DERNIERS MOMENTS DE NAPOLÉON
• leur envoyant de l'argent; ils nons fournirent des provisions et de
• très-bon vin. Les moines du Saint-Bernard sont un ordre infiniment « respectable; c'est une de ces institutions que les gouvernements ne
• doivent jamais détruire, mais qu'ils doivent protéger, encourager par ■ tous les moyens en leur pouvoir.
« J'arrivai en Italie; je me trouvai immédiatement sur les derrières
• de l'ennemi, et maître de ses magasins et de ses équipages ; j'avais « obtenu de grands avantages; une fois orrixé ù Stradella, on pouvait « regarder la campagne comme finie. Si Gènes avait tenu, je restais
• Terme dans mon camp retranché de Slradello, l'une des plus fortes
• positions de l'Italie. J'avais sur le Pô cinq ponts qui rendaient faciles
• mes communications avec les divisions Cbabran, Lapoype, Turreau « etMoncey. Je pouvais les appeler à mon secours si j'étais attaqué, oit
• les aider si l'ennemi les inquiétait. M. de Mélos était obligé, pour ré» « tablir ses communications, de venir m'offrir la bataille sur un terrain « que j'avais choisi moi-même. C'était une plaine coupée de bois, très-
• favorable ù mon infunterie, mais où sa cavalerie ne pouvait rien faire.
• J'avais toutes mes troupes ù ma disposition.
• La prise de Gènes changea entièrement la face des choses; dès lors
• l'ennemi eut une retraite assurée et des positions très-avantageuses. « Il pouvait se retirer à Gènes et s'y défendre en tirant ses provisions « de la mer, ou garnir de batteries les hauteurs de fiabbio, et entrer,
• malgré tous mes efforts, dans Plaisance, reprendre Ma n loue et Pes-
• chiera, se mettre en communication avec l'Autriche, et me réduire à « faire une guerre ordinaire. Tout mon plan de campagne était déjoué. « Un moyen vint s'offrir à mon esprit, je le risquai. Je partis de Milan " et fis trente-deux lieues en sept heures. Je commandai la bataille de « Monlebello; nous la gagnâmes, et cette victoire fut cause que l'en-
• nemi évacua Gènes. Toutefois cette victoire affaiblit mon armée. Je « fus obligé de prendre dans les divisions qui se tenaient de l'autre coté
- du Pô, pour fermer l'entrée des États de Milan. Elles n étaient pas, à
• la vérité, à plus de trois lieues de moi; mais il leur fallait trois jours « pour me joindre en ce qu'elles étaient obligées de passer par Plai-
- sance ou par Stradella. J'avois encore contre moi une autre circon- » 8 tance : le pays entre Montebello et Alexandrie n'est qu'une Immense « plaine qui était très-favorable k la cavalerie allemande. Je résolut « cependant de tenter une escarmouche; j'étais dans une situation « extraordinaire, et je risquais peu pour gagner beaucoup. Battu, je « me retirais dans mon camp retranché à Stradella, je passais le Pô sftr