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L'Empereur a passé tranquillement la nuit dernière

17. — L'Empereur se trouve un peu mieux ; les forces reviennent. La promenade est suivie d'un heureux résultat. Au coucher du soleil, le malade éprouve un sentiment de langueur générale, qui est dissipée par un peu de nourriture.

18. — L'Empereur est descendu, s'est promené au jardin quelque* instants, et s'est remis au lit sur les huit heures.

21. — L'Empereur se trouve assez bien. Il prend un bain. Il descend au jardin, se promène en discourant sur les facilités, les obstacles qu'il avait rencontrés à l'époque du consulat. Les armées étaient découragées, rejetées sur la ligne du Var : l'ennemi touchait à la frontière, nous étions menacés d'une invasion; mais la population courut aux armes, tout s'ébranla, nous marchâmes, et la France fut sauvée. Napoléon entrait dans les plus petite détails ; il parlait de Vallongues, de ses rapports, de l'esprit dont le Midi était animé. Le tableau s'accordait peu avec les révélations qu'un noble émigré avait faites à la tribune, et la levée de boucliers que déconcerta l'inconcevable journée de Marengo. Le marquis s'était sûrement mépris sur les nombres; quand on a vingt-cinq mille hommes et du courage, on ne se cache pas, on n'attend pas pour sonner la charge que l'ennemi ait vidé le champ de bataille.

22. — L'Empereur se trouve beaucoup mieux. lia repris de l'appétit, des forces, et s'est livré pendant quatre heures à un travail sérieux. Il avait retenu le grand maréchal et sa famille à dîner ; il était heureux, f La douleur avait sommeillé une journée entière, elle pouvait ne pas se réveiller; il était plein d'espérances. « line fois rétabli, je vous rends à

« vos études ; vous passerez en Europe, vous publierez vos travaux ; je i ne veux pas que vous vous consumiez sur cet affreux rocher. Vous « m'avez dit, je crois, que vous ne connaissiez pas la France ; vous la

« verrez alors, vous verrez ces canaux, ces monuments doul je la couvris au temps de mon pouvoir.... Il n'a eu que la durée d'un éclair ;

• mais n'importe, il est plein, il regorge d institutions utiles. — Immor- « telles, Sire! Cherbourg, Turin, Anvers!... — J'ai mieux que cela, j'ai « fuit mieux ; j'ai consacré la révolution, je l'ai infusée dans nos lois.

- .Mon code est l'ancre de salut qui sauvera la France, mon titre aux ■ bénédictions de la postérité; et puis, comme vous le disiez, les établi*- «sements, les fondations, Flessingue, Corfou , Ostende!... Les Alpes « aplanies! c'est là une entreprise dont le projet remonte ,î mon début.

! <■ Je venais d'entrer en Italie, les communications avec Paris étaient •< longues, difficiles; je cherchai à les rendre plus promptes ; je résolus « de les ouvrir par la vallée du Rhône. Je voulais aussi rendre ce fleuve « navigable, briser la roche sous laquelle il s'engouffre. J'avais envoyé des ingénieurs sur les lieux ; la dépense était modique; je soumis le « projet au Directoire; mais les événements nous emportaient : je passai « en Egypte, personne n'y pensa plus. Je le repris à mon retour; j'avais « renvoyé les avocats, je n'avais plus d'entraves : nous attachâmes nos « marteaux sur les Alpes, nous exécutâmes ce que les Romains n'avaient « osé tenter, nous assîmes au milieu des granits une route solide, spai eieuse, à l'épreuve du temps. •

25.— L'Empereur, après avoiréprouvé une grande douleur à la région frontale, se trouve dans l'assoupissement ; il se plaint du fâcheux état de sa santé. <> Est-il rien de plus déplorable que mon existence? Ce n'est

- pas vivre... Ha santé ne se rétablira jamais... Jesuis à bout, je le sens,

• et ne me fais pas illusion. »

20. — L'Empereur est plus mal qu'hier ; il est saisi d'une horripilation générale, accompagnée d'une soif ardente. Il boit de la limonade et se fait allumer un grand feu, devant lequel il cherche à se réchauffer. Ses forces sont tout à fait abattues : « Quel état est le mien, docteur ! Tout

• me pèse, me fatigue ; j'ai peine à me soutenir. Vous n'avez donc dans « les ressources de l'art aucun moyen de ranimer le jeu de la machine?» Je lui dis que la médecine en avait plusieurs. « Prompts, efficaces? — ■ Mais, Sire, le temps.... — Ah I oui, le temps. Vousamusezla douleur, « et la mort la termine. »

31 .—L'Empereur est encore plus mal qu'hier; il a passé une nuit fort agitée.

1er novembre. — L'Empereur a passé une assez bonne nuit. L'estomac éprouve une distension un pm douloureuse par l'effet des gaz qui donnent lieu à de fréquents renvois insipides.

8.— A h. A. M. — Apres un court sommeil, l'Empereur a été réveillé par une toux sèche, nerveuse, accompagnée de vomissement de matières aqueuses. Il prend quelques aliments légers.

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