour. — Vous devez donc avoir « là, disait-il, un furieux rabâchage et beaucoup de choses inutiles? Mais " n'importe, continuez, un jour nous le verrons ensemble. «

Toutes les fois qu'il entrait dans ma chambre, il y apercevait le fidèle Al y, dont la complaisance, dans ses moments perdus, était employée à recopier discrètement ce Journal. D'ordinaire l'Empereur venait alors < jeter les yeux sur le travail d'Aly, et après en avoir parcouru deux ou trois lignes, c'est-à-dire après l'avoir reconnu, il s'en éloignait ou priai, d'antre chose, sans jamais avoir touché ce sujet. Cela lui étaitarrivé pré cisément encore ce matin; il se l'est rappelé, et m'a dit qu'il voulait voir enfin ce fameux fatras. Mon fils a été chercher le premier cahier, et In i

lecture a duré plus de deux heures. Le préambule, qui m'est tout à fait personnel, a mérité son attention ; U s'en est montié satisfait, l'a relu

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