‹ Mémorial de SaintHélèneChapitre 53 sur 89 · SOS · texte numérisé non relu

SOS

2. — L'Empereur a fort bien passé la nuit; il sort deux fois en calèche; il se trouve assez bien et se plaît à revenir sur une foule de détails, dé circonstances qui peignent la tendresse qu'il porte à Marie- Louise. Sescouches furent excessivement pénibles, et, je puis le dire, « c'est en grande partie à mes soins qu'elle doit la vie. Je reposais dans « un eabinel voisin ; Dubois accourut et me lit part du danger. Il était « effrayé, l'enfant se présentait mal, il ne savait où donner la tète. Je

- le rassurai; je lui demandai s'il n avait jamais rien vu de semblable « dans les accouchements qu'il avait faits.— Oui, sûrement; mais une « fois sur mille. N'est-il pas affreux pour moi que ce cas si extraordi-

- naire soit précisément celui qui a eu lieu pour l'impératrice. — Eh • bien! oubliez la dignité et traitez-la comme une boutiquière de la rue « Saint-Denis : c'est tout ce que je vous demande. — Mais puis-je ap- « poser les fers? Si de nouveaux accidents arrivent, lequel dois-je «sauver? la mère ou l'enfant? — La mère: c'est son droit. Je me «rendis auprès d'elle; je la calmai, je la soutins; elle fut délivrée, « l'enfant prit vie. Le malheureux!...» Napoléon s'arrêta; je respectai son silence et me retirai.

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